CHAPITRE L
DtJ VIRUS OU POISON StPHILrnQtfE.
là fMlidié yénérienne a pour cause Immédiate uo poison ou virus, et oomme eepoison est le produit d*une maladie, et Jouit dé la propriété de produiri; uue maladie semblable, je l'appelle un poison morbide, pour le distinguer des autres poisons animaux , végétaux ou minéraux. '
Les poUùHs morbides sont nombreux, et diffèrent les uns des autres sous le rapport du mode et de la puissance dMnfeclion. Tappelle poisons morbides simples ceux qui ne peuvent infecter le corps que. localement ou constltotionnellement, mais non des deux manières; et poisons morbides composés f ceux qui possèdent ces deux modes d'infection. Le virus syphilitique, quand il a été communiqué au corps humain, a la faculté de at propager ou de se multiplier, et, comme il peut agir également d*une roaâlère locale et sur toute la constitution, il constitue un poison morbide composé. Comme tous les poisons dé cette espèce, Il peut être communiqué d'un grand nombre de manières différentes , et produit toujours la mkae maladie sous l'une ou Tautre de ses formes.
^ t. De la première origine du virus iffphiUMqUê.
Bien que la prenilèi% apparition de eepoîstH^ appartienne certahieitient àrhistoiredcs temps modernes, cependant l'époque précise et le mode de son origine ont échappé jusqu'à présent à nos HKïhercfaes, et Pon est encore dans le doute ponr savoir s'il a pris naissance en Europe ou s'il a été iiiq)orté d'Amérique. Je ne chercherai point à discuter cette question. Ceux qui voudraient examiner longuement les faits^ les autorités et les arguments qui ont été cités en faveur de la dernière de ces deux opinions, peovent eobsulter l'ouvrage d'Astruc; et pour la première, on peut lire on court traité qui a été publié en 1761 , sans nom d'auteur (*}. L'auteur
(*) Cet onrrage a poar titre : ji dissertaisoM on thê Origin êf thê ^VêHêrtol 2Ht9/U0 , proping that it wot not brought from Ameriêa , but began in Suroffiwn am ifiâêmUal J>istêmp9r, TrantlaUd /rem tkt original Mënmtêrifê ^ en eminent FhftMan, ,Lon4miprint94/orRob€HGri(fiih*t i^Si.
164 DU VIRUS SYPHILraQUE.
de ce livre paratt avoir étudié profondément ce sujet, et il démontre, autant qu*on peut le faire par le raisonnement, que la maladie syphilitique n*a pas été apportée des Indes occidentales. Non content d'avoir établi ce fait, il cherche à expliquer la naissance de cette maladie en Europe; mais il n'est pas aussi heureux dans cette partie de sa tâche. C'est un sujet difQcile à traiter , et le défaut d'uD nombre sufQsant de faits laisse trop de champ aux conjectures.
Nous ne pénétrerons donc pas plus avant dans cette question. U importe peu , eu effet, de savoir à quelle époque et dans quel pays cette maladie a pris naissance. Les animaux ne sont point formés naturellement dans un état de maladie, et les actions morbides ne naissent point spontanémentdans l'économie animale; mais les corps vivants sont dou^ de susceptibilité pour des inipressions capables de produire ces actions morbides , de sorte que les maladies ont toujours pour point de départ une impression qui ^'exerce sur le corps. Or, comme il est probable que l'homme est dé tous les animaux celui qui est susceptible du plus grand nombre d'impressions capables de devenir des causes immédiates de maladie , et qu'il est en outre le seul animal qui crée des impressions artificielles agissant sur lui-même , il est aussi celui qui est sujet au plus grand nombre de maladies. C'est sans doute dans une de ces conditions créées artificiellement qu'a été produite l'impression qui a donné naissance à la maladie vénérienne.
S II. C^est dans tespéce humaine et dam les parties de la génération que le virus syphiHiique a pris naissance.
' De quelque manière que le virus syphilitique ait pris naissance, il a certainement débuté dans l'espèce humaine, car nous ne connaissons aucun autre animal que l'homme qui puisse en être infecté (*). Il est probable aussi que ce sont les parties de la génération qui en ont été affectées les premières. En effet, s'il avait pris naissance dans toute autre partie du corps, il n'aurait sans doute pu se propager à d'autres personnes que celle qui en eât été atteinte d'abord , et par conséquent il n'aurait jamais été connu; tandis qu'ayant pour siège les parties de la génération , qui sont les seuls moyens de connexion naturelle qui existent entre les êtres humains, à part les rapports qui ont lieu entre la mère et l'enfant, il s'est trouvé dans la condition la plus favorable à sa propagation. En outre, comme nous le verrons dans l'histoire même de la maladie, les
(*) C«tte opinion de Hanter parait Traie. J*ai tenté Tinocnlation dn pnt fjrphiUtique , pria dana tontea lea conditiona poaaiblea , anr dea chiena , anr dea cfaata , aur des lapina , anr dea codiona d^lnde, anr lea pigeona qn*on avait dit être bientôt tuéa par Tabaorption dn vima Tcnérien. Dana ancan caa, et nulgré la dÎTersité dea expériencea» U n*a été poasible de tranamettre la maladie.
Il ne faut paa, comme Ta fait dana cea demiera tempa Técole phjaîologiqne, con* fondre lea ulcérationa aimplea et lea affectiona catarrhalea, dont lea animanx penvenC être affectés comme l'homme, a?ec la rentable ajphilîa. P. RtcoiiD.
effets constîtatiounels de ce poison n'étant pas sasceptibles d'être commnniqaés , nous sommes nécessairement amenés à cette conclusion , que ses premiers effets ont été locaux.
S III. De la nature du virus syphiMque.
Nous ne connaissons point le virus «syphilitique lui-même ; nous ne eonnaissons quo les effets qu'il produit sur le corps humain. Il se présente communément sous forme de pus, ou uni soit avec du pus, soit avec quelque autre sécrétion analogue, et produit une matière semblable chez les sujets auxquels il est inoculé , ce qui prouve qu'il est le plus ordinairement, mais non d'une manière nécessaire, un produit d'inflammation. Il détermine donc le plus souvent une inflammation dans les parties affectées ; outre cette inflammation , il se développe dans ces parties un mode particulier d'action , différent de toutes les autres actions qui se manifestent sous l'influence du travail inflammatoire ; et c'est ce mode spécifique d'action qui produit la qualité spécifique de la matière sécrétée. La prince de l'inflammation n'est pas nécessaire pour que ce noode particulier d'action persiste , car le poison continue à se former , longtemps après que tous les signes d'inflammation ont disparu. Cest ce qui résulte des faits suivants : des hommes qui n'ont que ce qu'on appelle mi suintement habituel ou un chancre en voie de guérisoii , communiquent la maladie à des femmes qui étaient saines, et l'on voit des gonorrhées syphilitiques qui se sont établies sans aucun signe visible d'inflammation {*).
Chez les femmes, l'inflammation est souvent très-légère; dans beaucoup de cas même on n'en observe pas le plus léger signe; car il n'est pas rare de voir des femmes qui communiquent la maladie à des hommes, bien qu'elles n'aient éprouvé aucun des symptômes de l'inflammation , et qu'elles ne présentent aucune trace de la syphilis sous quelque forme que ce soit (**). L'inflammation et la suppuration, quand elles existent, ne sont donc que
(*) n est bien constant que par iaflamniation. Hunter entend ici Tinflammation aifnè, car, autrement, il ne serait pas conséquent arec sa propre doctrine, qui rent que le pus soit le produit d*nne inflammation et le rébicule obligé du Tims.
Les chancres .en Toie de réparation absolue passent à Tétat d*ulcères simples et cessent d*étre contagieux. Les expériences que j*ai faites sur Tinoculation mettent cette Térité hors de doute. Dans les cas où on a cru obserrer le contraire, la période de rîéparation était incomplète, et quelques points de Tnlceration dcTaient être encore k la période nlcéreose spécifique. P. Ricoao.
(**) Si "cette obserration était Traie, Hunter serait encore en contradiction complète aTcc lui-même. Les femmes ne peuTcnt transmettre la sjpbilu que lorsqu*elles en sçnt actuellement affectées. Quand on a cru qu'elles aTaient pu communiquer la maladie sans en présenter aucune trace, c*est qu'elles étaient atteintcs.de symptômes profonds et cachés, qti*on ne découTrait pas alors faute d'exploration à Taide du spécu-' Inm ; ou bien qu'ajant eu des rapports préalables arec des hommes infectés, elles aTaient momentanément. recueilli, dans leurs organes, du pus Tirnlent qu'elles afaient pu transmettre ensuite, sans dercnir elles-mêmes malades. P. Rxcokd.
166 DU VlAUS SYPHILITIQUE,
de» phénoflMOtf oonoomitaptg du modt partfeuller d'actkm qui oonslitae Ja maladie vénérienne, et leur degré dlnteniité dépend plut de la patvre de la constitution que de celle du virus.
