ACTE QUATRIÈME
Cherchez à ce grand cœur . que rien ne peut dompte! , Quelque trône où vous seul avez droit de monter. Mille sceptres nouveaux s'offrent à votre ép<. Sans que d'un sang si cher nous la voyions trempée. triomphes pour moi n'auront rien que de doux , Et votre frère même ira vaincre avec vous.
POI.VNI CE.
Vous voulez que mon cœur, flatté de ces chimères, Laisse un usurpateur au trùne de mes pères0
JOCAS TE.
Si vous lui souhaitez en effet tant de mal ,
z-le vous-même à ce trône fatal.
< trône fut toujours un dangereux abîme; La tondre 1 environne aussi bien que le crime : Votre père et les rois qui vous ont devancés , '
1 I et les rois qui vous ont devancés .
ils y montaient . s'en sont vus renvtrséi.
nse'e est imitée de Seiu'que. Jocaste dit a Polynice . I est un malheur de régner à Thèbes.
Croyi ~ 7 lui dit-elle, votre aïeul et voire père. Cadmus et a race vous V apprendront aussi. Sul d'eux n 'a porté la couronne impunément , quoi/juils ne fussent pas des parjures. Th< tl Grecs , tom
imii , dans son Amtigoue , avait dit avant Iv» ine :
, est un fatal empire , est an lieu bien rnnrtti i ^n roi ; I d'Œdipe ei ; 1. B.
Sitôt qu ils y montaient, s'en sont vus renversés.
PO L INI CE.
Quand je devrais au ciel rencontrer le tonnerre, ' J'y monterais plutôt que de ramper à terre.
1 Quand je devrais au ciel rencontrer le tonrterre,
Ceci est imité de la belle scène d'Euripide, où se passe l'entrevue des deux frères.
Je ne déguiserai point ici mes sentimens , madame . dit Etéocle à Jocaste ; /'escaladerais le ciel , et je descendrais j usques aux entrailles de la terre . si je pouvais à ce prix conquérir la plus brillante des couronnes. Théâtre des Grecs , tome iv.
Sénèque et plusieurs auteurs se sont servis de la même idée , mais l'ont rendue différemment.
Quinault , entr'autres , la tourne ainsi dans Phaëton :
Il est beau qu'un mortel jusques au ciel s'e'lève , Il est beau même d'en tomber.
Corneille, dans Rodogune , l'exprime d'une autre manière :
Trône , à t'abandonner je ne puis consentir,
Par un coup de tonnerre il vaut mieux en sortir. L. B. *
* Les vers de Corneille et de Quinault , cités dans cette note , sont d'une grande beauté. Ce que dit E ocle dans Euripide est fort sans être enflé ; mais ces vers ,
Quand je devrais au ciel rencontrer le tonnerre, J'y monterais , etc
sont une rodomontade espagnole, une métaphore de capitan ; et quand on rapproche des choses si différentes , il ne faut pas les mettre sur la même liene.