‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 28 sur 88 · XI. i · texte numérisé non relu

XI. i

m DE LA GONORRHÉE-

la véracité des malades , et Ton ne peut guère avoir d'autres preuves, le temps d'incubation est le plus communément de six, huit, dix eu douze jours, bien qu'il puisse être beaucoup plus court chez certains malades et beaucoup plus long chez certains autres. Un homme marié venant de la campagne, où il avait laissé sa femme, se rendit dans une maison publique où il ept commerce avec une femme qu'il quitta le lendemain matin. U était à peine arrivé chez lui, lorsqu'il sentit de Thumidité à l'extrémité de la verge , et ayant recherché quelle en pouvait être la cause, il reconnut une gonorrhée commençante, qui devint très-intense. Un autre malade ayant passé une nuit avec une femme, éprouva les symptômes de la gonorrhée le matin même; la même chose lui est arrivée deux fois. Chez un troisième l'écoulement apparut trente-six heures après l'application du poison. Chez ces malades on ne peut reporter l'infection à une autre époque que celle qui est indiquée, car aucun d'eux ne s'y était exposé depuis plusieurs semaines (*).

Ces témoignages qui viennent d'hommes dignes de foi et n'ayant aucun intérêt à tromper doivent être admis avec confiance. D'un autre côté, je tiens de sources également bonnes, qu'il s'est écoulé dans un cas six semaines entre l'infection et l'apparition des symptômes gonorrhéiques. Avant l'écoulement , il se manifesta des phénomènes morbides bizarres et extraordinaires, comme une sensation inaccoutumée dans la partie affectée, accompagnée de la plupart des symptômes de la gonorrhée sauf l'écoulement. Un an après , le même malade fut atteint d'une nouvelle gonorrhée, <t l'écoulement ne se forma qu'au bout d'un mois pendant une partie duquel il éprouva les mêmes sensations pénibles qui ont été indiquées tout à l'heure; mais cette fois, instruit par sa propre expérience, il prévit ce qui allait lui arriver. De ce fait je suis porté à conclure que le virus ne reste que rarement ou jamais dans une inaction complète aussi longtemps qu*on pourrait le croire , et que la période inflammatoire peut exister pendant un temps assez long avant la période suppurativa (^*). Dajis les cas

(*) Le fait raÎTant est «jouté dans TéditioB de Home : « Un malade était ttteiiit d*aQ chancre qui fat guéri par Tusage du mercure à Tintérienr ; an moment où le chancre était presque guéri , nue gonorrhée se manifesta. Il s'éuit écoulé près de cinq semaines depuis Tapparition du chancre. »

(**) L'incu^tion des affections virulentes et de la syphilis en particulier est généra* lement admise et regardée même comme une condition propre à ces affections. Mais l'expérimentation ne permet pas d'admettre Tincuhation des accidents primitifs de la vérole, n n^j a pas , ainsi qu'on Ta professé , un temps qui s'écoule entre I'appb'oation de la cause et ses premiers effets. Du moment que le virus est déposé dans les tissus et dans les conditions nécessaires à la contagion, l'action commence et arrive k la production des phénomènes par une évolution plus on moins rapide. En un mot , ainsi qu'on pent a*en assurer par Tinoculatien artificielle du chancre, il n'y a pas plus d'incnhatiou après l'insertion du pns virulent sous l'épiderme, qu'à la suite d'une épine plantée dans les chairs; et le cliancre ae forme dans le premier cas par une action graduelle, comme l'aboès ae produit dans le second , après le temps voulu pour U suppuration. Il n'y a pas de bronchite» de pseomonie, de phlegmon» etc., qoi arrive au terme de la snpparatioa

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de cette espèce , la tendance à la guérison est peu énergique, car la disposition qui a pour effet Técoulement est une disposition salutaire, et constitue un degré intermédiaire entre la maladie ou Tinflammation , et la guérison. En effet, lorsque la suppuration se forme, les vaisseaux ont subi une modiflcation d*où résulte la production du.pus; si cette modification n'avait point lieu, peut-on savoir quelles en seraient les conséquences? U ne m'a pas été ppssible de m'assurer si Tinflammation pourrait disparaître sans suppuration, comme Tinflammation commune, mais il est probable que la maladie durerait plus longtemps qu'à l'ordinaire, parce que les parties affectées n'auraient point complété leurs actions. D'ailleurs, je pense que ces faits dépendent de quelque particularité de la constitution (*).

S II. De la difficulté de distinguer ia gonorrhée virulente de la gonorrhée simple.

Indépendamment du poison vénérien , il est beaucoup d'autres causes qui peuvent produire l'inflammation et la suppuration à ia surface du canal de l'urètre; quelquefois même il survient spontanément des écoulements auxquels on ne peut assigner aucune cause immédiate. Ces écoulements peuvent être désignés sous le nom de gonorrhées simples^ pour exprimer qu'ils n'ont rien de syphilitique, bien que ce soient les sujets qui ont eu antérieurement des gonorrhées virulentes qui les présentent le plus communément. '

On a indiqué comme marque distinctive entre la gonorrhée simple et la gonorrhée virulente, que la gonorrhée simple se manifeste immédiatement après le coït et présente tout de suite toute son intensité, tandis que la gonorrhée Virulente se montre au bout de quelques jours et s'établit graduellement. Mais la gonorrhée simple n'est pas toujours consécutive au commerce de l'homme avec la femme; elle ne s'établit pas d'emblée dans tous les cas , et elle n'est pas toujours sans douleur. D'un autre côté, on voit beaucoup de gonorrhées vénériennes qui débutent sans aucune apparence d'inflammation , et dans beaucoup de cas de cette espèce j'ai été fort embarrassé pour décider si la maladie était syphilitique ou non , car il est un certain nombre de symptômes qui sont communs à presque toutes les maladies de l'urètre, et desquels il est difficile de distinguer les phéno-

to«t de iiiite après Taction des causes qoi onb présidé au déreloppetoeot de ces maladies.

Ia blennorrhagie pourant reconualtre des causes autres que le coït, il faut se mé-

fier de la râleur des obserTations dans lesquelles la maladie s'est moutrée fort tard

après les rapports suspects, et qu'on a citées de préférence comme preuve d'incubation.

P. RiCORD.

(*) On voit des malades, comme Ta observé Hunter lui-même , et cela est pins commun chez les femmes , qui s'étant exposés aux causes d'une blennorrhagie , en éprouvent bientôt les prodromes : les parties sont quelquefois rouges, chaudes, tuméfiées; les sécrétions naturelles peuvent être momentanément taries , comme dans les cas auxquels Fabrc donuaitle nom de blennorrhagie sèche, ou bien êlre accrues; et cependant la maladie cesse complètement » souvent d'une manière rapide , sans retour et lans qu'il se soit formé de pus, P* Ricord.

196 DE LA GONORRHKE.

mènes peu nombreux qui dépendent uniquement de Taffection spéciGque. J*ai vu le canal de l'urètre sympathiser avec la sortie d'une dent (*) , et présenter sous cette influence tous les symptômes delà gonorrhée; ce fait s'est reproduit plusieurs fois chez le même malade. On sait que Furètre peut devenir le siège de la goutte (**) ; je l'ai vu atteint de rhumatisme. L'urètre des sujets qui ont eu des maladies vénénennes a plus^de tendance à présenter des symptômes semblables à ceux de là gonorrhée que le même canal chez les personnes qui n'ont jamais été atteintes de ces maladies ; et c'est, en général, par suite de la lésion que ces maladies ont fait éprouver au canal gue la gonorrhée simple tend à se produire; peut-être est-ce aussi pour cette raison que la godorriiée virulente et la gonorrhée simple ont tant de points de ressemblance. Le canal de l'urètre devient le siège d'un écoulement , et même d'une douleur plus ou moins vive ; des sensations inaccoutumées s'y font ressentir de temps en temps. Ces symptômes peuvent être un retour de l'affection vénérienne sans nouvelle application du virus , ou se produire en quelque sorte spontanément, ou enfin être la conséquence de quelque autre maladie. Quand Técoulement se manifeste comme conséquence d^une gonorrhée vénérienne antérieure, il est rarement continu; il disparaît pendant un temps pour se reproduire ensuite, et on peut le désigner sous le nom de blennorrhé6\temporaire, mais alors il est rare que les parties se tuméfient; le gland ne présente point la colo* ration rouge-cerise, ni aucune espèce de suintement. On reconnaît que cette affection n'est constituée que par un écoulement sans propriétés virulentes , quand elle se manifeste chez des sujets qui n'ont eu depuis longtemps aucune relation sexuelle, ou qui n'ont jamais eu aucune maladie vénérienne et ne s'y sont jamais exposés. Sa guérison , ordinairement prompte aussi bien chez les sujets qui ont eu commerce avec des femmes que chez ceux qui n'en ont point eu, rend très-difficile, dans beaucoup de cas, de déterminer si elle e^t syphilitique ou non. Aussi, arrive-t-il souvent qu'on la considère à tort comme vénérienne, tandis que dans d'autres cas on prend pour un retour d'une ancienne blennorrhée un écoulement qui est réellement vénérien. Du reste, cette difficulté de diagnostic est peutêtre moins importante qu'on ne serait tenté de le croire d'abord.

Cette affection, quand elle est la conséquence d'anciennes maladies syphilitiques, peut être considérée simplement comme une infirmité attachée aux personnes qui ont eu des gonorrhées virulentes. On ne connaît aucun moyen de traitement qui puisse lui être opposé avec certitude; elle ressemble aux fleurs blanches chez les femmes (***).

(*) Voyez Traité des dents, part, ii, p. lO*

(•*) Essays and obs. phys. ami literary (Edinburgli) , t. Ilf , p. 4^5.

(***) Un coït suspect pour aDtécédcnt, uo temps prétcnda d'incnbation, le plus on moins d*intensité dnns les symptômes , leur plus grande durée avec on tans réroisf ton , la couleur plus ou moins foucée, vcrdâtre , de l'écoulement , son odeur particulière, la teinte des parties affectées et le siège particulier delà maladie, ne sauraient en indiquer la nature intime ou faire reconnaître la cause rigoureuse à laquelle on doit la rapporter. J'en api>clle aux aveux do Hanter , qui élude la question comme Ta

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$ IlL Dan$ la gonorrhée, la ttippuratUm n*atlehU pas le but final auquel elle répond habituellement.

Dès qu'une surface sécrétante a contracté Faction inflammatoire, sa sécrétion est augmentée et manifestement altérée; de même, lorsqu'une cause irritante a fait nattre Tinflammation et l'ulcération dans un des tissus de l'organisme , du pus est sécrété. Dans les deux cas , J*écoulement du pus paraît avoir pour objet d'emporter la cause d'irritation. Les irritations ont donc pour but final d'amener leur propre destruction ; c'est ainsi qu'un corps étranger qui pénètre entre l'oeil et les paupières détermine un accroissement de la sécrétion des larmes , et détient la cause médiate de sa propre expulsion. Mais dans les inflammations qui sont produites par des poisons morbides ou spécifiques , cet effet ne peut pas être obtenu. En effet , la matière irritante primitive peut bien être entraînée , mais le pus nouvellement formé possède les mêmes qualités ; il devrait donc se former une série non interrompue d'irritations, et, par conséquent, de sécrétions, lors même que la maladie n'aurait pas d'autre cause de continuation que son propre produit purulent. Or, dans la gonorrhée , l'inflammation vénérienne n*est pas entretenue par la présence du pus qui est sécrété sous soû influence, mais, de même que plusieurs autres maladies spécifiques , par la qualité spécifique de l'inflammation elle-même. Cependant, il paraît que cette inflammation ne peut durer qu'un certain temps, et que les symptômes qui lui sont propres s'éteignent d'eux-mêmes, parce que les tissus affectés perdent de plus en plus de leur susceptibilité pour ce mode d'irritation. Cette particularité n'appartient pas exclusivement à la forme de la maladie vénérienne qui nous occupe; on la retrouve dans presque toutes les maladies qui peuvent affecter le corps humain. Il résulte de là que le pus vénérien consécutif n'a point la faculté de continuer l'irritation primitive; et en effet, s'il n'en était pas ainsi, la maladie durerait perpétuellement.

Dans la gonorrhée comme dans un grand nombre de maladies, le principe vital ne peut acx3omplir indéfiniment la même action morbide , et l'irritation cessant graduellement, l'effet définitif cesse enfin de se produire. L'époque de cette cessation varie suivant les circonstances : si les parties irritées ont une grande susceptibilité pour l'irritation à laquelle elles sont soumises, l'action consécutive sera très-intense selon toute probabilité, et durera très-longtemps. Mais dans tous les cas, la différence, sous ce rapport , dépend de l'état de la constitution , et non d'aucune différence dans les qualités du poison lui-même.

La cessation spontanée de la maladie n'est possible que quand celle-ci attaque upe surface sécrétante , et quand il se produit une sécrétion de pus ; quand la maladie affecte une surface non sécrétante et y produit

fait Hecke( , et surtoutàla discussion récente qui a eu lieu au sein de rAcadémie royale dé médecine, et de laquelle il est ressorti, pour tous les bons esprits , qu'il n*y a de blennorrhagie virulente que celle qui est compliquée ou qui dépend d'an chancre caché et rigourensc^ent reconnaissahle par la Toié de l'inoculation. P. Ricoro.

l'effet qui lui est propre en pareil cas, c'est-à-dire, une ulcération, les parties affectées ont la facilité de continuer indéfiniment (a maladie ou le mode d'action syphilitique, ainsi que j'aurai occasion de le dire plus tard en parlant du chancre. Mais cette différence dans la terminaison de la syphilis ne paraît pas tant dépendre des caractères différents des surfaces malades que d'une différence dans les deux modes d'action. En effet, lorsque la malacTie donne naissance à une ulcération sur une surface sécrétante, comme il arrive souvent dans la syphilis constitutionnelle, par exemple sur les amygdales, cette ulcération ne manifeste aucune disposition à se guérir spontanément. De même, les ulcérations qui se forment dans l'urètre ne se guérissent pas plus facilement que celles qui se forment partout ailleurs.