La formation du pus, bien qu'elle s'observe généralement dans les cas de maladie vénérienne, n*en est pas un symptôme constant, car il arrive quelquefois que Tinflammation produite par le virus syphilitique ne «^ termine point par suppuration; je suppose qu*alors Tinflammation est iê nature érysipélateuse, C'e$t le pus qui est formé, ^it sous rinfluence d^ rinflammatioQv soit sans inflammation, qui seul renferme le virus, car» sans la formation du pus, il ne peut point y avoir de virus syphilitique. Il résulte de là qu'une personne qui est atteinte de rirritation syphilitiquci sous quelque forme que ce soit, ne peut communiquer la maladie à une autre s'il n'y a point de sécrétion purulente. Il est donc nécessaire, pour que la maladie soit communiquée, que l'action syphilitique prenne nais* l^nce 4*abord, que du pus soit formé comme conséquence de cette action, et que ce pus soit appliqué sur une personne ou sur une partie saine (*).
Les faits qui prouvent que la maladie vénérienne ne se propage que par l'intermédiaire du pus, s'observent tous les jours en grand nombre. Dea hommes mariés contractent la maladie, et, ne sachant pas qu'ils sont en proie à l'infection , ils cohabitent avec leurs femmes pendant une ou plu<" sieurs semaines; puis, voyant des symptômes se manifester, ils cessent leurs relations. £h bien, dans tout le cours de ma pratique, je n'ai jamais vu que la maladie se soit communiquée dans de telles circonstances, si oa n'est dan$ les cas où les malades, faisant peu d'attention aux symptômes t continuaient à avoir des rapports avec leurs femmes après que le pus avait commencé à être sécrété. J'ai conseillé à des maris, njalgré l'infection, mais avant tout écoulement, de voir leurs femmes, aûn de sauver les ap* parences, et je n'ai jamais eu à m'en repentir. Je crois même qu'on pour* rait aller plus loin, et qu'on pourrait laisser un homme atteint de gonor* rbée avoir commerce avec une femme saine, pourvu quMl eât aoin de bien nettoyer préalablement les parties de tout le pus qui peut les recouvrir, en injectant de l'eau dans l'urètre, en urinant, et en lavant le gland (**).
(*) La proponitioo de Hanter est absolue et Traie : il Q*y a {las de TÎnu •yphilitiqq^ produit saut suppuration, et pas de contagion ou de transmission possible sans pi|S ▼!• rulent. L'exception que Hunter lui-même semble apporter à cette loi n'eat 5[n*apptreot«, et tient à ce quUl n*a pas recounu les deux propritftéf distinrtrs du pss nrul^n^ ani peut agir comme agent simple et à la manière des antres pus , pour produirf d«t inflammationa non spécifiques, érysipéla tenses ou autres, mais qui, lorsqu*U agit piimitÎTement en rertu de aa spécificité, produit de rigueur des ulcères et la suppuration,
P. RicoaD.
(**) La dernière propositioii a été omise dans Tédition de Home, ft ce n'eat poiat sans raison , car cette doctrine, pour ne rien dire de plus , est très^:oate•t«U«, et U pratique qui en est déduite est dangereuse.
La doctrine de Hunter, c^est que le virus réside dans le pus ou dans un prodnit 49 sécrétion analogue, et il en tire deux conclusions pratiques;
I* Que lorsqu'il n'y a ni pus, i|i sécrétion poriforme, la maladif af pfOtlUf ewi-
DU vmus STPHiLiTiQui:. lar
L4>viqiie te pus ^i 8tt imprégné da poistm 9yphUÊtkp»9 vient en eo»tael â?fe «int partie vivante , il irrite oette partie et y fait nattre eommn^
■mwfwét } 4« wttê ^« riof<MtioB a'ctt poiat powiUe tTiat r«pp«rillM d'aat %omvt» fiiéf , au «près U eicatritatioa d'an cbaacrt.
t^ Qn« lor» ttént qa*U •»•!• dn pof , ti fou a U ptéesntioa da VmàÊnm piiiia Jilaiiiant au moyaa d'aa la? afe aaioaté aveo baaaoaap da aoia , oa paat aval» dat lapportf avaa oaa faauaa Mîae ttat «oarir la risqaa é» l'iafeater.
Oa ae taarait trap s'élerar eoaire la saccada ooadanoa ; alla att aa aaatradklioa arec rexpérience de tons les jours. Et d*apr^8 romÙMoa^ é» ce paatage daa« l'idttiwi da «ir K. Boom , an peat tappotar quë de aoaTellaa obeerratiaas avaiaat porté Hoatar lai-meme i aiodifier «on opinioa araat la fio de ta Tte.
La preaûère oatiolatioa eUe-méme B*eat point aaaa daaeert » eat— 1| on paat la voir par lea faite anÏTanta , qni aont loin d'être rares t
Une femme mariée lat prise des symptâmes ordinaires da la goaorrliée , oa ^ti la snrprit beaaeoqp, ear son mari était exempt de tonte maladie. Tontefoia* le auiri araat été qaastbaaé, iTona qu'il avait en eommerca avee uae Heaime suspaota, Mt jows enviroa avant qaa sa famaM se seatlt malade ; mais il aMnaa positif em eat ^aTl n'avait aa aaoun éaoolement ni anonna seasatioo morbide, et oertaiaemeat alara il ■aurait anonn signa de maladie. An boot de quatre joars , a*est4«dire à pen prèa ana qniataiaa après le ooauneree impur, et une semaine après Tépoque oè il avait dà mum nuulqner la BMladia à sa feaune» il se manifesta cbea lui nn éeouleuMat gaaot^ fbéiqna.
Un voyaf ear s'exposa aux obances d*nne infection syphilitique, et arriva obas lai an boat de trois jours. Quatre jours environ après son arrivée, sa femme fut stteinta da gonorrfaée ( ee ne fut que dix jours sprès l*infeetion qu'il s'aperçut pour la première lais d'aa éeoolament et qu'il fut pris des antres symptômes de gonorrhée.
Mais on peut dire que si ces faits démontrent que U coaolusion à laquelle Hanlet est arrivé ne peut s'appliquer àla pratique avec séenrité,'ils ne détruisent pas cepen« dant le priaeipe géaéral sur lequel eette conclusion s'appuie. On peut avaaaer que n'est à fort cpi'pa admet qu'il a'y avait poiat en de séorétiou purulente t que daaa la première période de la gouorrbée, il est probable que le pas est fofasé ea trap petita quantité pour s'éeouler bors de l'urètre; que le pus se dépose dans las Uieanea da 9ê eaaal et est emporté par le jet d'uriae, et qu'il échappe ainsi à Tobaervatioa, auia qae son existence n'en est pas moins réelle , et que par conséquent, la pfopositian da Haater , savoir, que quand il n'y a point de pus l'infection n'est point possible « reste dans toute sa force.
Mais il est un autre ordre de faiu qui ébranlent davantage la doctrine de Hunter.
Un homme marié s'exposa k l'infection à Londres. Un on deux jours après, il aa rendit en Irlande où résidait sa famille. Il séjourna quelque temps à Chdteabam, et tandis qu'il était dans cette ville , deux on trois petites indurations ou tubercules aa lormèrent à la surface interne du prépuce. Il les montra à ua cbirurgiea qui s'assara qu'il n'y avait aacnne ulcération, et qui pensa que l'affection n'était point de nature rénérienne. Peu de temps après, il retourna en Irlande, portant encore ces indncav tions , et il infecta aa femme qui eut des chancres primitifs.
Un jeune "bomme portait snr la verge une induration qui avait saccédé à la oImtrisation d'an chancre. U éprouva à plusieurs reprises des sympt^kmes seeoadaiaea qui, obaqae fois, inrent dissipes pac nn traitement approprié; mais Tindaratioii parsasta, ▲ la fin , après qu'il se fut écoulé un long espace de temps sans rechute » et lorsqu'il se croyait définitivement guéri, il se maria, bien qae I'iadnfauon axiilél leajoarsy «ta» Cumm fat infeotée.
168 DU yiRUS SYPHILITIQUE.
nément une inflammation. Il faut quil soit appliqué à Tétat liquide, ou
qu'il soit rendu tel par les humeurs de la partie sur laquelle il est appliqué;
Il serait fteUe de noltîpUer cet faits qui mènent presque Déoesseireaient à cette coDclnsioD , qae Knfection peut SToir liea par snite éa contact d'un simple épaissis- •ement cliancrenx, bien qa*il n'existe ancnne nlcération. Vue appréciation inexacte de oette.irérité a soiiTcnt produit des conséquences déplorables. Parmi les cas oà une femme a reçu Finfection par suite de son mariage arec un homme atteint de la syphilis, U en est un très-graud nombre on la maladie paratt aroir été communiquée par b cicatrice d'un chancre guéri. G. G. B.
11 est impossible, dans l'état actuel de b science, d'aocu^llir les obserralioss par lesqueUes M. G. Babington réfute les propositions de Hunier.
Je soutiens, par les lois immuables de rexpérimentation , que tonte surface qni n*est point actuellement souiUée de pus TÎmlent et qui n'en sécrétera pas pendant des rap* ports plus ou moins prolongés , ne pourra jamais transmettre la syphilis.
