DOULEURS NERVEUSES DES MACHOIRES
n est utie maladie des mâchoires qui semble n^avoir en réalité aucuQ rapport avec les dents , mais dont on croit en général que les dents sont le point de départ. Il est important d'en parler ici , car souvent les prati* ciens ont été trompés par elle , et des dents saines ont été quelquefois at* radiées por une fâcheuse méprise.
La douleur qui constitue cette maladie a son siège dans un point limité des mâchoires* €k)mme une simple douleur ne démontre rien , on soupçonne souvent une dent d'être altérée, et quelquefois on en fait Fex traction. Néanmoins la douleur persiste, avec cette diiférence cependant qu'elle semble maintenant siéger dans la racine de la dent voisine. Le malade ou le chirurgien suppose alors qu'on n'a point arraché la dent malade, et dans cette idée , on arrache également celle qui paraît être le siège actuel de la douleur, mais sans un meilleur résultat. J'ai vu des cas de ce genre dans lesquels on avait extrait toutes les dents du côté affecté , et la douleur persistait dans la mâchoire. D'autres fois, cette pratique a eu un effet différent : la sensation douloureuse est devenue plus diffuse et a enfin attaqué le côté correspondant de la langue. Dans le premier cas , j'ai TU recommander de faire une incision sur la mâchoire , et même de la perforer et de la cautériser ; mais ces moyens ont été sans effet.
Il paraîtrait diaprés cela, que la douleur en question ne provient d'aucune maladie locale, mais que c'est une affection entièrement nerveuse.
Elle est quelquefois produite ou exaspérée par les émotions morales ; f en ai vu un exemple remarquable chez une jeune dame.
Elle se montre souvent périodique, et dans beaucoup de cas ses périodes sont très-régulières. Celte régularité porte à penser que l'emploi du quinquina est alors indiqué; cependant ce médicament échoue fréquemment.
J'ai vu des cas où la maladie durait depuis quelques années, et où la ciguë a amené la guérison , tandis que le quinquina avait échoué. Mais quelquefois tous les moyens restent sans succès. Les bains de mer ont produit quelquefois des effets extrêmement heureux (*).
(*) La maladie qui est indiquée ici eut «Tidcmmeat celle sur laquelle on a tant écrit depuis le tempi de Hanter, et qu'on a désignée par les noms de névralgie et de tic
douloureux. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de parler , dans cette note, des cas oà le mal s*est produit sons rinflnence de causes constitutionnelles; son caractère de périodicité le fait alors presque toujours distinguer. Mais il ne sera pas inutile d'ofirir quelques remarques sur les cas de nérralgie locale qui sont plus ou. moins en coa* nexion avec les dents, et qui simulent plus ou moins le tic douloureux , surtout lorsqu'ils se présentent ciiex des sujets prédisposés k cette afifection. Il paraît que la pression d*an corps étranger quelconque sur un filet uerTeax produit la douleur particulière dont il s'agit. Il n*est donc pas rare de voir Taccumulation de matière osseuse accidentelle à rextrémité de la racine d^une dent, la présence d'une dent prtrée de vie et toute autre cause semblable * donner naissance à cette douleur. J'ai m un cas dans lequel tous les remèdes internes employés ordinairement contre le tic dmiloureux , araient été mis en usage sans résultat contre une affection de cette nature, dont les attaques étaient de? cnnes excessivement riolentes. Ayant appris que la douleur existait depuis Textrac^n d*nn^ dent, j'examinai avec soin Is partie, et je décourna sous le bord de la gencire une petite pointe osseuse appartenant au procès alTéolairo. En touchant ce fragment osseux ou excitait à l'instant le paroxysme douloureux. L*ext^ction de cette pointe osseuse fut suirie d'une guérison complète. Je rapporte ce fait pour faire voir comment une cause très-légère peut produire les plus TÎTea douleurs de ce genre , et pour faire sentir la nécessité d'un examen attentif et mémo minutieux de la partie dans laquelle la douleur parait aToir son origine. T. D.