La pratique de chaque jour met ces faits hors de doute. On voit tous les jours les hommes les plus ignorants guérir des gonorrhées ; tandis que pour les chancres et pour la syphilis constitutionnelle , il faut plus de talent. La raison en est manifeste : la gonorrhée se guérit d'ellemême, et les autres formes de la maladie ne peuvent se guérir que par les secours de l'art (*).

On observe quelquefois que les parties qui ont été irritées les premières se guérissent , en même temps qu'une autre partie de la même surface devient le siège de l'irritation, ce qui continue la maladie; c'est ce qui arrive quand l'irritation passe du gland au canal de l'urètre.

Il résulte de ce fait , savoir , que toutes les gonorrhées peuvent se guérir sans le secours de la médecine , qu'il est très-douteux qu'un sujet déjà atteint d'une gonorrhée puisse en contracter une nouvelle avant la guérison de la première, ou que celle qui existe déjà puisse être exaspérée par l'application d'un nouveau pus de même nature {**). Cette remarque s'applique d'ailleurs à toutes les formes de la maladie : il est prouvé que l'application du pus d'une gonorrhée sur un bubon ne retarde en rien la guérison de ce dernier; de même, le pus d'un chancre appliqué sur un

(*) Qaand on lit avec attention ce que dit Hanter sur les difTérenees qui existent entre la gonorrhée et la forme .ulcéreuse des maladies véuérienoes, sous le rapport des symptômes, de la marche, des terroioaisons , et, d'après sa doctrine même, sous celui du traitement des deux maladies, on est étonné de le roir persister dans Tidée qu*eUes ne reconnaissent qu'une seule et même cause spécifique, et que, ne difTérant que par le siège et la forme , elles peuvent produire les mêmes effets généraux , sur» tout, lorsque pour se rendre compte de ceux-ci, dans de prétendus cas de gonorrhée, on admet, comme il le fait lui-même, Texistence possible d*ulcères nrétraux.

P. RiCORD.

(**) Cette assertion est trop contraire à Tobservation journalière, ponr qu*un la laisse passer sans réfutation. On peut établir la proposition contraire : plus les maladies ont été fréquentes et plus elles sont de nouveau contractées aisément. Comme aussi les affections successives se développent d'autant plus vite etavec d'autant plus de facilité, que la maladie précédente n'e^t pas encore éteinte. On sait que la cause la plus commune des rechutes, dans la bleonorrhagie surtout, est la répétition trop prompte de« rapports sexuels arant la guérisoii parfaite et même avant U temps de convalescenct ▼Ottlu. p. lUcow».

bubon et celui d'un bubon appliqué sur un chancre ne produisent aucun effet fâcheux , tandis que si du pus vénérien est mis en contact avec une plaie ordinaire, il y fait naître le plus souvent Tirritation vénérienne (*). Tous ces faits conQrment mon opinion , que le pus vénérien qui se forme dans la gonorrhée ne concourt en rien à entretenir la maladie (car la présence de ce pus ne peut être considérée que comme Tapplication d'une matière dont le poison n'est pas différent de celui qui a agi antérieurement et dont les effets sont exactement semblables à ceux qui sont déjà produits dans les solides) , et que la maladie ne peut être exaspérée ou perpétuée que par un agent qui ait la propriété d'accroître la disposition ou la susceptibilité des parties déjà affectées pour cette espèce d'inflammation. On observe, en outre, qu'une gonorrhée peut être guérie pendant qu'un chancre existe , et vice versa : or, si une nouvelle application de pus vénérien pouvait perpétuer la gonorrhée, aucune gonorrhée ne pourrait jamais se guérir tant que persisterait cette source de pus vénérien. ï5e~tout ce qui précède il est permis de conclure que la surface du canal de l'urètre n'est point susceptible d'être irritée par le pus qu'elle a sécrété elle-même, et qu'elle ne peut être irritée que pendant un certain temps, de sorte que si l'on continuait à appliquer du pus vénérien nouveau sur la surface de l'urètre d'un homme atteint de gonorrhée, sa gonorrhée se dissiperait tout aussi promptement que si une pareille application n'était point faite et qu'au contraire on prit beaucoup de peine à déterger la surface jnalade du pus formé par elle. Le même raisonnement s'applique également aux chancres (**).

(*) Prises à la lettre, ces propotitions pourraient condaircà de fâcheuses errears. Il est bien certain que le pus de la gonorrhée, qui n*est pomt une affection TÎrulente» ne peut rien faire , pas plus sur une surface de chancre que sur celle de toute autre pbie. De même , le pus d*un chancre appliqué sur un bubon TÎrulcnt ulcéré et à la période de progrès, D*ajoute rien à la maladie; mais le pus de ce bubon, dans les mêmes circonstances , mis sur une surface de chancre en roie de cicatrisation , ferait repasser celui-ci à la période ulcerative Tirnlente. P. Eicord.

(**) J'ai dit dans mes leçons, en faisant l'histoire du pus, que je ne croyais pas qu'aucune matière sécrétée, de quelque espèce qu'elle fût, pût exercer une action quelconque sur la partie qui l'a produite. De même , je ne crois point que le pus d'une plaie , quelles que soient d'ailleurs ses propriétés , poisse jamais affecter cette plaie d'une manière nuisible. En effet, les parties qui ont formé du pus sont empreintes des mêmes qualités que ce liquide et ne sauraient, par conséquent, être irritées par lui, à moins qu'une matière étrangère n'y soit mêlée. La glande qui sécrète le poison de la vipère et le conduit qui porte ce poison dans la dent ne sont point irrilés par lui, et il parait résulter des expériences de Fontana que la vipère ne peut point être affectée par son propre venin. Voyez Traité sur le venin de la 'vipère, par M. F. Fontana, t I, p. 32. Si la doctrine que je viens de soutenir esé exacte, c'est toujours une pratique dénuée de fondement que celle qui consiste à essuyer le pus et à l'enlever par des lotions dans le but de tenir propres les parties qui suppurent. J. Huxter.

Le pns sécrété par la partie malade elle-même n'a p^nt-être pas d'inflnence fâcheuse sur ceUe-d , tant qu'il n'a pas subi d'altération putride postérieure à sa sé« crétion. Mais, comme bous rayons déjà dit , que sur une surface affectée de blennor-

Maïs je porte ces idées encore plus loin, et j^afGrme que les parties qui sont le siège de Tirritation vénérienne (feviennent par cela seul moios susceptibles de cette irritation , et que non-seulement une gonorrbée ne peut être perpétuée par Tapplication de son propre pus ou d*un pus nouveau , mais encore qu'un homme ne peut contracter une nouvelle gonorrbée ou un nouveau chancre en meUant une nouvelle matière vénérienne ea contact avec les parties, dans le moment où la guérison est sur le point d'être complète, et en continuant cette application soit d'une manière noa interrompue, soit au moins à des intervalles tels, que les effets de Tbabitude C) n'aient pas le temps de s'éteindre. On peut concevoir, en effet, qu'avec le temps les tissus s'habituent tellement à cette application qu'ils finissent par y devenir insensibles. Par une application constante, on empêche que les parties n'oublient ce mode d'irritation, ou plutôt qu'elles ne s'en désaccoutument Le contact renouvelé d'un pus vénérien nouveau ne peut donc plus affecter les parties de manière à y reproduire la maladie, tant que ces dernières ne sont pas encore revenues à leur état primitif et naturel; mais, une fois qu'elles ont recouvré cet état, elles sont susceptibles d'être affectées de nouveau.

Cette opinion n'est point seulement déduite de la théorie; elle est fondée sur l'expérience et sur l'observation. Un homme peut, immédiatement après avoir eu une gonorrbée , avoir de fréquentes relations avec des femmes publiques, et cela pendant plusieurà années consécutives, sans être infecté; tandis qu'un homme qui n'aura point encore eu la maladie, la contractera immédiatement avec les mêmes femmes. Le premier, s'il perd pendant quelque temps Thabitùde de cette irritation , deviendra tout aussi suscep-

rliagie et .en voie de guérira , on applique un nooTCan pot irritant, on fera repasser la maladie à Tétat aigu, comme aussi, sur un cliancre qui aUait se cicatriser, une application nouvelle d'un pus pris sur un autre chancre à la période de progrès spéci» fiqne reproduira l'ulcère virulent.

En opposition à ce que dit Hunter de Tinnocnité du séjour du pus vimlent sur let ulcères qui le sécrètent, et de riuutilité des lotions et des soins de propreté, je &ignaler.':i les inconvénients généralement reconnus delà rétention du pus simple dans un grand nombre d'abcès, surtout lorsque Vair pénètre dans les foyers et les clapiers où il stagne, et les qualités irritantes qu*il contracte par sa décomposition et par les altérations que lui fait subir la putréfaction. J'insisterai spécialement sur les ravages plus grands que font les chancres incarcérés dans un prépuce trop étroit et dont la surface reste constamment couverte de matière virulente, et plus encore sur ce qui pe passe dans la pustule d*inocnlation, qui s'étend davantage quand on ne la rompt pas vite on qu'on permet à l'ulcère qui lui succède de se couvrir de croAtes qui retiennent le pns.

La comparaison que Hunter fait du venin de la vipère et du pus virulent n*est pas juste ; il y a toute la différence et toute la distance qui séparent les phénomènes physiologiques des phénomènes morbides : la vésicule biliaire n'est point irritée parla bile , pas plus que In vessie ne l'est par l'nrine ; mais si ces deox liquides viennent à pénétrer dans l« tissu cellulaire, ils y déterminent de graves accidents. P. Ricoao.

(*) On a vu (t. I , p. 3i8) que Hunier établit une distinction subtile entre V habitude et la coutume; mais ici, et dans le reste de cet ouvrage, ces mots sont pris dans leur •ecppti-.in ordinaire. G. Rich îlot.

DR LA GONORRHÉE. JOi

tible que Tautre de Tinfection. Lorsque cette habitude n*est pas assez fort« pour c^mpécher complètement que les parties ne soient affectées, elle s*y oppose cependant encore en partie. Ce qui vient fortement à Tappui de cette proposition , c'est que la plupart dersujets ont d*abord leur gonorrhée la plus intense, et que celles qui succèdent à cette première se montrent de plus en plus douces,* jusqu'à ce que le danger d'être infecté soit presque entièrement anéantie*).

Ces idées paraissent être confirmées par les faits suivants : Un homme marié , qui pendant plusieurs années n'avait eu de relations sexuelles qu'avec sa femme, coudia avec une ancienne maîtresse et contracta avec elle une violente gonorrhée ; cette femme assura qu'elle ignorait complète* ment qu'elle fût malade. Ils se confièrent tous deux à mes soins. Pendant toute la durée du traitement, ils continuèrent h avoir commerce ensemble, d'après la permission que je leur avais accordée sans peine. L'homme se guérit très-bien , et il parut en être de même pour la femme. Les mêmes relations durèrent entre eux pendant plusieurs mois, sans aucun inconvénient pour lui , et sans qu'il se manifestât rien qui pût faire soupçonner chez elle un reste de maladie. Enfin leur union fut rompue, et la femme forma une autre liaison. Son nouvel amant contracta immédiatement avec elle une gonorrhée. Aussitôt elle vint réclamer mes soins, affirmant qu'elle n'avait cohabité qu'avec les deux personnes citées ci-dessus , .et que par conséquent sa maladie actuelle ne devait pas être autre chose que celle pour laquelle je l'avais déjà traitée. Son second amant ne fut pas traité par moi. Je prescrivis à cette femme des médicaments qu'elle ne prit qu'avec beaucoup de négligence. Son nouvel amant continua à la voir, comme avait fait le premier, pendant plusieurs mois après sa guérison, sans contracter au-

(*] Sans revenir sur ce que j'ai dit pins haut , jVjouterai que ce que Hnnter regarde comme une règle générale» n'est qu'une exception dont nous aurons à nous occuper plus taVd. En effet, vous trouvez bien plus* de malades qui se plaignent de ne pouvoir toucher à une femme sans roir reparaître leur maladie , que vous n*en voyez qui soient dans les circonstances opposées. La plupart, qu'une sotte confiance ou de la bonhomie empêche d'accuser les femmes qui les ont de nouTcau rendus malades, rapportent à la première affection toutes celles qui arrivent après, et cette opinion est si répandue, qu'il est des hommes qui croient k cette répétition après des années même d'interruption; mais ce n'est le plus souvent qu'un préjugé.

Il est vrai que plus les blennorrhagies se répètent che^ un même individu, et moins aussi elles entraînent de douleur; mais ce n'est pas à dire pour cela qu'elles soient absolument moins fortes. Elles peuvent occuper une étendue du tissu aussi considérable, donner lien à une sécrétion anssi purulente et aussi abondante; être tout aatane contagieuses, durer aussi longtemps, et le plus souvent davantage , que la première qui était seulement nccom|iagnée de plus de douleur. Ici, comme on le voit, llialûtude n'aurait aucune influence sur l'action de la cause, qui agit d'une manière tout aussi énergique une seconde qu'une première fois dans la plupart des cas; mais la réi>étition de l'inflammation dans un même jioint qui, par cela même, tend primitivement on consccotivemeut i la forme chronique , émousse la sensibilité et diminue ou éteint la douleur, qui n'est pat un phénomène obligé de toute inflammation.