D'après cette doctrine, conforme à celle dp Hunter, on ne saurait toutefois per* mettre, comme ill'a fait, des rapporU à une personne malade, sur la seule garantie de lotions plus on moins bien faites, car la sécrétion morbide est incessante, et s'aotire encore arec Taccroissement de ritalité qui arrive dans les rapports sexuels. Mais avant toute suppuration et dans les circonstances oà celle-ci ne s'est point déTeloppée pendant les rapports mêmes , la maladie peut*elie être transmise? lion sans doute. Il faut du pus virulent ; la quantité peut en être bien petite , passer inaperçue des maladea dans les premiers temps , mais il n'est pas d'effet sans lui. Pour être conraincn de la vérité de ces assertions , il faut suivre les résultats de l'inocnlation artificielle. Souvent an second jour la pustule naissante fournit déjà le pus contagieux , mais cels , dans des proportions .li minimes , que si elle était cachée dans l'urètre ou le vagin , l'obser* vation la plus minutieuse du linge des malades ou des parliez extérieures des organes affectés, n'en laisserait rien apercevoir. D'un autre c6té, on sait ce qu'il faut de ce pus à la pointe d'une lancette pour communiquer l'affection.
A ces faits si incontestables, est^l possible d'opposer les deux observations de blennorrhagie de M. Babington, dont la valeur absolue est basée sur la moralité seule des malades? Sans entrer ici dans la discussion rdative à la nature et an diagnostic de k blennorrhagie, qui ne voit, dans ces deux cas , qqe la maladie avait été, en réalité, communiquée aux maris par leur femme , d'après l'ordre dans lequel les syropi&mes •e sont développés chez les époux ; soit qu'alors il y ait eu seulement affection par irritation mécanique , abus du coït après un voyage et de longues privations , soit que les deux femmes eussent des affections génitales antérieures qu'elles ignoraient on qu'elles avaient intérêt à cacher , jusqu'au moment d'un aveu opportun. (Ces cas sont aîv communs dans la pratique, qu^ls n'ont pas besoin d'autres commentaires.
Une induration sans suppuration , une cicatrice parfaite d'un chancre , permettent* dies la transmission de la syphilis , comme le vent M. Babington ? C'est encore sur la moralité des femmes que ses observations sont basées , et en admettant , dans tous ces cas , que la maladie n'avait pas pu leur être transipise par d'autres que par leurs
Toici ce que les faits autrement observés m'ont appris :
Des chancres peuvent se développer dans un follicule, dans le tissn cellttlaire, dans les voies lymphatiques superficielles et s'accompagner d'une induration périphérique qui lenr forme alors une sorte de coque ou de kyste. Dans ces circonstances on peut croire à une induration simple et sans suppuration, tandis que dans les rapports sexuels, les parois de ces' abcès virulents venant à s'ouvrir , le pns s'en échappe et transmet le mat qu'on croit à tort dA à an ulcère consécutif. Ces cas sont commnns et f ea ai montré na
DU VIRUS SYPHIUTIQUE. * 160
car il n*en8te aucun cas où il ait causé rînfection sous forme de vapeur, oomnae cela a lieu pour plusieurs autres poiscns (*).
S lY. De ^acrimonie plus ou meins grande du virus sjfpkWtIque.
Le pus vénérien est le même dans tous les cas. Une quantité donnée de ce pus ne peut point avoir plus de virulence qu'une autre; et, si ce liquide présente quelques différences, ce n'est qu'en ce sens, qu'il peut être à l'état de solution plus ou moins étendue; mais cette circonstance ne peut amener aucune différence dans ses effets. On conçoit cependant qu'il puisse être à l'état de solution tellement étendue , qu'il n'ait plus le pouvoir S'irriter les tissus. C'est ainsi qu'un liquide qui, introduit dans la bouche, a la propriété de stimuler les nerfs du goût, peut être affaibli au point de ne plus avoir aucune saveur. Mais , pour peu que le poison syphilitique puisse irriter la partie sur laquelle il est appliqué et y produire une action, toutes les conditions sont remplies. L'action morbide est la même, que la quantité du pus soit petite ou considérable, qu'il soit à l'état de solution étendue ou concentrée (**).
L'expérience nous apprend que le pus vénérien ne présente point des espèces diverses, et qu'aucune différence ne peut être produite dans la manifestation de la maladie par une différence de force dans la matière purulente. Mais le même pus affecte très-différemment des personnes différentes. De deux hommes qui ont eu commerce avec la même femme et qui ont contracté la syphilis, l'un aura une gonorrhée intense ou des chancres, et l'autre n'aura qu'une gonorrhée légère. J'ai vu un homme communiquer la maladie à plusieurs femmes, parmi lesquelles les unes furent gravement atteintes , tandis que les autres n'eurent qu'une affection très- légère. Il en est de même aussi bien pour les chancres que pour la gonorrhée. Les symptômes différents qu'on observe chez les divers
grind sombre à ma cliniqne. Mais tontes les fois qu'il s*est agi d^indoration complète sans pus primitif incarcéré, et que par nne cause quelconque, des ulcérations consé* cntÎTes on des lésions mécaniques sont survenues sur ces indurations, sans nouTcUe infection , le pus alors fourni n*a jamais pu être inoculé.
Qooiqu*il en soit, dans Hncertitude d*une cicatrisation parfaite, et dans la possibilité de qnelqnes points de suppuration cachés , tontes les fois qu*U restera desSfUip* tomes Mspects, U faydra s*abstenir do rapports sexuels et surtout du mariage. -
P. RXCORD.
(*) Cette observation de Hunter est très-jnste; le pus virulent, pour agir, doit être liquide on rendu tel. Les cro&tes qui se forment sur les chancres et qui s*y dessèchent* conservent la propriété virulente, et, délayées dans un liquide, après une longue conservation , elles peuvent , comme les croûtes de la variole et du vaccin , servir à Tinoculation. P. Ricord.
(**) Dans réditîoa de Home, cette dernière phrase est terminée par les mots suivants :«..., puisque les hommes qui ont eu grand soin de laver leur verge immédiatement après le coït ont contracté la maladie , et que les symptômes qu'Us ont éprouréa ont été aussi graves qoe ceux qui se sont manifestés chez les malades qui n'avaient |»oiat pris ^tte préeavtioa. »
170 DU Villus STPHILITIQUE.
fleets dépendent de U constitutloQ ec de Tétat géoénl de réeonomle m moment de l'infection. €e qai a lieu dans rinoeulatimi de la t aride eorro^ bore cette opinion : que le malade sur lequel on recueille le pus variolique présente des syniptômes graves ou bénins; qu'il ait un grand nombre de pustules , ou qu'il n*en ait que très-peu ; que sa variole soit confluente ou discrète; que le pus soit introduit en petite ou en grande quantité, reffet produit est toujours le même. Cest un fait qui n'a pu être connu que par le nombre considérable de sujets qui ont été inoculés sous Finfluence de toutes ces circonstances différentes (*}•
$ y. De ^identité du virus dam le chancre et dans la gonorrhée.
On a supposé que la gonorrhée et le chancre sont produits par deuxpoîsons distincts; et cette opinion semble avoir quelque fondement, pour peu que Ton se borne à considérer Faspect extérieur de ces deux affections et les métliodes différentes de traitement que Ton emploie pour les combattre : tels soot trop souvent les seuls guides que nous ayons pour nous conduire à la connaissance de la nature d'un grand nombre de maladies. Mais si Ton envisage cette question sous d'autres points de vue, et surtout si Ton a recours à des expériences sur le résultat desquelles on puisse compter d'une manière absolue, on reconnaît toute l'inexactitude de l'opinion qui vient d'être indiquée.
On trouve, dans le mode suivant lequel \e poison vénérien a été corn* muniqué aux habitants des ties de la mer du Sud , plusieurs circonstances qui peuvent contribuer à répandre de la lumière sur la question présente. Comme il n'est fait mention d'aucune goporrhée qui eût été observée dans nie d'Otaîti, on en a conclu que c'était le chancre qui .avait été introduit d'abord dans cette Ile; que, par conséquent, le chancre seul avait pu s'y propager, et que la gonorrhée n'avait pu y prendre naissance, puisqu'elle n'avait point été communiquée à ses habitants. Mais , en raisonnant d'après les conditipns probables où se trouvaient les voyageurs qui se sont dirigés vers cette partie du monde, on arrive à une conclusion toute contraire. En effet, il est presque impossible qu'un chancre existe pendant toute la slurée d'un si long voyage sans produire la destruction de la verge , tandis que l'observation nous a appris que la gonorrhée peut persister pendant un tempe très-long. On dit, dans le voyage du capitaine Cook., que les habi* tants d'Otaîti qui contractèrent la maladie se retirèrent dans la campagne et furent guéris; mais que, lorsque la maladie se transforma en vérole,
(^ Sir £. Home a placé ici une note dans laquelle il révoque en doute l'exactitude de cette doctrine, pour ce qni regarde la variole. Il dit que plusieurs fois il a étendu le pus varioleux , et que toujours la maladie produite par Tinorulation de ce pus éteudu s*est montrée moins intense que dans les cas on le pus avait été introduit dans son état naturel Quoiqu'il en soit de cette f^sseHioo, il fant reconnaître qu*aucun fait ne prouve qu'une telle différence eiîste dans la virulence de la syphilis , et me saurait justifier Topimon qui admettrait que la diversité des sjmpt6ffies de cette maladie a aoa point de dé{>«rt aiHenrs que dans la constitntion et daas let conditions où se trontd le •njet qui reçoit l'infection. O. G. B.. i
bu vmus stPHiLmQUB. in
•Ha M moBtra incurable. (Tétait donc la goaorrhée qu'ils avaiwit, car ou wt que la gonenrliée seule peut être guérie par des moyens simples. En outre « si leur maladie eât été le chancre , et quiis eussent connu les moyens de le guérir, lis auraient su également guérir la vérole constitutionnelle.
