‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 83 sur 185 · ANTIGONE, OLYMPE · texte numérisé non relu

ANTIGONE, OLYMPE

ANTIGONE

Hé bien , ma chère Olympe , as-tu vu ce forfait ?

OLYMPE

J'y suis courue en vain, ■ c'en était déjà fait.

Du haut de nos remparts j'ai vu descendre en larmes

Le peuple qui courait et qui criait aux armes ;

Et pour vous dire enfin d'où venait sa terreur ,

Le roi n'est plus , madame, et son frère est vainqueur. 3

1 J'y suis courue en vain.

( )n ne court point à un forfait ; et d'ailleurs , quand on le dirait| il faudrait,// ai couru. L. B. *

* As-tu eu ce forfait ? — J'y ai couru peut s'entendre en ce

sens , j'ai couru voir. On ne court jia-. a un forfait \ iu.ib on dirait bien , courir au crime. J y suis courue est un barbarUme.

3 Et ptiur vous dire enfin d'où venait sa terreur . Le rut n'est plus , madame , et son frère est vainqueur.

I i< i d'un artifice heureux . dont Corneille, dans

1rs II -races , lui avait donné lY-vrmpIr. Olympe , qui n

li moitié du combat, yient d^re que PcJynke est vmt'Mpftmr,

flacinr. i. 1 1

On parle aussi d'Hénion : Ion dit que son courage S'est efforcé long-tems de suspendre leur rage , Mais que tous ses efforts ont été superflus. Cest ce que j'ai compris de mille bruits confus.

ANTIGOTSE.

Ah ! je n'en doute pas, Hémon est magnanime ; Son grand cœur eut toujours tropd horreur pour le crime: Je lavais conjuré d'empêcher ce forfait ; Et s'il l'avait pu faire , Olympe , il l'aurait fait. Mais, hélas ! leur fureur ne pouvait se contraindre; Dans des ruisseaux, de sang elle voulait s'éteindre. Princes dénaturés , vous voilà satisfaits ; La mort seule entre vous pouvait mettre la paix. Le trône pour vous deux avait trop peu de place ; Il fallait entre vous mettre un plus grand espace, Et que le ciel vous mit, pour finir vos discords , L'un parmi les vivans, l'autre parmi les morts. Infortunés tous deux, dignes qu'on vous déplore ï

et dans la scène suivante on vient annoncer le contraire. Cette fausse nouvelle ne fait ici aucun effet , parce que Polvnice , présenté comme un prince redouté du peuple , n'a pas inspiré un intérêt assez vif, pour qu'on ait lieu d'être satisfait de le voir triompher. L. B. *

* Si cet artifice ne fait ici aucun effet , il n'est donc r-as heureux il fallait dire que c'était une mauvaise imitation d'un moyen emplové très-heureusement dans les Horaces , et que Polvnice , Lin à. inspirer un intérêt assez vif, n'en inspire d'aucune espèce.

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