P. RiCORD.

cune affection nouvelle. Malheureusement, son premier amant revînt au bout d'un an, et croyant n'avoir rien à craindre, puisqu'elle vivait avec l'autre sans inconvénient pour lui, il se livra au coït avec elle, et cela une seule fois; il y gagna une gonorrhée.

Cette femme avait-elle eu la gonorrhée pendant tout ce temps? et pourquoi ces hommes n'ont-ils contracté la maladie avec eJle qu'après que leurs relations avaient été interrompues pendant un certain temps? Doit-on considérer ce résultat comme l'effet de l'habitude, en vertu de laquelle les parties perdirent leur susceptibilité pour cette irritation? Une preuve frappante de l'exactitude de cette dernière manière de voir est fournie par le cas suivant d'une jeu ne femme de l'hôpital de la Magdeleine (maison de refuge pour les filles de joie), autant que de pareilles circonstances peuvent prouver un fait. Cette femme fut admise dans cette maison et y resta le temps ordinaire, qui est de deux ans. Au moment où elle en sortit, elle fut enlevée par un homme qui l'attendait dans une chaise de poste pour l'emmener immédiatement : elle lui donna une gonorrhée.

L'opinion qui admet que l'habitude de l'irritation vénérienne rend les parties moins susceptibles d'en être affectées est corroborée par cette circonstance que, dans la gonorrhée, on voit souvent cesser les symptômes violents, tandis que la maladie continue et se prolonge même pendant un temps considérable , ne présentant aucun autre symptôme qu'un écoulement, qui cependant est de nature vénérienne. C'est ce que j'ai vu souvent. Voici un extrait d'un fait de cette espèce qui est fort singulier :

Un homme eut commerce avec une femme publique, et contracta une gonorrhée vénérienne, au commencement d'avril 1780. D'abord il eut de la peine à admettre que sa maladie fût vénériennç, car il avait gardé cette femme à la campagne où il ne Pavait presque jamais perdue de vue; mais la vive douleur qu'il éprouvait en urinant, l'abondance de l'écoulement, la cordée {*) et le gonflement d'un testicule ne lui laissèrent plus de doutes sur la nature de cette affection. Plus tard , la guérison marchait d*une manière assez favorable, et il avait triomphé de l'engorgement de son testicule, lorsque l'autre testicule commença à se tuméfier. Cependant tous les symptômes disparurent graduellement, excepté la cordée ^ l'induration de Tépididyme et un écoulement visqueux peu abondant. Le 12 juin, il alla à la 'campagne; pendant son séjour en cet endroit, la cordée se dissipa et l'induration de l'épididyme disparut entièrement; mais il lui resta un écoulement visqueux presque insignifiant.

Le l*"^ septembre, cet homme se maria avec une jeune demoiselle, et les difficultés qu'il éprouva à introduire la verge déterminèrent le retour de la cordée et une augmentation de Técoulement. Le 10, la jeune femme se plaignit de chaleur et de douleur dans les parties génitales; elle éprouvait de la difficulté pour uriner; le besoin d'uriner se renouvelait fréquemment;

(*) Ce mot nVst employé eo français que comme adjectif, dans cette expression chaudepUse cordée i j'ai cru deyofr en faire un substantif à l'eiemple de Uuuter.

G. AlCHELOT.

et, lorsque l'urine était expulsée, elle entraînait avec elle un peu de pus. Là malade ressentait en outre une douleur gravât! ve et sourde, et une sensation de pesanteur dans le bas- ventre et autour des hanches; lorsqu'elle s'asseyait, les parties sexuelles devenaient le siège d'une vive souffrance. Ces symptômes avaient été précédés par une démangeaison autour de Torifice du vagin.

L'usage des pilules mercurielles et des frictions avec l'onguent mercuriel fit tomber la violence des symptômes dans l'espace d'environ huit jours. On permit alors au mari de cohabiter avec sa femme; mais, toutes les fois qu'ils s'unirent, cette dernière éprouva des douleurs excessives. On fit sut les parties des lotions avec une solution de sublimé corrosif et d'acétate de plomb , et des frictions avec l'onguent mercuriel ; ces applications ayant été continuées pendant quelque temps, les douleurs se dissipèrent. Le mari fut soumis à un traitement approprié, et tout alla bien ensuite.

Dans ce cas, on voit une gonorrhée vénérienne qui a été contractée au commencement du mois d'avril. Tous les symptôhies avaient disparu le l*** juin, et il ne restait plus que quelques phénomènes morbides consécutifs, comme la cordée, rinduration de Tépididyme, et l'écoulement d'une petite quantité de mucus visqueux qui ne s'observait que le matin. Peu de temps après, la cordée et l'induration de Tépididyme se dissipèrent entièrement, et il ne resta que le petit écoulement qui n'était appréciable que le matin. Cependant, trois mois après cette dernière époque, cet homme communiqua la maladie à sa femme.

Pour le cas suivant, je fus consulté par le chirurgien du malade. Le 13 juillet 1783 , un homme eut commerce avec une femme publique; le 30, c'est-à-dire au bout de dix-sept jours, il lui survint une gonorrhée violente. Il prit des pilules mercurielles et quelques purgatifs doux. Après douze jours de traitement, les symptômes perdirent de leur violence, et, ▼ers le 4 septembre, l'écoulement cessa. Le 9 , l'écoulement reparut, mais il ne dura que peu de Jours; ensuite, il se reproduisit ainsi, quelquefois tous les deux jours, souvent tous les six ou sept jours. Le 28 septembre, cet homme eut des rapports avec sa femme, tandis qu'il avait un léger écoulement. Le 9 octobre, il la vit encore; et, trois jours après, elle éprouva de la chaleur en urinant, puis elle fut prise d'un écoulement et des autres symptômes de la gonorrhée, qui furent intenses. Vers la fin d'octobre, la maladie de la femme était presque entièrement guérie; il ne restait plus que quelques symptômes qui parurent et disparurent alternativement jusqu'au mois de janvier 1784. A cette époque, c'es^à-dire trois mois après la seconde cohabitation, le mari se livra au coït avec sa femme pour voir si elle lui communiquerait la maladie, et, en effet, au bout de quatorze jours, il fut pris de tous les symptômes de la gonorrhée. Le 29 avril. Il n'était pas parfaitement guéri ; il avait encore un écoulement accompagné de douleur au périnée; sa femme avait aussi un écoulement. Si la maladie contractée par le mari en janvier 1784 était une gonorrhée vénérienne, sa femme avait dû être infectée, et il devait avoir été radicalement guéri dans la période qui s'écoula du 9 octobre 1783 au mois de janvier 1784; car s'il

eût été , lui aussi , infecté encore , le contact du virus n*aurajt produit auctiD effet sur lui.

Il était impossible de décider si ces deux malades avaient réellement alors rinfection vénérienne; tous les essais quMls auraient pu faire sur euxmêmes n'auraient à peu près rien prouvé , à moins que l'un des deux seulement n'eût eu la maladie de manière à pouvoir la communiquer à l'autre; mais, si tous deux en étaient atteints, aucune modlGcation p'eût pu s'opérer chez l'un ou chez i* autre. Comme on ne pouvait reconnaître s'ils étaient atteints ou non d'une gonorrhée vénérienne, et que les symptômes qu'ils présentaient , joints à toutes les circonstances antécédentes, étaient très-suspects, je pensai, ainsi que le chirurgien ordinaire des malades, qu'il était prudent de les traiter comme s'ils étaient atteints actueliemeut d'une gonorrhée.

S'il est vrai, comme on l'afOrme dans le Voyage autour du monde , que la maladie vénérienne ait été importée à Otaîti , c'est une preuve qu'on peut en rester affecté longtemps après qu'on a cessé d'avoir la conscience de son existence; lorsqu'elle persiste aussi longtemps, c'est très-probablement sous forme d^gonorrhée.

De même, si un bubon vénérien pouvait se conserver pendant un temps considérable entre la période de suppuration et celle de résolution , il deviendrait indolent par l'effet de l'habitude, resterait dans cet état de suspension , et serait probablement à peu près incurable. Je crois avoir vu des cas de cette espèce (*).

(*) Il est des conditions ^tiabitude ou d*une sorte d*acclimatement , qn'on me passe le mot, que toos les obserratcors ont pa constater (*); mais il faut bien se garder d*eDrisager l'habitude dan» le sens absolu que lai donne Hunter, et d'expliquer par elle toutes les observations qu'il rapporte en sa faTCur.

11 est des hommes qui, chaque fob qu*ils ont des rapports arec des femmes pen* dant la dorée de leurs menstrues » contractent des écoulements, tandis que d'autres n'en contractent point. La leucorrhée commuiAque un écoulement aux iras et rien aux autres. La même femme affectée de catarrhe utérin détermine sourent , à des intervalles plus ou moins longs, des écoulements répétés à l'homme qui vit liabitucllement avec elle*; j'ai Yu ainsi bien des liaisons se rompre, des ménages se désunir, les conjoints finissant par croire qu'ib ne pouvaient se convenir. Dans quelques cas plus heureux , •devenant moins impressionnable, l'homme ne contractait plus rien , bien que la femme restât dans les mêmes conditions de maladie, mais alors, comme l'a dit Hunter, s*il y avait interruption dans les rapports et qu'ils fussent repris plus tard , la maladie se reproduisait, comme aussi elle pouvait avoir lieu lorsque la femme, dans ces conditions, avait de nouveaux amants.

Dans toutes ces circonstances, si l'habitude d'un même irritant, toujours au nuntê degré, peut rendre moins impressionnable, il faut tenir compte des autres circoustauces qui peuvent cependant exister. Ainsi, dans le mariage on dans la longue fréquentation d'une même femme, les rapports sont moins fréquents, moins passionnés, les organes sont moins disposés à l'irritatiou. Lc^ femmes, prévenues des conditions daus. lesquelles elles peuvent se trouver et dont elles n'aiment pas à convenir, sont plus soigneuses et prennent souvent des précautions de toilette, qui n'ont pat tou-

(*) Voir mon Mémoirt tur U blfnnontutfit ehn Its ftmmu.

% ilV. De la gonorrhée vénérienne.

Dans ma descBiptîon du «îége, de la marche et des symptômes de la gonorrhée, j'exposerai d'abord les phénomènes morbides qui sont constants ou au moins les plus fréquents, puis ceux qu'on observe moins souvent, et ainsi de suite , autant que possible , dans un ordre décroissant; car ces phénomènes morbides varient considérablement dans les différents cas.

§ V. Z>u siège de la gonorrhée. dans les deux sexes.

Dans les deux sexes , ce sont les parties de la génération qui sont le siège ordinaire de la gonorrhée. Chez Fhomme, elle se manifeste dans le canal de l'urètre, et quelquefois à la face interne du prépuce et à la surface du gland ; chez la femme, elle occupe le vagin, Turètre, les grandes lèvres, le clitoris ou les nymphes (*).

La gonorrliée s'établit dans l'une ou l'autre de ces parties suivant la manière dont elle a été contractée. Mais si Ton devait prendre en considération, chez l'homme, la surface qui arrivé au simple contact, on serait naturellement porté a admettre que c'est le gland (**) ou l'orifice de l'urètre qui doit être la partie la première affectée ou même la seule affectée. Cependant le plus souvent il n'en est rien; car, s'il est des cas où la ma* " ladie occupe le gland et ne s'étend pas au delà , je crois qu'il est rare qu'elle se développe à l'orifice de l'urètre sans se propager plus ou moins le long de ce canal. Je ne saurais décider jusqu'à quel point la gonorrhée peut

jonri lien dans de nouTefliax rapports fréquemment imprévus , et dans lesquels plus d*orgasme et surtout des répétitions précipitées disposent les parties à llnflammation. Tai TU des femmes affectées de leucorrhée qui , après avoir communiqué une biennorrbiigie à leur amant sous Tinfluence d'une excitation nouvelle, donnaient lien à la même maladie chez leurs maris, qui les avaient vues impunément jusque-là; toutefois, s'il est possible qu'on s*habitue, jusqu'à un certain point, aux causes qui peuvent donner lieu à des écoulements blennorrhoïdes, et auxquelles la femme échappe pent-étre plus souvent que Thomme, on peut affirmer qu'il n'est aucun privilège, si re n'est celui d'une parfaite intégrité des tissus, qui puisse soustraire à la contagion du chaiicre.

Je n'entreprendrai point ici le commentaire des observations rapportées par Hunter, et dont on doit comprendre le peu de valeur , d'après les considérations qui précèdent. P. KiCORO.

(*) L'application générale que j'ai le premier faite du spéculum à l'étude des maladies vénériennes chex la femme a prouvé, comme l'avait déjà annoncé Brognone, que b matrice même peut aussi être le siège de la blennorrhagie et explique, comme l'a fait Daran, la fréquence de la leucorrhée à la suite des écoulements réputés vénériens.

n faut incontestablement ajouter ici, sous le rapport du siège, la muqueuse oculaire, celle de la partie inférieure du rectum et de l'anus, la muqueuse pituitaire, celle de la bouche selon quelques auteurs , le conduit auditif externe , l'ombilic et les régions où la peau peut subir une sorte de transformation muqueuse , comme le pli gcnitocrural, etc. P. Ricord.

(**) Dans rédîtîon de Home les mots taivants se trouvent ajoutés ici ; « La face intemt du prépuce auprès du gland , »

306 DE LA GONORRHÉË.

affecter le prépuce seul; mais je crois que cela arrive quelquefois (*). J'ai vu, en effet, des cas où cette partie était le siège d*une inflammation qui tantôt s'accompagnait d*un éèoulement urétral ,^ntôt se montrait complètement seule y et qui me paraissait de nature vénérienne. J'ai vu alors Tinflammation s'étendre dans le tissu cellulaire lâche du prépuce, coproduire un phimosis. Je pense que cette inflammation a un caractère érysipélateux.