Wallis quitta Plymouth en 17M, et arriva à Otaïti en juillet i7<S7, onze mois aprè« son embarquement, et si tous les hommes de son équipage étaient exempts de la maladie au moment où ihnit à la voile, il n'est guère possible qu'ils l'aient contractée pendant le voyage. Or, il n'est pas probable qu'une gonorrbée puisse durer pendant un temps aussi long. Mais supposons que Wallis ait importé la maladie dans son navire et qu'un ou deux des hommes de son équipage fussent infectés : comme il séjourna pendaot cinq semaines à Otaïti , l'infection pouvait se communiquer assez rapidement pour s'étendre secondaicement à tout son équipage; c'est même It résultat auquel on aurait dâ s'attendre. Or, comme il n*arriva rien de semblable, on doit voir dans ce fait une présomption en faveur de l'opiaion qui admet que l'importation de la syphilis à Otaïti ne doit point être attri* buée à Wallis.
Bougainville quitta la France en 17M, mais il aborda en plusieurs pays où quelques-^uBs de sm matelots peuvent avoir contracté lanialadie. Le denier de ces pays Ait Rio de la Plata ; il quitta oe port en novembre 1767, et il arriva à Otaïti en avril 1768, c'est-à-dire au bout de cinq mois. Cet ea|»ace de temps s'accorde beaucoup mieux que le long voyage de Wallis avec la durée ordinaire de la maladie, et cette circonstance suffit pour que l'on admette comme probable que c'est Bougainville qui a importé la QFphilis à Otaïti^ En outre, Bougainville fut moins à même que Wallis de garantir son équipage contre toute atteinte de la maladie. Wallis choisit las bonmies qui l'aocompagnèrent, et c'était tout ce qu'il fallait pour qu'il fût certain de ne pas apporter la maladie sur son bâtiment, car il n'y avait aucun risque qu'ils la contractassent pendant le voyage. Bougainville, il est vrai, eut le même avantage à son départ; mais ensuite il en fbt privé, oar ses hommes purent être infectés en plusieurs endroits, et il n'eut pas la facilité de les changer; probablement même il^'eut guère de moyens de les guérir. Bougainville trouva la maladie à Otaïti peu de temps après son arrivée, et l'on doit voir dans cette circonstance une preuve que c'est lui qui l'avait apportée. En effet , ainsi que je l'ai fait remarquer ci-dessus , si on seul homme de l'équipage de Wallis avait pu la communiquer aux indigènes, la propagation s'en serait opérée en peu de jours avec assez d'ex< tension pour que tous ses compagnons de voyage en pussent être atteints. Bougainville étant arrivé dix mois après Wallis^ il s'était écoulé assez de temps pour que Tinfection eât pu s'étendre à tous les habitants de 111e, et les ravages causés par la maladie auraient dû être évidents pour les Français au moment même de leur arrivée. Bougainville ne resta que neuf jours à Otaïti , et ce ne fut que phisieurs semaines après son départ de Tile qu'il s'aperçut que plusieurs de ses matelots étaient infectés, ce qui était probablement la conséquence de l'importation du poison dans ce pays par quelques*ui» d'eotra eux* Cook a rapporté d*aiUeurs que les Otaltieos at«
tribuaient à Rougainville l-introduction de la syphilis, et Ton ne peut guère supposer qu'ils eussent poussé la complaisanoe envers nos compatriotes jusqu'à accuser Bougainville, eux qui devaient savoir si cette maladie avait été ou non apportée par Wallis, et qui n'avaient aucune raison pour faire jun tel acte de partialité en faveur de ses compagnons de voyage. Or, nous voyons dans la relation du dernier voyage de Cook que la maladie vénérienne sévit actuellement sous toutes ses formes dans llle d'Otaîti; et, comme aucun récit ultérieur ne nous a fait connaître que la gonorrhée y ait été introduite depuis, nous devons admettre que tontes les formes de la maladie vénérienne se sont propagées dans ce pays d*une source unique, qui a été très-probablement une gonorrhée.
Si Ton conservait des doutes sur l'identité de nature des deux maladies, le chancre et la gonorrhée, on les verrait se dissiper en considérant que la matière produite dans les deux cas a les mêmes caractères et les mêmes propriétés; on en trouve la preuve dans ce fait, que le pus de la gonorrhée produit indistinctement une gonorrhée, un chancre, ou la S3rphilis constitutionnelle, et que le pus d'un chancre peut produire également une gonorrhée, un chancre, ou la syphilis constitutionnelle (*).
On trouvera dans l'observation suivante un exemple de syphilis constitutionnelle causée par une gonorrhée. M. *** contracta deux fois la gonor- > rhée, et fut guéri diaque fois sans l'emploi du mercure. Deux mois après diacune de ces maladies, il fut pris des symptômes de la syphilis constitutionnelle. La première fois, ces symptômes consistèrent dans des chancres de la gorge, qui furent combattus avec succès par l'usage externe du mercure; la seconde fois, la syphilis constitutionnelle se manifesta par des pustules cutanées , contre lesquelles on eut recours également aux frictions mercurielles, et qui furent guéries. Quant à la production de la syphilis constitutionnelle comme conséquence des chancres, c'est un fait qui se présente si souvent à l'observation de chacun, qu'il n'est pas nécessaire d'en apporter ici des preuves.
Puisque la gonorrhée et le chancre sont les effets du niéme poUon, il est digne d'intérêt de rechercher d'où vient une telle différence dans la forme de la même maladie.
Pour s'expliquer cette différence si remarquable dans les effets du même poison, il suffit de prendre en considération la différence qui existe dans ^ le mode d'action des parties intéressées, sous l'influence de l'irritation, quelle qu'en soit la nature. La gonorrhée a toujours pour siège une surface sécrétnrUe(**) , et le chancre une surface non sécrétante : or, dans cette
(*) Dans rédition de Home , on troure ici le passage snirant : • Yoici on fait qni tend à proaver que le chancre pent être la conséqoeoce de k gonorrbéc : A. B. con*, tracta une gonorrhée rert le coramencement de jaoTier 1788. L'inflammation disparut, mais récou)emeat persista. Un mois après cette éi>oque , il apparut sur le gland un chancre, pour lequel le malade prit du mercure et qui fut guéri an bout d'un mois. >•
(**) Sous cette dénomination, sur/aces sécrètanUs^ie comprends tons les canaux qui donnent passage aux matières étrangères, ainsi que les conduits excréteurs des gfandes; tela sont la bouche, le nés, les yeux, rtniu, Turètre. Les soHncesiiM» sécrètontet
dernière forme de la maladie, il faut que la partie sur laquelle \e poison est appliqué devienne une surface sécrétante pour que do pus puisse y être produit. Toutes les surfaces sécrétantes du corps avant probablement les mêmes propriétés, un seul et même mode d'application suffit pour produire la maladie dans tous ces tissus, et ce mode d^pplication consiste dans le simple contact de la matière virulente. Mais, pour la production d*un chancre, le pus vénérien peut être appliqué de trois manières diffé* rentes : la première et la plus sûre, au moyen d'une plaie dans laquelle on Tintroduit; la seconde, par la déposition du virus sur une surface revêtue d*un épiderme dont la finesse plus ou moins grande lui permet de pénétrer phis ou moins vite jusqu'au derme; et la troisième, par l'application du pus sur une ulcération commune déjà formée.
Mais si le poison est le même dans le chancre et dans la gonorrhée, pourquoi ces deux formes morbides ne s'observent-elles pas toujours sur la médie persomie? Il est naturel, en effet, de supposer que la gonorrhée une fois établie ne puisse manquer de donner naissance à des chancres, et que le chancre, quand il apparaît d'abord , doive avoir pour effet consécutif la production d'une gonorrhée. S'il n'en est pas souvent ainsi , cependant ce sont des faits qu'on observe quelquefois; au moins ai-je de puissaBtes raisons pour le croire. J'ai vu; des cas où une gonorrhée s'était*^ montrée primitivement, et où ensuite des chancres se sont formés, tantôt au bout de quelques jours, tantôt au bout de quelques semaines. J'ai vu de même des cas où des chancres s'étaient manifestés d'abord , et où , dans le cours du traitement, il est survenu un écoulement accompagné de douleur en urinant. On peut admettre que les deux maladies avaient leur origine dans l'infection primitive , et que seulement elles s'étaient manifestées à des époques différentes; et l'on est presque forcément amené à expliquer ainsj pourquoi elles ne se présentent pas plus souvent ensemble, puisque la matière morbide est la même dans les deux et peut produire indifféremment Tune ou l'autre.
