ACTE QUATRIÈME
En malliant chez lui n'atirai-je rien porte Et tiendrai-je mon rang de sa seule bonté ? D'un trône qui m'est du faut-il que l'on me chasse , Et d'un prince étranger que je brigue la pla< .Vu, non; sans m'abaisscr à lui faire la cour, Je veux devoir le sceptre à qui je dois le jour.
j o CASTE.
Qu'on le tienne , mon fils , d'un beau-père ou d'un père , 1 a main de tous les deux vous sera toujours chère. l
PM.YNICE.
Non , non; la différence est trop grande pour moi ; L'un me ferait esclave, et l'autre me fait roi. Quoi ! ma grandeur serait l'ouvrage dune femme î D'un éclat si honteux je rougirais dans l'âme. Le trône, sans l'amour, me serait donc fermé? Je ne régnerais pas si l'on ne m'eut aimé Je veux m'ouvrir le trône , ou jamais n'y paraître; quand j'y monterai , j'y veux monter en maître ; Ou-' le peuple à moi seul soit forcé d obéir ; I ; <}u il me soit permis de m'en faire ha'ir. D de ma ^rnudeur je veux être l'arbitre.
Qm du le tienne . mon fils, d'un beau— père ou tTunp
La main de tous les deux vous sera toujours chère.
ut IK:rnon <jui disait dans les premières éditions :
' lll'on le tii finr , sripnmr , d'un beau-père ou d'un • 1..' main , ( t< !.. Iî.
Vêtre point roi , madame , x ou l'être à juste titre ; Que le sang me couronne ; ou , sïl ne suffit pas , Je veux à son secours n'appeler que mon bras.
JOCASTE
Faites plus, tenez tout de votre grand courage;2 Que votre bras tout seul fasse votre partage ; Et , dédaignant les pas des autres souverains , Soyez, mon fils, soyez l'ouvrage de vos mains. Par d'illustres exploits couronnez-vous vous-même; Qu'un superbe laurier soit votre diadème. Régnez et triomphez , et joignez à la fois La gloire des héros à la pourpre des rois. Quoi î votre ambition serait-elle bornée A régner tour-à-tour l'espace d'une annéi
1 N'être point roi : madame . ou Vétre ajuste titre
k Etre roi , cher He'mon , et l'être à juste titre. » L. B.
2 Faites plus , tenez tout de votre grand courage.
Racine a pris l'idée de ce morceau dans Se'nèque et Rotrou
Je sais qu'à votre front il faut une couronne , Mais que loin de chez vous votre main vous la donne ; Faut-il qu'en un seul lieu vos desseins soient bornéi , Et ne saurais-je avoir deux enfans couronnés ?
Soumettez-vous les lieux me dore le Pactole ; Osez ce qu'ont osé tant d'autres conquerans ; Tenez tout de vous seul , et non de vos parens. L. B.