Quand la gonorrhée s'établit sur le gland ou sur les autres parties extérieurement situées, comme le prépuce (**) , elle a ordinairement son siège à la racine du gland et à l'origine du prépuce , parce que c'est dans ces points que Tépiderme est le plus mince et que le poison affecte le plus facilement le derme; mais quelquefois elle envahit toute la surface du gland et même toute la face interne du prépuce. Elle produit dans ces points de la cuisson «t de la douleur au toucher, et la sécrétion d'un pus clair; le plus ordinairement elle ne s'accompagne d'aucune excoriation ou ulcération; cependant je ne suis pas certain que les parties ne soient pas quelquefois excoriées sous cette influence (***), car j'ai vu un cas où l'épiderme s'était détaché dans presque toute l'étendue du gland. Le malade m'assura que cette affection était vénérienne, et d'après les circonstances qu'il me fit connaître, je n'ai aucune raison de croire que son opinion fût erronée. Il n'avait jamais contracté auparavant aucune maladie vénérienne. Peutêtre la maladie commence-t-elle plus souvent sur les parties en question qu'on ne le croit communément. Ces parties sont protégées par un épi- ' derme, et ont par conséquent peu de susceptibilité pour cette irritation; il est possible que ce soit la la raison pour laquelle l'effet qui y est produit n'est point permanent et est souvent assez peu intense pour échapper à l'observation. Lorsque le gland ou le prépuœ , ou tous les deux à la fois, sont le siège de l'inflammation vénérienne, celle-ci se limite souvent à ces parties , ne s'étend pas plus loin, et ne provoque dans le canal

(*) c'est cette Tariété de la blennorrbagie externe à laquelle M. Desraellcs a donné le nom deposthite. P. Ricord.

(*') On lit dans Tédition de Home : « Je crois que cela a lien surtout chez les hommes dont le glaod est habituellement recouvert par le prépuce, et qu^ello a ordinairement I*

(***) Les excoriations, les ulcérations plus on moins superficielles sont très-communes dans la halanite, dont il C5t ici question. EUes se présentent sous deux aspects bien différents et dont il faut tenir compte. Dans la balanite simple, ces ulcérations sont mal circonscrites, de forme irrégulière, ressemblant à une surface de vésicatoire à des termes différents de durée; tandis que, dans la balanite consécutive à une syphilidcqui s*est développée sur le gland ou à la face interne du prépuce, ces ulcérations, qu'on observe en même temps que les éruptions cutanées secondaires, sont bien définies, comme celles-ci , et présentent la forme arrondie. Dans la balanite simple ulcéreuse on non , comme dans celle qui accompagne les accidents secondaires de la syphilis , on ne peut rien produire par Tinoculatiou , ce qui distingue ces cas de ceux que complique nue ulcéraUon Tirulente primitiTe ou chancre, dont la matière est toujours inoculable. P« RicoiD.

de l'urètre ni écoulement de pus, ni sensation douloureuse. Le cas suivant en est un exemple.

Un jeune Irlandais coucha avec une femme à Bristol , et une quinzaine de jours après il eut commerce avec une autre femme* à Londres. Ce dernier rappfochement eut lieu un lundi, et le mardi, c'est-à-dire le lendemain , il aperçut un écoulement à Pextrémité de sa verge quand elle était recouverte par le prépuce. Le samedi suivant il vint me consulter. A Fexamen des parties, je reconnus que Fécoulement provenait de la face interne du prépuce , dans le voisinage du gland ; la couronne du gland, ainsi que la portion du prépuce qui est située en arrière de cette couronne, se mpntraient dans un état douloureux d'excoriation, et couvertes de pus. Le malade me dit qu'il avait eu déjà auparavant une gonorrbée, et lorsque je lui demandai si le siège de la maladie avait été le même, il répondit afGripativement. Ne sachant jusqu'à qu^l point cette affection devait être considérée comme vénérienne, je demandai au malade s'il avait été sujet à de pareilles excoriations avant d'avoir vu des femmes. Sa réponse fut négative; et il ajouta qu'il n'était pas affecté de cette manière toutes les fois qu'il se livrait au coït, mais que cela ne lui était arrivé que deux fois , ainsi qu'il vient d'être dit, et que c'était cette circonstance qu'il l'avait porté à regarder cet état comme un symptôme syphilitique.

Je soupçonne que le gonflement du prépuce, qui s'observe souvent dans les cas de^gonorrhée de l'urètre et qui produit un phimosis, dépend de ce que la même maladie a aussi son siège à la face interne de ce repli; n'ayant pas en ce point assez d'intensité pour donner naissance à ^es ulcérations, elle ne fait pas de progrès ultérieurs. Il est très-probable que cette inflammation appartient à Férysipèle, et c'est une circonstance qu'il est très-nécessaire de connaître pour le traitement.

Le canal de l'urètre est le siège le plus fréquent de la gonorrbée vénérienne. Bien que l'inflammation qui accompagne la maladie, dans cette région, présente plusieurs des phénomènes ordinaires de l'inflammation, cependant ta gonorrbée mérite à peine l'épithète d'inflammatoire quand elle a peu d'intensité, du moins ne détermine-t-elle pas constamment tous les effets de l'inflammation commune, quoiqu'elle ait de la tendance à les produire. Les parties affectées offrent rarement tous les symptômes caractéristiques de l'inflammation : ainsi, on n'y perçoit point de battements; il n'y a que peu de douleur, excepté celle qui résulte du contact irritant de l'urine et de la distension des parties; l'inflammation ne s'étend guère au delà de la superficie de^ tissus, d'oik il résulte que ceux-ci se tuméfient et s'épaississent rarement. On serait tenté de croire que c'est l'effet d'une erreur de lieu à la surface de l'urètre , comme dans l'injection sanguine de l'oeil.

La formation du pus, avec si peu d'inflammation , est peut-être due à ce que les parties malades ont pour condition naturelle de sécréter, de sorte que la transition d'une sécrétion normale à une sécrétion morbide «'opère avec une grande facilité. Toutefois, il arrive quelquefois que les tissas s'enflamment considérablement et que l'inflammation pénètre pro-

fondement dans le tissu cellulaire, ou plutôt réticulaire, du corps spongieux de Purètre, surtout auprès du gland. Parfois même elle se propage plus loin le long du corps spongieux de Turètre, et produit de la tuméfaction , c'est-à-dire une extravasation de lymphe coagulable : telle est la cause commune de la cordée. Il est à remarquer, en général, que dans la plupart des cas , Tinflamination décroît dès que la suppuration se forme. L'inflammation qui envahit le tissu réticulaire des parties environnantes ne s'arrête pas toujours à la période adhesive; en effet, on voit quelquefois des suppurations se former dans ces parties, principalement au périnée, et je suppose que ces suppurations ont leur siège dans les glandes, ainsi que j'aurai occasion de le faire remarquer ci-après.

La gonorrhée ne se développe pas toujours dans des urètres sains d*ailleurs, ou chez des sujets chez lesquels les organes qui ont des connexions avec l'urètre sont dans leur état d'intégrité. Ainsi on voit la gonorrhée survenir chez des personnes qui sont affectées de rétrécissements , qui ont la prostate tuméûée , dont les testicules sont malades ou très-disposés à le devenir; toutes ces circonstances compliquent la maladie et nécessitent une plus grande attention relativement aux moyens thérapeutiques qui doivent être employés. Les maladies coexistantes sont tantôt amendées, tantôt exaspérées par la gonorrhée.

S VL Des symptômes les plus ordinaires de la gonorrhée et de Pordre suivant lequel ils apparaissent.

Bien que l'irritation doive toujours exister la première, on ne peut dire quel est , parmi les symptômes qui sont la conséquence de cette irritation , celui qui apparaîtra le premier, car chacun d'eux peut se montrer isolément des autres, ce qui du reste est rare. Le premier symptôme, quand le malade porte son attention de ce côté, c'est ordinairement une démangeaison qui a son siège à l'orifice de l'urètre, et qui s'étend quelquefois à toute la surface du gland (*) ; en même temps , il y a un peu de tuméfaction aux lèvres de l'orifice urétral. Les effets ordinaires de Tinflammatio6 s'observent ensuite, et bientôt après on voit apparaître un écoulement. Le prurit se transforme en douleur, surtout au moment de la sortie de l'urine. Souvent la douleur n'est perçue qu'un certain temps après l'apparition de l'écoulement et des autres svmptômes ; et dans beaucoup de cas elle est presque nullç, lors même que l'écoulement est très-abondant. D'autres fois la douleur, ou plutôt une cuisson très-vive, se fait sentir longtemps avant qu'aucun écoulement se soit établi {**).

A cette époque, la verge est généralement tuméfia , )Surtout au niveau

(*) Ces symptôme» sont obscrrés arec plus de coin par les personnes qn! sont en proie à la crainte d'avoir contracté la maladie, et qui pour cette raison épient la moindre sensation perçue dans les parties intéressées. J. Hukter.

(**) Dans rédition de Home la plirase est terminée par ces mots : « Et s'étend pins on moins loin le long du canal. J'ai tu des cas où cette sensation était perçue dans la moitié de la longueur du canal de Turètre. »

du gbDd; mais die n'eut pas aussi distendue que dans rërectlon, et elle se montre plutôt dans un état de demi-érection. Outre cette turgescence , le gland offre une sorte de transparence, principalement auprès de Torifice de Turètre, où la peau est tendue, polie et rouge, et rappelle la couleur d'une cerise mûre; cet aspect dépend de ce que le tissu réticulaire est gorgé alors de sérosité extrarasée , et de ce que les raisseaux sont remplis de sang. Dans beaucoup de cas, il existe à Forifice de Turètre une exco* nation évidente, qui est indiquée par l'interruption de Tépiderme au pourtour de cet orifice. La surface du gland. est souvent aussi dans un état de demi-excoriation, qui y détermine plus ou moins de sensibilité , et donne lieu a Fécoulement d'une espèce de pus, comme il a été dit plus haut (*). Le canal de l'urètre se rétrécit , ce qui se reconnaît au jet d'urine qui est moins gros qu'à l'ordinaire. Ce rétrécissement résulte de Tengort gement général de la verge , du gonflement inflammatoire de la membrane muqueuse, et d'un état spasmodique du canal. Indépendamment de ces modifications matérielles, la crainte du malade tandis qu1l urine, con* tribue à diminuer la grosseur du jet. Celui-ci est ordinairement brisé et s'éparpille au moment même où il sort du canal. Ce phénomène est causé par l'altération déforme qu'a subie l'urètre; il n'appartient point exclusi* Tement à la gonorrhée vénérienne, mais il est commun h toutes les mala* dies qui détruisant la régularité du canal de l'urètre, lors même que l'ai* tération de forme est située très-loin de l'orifice externe du canal. C'est ce qu'on observe dans beaucoup de cas de maladies de la prostate {**).

Il se fait souvent une hémorragie par l'urètre. Ces hémorragies pro* viennent de la distension des vaisseaux , surtout quand il y a une cordée ou une disposition à la cordée.

On observe souvent aussi de petites tumeurs le long de la face inférieure de la verge, sur le trajet de Furètre. Je pense que ces petites tumeurs sont formées par les glandes de l'urètre qui sont assez engorgées pour être manifestement senties extérieurement. Dans quelques cas leur inflammation est si violente qu'elles suppurent; alors, conformément aux lois de l'ulcération , le pus est porté vers la peau , et forme un ou deux abcès, ou un plus grand nombre, le long de la face inférieure de l'urètre; lorsque quelques-uns de ces abcès s'ouvrent au dedans du canal , il en résulte ce qu'on appelle des ulcères internes. J'ai observé plusieurs fois à la face inférieure de la verge, sur le trajet de l'utètre, une tumeur qui acquiert

(*) On Ut ici duo* Téditioii de Home : « Mais cet état •*observe plot maDÎfcstement diex le* personnes dont le gland est habitnellement reconrert par le prépuce , car lorsque le gland reste découvert , répiderme derient plus épais , et la surface est moins ficUement irritée. «•

(**} On Ht dans Tédition de Home à la fin de ce paragraphe : « Dans quelques cas, les premiers symptômes consistent dans des sensations inaccoutumées de la rcrge, surtout lorsque le malade urine, qui se font ressentir peu de joors apr^s rinfection, et qui s*accompagnent d*une irritabilité générale , de sensations pénibles dans les testicules, au col de la ressie et à Vanus; ces sensations persistent pendant euTiro» dix Jours; à cette époque', Téconlement se manifeste et elles disparaissent •

II, . i4

f to DE LA GONORRHÉK.

parfois un tolume considérable et peut méitfe atteindre la grosseur tl'une petite noix aplatie; cette tumeur s'enflamme, puis une grande quantité de pus s'écoule de l'urètre, et la tumeur s'affaisse presque immédiatement. L'écoulement de pus persiste pendant quelque temps, en diminuant peu à peu jusqu'à ce qu'il cesse complètement , et alors la tumeur se trouve presque entièrement réduite. Cependant, au bout de quelques mois, elle st gonfle de nouveau de la même manière et présente la même terminaison. Ces tumeurs et le pus qui en provient sont-ils de nature vâîérienne à leut première apparition (*)? C'est ce qu'on peut révoquer en doute; et il est difficile de résoudre cette question , parce que les malades ont en général recours tout de suite aux secours de la médecine. Mats lorsque ces tn-^ meurs récidivent, elles ne sont certainement pas vénériennes, car elles se guérissent d'elles-mêmes.