Je soupçonne que l'existence de l'une de ces deux irritations a pour effet général de prévenir le développement de l'autre. J'ai déjà fait remarquer que les deux parties qui sont le siège de ces maladies sympathisent dans leurs affections morbides, et il est possible que ce soit précisément cette sympathie qui empêche la manifestation de la maladie réelle. En eiffet, une action noorbide non vénérienne prend naissance, et, tant que cette action existe, il est impossible que la même partie en contracte une autre; il est probable aussi que cette action sympathique persiste aussi longtemps que l'affection morbide qui en est la cause excitante. Ainsi, quand les deux
sont représentées par le tégament externe en général. A ces deux ordres de surfaces je pnts en ajouter un troisième qai forme la transition de l'un k Tautre, comme le gland, le pourtour de la bouche, la surface intérieure des lèpres, la rulve. Ces organes , participant aux propriétés de chacune des deux premières espèces de surfaces, mab à un moindre degré que ces surfaces elles-mêmes, peuvent être affectées des deux manières, c'est-à-dire quelles peuvent être stimulées à uue sécrétion morbidi et de?eiiir le aiége d*nne ulcératioa. '/• HoxrtR.
174 MJ YIEUS STPBIUTIQU£.
maladieg m manifiMiteiit en mlma tempt sur la tténe peisoBMt Je pent* que cela vieot ou de ce que la sympathie de l'urètre n'a poiût été é? eiUée par le chancre, ou de ce que cette sympathie a cessé et a permis au Tirua ^pbilittque de développer dans la partie qui en a subi rinflûence son actiott morbide spécifique(*p.
(*) Il y a maâffonMt plai ton q«t tAttt eevsqtoi Mut éona^s ici. Hunter a {iaoMdé iw InviBéBt le pus de U fonorrhée » et le rétttttat de cette opératioii a été la prodncti«a de chanoret» raiTU de bobont et de ayaptemat ooastitiitkMiMli. L'eapérleaaa est rapportée avec détail â-aprèa partie ti , oliap. it « g ti.
Cependant ndeatité da TÎrus de la gonorrtiée et de celai du chanere a été réro^ée en doute , et combattne par des raisons qui méritent d^étre pesées.
Eelatirement aux arguments tirés da transport de la maladie rénérienne aux lies de la mer da Sud, on a répondu en niant que cette maladie y ait jamais existé. M. Wilson» elnrargiett da vaisseau le Marsouin , a visité Otalti en ^Sot, et après une inresHga^ tton faite atee soin , il est arrivé à cette conclusion , que la maladie vénérienne était alera inoonnae dans cette lie.
On pent d*aiUears objeoter que lors même qne cette aialadie y sévirait actneBe* ment» ainjû que d'autres personnes Font rapporté » il ne s*easaivrait point qnVlle y a}t été importée sous forme de gonorrliée. Les laits établis par Hunter ne oompoAeftt point la conclusion qu'il en a tirée. Bougainville quitta Rio de la Plata ea nov>enibr« 1767, et arriva k Otaiti en avril 1768. Il est très-possible qu un chancre ait existé parmi les gens de son équipage )*endaot les cinq mois que dura sa traversée. On voit souvent des chancres primitifs persister pendant un espace de temps plus considérable , sans produire une destruction remarquable de tissu, et certainement sans rendre le coït intpossible.
Htmter afirme qu*on observe des cas dans lesquels de vériubles chancres sont prodaitt sar les parties qui sont baignées par la matière de récontement gonorrfaéiqne $ en nnéoie temps il reeonsatt que ces cas sont extrêmement rares. Mais rien «'est plus commun que de voir des excoriations se former snr la surface dn gland on à la Isa* interne du prépuce, par suite du contact dn pus delà gonorrhée. Si ces ezcoriationa sont négligées, elles peuvent durer indéfiniment; si, au contraire, la matière irritante est enlevée avec soin par des lavages fréquents, elles se guérissent en deux on trois jours, sans que Tusage du mercure soit le moins du monde nécessaire. Pourquoi ne revétent-elles pas les caractèrei du chancre , et pourquoi n'infectent-elles pas tonte Técofloniie f A cotip sûr, leur Innocuité apporte , en fiiveur de la diversité des virus, une pfenva négative plus concluante qne la preuve positive qui pourrait être déduite , en faveur de Tidentité, de la production très-rare de clianere* véritables. En effet, on ne doit point perdre de vue que dans cet cas le chancre peut être attribué à une antr# caoae* Le sMlade peut s'être exposé de nonvean k la contagion, et le cbaacre pettt provenir d*oue seeonde infection. Dans de telles circonstances» le malade est naturellement porté à cacher sa conduite coupable. Souvent, par nu interrogatoire attentif» on peut amener le malade à avouer la vérité; et lorsqu'un tel aven n'est point obtenu , il est peut-être rationnel d'admettre que la honte seule en est la cause.
On ne peut nier qu'il ne se présente des cas dans lesquels des symptômes oonstitn* tionnels paraissent être la conséquence d'une gonorrhée ; mais ees cas sont si rares* qu'ils doivent être plutôt considérés comme des anomalies dont nous ne pouvons point encore rendre compte , que comme des faits capables de renverser les résultats de l'çxpérience de chaque jour. U est rare que la nature des symptômes consiâtntionneU soit alori parfaitement évidente. On pent révoquer en donte que des tobercitles enivrés
ou VIRVS SYPHUmQUE. iH
$ VI. De h cause qui communique au pus vénérien ses propriétés
virulentes.
Je m'arrêterai quelques instants sur ce sujet, dont Fétude et l'élacidatkHi peuvent jeter de la lumière sur là nature et le traitement de la maladie
htmL divtiaeti aient jaiiiait suetédé à une sloiplie gonorr^^. Ce qa*on olMcrre ordi* ■•nreaeBt, c**8t tm aspect tnarbré de la peaa, ou bien ce sont les formes les plus Ugères et les plus fugitirçs du lichen, on enfin de légères excoriations de la superficie cba emygdales»
On a dit ifûe souvent des femmes qni ne sont atteintes que de gonorrbée commn« toiqiMMt des chancres anx hommes qui ont des relations avec elles. Sans vouloir nier ponttrement ce fait, je dois faire remarquer qu*il a rarement été démontré d'ni^e manière satisfaisante, si même il Ta été jamais. Les inrestigations des chimrgieni •at été évidemment limitées anx parties externes de la génération ; Tintéfieur du Tagîn B*a point été exploré. Or, il est certain que des chancres peuvent exister danâ •ctte région profonde, bien qu'ils y soient moihs communs que dans des points plut apparents, et alors leur présence ne peut être constatée qu'au moyen du spéculum. Si, «a outre, on prend en considération les moyens de déception dont on enveloppe ••«jonrt tout ce qni conceroe les relations sexuelles, on sera obligé de convenir q«e r«ssertioa qni précède mérite peu de coufiance.
- n reate encore Texpérience de John Hunter; si de pareilles expériences étaient pirétentées en grand nombre , on ne peut nier quMles ne fussent décisives. On ne peut guère révoquer en doute que, •dans ce cas , Téconomie entière n*ait été infectée ém virus sy|rfiilitiqtte ; mais on peut se demander si ce virus n*est point provenu de quelque notre source que de rinocnlation du pus gonorrhéique. Les chances d'ertenr sont si nombreuses, que de semblables expériences doivent être fréquemment répétées. Tel quHl est, ce cas reste seul opposé aux résultats de l'expérience gêné* «nie et à des expérimentations qui ont pour appui l'autorité du nom de Benjamin Bell. Ce fnteat des élèves en médecine qui se soumirent à ces expérimentations dans la vue •aprease d'arriver à la solution de la question. Les expériences sont rapportées de k manière snivante par Bell ( On ntenereaî Dise<ue , 1. 1, p. 439) :
«Lepna, mconte un des jeunes gens soumis aux expériences, fut recueilli dans ' nu chnacre attné sur le gland, avant qu'on y eût fait aucune application; après l'avoir placé à Textrémité d*une sonde, on l'introduisit complètement dans l'urètre, dans rinteoUon de produire 'une gonorrbée. Pendant les huit premiers jours qui suivirent octte application, je ne ressentis aucun malaise local; mais au bout de ce temps, réeonlemeat de l'urine s'accompagna de douleur. £n dilatant l'orifice de Furètre autant q«e possible, on aperçut la plus grande partie d'un large chancre, et peu de jours •près, il se forma un bnbon dans chaque région inguinale. Il ne se fit aucun écoulement par Furètre pendant toute la durée de la maladie; mab on ne tarda pas à constater In présence d'un autre chancre sur la paroi opposée du canal de l'urètre. Ces denx cbancret furent traités par le prédpité rouge, qu'on appliqua sur leur surface an BAoyen d'une sonde préalablement mouillée. On pratiqua en même temps à la partie esteme de chaque cuisse des fricdons mercurielles qui détermiuèrent une salivation «boudante. Les bubons, qui jusque-U avaient fait des progrès continuels, devinrent stationiiaires, et disparurent enfin entièrement. Les chancres se nettoyèrent, et après un usage sottsamment prolongé du mercure, une guérisou complète fut enfin èbteittte.
• L'expérienee ralmite fw faite atéc le pus de la gonorrbée, dont on ptaça une
qui nous occupe. Quelques pathologistes ont supposé que les qualités ?iffu^ lentes du pus vénérien sont Teffet d'une fermentation qui s*opère aussitôt
certaine ^«ntité entre le prépuce et le gland , oÀ on le laissa agir sans être troublé. Le second jour, il se manifesta une légère inflammation à Ufuelle succéda une sécré» tion purulente qui disparut en deux on trois jonrs.
« Le même élève répéta cetCS expérience plusieurs fois, après aToir préalablement irrité la partie sur laquelle le pus gonorrbéique fnt appliqué; mais il n'en résulta jamais aucun chancre.
« Deux jeunes gens, qui se lirraient k l*étnde de la médecine, conçurent le désir dn décider la question. En cpnséquence, ils résolurent de faire les expériences suivantes. Ils n'avaient jamais eu ni l'un ni Tautre, ni gonorrhea, ni vérole; et le pus fnt recueilli, comme dans les expériences précédentes, sur des malades qui n'avaient jamais fait usage de mercure :
« Un petit plumasseau de charpie imbibée de pus gonorrhéiqoe fnt placé et maintenm pendant ^4 heures entre le prépuce et le gland. Ils s'attendaient à voir cetta ap|4ica» tion produire des chancres; mais il n'en fut rien. Qiex l'un, il se développa surtout le gland et sur le prépuce une violente inflammation qui présenta tout l'aspect de c« qu'on appelle ordinairement une fausse gonorrhée; un pus abondant et fétide s'éconU des surfaces enflammées , et il se forma un paraphimosis pour lequel on craignit pendant plusieurs jours d'être obligé de recourir à l'instrument tranchant. Toutefois, par l'usage des cataplasmes unis aux préparations saturnines, des laxatifs et d'nn régîmn sévère, l'inflammation céda, l'écoulement cessa, aucun chancre ne fnt produit, elU « gnérison ne tarda pas à être complète.
•• L'autre jeune homme ne fnt pas aussi heureux. L'inflammation extérieure, il tit vrai, fut légère; mais le pus s'étant introduit dans Turètre, il se développa, le second jour, une gonorrhée intense qui persista pendant un temps considérable et devint extrêmement pénible. La guérisou entière s'en fit attendre plus d'un an.
« Ce dernier expérimentateur, frappé des dangers de cette sorte d'expériences» refn«n deles pousser plus loin pour son compte, mais son ami les ponrsuirit avec ardeur. Pt« de temps aprè» la guérisou de l'inflammation qui avait été causée par sa premièm expérience, il introduisit avec la pointe d'une lancette du pus gonorrbéique sons la. peau du prépuce et dans le tissu du gland; mais cette opération, bien que répétée trois fois , ne produisit pas un seul chancre. Il en résulta une légère inflammation qnt se dissipa bientôt \ans aucun traitement. Sa dernière expérience eut des suites bean* coup plus graves. Le pus d'un chancre fut introduit, sur l'extrémité d'nue sonde* à un quart de ponce, ou un peu plus, de profondeur dans le caual de l'urètre, n ne survint point de gonorrhée ; mais au bout de cinq on six jours on aperçut un chancre enflammé et douloureux dans le point sur lequel le pus avait été appliqué. Il se forma ensuite un bubon, qni suppura malgré l'application immédiate du mercure» et donna lieu à une plaie aussi douloureuse que difficile à guérir. Enfin des ulcères se montrèrent dans la gorge, et le* malade ne put être guéri qu'après avoir employé nnt très-grande quantité de mercure et gardé la chambre pendant plus de trois mois. »
Ces expériences , dont les résultats s'accordent avec l'observation de chaque jour», renversent entièrement l'argument qu'on peut tirer de la différence qui exista entre une surface sécrétante et une surface non sécrétante, et tendent puissamment a faire admettre que le poison de la gonorrhée, au moins dans la grande majorité des cas» n'est point identique à celui du chancre. G. G. B.
On a longtemps ditcuté et l'on discuta encore aujourd'hui la question de savoir si la Uennorrhagie, quant à m cause et k ses'effets généraus* est une affection identi-
BU VaUS STFflnjTIQUE. ITtl
qu*il eit fpnné* Or, Je vais maintenaiit examiner si cette cause est admisaîble, ou si ces propriétés virulentes ne dérivent point de la faculté dont
que an cbancre dont eHe ne différeraît qae par sa forme primitive, due eUe-mêoie au ^ai^e particulier et aux conditiotta anatomiqoes et physioLogiquet des tisans qu'elle arfecte?
Il faut conrenir que malsré let nombreux traraux faits jnsqu^à ce jour pour ré* aoadre cet intéressant problème, travaux à la tête desquels, depuis Tode, je placerai Pourrage remarquable d'Hemandes, couronné en iSio par la Société médioale de Se* ann<çon i on n'est point arriré à une solution qui ait satisfiait tofts les esprits. Les faits propres à élucider U question et les expériences capables de la résoudre n*ont cependant pas manqué; mais Tesprit de système qui a présidé à Tobscrration des uns et dirigé faussement les autres, a dû conduire le plus souvent à des conclusions erronées. Il a fallu fréquemment éluder un cas contradictoire, suspecter la bonne fui d'un expérimentateur opposé, ou même nier formellement un fait : l'ourrage d^Hernaade% le phia complet dans ce sens, eu est un exemple.
Pour moi, c'est dans la concordance absolue de tons lesécrirains, c'est dans Tac* reptation complète des matériaux qu'ils ont fournis , que je ironre les plus puissanta arguments; car un fait est une obose matérielle qu'on ne saurait détruire par un autre fait ; mais une bonne explication peut en détruire de fausses.
Hunter a inoculé du pus fourni par une blenuorrbagic , et a déterminé un cliancre suivi d'accidents généraux caractéristiques. Harrisson a porté, à Taide d'une sonde» du pus de cliancre dans l'urètre, et a produit une blennorrliagie, d'où on a conclu à l'identité de cause. D'un antre côté, Tode et Duncan , comme dans les exi>érienccs rapportées par Bell, n'oot jamais pu produire le chancre aver la matière de la gonorrhée, tandis que le pus du chancre, introduit daos l'urètre, j a déterminé un chancre; ce qui, de nécessité, a dû faire admettre une différence absolue dans la nature intime des deux maladies. Et cependant toutes ces expériences sont vraies, quoique contra* dictoires, car leur difference n'est qu'apparente et tient à une mauvaise interprétation.
Pour tirer une conclusion rigoureuse des faits, il ne faut négliger aucune de Icura conditions. Toutes les fois que les expérimeutateurs ont pris du pus à la surface d'un chancre, et qu'ils l'ont appliqué sur une surface facile ensuite à observer directement, ils ont donné lieu à des chancres, k quelque doctrine qu'ils aient appartenu. Ce n'est donc que lorsque la matière morbide a été prise venant de parties profondes et cachées, et dont les conditions matérielles de tissu ne pouvaient être directement observées , on qu'elle y avait été portée daos les m^mes conditions , que les résultats . ont pn paraître différents et les conclusious opposées. Ou ne trouve dans aucun des expérimentateurs, que du muco-pus provenant d'une ophthalmic blennorrliagiquc, d'une balauite non ulcéreuse, et inoculé sur la peau ou une muqueuse visible, ait donné lien à un chancre. D'un autre cdtc, quand le pus du chancre a été convenablement inoculé, quels qn'aieut été les tissus sur lesquels on l'a inséré, il a, de nécessité, produit le chancre, et lorsque des symptômes de blcnnorrhagie ont scnihié seuls succéder à son application sur les muqncuses, de deux choses l'une, ou bien, comme je l'ai dit ailleurs, il n'avait point alors agi d'une manière si>écifîque, et n'avait donné naissance qu'à une affection catarrhale incapable à son tour d'être inoculée , ou bien le chancre produit, échappant à l'observation à cause de sou siège, ne fournissait extérieurement qu'un écoulement, pris à tort pour une blennorrhagie.
Voici, en r^umé, le résultat de mes expériences et des observations recueillies depuis plus de sept années :
i"' Tontes les fois que dn mucosas a été pris sur nne.snrfaeenon ulcérée, qnela • II. ISl
m DU vnus STFrnuriQUE.
jouit le eorpf Thrflot de produirt UAÏê ou till« matter» sol? ftnt l« tùoêè d'inriutloQ auquel il est ummsi âMXilté en inittt de laipelle lea feyreea
qa*fti«at ét^ les natéeédciltt en thàlidc^ lé élég« àtloel de Tftflîectioii, M durée, ton degré d'intensité, letréanltati de rUideiilflttoa «rtUloielle olit été faégAtifs, ^ueU que fassent les tissus sur lesquels elle a pu être faite.
a* La préstnee d'une ulcéraâon suT des tutiqueiiftes aetuetletnent afl^titécs de bien- Borrliagie, ne sufit pas, sans dUtiuctiun d^espèce, pour que eelle^n donne lieu à on diancre. Une blennorrhagie , comme tonte auti% ibflamœation , peut ebtraloer Pulcévation simple dei tissus qu'elle affeetc; mais il fatif*, pour produire le duiuire, du pas provenant d*un rbancre à la période de progrès spécifique*
3* Lorsque j*ei pris du muoo^pus od du Téritabte pus provenant d*une mnqueuit que Je n'avais pas prétlablement explorée, et que jVii pu obtenir des résultats positifs éé l'iuocuktton , J'ai dû conclure à l'existeilce d*uu chancre caché. Ce diagnostic rationnel a tonjotors été rérifie chea la femme à Taidé du spéculum, qui, dans ces eas, n'a jamais manqué de mettre le cbabcre à découvert. Chex l'homme ,■ il a été souvent fkeile de voir Tulcère spécifique, plus ou moin» profondément dans rurètre,pâr réeartement des lèvres du méat« D'autres fois , trop prufbndétnent situé, le etiancre be s'est trahi au dehors que par le déVeloppeihent d'une induration plus ou moins étendue, on bien encore par la perforation dn canal et l'envahissement des parties extérieures. Enfin, l'anatomie pathologique est veuue ajouter le dernier ergoment qui devait emporter la conviciiou. J'ai montré a l*Ac*démie de médecine deul urètres feppartebant à des iikdividus morts avec des symptômes de blennorrhagie , ehex lesquels j*Avais diaguostiqué des chahcres trétraux et qui en éuîent effectivement éfiectés à des profondeurs différentes, et, Ttin d'eux, jusque dans la vessie. (A7>f.* |>1.6i eiei)(*).