Je pense que ces tumeurs ne sont autre chose que les conduits etcrét^ri ou lacunes des glandes de l'urètre, dont l'orifice externe est oblitéré, ^t qui sont distendus par du mucus, comme il arrive pour le conduit qui fait communiquer le sac lacrymal avec le nez. Comme conséquence de la dis*tension.de ces conduits ou lacunes, l'inflammation et la suppuration s'éta* blissent, et l'ulcération ouvre une voie au pus dans le canal de l'urètre; mais cette ouverture se referme bientôt, et la maladie récidive. On à admis l'inflammation des glandes de Cowper, et l'on a observé à l'extérieur des indurations et des tumeurs dans des points correspondant à la situation de ces glandes; ces tumeurs venant à suppurer, il en résulte des aboèl considérables au périnée. Ces abcès peuvent s'ouvrir à Tintérteur ou à l'extérieur, et quelquefois dans ces deux directions à la fois ; dans ce dernief* cas, elles fournissent une nouvelle issue à l'urine, et c'est ce qu'on appdie une fistule du périnée (**).

Dans la gonorrhée, le malade éprouve souvent dans toute retendue d^

(*) Oni, quand eUes sont la conséquence d'un chancre nrétral, et non quand elles dépendent de rinflammation phlegmoneuae simple des foUicules de Turètre ou du tissa odlulaire interstitiel ou sons-urétral.

Il n*e8t jamais bon, dans tous les cat, d'attendre que ces abcès s^ourrcnt d*ettZmêmes dans Parètre. P. Hicorb.

(**) Dans le cours de la blennorrhagie aiguë, il se forme sour^nt, soit dans "les foUicnles des différentes régions des muqueuses affectées , soit dans le tisSu ceUnlaire, de véritables abcès. Ces abcès sont beaucoup plus communs chez Thomme sur les parties latérales du frein, puis, par ordre de fréquence, sur le trajet de la région spongieuse et enfin dans les parties périnéales et postérieures de Furètre. L'inflammation à laquelle succèdent ces abcès, ne se termine pas toujours par soppuration, et alors Tinduration en est quelquefois une conséquence dont la dorée peut être illimitée. Dans Tengorgcment qui les précède, ou dans Tinduration qui 1a suit, surtout au Toiùnage du frein , on sait que Widekind arait cm trouver un signe capable de faire distinguer la blennorrhagie virulente de la bénigne. Mais d'après ce que j*ai dit ailleurs , ou comprendra aisément que ce n'est que dans les cas où il existe «m chancre urétral, que cette induration peut avoir quelque valeur sous le rapport d« diagnostic. P. Rtooft».

DE LA GONOERHÉE. 911

la facê inférieure de la verge une cuisson qui est TefTet de l'état inflamma* toire de Turètre. Cette cuisson s*étend souvent jusqu'à Tanus, et devient une cause de souffrance très-vive, surtout dans les érections; cependant ce phénomène morbide diffère de la cordée, car la verge reste droite.

Les érections sont fréquentes dans la plupart des cas. Ces érections, quî sont déterminées par l'irritation présente, s'élèvent presque jusqu'au priafAsme chez qudques sujets, principalement lorsque la cuisson que je viens d'indiquer se fait sentir, ou quand il j a une cordée.

Le priapisme détermine souvent chez l'homme l'imminence de la gan* grène ; je l'ai vq amener ce résultat chez un chien : l'érection ne put jamais eéder, et il fut impossible de recouvrir le gland avec le prépuce, à cause de la tuméfaction du balbt; la verge se gangrena et tomba ; Tos de la verge fut dénudé et s'exfolia. L'opium étant très-utile dans le priapisme, il y a Ueu de croire que cette affection est de nature spasmodique. 5 VIL De récouiement.

Le mucus clair, transparent et visqueux que sécrètent naturellement les glandes de l'urètre, se change d'abord en un liquide aqueux et blanobâtra^ et le produit d'exhalation qui a pour but d'humecter les parois de ce canal et qui paraît être de même nature que tous les produits analogues qui lubriflent les cavités en général, devieiit moins transparent. Ces deux liquides deviennent graduellement plus épais, et contractentde plus en plus les caractères du pus. Il est certain que les glandes qui produisent le mucus qui est séérété sou!^ l'influence de pensées lascives ne sont pas toujours atteintes par la maladie, car j'ai vu des cas où, sous l'influence de ces pensées , ce mucuï sortait dans toute son intégrité par l'extrémité de la verge, après que l'urètre avait été nettoyé, par la sortie de l'urine, de tout le pus véâérien qu'il contenait. Quand ce mucus est formé en plus grande quantité quil ne faut pour lubrifier le canal de l'urètre, il est poussé vers t'onfice externe de celui-ci par l'action péristaltique du canal, et vient se montrer au dehors (*).

Le pus de la gonorrhée diange souvent de couleur et de consistance; quelquefois il passe du blanc au jaune et souvent du blanc au vert. Ces . changements dépendent de la disposition des parties qui le sécrètent; ils soQt liés à l'augmentation ou à la diminution d'intensité de l'inflamma'tien , et non aux propriétés virulentes du pus lui-même. En effet, une irritation quelconque des mêmes tissus , égale en intensité à celle de la gonorrhée , produit les mêmes apparences. Ces changements de couleur

(*) Un grtod nombre de fiits prooTtaC qae Tarètre est doaé dViM paisuiBce deletion considérable; son action sVxécnte principalement d'arrière en avant. On sait ^'nne boagie peat être rejetée iu»rs de l'arètre par Taotion de ce canal. Je crois qae cette aetiom est sonTent inter rertie, par exemple, dans les strangnries spaamoêiqaes. J* Hunth.

Cette optoioii de Haater , doat oa pevt tous les jours rérifier Texactitude, est en opposition aree celle ^a'oa a oberobé à £nre prévaloir, dans ces derniers tempa, d'après M. Aoioasat, et €fû, ienit rejeter lea rétractions on strictures spasmodiqats de Vmtèlff d'âne manière abtolne. P« Axooao.

s'observent surtout lorsque le pus s'est écoulé sur le lirtge et s*y est desséché. Examiné ainsi , il présente diverses nuaoces : au centre de diaque taclie il est plus épais ou plus abondant, et par conséquent il offre en général une couleur plus foncée; à la circonférence il est plus pâle, parce que sa partie aqueuse ou séreuse s*étend plus loin que sa partie épaisse; mais à la partie la plus éloignée du centre de la tache , il est plus foncé que partout ailleurs, et cette dernière circonstance dépend de ce que dans cet endroit il n'est constitué que par de la sérosité avec un peu de mucus, tenant en suspension une certaine quantité de matière colorante , de sorte qu'en se desséchant il donne à l'étoffe une transparence qui tranche avec la couleur blanche du linge. Il est probable qu'il y a un peu de sang rougç extravasé, dans tous les cas où le pus ne présente pas sa coloration ordinaire, et que c'est à sa présence en quantité variable que sont dues les diverses nuances. Comme le pus de la gonorrhée est le produit d'une inflammation spécifique , il a plus de tendance à se putréfier que celui qui se forme à la surface d'une plaie saine, et il exliale souvent une odeur qui parait lui être propre (*).

La surface enflammée de l'urètre n'est point assez étendue pour pouvoir fournir la grande quantité de pus qui est produite dans beaucoup de cas ; le plus souvent, en effet , l'inflammation ne s'étend pas à plus de deux ou trois pouces de l'orifice externe du canal ; aussi est-il naturel de supposer que l'écoulement est fourni par d'autres parties , dont la fonction est de sécréter du mucus pour des usages naturels , et qui , pour cette raison , sont très-propres à former une sécrétion abondante sous l'influence d'une irritation légère s'élevant à peine jusqu'à l'inflammation. J'ai déjà fait remarquer que ces parties sont les glandes de l'urètre. Dans beaucoup de cas où ces glandes n'étaient point assez tuméfiées pour être senties à l'extérieur, et où j'ai eu occasion d'examiner le canal de l'urètre après la mort, j'ai toujours trouvé les lacunes ou conduits excréteurs de ces glandes remplis de pus et plus apparents qu'à l'état normal. J'ai constaté, en outre, que la sécrétion du pus gonorrhéique n'appartient point exclusivement aux glandes en question , car la surface interne de l'urètre est ordinairement dans un état tel que le passage de l'urine ne peut s'effectuer sans douleur, «t , par conséquent , il est extrêmement probable qu'elle est affectée de manière à sécréter du pus.

Dans les cas ordinaires , l'écoulement ne parait pas venir d'un point du canal beaucoup plus profond que le siège de la douleur , bien qu'on croie communément qu'il provient de toute la surface de l'urètre, et même des glandes de Cowper, de la prostate, et de ce qu'on désigne sous le nom de vé-

(*) Ce serait ano grave erreur qac do chercher un signe spécifique dans Todenr particalière des sécrétions; comme ansst de croire que le pus virulent a plus de tendance à se putréfier. Vaï conservé pendant des temps fort longs, du pus venant de chancres inoculables, du muctypus de la blennorrbagie, ainsi que le pus fourni par des affections non vénériennes, et je n*ai observé aucune^xliffécence notable, si ce B*est que le pus TÎruIcnt reste plus longtemps liquide. Quant à la différence des odenn, eUe tient an siège ^Mrticulier de la sécrétion. P. Ricoao.

sicules séminales (*). Mais je doute beaucoup que cette croyance soit exacte. Ma raison pour admettre que le pus ne provient que de la surface qui cor* respond au siège de la douleur est la suivante. Si le pus provenait de toute la surface de Turètre et des glandes qui sont dans le voisinage de la vessie , il se manifesterait certainement plusieurs autres symptômes que ceux qui s*observent communément. Par exemple , si les parties qui sont situées au delà du bulbe , ou même dans le bulbe, étaient affectées de manière à sécréter du pua, ce pus serait graduellement poussé dans le bulbe comme la semence, et il serait chassé par jets de la cavité de ce dernier; car on sait qu'aucune substance ne peut être introduite dans la partie bulbeuse de l'urètre sans la^imuler à agir, c'est*à-dire, à se contracter, surtout quand elle est dans un état d'irritation et d'inflammation. Dans un tel état, en effet , nous voyons qu'il ne peut pas même y rester une goutte d'urine; de même, si l'on injecte seulement de l'eau chaude dans l'urètre jusqu'au bulbe, les muscles accélérateurs (bulbo-caverneux) sont dans un état de malaise jusqu'à ce qu'ils puissent agir et la rejeter. De là, il est naturel de supposer que si les portions membraneuse et bulbeuse de l'urètre , ainsi que les vésicules séminales, la prostate et les glandes de Cowper, concouraient à la formation du pus, ce liquide serait immédiatement chassé par les muscles qui viennent d'être nommés , toutes les fois qu'il se rassemblerait dans le bulbe, et que le malade sentirait cette ejaculation à chaque instant. Or, ce symptôme s'observe très-rarement. Quelquefois, il est vrai , ces muscles sont le siège d'une contraction spasmodique qui peut sans doute provenir de cette cause; mais c'est surtout imnôédiatement après la sortie de l'urine que cette contraction survient (**}.

(*) Cm pocbttfl ne sont certaintmenC point des réseiroîn de U semence. Ce qui m*« porté d'abord à soupçonner que teUe n'est point leur fonction , c*est la dilTérence qui cittte entre le liquide qu'elles contiennent et le sperme; Ensuite, de nombreuses expériences «ur le corps bumain et la comparaison de ces organes cbez Tbomme aTOC les mêmes parties ches d'antres animaux m'ont rois à même de pronrer ce que j'arais d*abord soupçonné. J. Huktbr.

(**) Le .siège de la donlenr, pris d'une manière absolue, comme indiquant le siège unique delà maladie dans la blennorrbagie n»étrale, pourrait sourent tromper. Tous les points de Turètre ne sont pas également sensibles. On sait les différences qui existent à cet égard au gland et à la fosse naviculaire, par rapport au reste de l'étendue du canal. Ces différences s'obserrent , non-seulement dans les effets direcu. mais encore dans \e$ sensations sjmpadiiqnesi ce qui a fait dire à M. Jourdan que la fosse* naviculaire est le rendes-?ous des sympatbies urétrales. Cependant, lorsque la maladie a gagné en étendue et en profondeur , les douleurs ordinairement senties dans tontes les parties malades pendant l'émission de Torine, sont encore augmentées dans la plupart des cas par des pressions extérieures ou Tapplicatiou directe de corps étrangers, tels qu'une sonde , etc.

Quant à la suppuration , il est bien certain que son aboudaoce est de nécessité en rapport arec le plus ou moius d'intensité de rinflammalion , et surtout arec l'étendue des parties mabdes; et que si des régions voisines, non encore affectées , peurent fournir du mucus pur qui vient s'j mélanger, eUes ne doivent donner de la matière pu* mlente que dans les cas ou la maladie les a gagnées.

H4 BE LÀ GONORIHÉE.

Quand rinflammation est intense, il arri?e sourent que qadqae taisseau de Turètre se déchire, et il en résulte un écoulement de sang qui est plus abondant immédiatement après la sortie de Turine. L'écoulement du sang a lieu cependant dans d'autres moments , et généralement il procure un soulagement temporaire. Quelquefois le sang sort en très-petite quantité, et ne fait que colorer le pus, ainsi que je Tai fait remarquer en trai* tant de la couleur de Técoulement gonorrbéique. Souvent les érections de la verge déterminent une distension telle des parties malades, qu'elles deviennent une cause d'extravasation sanguine. Cette extravasation aug-* mente généralement la douleur qui est ressentie au moment du passage do Turine, et alors le canal de Turètre est ordinairement dpuloureux i la pression. Cependant, Fécoulement du sang diminue Tinilamniation et (irocure souvent du soulagement (*).