4* Les diabcres profonds du vagin et de Tutérus sont plus commnns qtie \ëi chancres profonds de l'urètre; et, d*un autre côté, ces derniers ariéctent plus fVéquemmeut là femme. Aussi voit*on, et cela est d'aécord avec ce qu'ont dit les auteurs, le<i femmee plus souvent que les hommes cominuniquer des chancres avec de prétendues blcn- ^orrhagies* et chex elles encore bien plus que chet ees derniers , arriver del accidents -^généraux qui n'ont été précédés que d'un ecoulemetit dont on n*aVait point exploré b tource.
5** La rareté des symptômes sedondaires, diex l'hotlutié, & la suite d^écoulements blentkorrhoides, est encore plus grande que celle des chancres urétraux : tout chancre, quel que soit Siiu siège , ne devant pas de nécessité doUiier lieu à Pempoisonnement général.
^ n n*existe pas un seul fait authentique dans la sdenre, qui pronVe iju'un individu dont on a pu mspecter la muqueuse, pendant le cours d'une affection blennorrhagique, uns complication de chancre , ait offert plus tard des accidents de syphiliéf constitutionnelle.
9* tl n'y a ^as deux espèces de blennorrhagie , l'une virulente et l'antre bénigne, et
qui ne différeraient que par la nature de leur cause, la qualité de leur sécrétion et
leur» conséquences poinlbles, sans difference dans Vahemtion des tissus primitivetnent
aj/èetés. Ce que les auteurs ont appelé blennorrhagie viruleute, n'est qu'un chancre
caché dans TurètTe, le vagin, etc., reconnaissant d*uue manière absolue une cause
spécifique , ne se montrant souvéut que sons les apparences d'un écoulement blennor-
rboîde, mais n'existaut qu'en vertu d'une ulcération qui seule peut alurs donner lieu à
l'em foisonnement général. Il n'y a pas une exception à cette règle qui soit déduite «le
faits rigoureusement observés. ^
(•) Voir «M Tmfié pntipit é9t Mr/Mrri ¥éi&ffnrfty ptf « i-x-sf tf/ '
DU VIRUS SYPHILITIQUE. ITf
Thrtet , toutes les fois qu'elles sont irritées d'une certaine menière, foot naître dans les parties affectées une action partieulière qui a pour effet la production d'une matière semblable à celle qui a agi comme cause eieitante de l'action.
Dans l'examen de ce sujet, je me bornerai à la gonorrhea. Pour soute* nîr Tune ou l'autre de ces deux opinions, il fout adinettre que le pus véné* rien , en vertu de ses qualités spécifiques , jouit d'une puissance d'irritation ylus considérable que le pus ordinaire. J'ai déjà fait observer qu1i a la propriété d'exciter l'inflammation même sur le tégument commun , et de donner naissance à des chancres, propriété que le pus ordinaire ne possède point. Dans la doctrine de la fermentation, il £iut supposer que l'applica^» tion du pus vénérien produit, non une inflammation et une suppuration spécifiques, mais seulement une inflammation et une suppuration commu* Des ; que la matière qui est capable de déterminer ces effets agit comme un ferment sur le pus nouvelement formé, de manière à le rendre véné-» rien aussitôt , ou presque aussitôt après qu'il est formé; et que la ferment tation succède immédiatement à la formation du pus, à mesure qu'il est •écrété.
Voyons donc jusqu'à quel point ces idées s'accordent avec les phénomànea ▼arlés de la maladie. Premièrement, on peut demander ce que devient le ferment dans tous les cas où la suppuration ne se forme que plusieurs se* maines après que l'irritation iet Finflammation se sont développé^. Dana les cas de cette espèce , on ne peut guère supposer que le pus vénérien qui a été déposé sur les tissus soit resté là pour agir oomme un ferment* Secondement , quand l'écoulement et toute formation du pus viennent à cesser, ce qui a lieu quelquefois pendant un temps fort long, et que tous les symptômes se reproduisent ensuite » quel est l'agent qui détermine la
Dcpttit tats ex|»érl«nce8 , U B*ctt pl«s permit dt ehercbtr !#• ^ttétmn^m de fbmct tt dVffets €Btre la bltnHOrrhagie «t \é ehaaoft *
I** Dan* U oitiire dtK tissas, avec Hnutcr qnÎTOnlait qu^ona surface técrétaote ne f6t propre qu'à, la blenoorrbagie » Unidis qoe les surfaces non sécrétantes se prêtaient an déreloppement da chancre ;
a* Dans une différence d'intensité dans Taction de la canse spéciÂqne. Car ici, tAn« dû qne Swédiaor dit qn'uue action trop forte de la part du rtms produit un écoule* ment qui, en garantissant les surfaces, les empêche de s'ulcérer, et prévient fabsorptionet les effets constitotionnels ; M. Lagneau soutient la thèse opposée, et ne toit dans la blennorrliagie qu*un effet superficiel du tims vénérien , qui alors est lasnflsaat pour produire le ebancrc , et qui tnéiue pour itr» mbt^tépar Ut niffÊCê* ^foitims , 0Mg9 fùèt^tisé dé eêlUi'tii
V Atuc Thotfias Rose , dans les dispositions idiosrncrasiqaes i
4* Arte Hufeland, daus certaines conditions dm virus : libre dans le chancre, et inearcéré dans le blennorrhagie dans une coqu.9 de mucus qui, en l'isolant des surfacei fui le séci'ètent , etnpéche celUs'ci de s*utcèrer A
Aujourd'hui V inoculation a prouvé que la blennorrhagie et le chancre sont deux maladies distinctes ; elle seule constitue le signe pathognomonique différentiel entre deux affections qu'il importe plus de distingner entre elles que ne le- pensait Hunter .
P. Kiconn*
fermentation cette seconde fois? on ne peut rien concevoir qdi puisse produire cet effet, si ce n*est une nouvelle application de pus vénérien récemment formé. Par exemple , lorsque Tirritation se porte sur le testicule et que Técoulement est entièrement supprimé, ce qui s'observe souvent, que devient le virus; et comment lin nouveau virus se forme-t-il quand Firritation se rétablit dans le canal de Turètre? Troisièmement, si la virulence du pus vénérien était produite par une fermentation qui s'opérât dans ce pus déjà formé , il ne serait pas facile de s'expliquer comment les symptômes vénériens pourraient jamais cesser, car d'après Tidée que je me fais d'un ferment^ il n'y aurait pas de raison pour qu'une telle substance cessât d'agir tant que du pus nouveau viendrait s'ajouter à celui qui existe déjà , et l'on ne pourrait en arrêter les effets que par l'emploi d'une substance capable de suspendre ou de prévenir la fermentation dans le pu& nouvellement formé, et qui serait appliquée directement sur la partie malade. Mais comme dans cette forme de la maladie (la gonorrbée), l'inflammation vénérienne ne persiste pas au delà d'un certain temps, la production du virus ne peut point dépendre de la fermentation. Quatrièmement , si la production du virus était l'effet de la fermentation du pus sécrété, tous les cas d'affection vénérienne seraient semblables entre eux, aucun ne serait plus grave que les autres, et la seule différence sous ce dernier rapport ne consisterait que dans l'étendue plus ou moins considérable des surfaces en fermentation. Tous les cas seraient aussi également faciles à guérir, car l<i fermentation aurait le même degré d'intensité dans les cas légers et dans les cas graves. Le pus ne peut entrer en fermentation qu'après qu'il est sorti des vaisseaux.
Quand du pus vénérien, appliqué sur une plaie, vient à l'irriter, il y produit une irritation et une inflammation vénériennes. Mais cet effet n'a pas toujours lieu , car le pus ordinaire qui s'écoule de la plaie peut emporter le pus vénérien qu'on y applique, avant qu'il ait eu le temps d'affecter la plaie et d'y produire l'inflammation et la suppuration vénériennes. Tai faft cette expérience plusieurs fois , et je n'ai réussi qu'une seule fois à produire l'inflammation vénérienne. Or, si le pus vénérien pouvait agir comme un ferment, il produirait dans tous ces cas du pus vénérien sans modifier la nature de la plaie.
Les effets du virus syphilitique découlent de l'irritation particulière ou spécifique à laquelle il donne naissance , et de la susceptibilité du principe vital à être irrité par lui; les parties qui sont soumises à ce mode d'irritation agissent en conséquence de ces deux causes, qui combinent leurs effets. Je le considère comme un poison qui , en exerçant sur les tissus vivants une irritation qui lui est propre, détermine une inflammation particulière à cette irritation, d'où il résulte une matière purulente qui n'est produite que par cette espèce d'inflammation. Examinons jusqu'à quel point cette manière de voir s'accorde avec les phénomènes variés qui caractérisent la mabdie.
r Le nus vénérien ayant une plus grande force d'irritation que le pus ordinaire, éveille plutôt l'idée d'irritation que celle de fermentation.
DU ViaUS SYPHILITIQIJE. 181
t*" Comme il produit une maladie spéciûque dont les symptômes et les formes extérieures sont spéclûques, il en résulte qu'il est doué d*une faculté spécifique d'irritation, les forces vitales agissant nécessairement conformément à cette irritation.
3* L'inflammation qu'il produit a son époque déterminée d'apparition et de terminaison, ce qui s'accorde avec les lois auxquelles l'économie animale est soumise dans la plupart des cas , car on observe la même circonstance dans d'autres maladies qui ont une crise; et lorsque la maladie dure plus longtemps chez certains sujets que chez les autres, c'est que les premiers ont beaucoup plus de susceptibilité pour cette espèce d'irritation que les derniers. Du reste , il peut se prjésenter d'autres circonstances concomitantes.
4"* La distance spécifique dans laquelle se limite l'inflammation vénérienne s'accorde mieux avec l'idée d'une irritation spécifique qu'avec celle d'une fermentation. ^
6"* Ce qui vient encore à l'appui de mon opinion , c'est que les symptômes apparents de la maladie peuvent se transporter d'une partie du corps à une autre, comme ojd le voit dans les cas de testicules vénériens, où l'écoulement est souvent arrêté, ou modifié d'une autre manière.
6<* Souvent il arrive que l'écoulement s'arrête lorsque l'économie deVient le siège de la fièvre, et qu'il se reproduit au bout de quelques jours ou au bout de quelques semaines, ou qu'il ne se reproduit pas du tout, suivant que la fièvre cesse ou continue. Or, on voit évidemment pourquoi la fièvre suspend l'écoulement gonorrhéique. En effet , lu disposition qu'elle fait naître dans les parties est très-différente de celle en vertu de laquelle le pus a été produit. On voit aussi pourquoi la même disposition syphilitique se rétablit dans beaucoup de cas, tandis que dans la théorie de la fermentation, il est impossible de concevoir comment cette disposition pourrait se reproduire vénérienne.
7" Une irritation non spéciflque produite artificiellement fait disparaître rirritation spécifique. Or, une irritation ordinaire peut bien détruire une irritation vénérienne, mais elle ne saurait empêcher la fermentation de s'opérer.
8o La différence de disposition que manifestent les diverses parties du corps à être irritées par \e poison vénérien, quand il infecte la constitution , est une nouvelle preuve qu'il provient d'une irrita,tion , et que cette irritation est d*une /lature particulière (*).
(*) Pour bien comprendre les idées de Hnnier, il ne faat pas perdre de vue qu'il emploie sonrent le mot irritation dans un sens qui diffère beaucoup de celui qu*oa lui accorde presque généralement aujourd'hui. Sous sa plume, ce mot exprime l'in* flnence immédiate de la cause excitante de toute action yitale, morbide ou non morbide; en d*antres termes, la modification des parties qui se tronre immédiatement interposée entre Tapplication de la cause et Taccomplissement de Taction. Par exemple , qu'un homme, après avoir été exposé à Tinfluence de certains miasiQes , soit pris de fièvre, Hunter exprime ce fait en disant que les miasmes introduits dans la coni» titation j déterminent one irritation qui produit one action, laqueUe action est uat
î$à DU VIRUS SYPHILITIQUE. »
9* On ne eonnaît nucun aatre animal que Tliomme qui soit losceptible et rirritation rénérlenne, car des essais répétés ont démontré qu*il est Impossible de la communiquer à un eliien, à une chienne et à un âne(*). Il est beaucoup plus naturel de supposer qu*un chien ou un âne n'a point de susceptibilité pour certaines irritations dont le corps humain est susceptible, comme on Tobserve en effet dans toutes les autres maladies spécifiques, ^t pour la plupart des poisons, que d'admettre que le pus sécrété par le corps humain peut subir une altération que ne pourrait pas subir celui qui est sécrété par un chien ou par un âne (**).
Ce dernier argument emprunte une nouvelle force de la comparaison d« poison rénérien avec les autres poisons morbides, ht poison animal qu! donne naissance à Thydrophobie parait être produit par une irritation particulière qui affeete certaines parties, d'où il résulte que si le corps, ou tme partie quelcoftque du corps, est irrité, il s*y développe une disposition à agir d'une manière particulière, et que ce nouveau mode d'action a pour effet la sécrétion d'un liquide qui a la propriété de développer la même action morbide chez un autre individu. Dans l'hydrophobie, c'est la gorge et les glandes qai avoisinent cette région qui sont spécialement affectées;
^hrrn, I4 irritation caosée par les miasmes ix*est autre cbose qtie la modiitcatioD orga* piqne, qaello qu'elle soit, qui résulte immédiatement de rapplication de Tagent morbide, et qui est suivie de Taction morbide appelée^rt^r^. Autre exemple : Hanter admet que le pus Teneriea est absorbé et qu'il se mêle à la circulation générale; alors, dit-il , it irritates to action, il irrite h faction , il stimule à une action, en d'antres termes , il produit une irritation ou une stimulation qui a pour conséqnence une aetNm ■lorbide. Ainsi , Véiat qui précède immédiatMient toute action dans rorgaûsme et qui est prodnit par nafluence directe de la cause eacitaota dn cette action , Toilà Xirritttion de Honker. J*ai eru^ devoir donner ces explications, dans la crainte qn^o» n'aocordAt à certaines phrases do Hunter une importance théorique qu'elles n ont point en réalité. G. RimaLOT.
(*) U m'est arrÎTé souvent de tremper de la charpie 4ans le pvs d'une gonorrhée, d'un cluocre on d'un bubon, et de l'introduire dans le vagin d'une chienne, sans produire aucun effet. J'ai fait la même cxpérieuce sur des Aoesscs sans plus de résultat. J'ai plMcé inutilement aussi de la charpie imbibée du même pus sons le prépuce chez des ciricns; j'ai même pratiqué des inci»iuns, ailu de porter le pus au-dessous de la peau , et il n'en est résulté qu'une pluie ordinaire. Tai fait aussi cette dernière expérience sur des ânes et je n'ai rtvn pu obtenir. J. Huimn.
i^*) Il est bien certain qu'on ne connaît pas la oatore intrinsèque du Tirus Ténérien, ni la modification intime qu'il fait subir aux tissus qu'il affeote et qui le reproduisent. Ce qui est incontestable, c'est qu'il ne doit pas sa naissance à une altération subie par le pus sécrété , mais bien à un eut particulier des tissus. Cest ainsi que si Ton enlève Un ciiancre avec riostrumcnt tranchant, et qu'on emporte toute la surface ulcérée, on toit quelquefois un nonveau chancre succéder an premier , bien qu'on ait conpé dans des tissus non suppnrés, pourvu, toutefois, que cette section ne porte pas à nno trop grande distance de la p.nrtie d'abord conlamrnce.
Comme Hnnter, faî vu des surfaces de vésicatoire en suppu^tion, baignées par du pns virulent tenu dHni chancre voisin , sens qu'il eu résultat toujours une Infection de cei snrfatei et an changement dani îa nature de leur sécrétion. 1». Riconv.
DU VmUS OTPHÎLITIQUE. IH
et il D*e$t pas facile de s'expliquer comment la salive peut contracter de telles propriétés, soit par suite de Tiptroduction du jE>oifon dans Pensemble de la constitution , soit par la sympathie générale de la constitution avec une Infection locale, et plus particulièrement avec celle des parties qui sont situées près de la gorge, si Ton n'admet ou que le poison qui a été absorbé et qui est emporté dans le torrent circulatoire peut déterminer une action constitutionnelle spécifique capable d'affecter la gorge et les glandes voisines, de la même manière que \e poison de la petite vérole affecte la peaq, ou que ie poison mêlé à là circulation générale a la propriété d'affecter ou d'irriter les glandes de la bouche seulement, ou bien que ces parties seules ont la faculté de sympathiser immédiatement avec la partie irritée , comme il arrive pour les muscles de la mâchoire inférieure dans les cas de trismus.
Si cette théorie est exacte, elle explique comment des maladies épîdémiques qui ont leur source dans certaines saisons, dans certaines constitutions atmosphériques, etc. , irritent de manière à produire une fièvre, dont les effluves ont la propriété de communiquer le même mode d'ipritatiop. Peu Importe, en effet, de quelfe manière l'irritation primitive prend naissance; il suffit que le corps vivant soit doué de la faculté 4*2^'r conformément au stimulus qu'il reçoit de cette irritation.
184 , Dt VIRUS SYPHILITIQUE.