§ VIII. De la cordée.

La cordée est tantôt inflammatoire, tantôt spasmodique. Je traiterai d*abord dela^»rdée inflammatoire.

Lorsque Tinflammation, ne se limitant point à la surface de Turètre et à ses glandes , se propage plus profondément et affecte le tissu réticulaire, elle déterminedans ce tissu une extravasation de lymphe coagulable, comme eela a lieu dans tous les cas d'inflammation adhesive; cette lymphe faisant adhérer ensemble les cellules de ce tissu, enlève au corps spongieux d» Turètre sa faculté d'expansion, et le rend incapable de suivre Faccroissemeot de volume des corps caverneux de la verge, d'où il résulte une incurvation de la verge pendant l'érection : c'est ce qu'on appelle une cordée. La

Il ne serait pii exact de supposer , arec Hvtiter , qtfe dans beaacoap de eireoBitaMes la matière de la bleimorrfaagie ne vient pas des parties posténenres an bnlbe» om de «ette région elle-même, parce que U sécrétion morbide ne serait pas iamédiatement expulsée par une sorte dVjaculation.

n est facile de s'assurer, sur nn grand nombre de malades, qne la matière Uennorrbagique est très-sonrent fournie parles parties postérieures du canal et que, bieA qn*eUo Tienne ordinairement s*accumnler en plus grande quantité dalis l'évasement de la fosse navicnlaire , surtout pendant U station droite , on pent encore la ramener dn périnée, par des pressions exercées d'arrière en avant. Il arrire ici ce qui a lieu pour rnrine dans certains cas où le canal a, en quelque sorte, perdu de son ressort et dans lesquels, longtemps après rémission, Turine continue k filtrer « ou nécessite de It part des malades des pressions répétées dans tonte l'étendue accessible de l'urètre.

Quant à son siège absolu, la blenaorrliagie commence dans le point qni a été son-» mis à Taction de la cause, et peut s*étendre de prodie en iirocbe aux foUicnles, mt tiasn cdlnlaire et aux parties accessoires on voisines par ccmtiuuité eu contiguïté.

P. aïoonn.

(*) Soit par suite de lésions mécaniques, comme le fait observer Hunter, soit par 1« fait de rintensité de riuflammation , les écoulements sont souvent teints de sang. On a imprimé, dans ces derniers temps, que la couleur rouge sanguinolente des écoule* meats indiquait qails avaient été déterminés par la cohabitation avec une femme ayant »es règles. Je n'ai pas besoin de faire ressortir llnezactitade de cette aêsertioit.

P. ElCORD.

DE LA GONORRHÉl. 916

•ooTbare a ion siège en général à la partie inférieure de la verge, et provient de ee que les parois des cellules du oorps spongieux de l'arètre se sont agglutinées ensemble (*). Outre cet elfetde rinflaromation , quand la eordée est violente, la membrane interne de Turètre est soumise à une tension telle^ qu^elle éprouve des déchirures ; d*où il résulte fréquemment une hémorragie urétrale abondante, qui souvent soulage le malade et même amène quelquefois la guérison. Gomme la cordée est le résultat d'une intensité plus grande qu'à Tordinaire de inflammation, die peut persister et persiste en effet souvent après que Finfection est détruite; elle n'est rien autre chose qu'un effet de Tinflammation adhesive.

La cordée spasmodique n'est qu'un phénomène nerveux; du moins ne peut-elle être produite par la même cause que la cordée inflammatoire, s! mer idées sur la maladie qui nous occupe sont exactes. En effet, fa cordée spasnK>dique paraît et disparaît, mais non à des époques fixes. Tantêt elle ne se manifeste point du toot au moment de l'érection , tantêt elle se montre avec une grande violence; souvent elle se reproduit à de courts Intervalles (♦*).

$ni. De la manière dont rinflammation envahit rurètre.

Le mode suivant lequel la maladie est communiquée au canal de l'urètre constitue une question qui n'a pas encore été résolue complètement. Je suppose que la cause de l'infection s'insinue du gland dans l'urètre, ou au moins de l'orifice, c'est-à-dire des lèvres de Turètre à sa surface interne. £n effet , il est impossible d'admettre , bien qu*on l'ait affirmé assez généralement , qu*une quantité quelconque du pus vénérien fourni par la femme pénètre dans le canal de Turètre pendant le coït. Il est impossible, au moins, que ce pus s'introduise de cette manière jusqu'à la profondeur du siège ordinaire de la maladie; et à plus forte raison qu'il puisse se mettre en contact avec les parties où la maladie se développe dans plusieurs cas, ç*est-à-dire, avec toute l'étendue de la surface interne du canal. Le fait suivant constitue presque une preuve en faveur de mon opinion.

Un homme, dans la véracité duquel j'ai une entière confiance, étant en Allemagne et n'ayant vu aucune femme depuis plusieurs semaines, entra dana ua cabinet d'aisances. £n se levant de dessus le siège, il sentit au gland un petit tiraillement douloureux, et il aperçut un petit morceau de plâtre qui y adhérait. Il ne fit point alors attention à cette circonstance, et se borna à ât«r ee qui s'était collé à sa verge; mais , au bout de cinq ou six jours, il fut pris des symptêmes d'une gônorrhée qui se montra asses hitense.

La seule manière de se rendre compte de ce fait, c'est d'admettre que eet'hofnme avait été précédé dans le cabinet d'aisances par une personne atteinte de jgonorrhée qui avait laissé tomber du pus vénérien sur le siège,

(^ Cette phrase est sopprimée dnu l*éditioii de Home.

(**) Cet alinéa a été omis dans l'édition du D' J. F. Palmer. G. R.

516 DE LA GONORRHRE.

et que IVxtréinfté de sa verge était restée en contact arec ce pus i

longtemps pour que celui-ci s*y fÙX desséché (*).

Quand la gonorrhée envahit Turètre, elle s'étend rarement à phiS d*iia pouce et demi ou deux pouces de ToriOce externe du canal. Cette distance paraît être véritablement spécifique; c'est ce que J'appelle VextemUm tpéclique de rinflammation(**).

La cause de la gonorrhée étant communément une inflammation, cette maladie s'accompagne de douleur et de suppuration. Dans cet état, les sensations du malade et les actions des parties ne sont point limitées au siège réel de la maladie. Par suite de la sympathie des parties voisines , il se produit des symptômes très- variés, dont plusieurs ne dépassent pas ce qui pourrait être l'effet d'un état d'irritabilité. On sent dans tout le bassin un malaise qui tient de la cuisson et de la douleur, et une sorte de lassitude; le scrotum, les testicules, le périnée et les hanches, deviennent le siège d'une sensibilité désagréable pour le malade, et les testicules oat souvent besoin d*être soutenus ; ces derniers organes sont même teUemeat irritables, que la moindre violence ou le moindre exercice, qui dans tout autre temps n'aurait eu aucun effet fâcheux, en détermine le gonflement inflammatoire. Les glandes de l'aine s'affectent souvent par sympathie, et même se tuméfient un peu, mais elles ne suppurent point; tandis qu'elles suppurent, en général , quand elles s'enflamment par suite de l'absorption du pus. J'ai vu des cas où rirritation s'était étendue si loin, que les cuisses, les fesses et les muscles abdominaux, étaient le siège d'une véritable douleur, de sorte que le malade était obligé de rester sans mouvements dans la position horizontale. La douleur était quelquefois très-aiguë , et les parties étaient très-sensibles au toucher; ces dernières se tuméfiaient même quelquefois, mais la tuméfaction n'était pas de nature inflammatoire, car, malgré l'état visible de pléthore, les tissus n'étaient point durs et tendus. J'ai connu un homme qui était pris immédiatement de douleurs rhumatismales générales toutes les fois qu'il avait une gonorrhée, ce qui lui est arrivé plusieurs fois. Dans de telles circonstances, le sang n'offre

(*) On poarrait %t contenter de cette explication , fi tone les éconkinenti blennorrboîdes devaient de oéoeMÏté être la conséquence d'une oontagion.

P. RlCXMkDtf

(**} Les maladies spécifiqnes, parmi lesquelles je range tontes celles qui naissent d'nn poison morbide, ont entre autres propriétés ceUe d*aToir leur distance on extmt» sion spécifique, BCais cette propriété ne pent avoir son effet qne lorsque la constitnlion nest point susceptible d^érysipèle, ni d^aucun autre mode d'action anormal; car lorsqu'il existe une disposition érysipélateute, Tinflammation n'a point de limites détermbécs. J. Huirrxa.

Beaucoup de syphilographes ont voulu assigner un siège spécifique à la bl«nnorrbagie, comme le fait cucore Hunter. II est bien certain que quelques régions pins exposées à faction des causes, s^affectent aussi plus aisément que d'autres; mais on ne •aurait, dans Tétat actuel de la science, conclure de là que la n(aladies*y arrête saus , pouvoir s'étendre, et établir le diagnostic, comme on l'a lait «onrent, d'après ce siège absolu. P.àtccMiD.

BE LA 0OlfC»mH]6E. )I7

point oidinairement Taspect ioflammatoire, de «orte qu*oa peut admettre que la constitation n*est que peu affectée.

Quand la gonorrhée, abstraction fiaite des symptômes sympathiques, n^est pas plus violente que dans la description que je viens d*en donner, on peut l'appeler une gonorrbée vénérienne ordinaire ou simple; mais si le malade a une grande susceptibilité pour cette espèce d'irritation, ou pour tout autre mode d*action qui puisse accompagner Taction syphilitique, les symptômes sont d'autant plus intenses que cette susceptibilité est plus forte. Alors, on observe quelquefois que Tirritation et Tinflammation dépassent la distance spéciûque et s'étendent à toute la surface de Turètre. Le ' périnée est aussi le siège d'une douleur très-vive, et il existe un symptôme pénible qui est fréquent, mais non constant, c'est une contraction spasnoodique des muscles accélérateurs de Turine, qui s'accompagne toujours de contractions des muscles érecteurs (iscbio-cavemeux). Je n'ai pas pu m'assurer si ces spasmes dépendent d'une sécrétion de pus, qui, se rassemblant dans la portion bulbeuse de Turètre, y produit du malaise et y excite des contractions pour sa propre expulsion , comme il arrive pour ïea dernières gouttes d'urine. J'ai vu des spasmes semblables survenir pendant rémission de l'urine , parce que ce liquide irritait cette partie dans son passage à travers l'urètre et déterminait des contractions dans les muscles -accélérateurs, de sorte que l'urine sortait par jets. Tantôt l'inflammation est considérable, s'étend profondément dans le tissu cellulaire et produit de la tuméfaction et rien de plus (*) ; tantôt elle passe à la suppuration , et devient souvent une cause de fistule au périnée. Quelquefois, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, j'ai soupçonné que les glandes de Cowper étaient le siège de ces suppurations, car j'ai observé extérieurement des tumeurs circonscrites dans les points correspondant au siège de ces glandes. Les petites glandes de la portion bulbeuse de l'urètre, peuvent également être affectées de la même manière, et l'irritation s'étend même souvent à la vessie (**).

Quand la vessie est affectée, elle devient susceptible de tous les degrés possibles d'irritation, et il en résulte souvent des symptômes très-pénibleS. Ainsi, elle est privée de son extensibilité habituelle, et le malade, ne pouvant retenir ses urines aussi longtemps qu'à l'ordinaire, est obligé de* satisfaire le besoin d'uriner aussitôt qu'il se fait sentir, ce qui s'accompagne d'une douleur très-vive dans la vessie, et surtout au niveau du gland,

(*) Danii réditiOB de Home on lit en cet endroit : « On éprouve sonrent , après . ■voir vmaé, de' la donlenr dan* le même point dn canal de rarètre uù l'on en restent habituellement en urinant; je pense que cette douleur est TefTet de la contraction de la membrane interne, qui dure quelque temps après que Taction a cessé. »

(**) Dans rédition de Home les mots suiTants sont ajoutés : « Ceb arrire plus comauncmeut vers la fin de la gonorrbée qu*à toute autre époque. »

Il est très-rare en effet que la vessie s'affecte dès le début de la blennorrbagie, Saos être dans tous les cas un phénomène de terminaison , cette irritation, à des degrés taries, arrive bien plus souvent après nn certaia temps de durée de la maladie.

P. Rtcono.

91i tm LÀ OOTfORRHÉE.

exaeleHMDt oonlMa dans les cas de cakmls vésieaoï. Si la vessie n'est pas yidée promptement, la douleur devient presque intolérable; et même, après que Turine a étéé?acuée, il reste pendant quelque temps une douleur eonsidérable flans la vessie et au gland , parce que la contraction de la tunique musculaire de la ressie devient elle-même une cause de soufAnnoe.

Les uretères et même les reins entrent quelquefois en sympathie, quand la vessie est très-enflammée ou en proie à une irritation considérable i mais cette complication est rare. J*ai aussi des raisons pour croire que ^irritation peut se communiquer au péritoine par Flntermédiaire du canal . déférent. Cette opinion est confirmée, jusqu'à un certain point, par le cas suivant : un homme contracta une gonorrhée qui fut traitée par la méthode antiphlogistique; Técoulement était en partie dissipé, lorsqu'il se manifesta une tension à la partie infiérieure du ventre, du côté droit, immédiatement au-dessus du ligament de Poupart, un peu plus près de Tos des iles que du pubis. Le palper y faisait reconnaître une induration et déterminait une sensation douloureuse; cette douleur s'étendit à tout l'abdomen; des fris* sons eurent lieu tous les trois jours; le pouls était déprimé. Je reconnus à ces symptômes une inflammation péritonéale, qui, suivant moi, provenait de ce que le canal déférent du côté droit était affecté dans son trajet à travers l'abdomen et le bassin.

Quand l'inflammation, ou même seulement l'irritation, se propage à toute la surface de l'urètre, à la vessie, et jusqu'aux uretères et aux reins, de manière à déterminer une sensation pénible dans toutes ces parties, la maladie est en général très-violente , et je soupçonne qu'alors elle a quelque chose de la nature érysipélateuse ; elle décèle au moins une constitution irritable et dont les sympathies s'éveillent facilement.

La maladie qui nous occupe donne naissance quelquefois à des symptômes extraordinaires. Un homme contracta une gonorrhée; lorsque les symptômes inflammatoires étaient sur leur déclin, l'urètre perdit la faculté involontaire aussi bien que la faculté volontaire de retenir l'urine. Ce liquide s'écoulait involontairement, sans que le malade pût l'arrêter. Je conseillai à celui-ci de ne rien faire, et d'attendre quelque temps, parce que les moyens de traitement auraient été probablement plus pénibles que la maladie elle-même, bien qu'elle lui fût fort désagréable, surtout dans le monde. L'incontinence d'urine diminua peu à peu, et se dissipa enfin entièrement.

$X. De l'engorgement des testicules.

Un symptôme qui s'observe très-fréquemment dans la gonorrhée, c'est la tuméfaction des testicules. Je pense que cette tuméfaction , de même que l'affection morbide de la vessie et plusieurs des symptômes qui viennent d'être mentionnés, e3t purement sympathique et ne doit point, être considérée conune étant de nature vénérienne, car les mêmes j^ptômes succèdent à toute espèce d'irritation ayant son siège dans l'urètre, soit qu'elle ait pour cause des rétiécisaementi 4e ce canal, soit qu'elle ait été produite par des injections ou par la présence des bougies. U est à remar-

DE LA GOTÏORKHÉE. 91f

^oer d'afllemri que ees phénomènes nsorbides ne présentent point de ressemblance avec ceux qui sont l'effet de Tappltcatioa du véritiÀle pus yéné'^ rien, soit par suite de son absorption, soit de toute autre manière, car ils ne donnent que rarement ou même jamais riiaissance à la suppuration , et quand ils produisent du pus, ce pus n*est point vénérien.

Bans beaucoup de cas, les testicules semblent, en quelque sorte, agir pour Turètre plutôt que pour leur propre compte. Cette remarque peut s*appliquer à toutes les affections sympathiques. Ainsi , Tengorgement et rinllammation apparaissent subitement et disparaissent de même, ou bien passent en quelques minutes d*un testicule à Tautre, Taffection dépendant de rétat de Turètre et non de ta partie affectée elle-même. Toutefois , une partie du testicule, Tépididyme, revêt tous les caractères de Tinfbmmation , et reste même tuméflée longtemps après que rinllammation s'est ' dissipée.

Le premier signe de l'engorgement du testicule est ordinairement une sorte d*empfitement mou et pulpeux du corps de cet organe , qui est seniible au toucher; cet empâtement se change en un gonflerhent avec induration, accompagné d'une douleur considérable. La partie la plus dure est généralement l'épididyme, et principalement la portion de cet organe qui correspond à Textrémité inférieure du testicule , ainsi qu*on peut le seijitir distinctement. Cependant, il arrive souvent que l'induration et le gonflement s'étendent à toute la longueur de Tépididyme et produisent une nodoftité à sa partie supérieure. Le cordon spermatique est aussi affecté souvent; cela a lieu surtout pour le canal déférent qui s'épaissit et devient douloureux au toucher. Les veines du testicule deviennent quelquefois variqueuses. J'ai vu cet état des veines coïncider avec Tengorgement du testicule dans deux cas. Les inflammations du testicule, de quelqueespèce qu'elles soient , «'accompagnent généralement d'une douleur dans les lombes , et d'une sensation de faiblesse dans cette région et dans le bassin. Les intestins sympathisent ordinairement avec la plupart des maladies du testicule ; cette sympathie se manifeste tantôt par des coliques, tantôt par une sensation anormale qui a son siège dans Testomac et dans les intestins. Les nausées et même le vomissement constituent un symptôme fréquent. Par là, les forces digestives sont altérées , et il se forme des accumulations de gaz, qui sont souvent très-pénibles. Voilà donc, par les testicules, une longue chaîne de sympathies, comme lorsque l'irritation se propage dans toute l'étendue des voies urinaires : d'abord , le testicule est affecté par sympathie avec l'urètre malade; ensuite ce sont le cordon spermatique, les lombes , Tintestin , Testomac ; puis tout le corps , en quelque sorte , par l'intermédiaire de ces parties.

rai vu les fesses se tuméfier dans un cas de gonflement du testicule , mais la tuméfaction n'était pas de nature inflammatoire; lorsque le malade urinait il ressentait de la douleur dans cette région. Il n*est pas facile de déterminer si ce symptôme dépendait du gonflement du testicule, ou de h même cause commune , c'est-à-dhre de la gonorrhée , mais cette dernière supposition est la plus probable.

On a avancé, mais sans preuve, que dans les cas de gonflement du testicule par suite de gonorrhée, c'est l*épididynie et non le testicule qui se tuméfie. La vérité est que Tun et Fautre participent au gonflement. Tout homme habitué à distinguer la tuméfaction de tout le testicule de celle de Tépididyme seul , doit reconnaître inunédiatement que dans la hernie humorale la totalité du testicule est tuméfiée. Le testicule revêt la même forme que nous lui voyons prendre sous Finfluence d'autres causes, dans les cas où, étant obligés d*en faire l'extirpation, nou^ pouvons constater qu'il est tuméfié dans sa totalité. La douleur se fait ressentir dans tous les points du testicule. J'ai vu les tumeurs de cette espèce suppurer à leur partie antérieure, et, dans plusieurs cas , des adhérences s'établir entre la tunique albuginéeetla tunique vaginale; cette dernière circonstance n'a pu être constatée qu'après la mort, ou dans l'opération pour la cure d'une hydrocele partielle. Or, ces phénomènes morbides n'auraient pu avoir lieu, si le corps du testicule n'avait pas été dans un état d'inflammation. Cette inflammation du testicule naît probablement de sa sympathie avec l'urètre, ' et dans plusieurs cas elle paraît provenir de ce qu'on appelle le transport de Tirritation de l'urètre au testicule. Ainsi, la tuméfaction du testicule foit cesser la douleur que le malade éprouvait en urinant, et suspend l'écoulement, qui ne reparaît que lorsque le gonflement du testicule commence à se dissiper; ou bien la cessation de l'irritation de l'urètre détermine le gonflement du testicule, qui persiste jusqu'à ce que la douleur urétraie et l'écoulement se reproduisent ; de sorte qu'il est très-difficile de décider quelle est la cause , quel est l'effet. J'ai néanmoins observé des cas où le testicule s'est engorgé, et où cependant l'écoulement est devenu plus intense; j'en ai même vu où le testicule s'étant tuméfié après que l'écoulement avait cessé, celui-ci s'est reproduit avec violence, et a duré aussi longtemps que le gonflement testiculaire. Quelquefois l'épididyme s'affecte seul, quelquefois c'est le canal déférent, d'autres fois c'est le cordon spermatique, dont les veines deviennent variqueuses. On ne voit aucune raison pour que l'une de ces parties s'affecte plutêt que l'autre; et il faut l'avouer, la cause immédiate de l'affection morbide nous est inconnue dans tous les cas. Car bien que l'action morbide qui s'accomplit dans l'urètre dojve être considérée comme cause éloignée, il est impossible de dire si c'est la cessation de cette action qui est la cause de la tuméfaction du testicule, ou si c'est la tuméfaction du testicule qui est la cause de la suspension de l'action morbide de l'urètre. On a considéré l'inflammation du testicule comme provenant d'une irritation qui prend naissance à l'orifice des vaisseaux déférents. Mais S'il en était ainsi, cette inflammation se développerait en général dans les deux testicules en même temps. D'ailleurs j'ai vu ce phénomène morbide arriver aussi souvent lorsque l'inflammation de l'urètre ne s'étendait qu'à un pouce et demi ou deux pouces de son orifice externe, que lorsqu'elle occupait une plus grande étendue du canal; et le passage subit du gonflement d'un testicule à l'autre démontre que cette affection est liée à un autre principe de l'économie animale.

La hernie humorale s^accompagne souvent de strangurie, symptôme qui se manifeste plus fréquemment lorsque Técoulement se supprime, que lorsqu^il marche en même temps que le gonflement testiculaire. En général, toute suppression -subite de l'écoulement fait naître une disposition à la strangurie (*).

Une circonstance très-digne de remarque , c'est que le gonflement du testicule ne survient pas toujours au moment où Tinflammation de Turètre est à son plus haut point. Je pense, au contraire, qu'il se manifeste plus souvent lorsque Tirritation urétrale est à son déclin ; il arrive même quelquefois après que cette irritation a entièrement disparu , et lorsque le malade se sent tout à fait bien.

Je ferai observer ici que la coïncidence du gonflement des testicules avec une irritation vénérienne de Turètre qui en est le point de départ, a fait naître la pensée que tout gonflement de ces organes est de nature syphilitique. Mais d'après oeque j'ûi dit de la nature de ce gonflement quand il est lié à une affection vénérienne,.c'est-à-dire, qu'il n'est rien autre chose qu'un phénomène sympathique , et d'après mon expérience personnelle qui ne m'a jamais offert un testicule atteint d'une maladie vénérienne soit locale, soit constitutionnelle, on doit conclure qu'une telle opinion est toujours mal fondée. Cette assertion trouvera peut-être peu de par« tisans (**).

J'ai vu la goutte produire un gonflement inflammatoire du testicule, qui par conséquent était semblable au gonflement sympathique d'une affection vénérienne, et qui offrait plusieurs de ses caractères. Les lésions traumatiques des testicules y déterminent de la tuméfaction; mais cette espèce de tuméfaction diffère de celles qui viennent d'être citées , en ce qu'elle est plus permanente, et que la maladie, ou sa cause, réside'dans la partie même. Le cancer et les scrofules produisent des gonflements des testicules ; mais ces gonflements sont généralement très-lents dans leurs progrès, et ne ressemblent en rien à ceux qui dépendent d'une irritation du canal de l'urètre (***).

(*) La phrase sairante se trouve ici dans Tédition de Home : « Qnand le testicnle est tuméfié , le sperme sort mêlé arec du sang ; ce sang peut être extravasé dans Tacte même de la sécrétion , ou provenir des raisseanx sangnius de Torètre au moment de réjacnlation. »

(•*) Cette assertion, en effet, est contredite par Texpérience. Il y a une affection du testicule qui se montre si souvent liée aux symptômes de la sypliilis qu'on ne peut »*empêcfaer de la considérer comme un des effets constitutionnels du rirus syphilitique. Elle sera décrite plus loin à Toccasion des symptômes secondaires ou constitutionnels de la maladie Ténérienne. O. G. B.

(***) L'importance que TAcadémie de médecine a donnée à la question des affections des testicules à la suite de la blennorrliagie, et les discussions qui ont suivi le mémoire que j*ai lu à ce sujet à cette société savante, m'engagent à formuler ici, d'une manière précise, ce que l'expérience de tous le* jours peut apprendre aux observateurs sans préjugés.

Il est rare que ce soit avant les premiers qninse jours de durée d*nne blennorrbagie orétralo, que la maladie gagne lea organes oonteaat dans l%i bourses.

S "SI. Du gofnfiement sympathique des glandes.

Maintenant que nous savons comment les diverses substances pénètrent dans la circulation, etquMl a été démontré que plusieurs substances,

La balaDÎte et, à plus forte raison, les autres écoalements étrangers an canal, «*oiit aactme infioence sur cette affection. C*est le plus ordinairement à partir de la troisi^e, qoAtrièoie, ckiqnièœe, sixième semaine, on phis, de la durée d*un écoule- ■leat, qu'elle se produit Quand elle arrÏTe plus tard, on fronre ordinairement qoe réeoulement anden qui Tarait précédée, «rait été récemment avivé.

C'est presque toujours lorsque réoemlemest a f>g*é les parties postérieures de Turètre, que la maladie a lieu.

Les relevés que j*ai fait faire établissent, contradictoiremeat «ax idées géoéralenent professées par ceux qui regardent la maladie qomme un fait de répercussion, qu'elle eM incontestablement plus fréquente chez les malades qui ne sont soumis à aucun traitement. ,

Les fatigues , la eonstipation , la continence , les rapports sexuels intempestifs , les violences extérieures, etsurtoat le défaut d*asage d^in bon sospensoir, y prédisposent ptes que Tnsage des injections, accusées souvent à tort, à moins qu'elles n'aient été laites |Mir troip irritantes et contre toutes les règles de l'art. Les variatiens brusques de la température , turtont le passage de la chaleur au froid , ont beaucoup d'tnineDOe et produisent quelquefois de véritables épidémies dans ce geure d'affectiens.

Le côté gauche est le plus souvent malade. Cette différence de fréquence entre les^ deux côtés est précisément en rapport avec la position que les malades donacnt à leur scrotum, relativement à la couture du pantalon : ceux qui portent à gauche, et ce senties plus nombreux, sont affectés du coté gauche, ti'vice 'vcrsd : de telle façon que c'est l'organe qui n'est pas soutenu par le pantalon qui devient plus aisément malade. Les exceptions à cette règle sont rares et s'expliquent par Faction des autres «anses prédiapoêantes qm peuvent quelquefois prévaloir.

La idaladie se propage de l'urètre aax orgaaes sécréteurs du spenue de deux manières bien distinctes : on bien par sympathie et sans altération de tissu appréciable entre l'urètre et la partie du testicule affectée, ou bien encore, de proche en procbe, par propagation de l'inflammation , avec engorgement des tissus que oelle-ci parcourt.

Il n'y a pas d'affection blennorriiagique des or(;anes contenus dans les bourses sans engorgement de l'épididyme. L'épididyme est la première partie où la maladie se manifeste, c'est aussi la dernière qui se guérit on celle qui peat rester définitivement engorgée. Dans les cas d'inflammation par propaga^ou directe , le canal déférent peut bien être pris en même tempa, mais jamais seul.

Cette régularité dans le début de la maladie, qui reste très-souvent limitée pendant toute sa durée à Tépididynie, et qui, dans tout les cas, se termine encore par lui, doit la faire désigner, ai l'on vent être correet, sans le nam ^^êfidiJijrmite blmnorrhagi^ue.

Il est plus commun de Toir un seul cAté affedé , que les deux l'un après Pautre ou à la fois. Lorsque la maladie passe brusquement d'un c6té à l'antre, ce que je désigne sous le nom à^épidiùijrmitt k bascule, on a ordinairement affaire à nue affection sympathique; aussi il n'est pas rare, quand l'épididyme de Paatre côté ae prend, d|B voir souvent et d'une manière brnsque revenir le premier à l'état normal. Dans répididymite double d'emblée, on trouve presque toujours les cordons engorgés.

Dans son état de plus grande simplicité , la maladie se borne , comme je l'ai dit, aux épididysiee «u «un «anaux déCéeenU en méaia tampa; mala pour peu qu'elle soit intense, que la canHitmioii ê)f ptéU êtquêlêi nê^mu memunum •§\wm»U <tt> i^élwd

DE LA 6<»f ORRHÉfi. It9

pdnoîptkmeBi ks pokons, par leur presence dans le torrenl circulatoire, exdtent de ilnflammation et du gonflement dans les ganglions lyœpba-

Mi M œiipUqm*. Vépiphénonèna le pla» commun «et, mbi «OBtredit, l'ép— chemeai ènoA la tmoiiqae vagmaicy om Tliydrooèle. Cet épaacliement* que M. Borboux, aa MToir dnquel J'aime à rendre jastice , avait era être Ja maladie |>riBoipale, est tantôt dà à une simple ecbalation de térosité citrine* trata^Mreate» comme dan» let liydro* plaies paesirea oh pnr gène de la circulation; tantôt au contraire, et ce sont les cas lee pins rares, il est la coBséqnence d'une véritabie iniammation de la séreuse du teftticttle, et présente alors tontes les nnances de pus^ de liasses membranes, de mélanges de «aog, qui se rencontrent dans les antres inflammations des séreuses en général. Ces différences, qn*on peut d^à établir par le plosion moins de transparence dtt liquide éfMnché, sont mises bors de doute dans les cas oè on TéTacue par nnc ponction.

L^épsncfaement dans la tunique vassale arrÎYe le plus ordinairement d*nne maniên brusque, et s'en Ta souvent de même. Cependant il se produit quelquefois d'une ma* nière lente, pour persister tiait que dure l'engei^cment de Tépididyme, et oons^itue alors une des yariétés de l'hydroftsèle chronique.

Après l'épiphénomènc dont il vient d'être question , la complication la |»lni commune est l'engorgement du tissu cellulaire sous-scrotal et celui du cordon. Alors la pean cesse d'être mobile sur les parties sotts-jacentes, le canal déférent se perd dans un cordon solide , dont tous les éléments sont confondus , et qui devient parfois asses volumineux pour subir un étranglement de la part des parties qu'il traverse. Ces engorgements, qui dans quelques circonstances ne sont qu'oedémateux, deviennent aussi franchement inflammatoires, et peuvent se terminer par la suppuration et des abcès. Eaiia la pean peut à son tonr participer à la maladie par rosdème on Tétat érysipélateux.

Le corps du testicule lui-m^e est très*certainement une des parties les moins son« vent envahies. Et cependant on a cru, et quelques personnes croient encore, que c'est le siège principal de l'affection, ainsi que l'indique le nom d'orcbite ou de testicule vénérien, que beaucoup de pathologistes conservent ii la. maladie. On peut, dans le plus grand nombre des cas, s'assurer du contraire et de l'exactitude de mOn opinion, en examinant avec minutie la mabdie à ê9% différentes phases.

D'abord , on ne sent qu'un point engorgé, plus ou moins étendu et douloureux, placé en bas et en arrière du corps du testicule, et bien facile à distinguer. Lorsque la maladie fait les progrès que nous avons signalés plus haut, on ne tarde pas à reconnaître, quand il y a épanchement, une fluctuation plus on moins prononcée, due au liquide contenu dans la tunique vaginale et placé, dans la grande mi^rité des cas, ii la partie antérieure du scrotum du c6té malade, où Ton trouve fréquemment, comme je l'ai indiqué, une transparence dans une partie de la tumeur, et qui ne laisse plus de doute sur sa nature. Les signes fournis par le liquide épanché ne sauraient être confondus avec les caractères qui appartiennent au testicule à l'état normal ou à l'état d'in-^ flammation , que dans 1m circonstances où la distension trop considérable de la tunique vaginale, empêchant le déplacement de ce liquide et son ballottement facile par U percussion, transforme momentanément la fluctuation en vériuble sensation de rénitence que présente le testicule sain. Mais alors une pression superficielle de cette partie de la tumeur détermine une douleur complètement différente de celle que fait sentir le testicule du c6té opposé, exaihiné comparativement. Du reste, la tumeur du cMé mabde est divisée, dans cee cas, en deux moitiés : l'une dure, pUcée en arrière; l'antre, fluctuante on rénitente et occupant la partie antérieure. £n comparant encore k«6cé malade an cM resté MÔa, on tmnve que la Bioitié la plus noUe de la h^t ante-

234 DE LA GONORKHÉE.

tiqnes, il est naturel de supposer que lorsque de pareilles tuméfactions se

manifestent sous Finfluence d'une maladie de Turètre dont on des

rîeare est, oa do méioe Toluoid qne le testicule opposé, oa d*ane grossenr pins considérable. Dins ce dernier cas, qui tient à la présence derépancliement, si on éracne celai-ci par une ponction, on ne tarde pas à retrouTcr, enchâssé dins Tépididynie, le corps dn testicule, dont 'la forme, la position et la consistance sont tout ii fait analognes aux mêmes conditions de l'organe dn côté opposé resté sain. Du reste, en faisant la ponction dans les cas d*épididjmites compliquées d^hydrocèle, on pent s'assurer que, si une grande partie de la tumeur peut être due à cet épanohement, le reste, et cela dans des proportions considérables, tient uniquement à Tepididyme et au tissu cellulaire ambiant. Toutes les fois que le testicule se prend d'inflammation et que le gonflement en est la conséquence, les douleurs deriennent intolérables par rétranglement que fait subir la tunique albuginée. Mais le signe patbognomonique constant , qu*on peut vérifier sur le virant et sur le cadavre, c'est l'induration rapide, générale ou partielle, qui fait de suite perdre à Torganc cette consistance élastique que j'appellerais presque sut generU^Dms ces circonstances, les plus rares de tontes, si on a évacué un épanchement coexistant, on ne trouve pins qu'une masse dure où tous les éléments restent plus ou moins confondus.

Les auteurs ne sont pas d'accord sur ce qui se passe relativement ii réconlement. Ce n'est jamais , règle générale , à la suite de la suppression brusque de celui-ci que l'épi* didymite se déclare. S'il est vrai qu'où ne voie pas cette dernière se développer plus t6t pendant la période très-aiguë et très-abondante des écoulements , ce n'est ordinaire» meut qu'après son arrivée et un certain accroissement que ceux-ci commencent à diminuer 4, mais rarement ii se tarir complètement, à moins que l'épididjmite n'ait liev à l'époque où la blcunorrhagie était tout à fait sur son déclin. La constance et la persistance de réconlement pendant la durée de l'épididjmito blennorrhagiqoe constitue même un signe diagnostique important. Dans le passage de l'inflammation de Turctre à l'épididyme, il y a plutôt des phénomènes réciproques de révulsion que de métastase.

Quoi qu'il en soit, la sécrétion du sperme est ou activée on ralentie et supprimée, les désirs vénériens exaltés ou éteints. Le sperme chassé dans des pollutions nocturnes, ou évacué dans les rapports sexuels, conserve le plus ordinairement ses caVactères normaux. Cependant je l'ai vu, dans quelques ras rares, combiné avec du pus qui ne semblait pas provenir d'un mélange opéré daus l'urètre; dans d'autres cas, il était accompagné de sang, se présentant hurtoat à l'état de combinaison intime, alors que, par exception , le corps dn testicule était affecté.

Maladie locale, et le plus ordinairement ii marche aiguë, l'épididymite peut exciter nne réaction générale fébrile, des sjmptèmes analogues à ceux des étranglements herniaires et des douleurs sympathiques des régions lombaires : le hoquet , les vomissements, les difficultés de défécation, de rémission de l'urine, et, dans quelques cas rares , la péritonite.

La résolution est U terminaison la plus ordinaire ; eUe se fait , dans les cas les pins compliqués, des parties superficielles aux pins profondes : le tissu cellnkiire sous-cutané se dégorge, la sérosité delà tunique vaginale disparaît, finduration du cordon cesse; et quand le corps du testicule a été pris , il peut s'atrophier, tandis que l'étiididyme reste induré ou se résout le dernier.

Quand la suppuration survient , elle a plus souvent lie^ dans le tissu cellulaire sovfcutaué, puis aux environs de l'épididyme, et enfin dans le corps même du testictole. Dès que le pus est réuni en foyer , si Te scrotum n'était pas déjà adhérent dans ce point , il ne tarde pas à le devenir; un cercle induré circonscrit le foyer au centre

DE LA GONORRHÉC. tU

symptômes est un écoulement de pus , elles sont dues a Tabsorption de ce pus, et quepar conséquent si l'écoulement est de nature vénérienne, elles doivent être également de nature vénérienne. Mais il ne faut pas trop se hâter de tirer une telle conclusion, car on sait que les ganglions lymphatiques se tuméfient quelquefois sous Tinfluence d'une irritation qui a son siège à Torigine des vaisseaux lymphatiques, dans des cas où aucune absorption ne peut avoir lieu. Il arrive souvent qu'ils se tuméfient et qu'ils deviennent douloureux au début de l'inflammation, avant qu'aucune suppuration se soit formée, et se résolvent au moment où la suppuration commence, parce qu'alors l'inflammation cède. J'ai vu, à la suite d'une piqûre du doigt avec une aiguille à coudre très-propre, survenir une raie rouge dans toute la longueur de Tavant-bras, une douleur le long du bord interne du muscle biceps , une tuméfaction du gai^lion lymphatique qui est situé au-dessus du condyle interne de l'humérus, ainsi que des glandes de l'aisselle, suivies immédiatement de nausées et de frissons; tous cet symptômes, cependant, se dissipèrent promptement. Ainsi donc, le sys-

doqael la 'flactiutioB se dessine et que coarre une peao pins lisse et d*nne teinte pins foncée qne celle des parties roisines. Le cercle indoré nettement dessiné , la différenca de teinte de la peau , et la fluctuation centrale , sont des signes qai empêchent da confondre Tabcès avec le testicule qn^on distingue cuvent dans le voisinage , o« avec l'mdème, les engorgements diffus, et surtout les simples épanchements de la tnniqna vaginale.

Dans les cas simples , le pronostic de Tepididymite blennorrliagique n^est pas grave, car la termiaaison est presqae toujours prompte et faenreuse , et cela surtout dans l'épididymite sympathique. L'épididymtte blennorrhagiqua n'est point une affeotioB TÎmleafte» et sa présence , à la suite d*une blennorrfaagie , n*indique en aucune façon qn*on ait il redouter les accidents da la syphilis. Quand la suppura tioa a lieu, le pua n'est pas susceptible de s*inocttler.

La gravité de cette maladie n*est qn*en raison de atê complications. Ainsi, ohes les scrofuleux, eUe peut être la cause a4jnvante du développement ou de révolution du sarcocèle tuberculeux, prisa tort, en AUematfne, pour nue conséquence spéciale delà bleonorrhagie réputée virulente; dans la diathèse cancéreuse, elle peut être suivie du cancer du testieule, et efaex les malades déjà affectés de syplnUs oonstitutionneUe^ devenir Foccasiou du sarcocèle syphiUtique proprement dit.

Quoi qu*U en soit, Tanatomie pathologique a confinué tout cei{ue Tobservatioir bien faite avait fait prévoir au Ut des malades. Dans les cas simples , comme je l*ai montré à TAcadémie royale de médecine, Tépididyme est seul affecté. Sur un sujet, les altérations de tissu (engorgement, injection sanguine, induration, suppuration de surlace ) s'étendaient de l'épididyme à la vésicule séminale, et de là an canal éjacnlatenr. rai trouvé la tunique vaginale avec ou sans liquide, présentant du pus ou de élusses membranes. Quand le testicule a offert des altérations, on voyait qu'eUes avaient commencé du cAtéde l'épididyme, et qu'elles consistaient, dans les cas simples, en un épaachement de lymphe plastique, ainsi que l'a si bien signalé Astley Cooper, avec compression ou annihilation plus ou moins complète des vaisseaux séminiferes, mais, dans tous les cas, avec perte absolue de la rénitence ou élasticité normale de l'orgaoe.

Des faits d'anatomie pathologique, analogues à ceux que j*ai reoueîliis, ont été présentés récemment, avec des explications systématiques différêulcs, par MM. Goa* saile, Eochouz, Valpeau, etc. P. &tcoAD.

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