‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 29 sur 88 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

lèma absorbant pouvant être affecté aussi bien par rirrîtation que par l'absorption du pus , on doit , dans tous les cas de maladies de ce système qui dépendent d'une lésion locale accompagnée de suppuration, avoir toujours en vue ces deux causes,' et s'efforcer de distinguer, s'il est possible, de laquelle des deux dérive la maladie actuelle. En effet, dans les afféettons du système lymphatique qui dépendent de l'irritation d'une surface par l'action d'un poison^ et principalement du poi5o» vénérien , il est très-important de savoir quelle est celle de ces deux causes qui a agi , puisqu'il arrive quelquefois , quoique rarement, que les glandes de Taine sont affectées dans la gonorrfaée simple, de manière à présenter l'appartnce d'un bubon commençant; mais je considère cette affection des giandes comme analogue au gonflement du testicule, c'est-à-dire, comme étant purement sympathique. La douleur que produisent ces engorgements glandulaires est très-peu intense en comparaison de celle qui est perçue dans les tumeurs véritablement vénériennes causées par l'absorption du pus, et ils supporent très- rarement. Mais les glandes lymphatiques peuvent ^en« gorger par suite de l'absorption du pus, dans le cours de la gonorrhée , et par conséquent l'engorgement est alors réellement syphilitique; ainsi, un tel cas étant possible, il faut toujours en soupçonner l'existence. Le gonflement des gland^ de Paine coïncidant quelquefois , de même que celui des testicules, avec la cessation de l'irritation du canal de l'urètre > oo a supposé que dans ces cas le pus était repoussé, en quelque sorte, dansées glandes par un traitement mal dirigé. Nous savons, d'après ks Motioiiaque nous possédons sur le système absorbant, que le pus peut suivre um tells vois y mais bous savons aussi qu'il n'exisie aneuH moyee connu de l'y pmtfêerf et en supposant même que la diose notis fût possible, on ne voit pas pourquoi il cesserait alors de se former du pus dans Turètre. Cette hypothèse ne rend donc point compte de la cessation de la sécrétion dupusdanscecanaî.

n est difficile de dire quelle est la nature de ces affections sympathiques. EUeis ne sont point vénériennes , puisqu'elles se dissipeat sousTiaftseacs du traitement ordinaire de ripflammalion, sans qu'oft aîA iscsuxs m mercure : j'ai vu, en effet, un cas où un gonfleBiSBt tsslteulsifs elles im maladô attsint de fosorrliés vésérieniis m tsrmina par serpptiratkm; d'après BBSS conssils , cette affection fot traitée comme une suppuration ordifiaii^ et la guérison s'en effisctua sans qu'on eût administré un seul grain de mercure. On ne peut pas non plus leà considérer comme véritablement inflammatoires , car elles présentent rarement les vrais caractères dé l'inflammation, tels que l'épaississement des tissus , la fièvre sjrmpto* matique » l'état couenneux du sang,etc. Le gonflement du testicule présente plusieurs phénomènes qui lui sont propres : il est souvent trèsHrapidsdsBS son accroissement, et comnoe il p'est pas lié à une dispoeitioB vér^aUe» ment iaflammatoire, l'inflammation n'a pas besoin d'autant de temps qu'à TordiiMirs pou se dissiper; et lors même qn'fl paraît plus Né à une ▼éfitabis action hrflammatoire , on remarque encore que la résolution de rinflammatioD et du gonflement s'opère plus rapidement ^ue quand ils

DE LÀ GONORRHÉE. m

déritent â*ane autre cause. La résolution d*un testicule tuméOé consécutiTement au traitement pour la cure radicale de rbjdrocèle exige plus dé semaines, après que Tinflammation a cédé, qu'il ne faut de jours pour celle du gonflement sympathique de cet organe. Il est probable que c'est parce que l'affection est sympathique que la résolution en est si rapide t car une inflammation qui a pour cause ube maladie idiopathiqoe de le partie enflammés, ou une lésion extérieure, comme dansThydroôèle, doit persister Jusqu'à ce que la maladie soit dissipée, ou que la lésion soit guérie* L'inflammation sympathique farie comme sa cause , et celled pevi se développer très-rapidement; aussi voil^on souvent un testicule se tuméfier dans l'espace de quelques minutes, et revenir à son vohime pri-» mitif en aussi peu de temps ^ de même le gonflement passe subitement d'un testicule à l'autre. Ces sympathies dépendent souvent de la constitU'* tion; elles peuvent même dépendre d'une constitution temporaire, aU point qu'elles se montrent quelquefois épidémiquement; l'atmosphère exerce souvent, en effet, sur le corps une influence qui le prédispose à cette espèce d'irritation , et alors, pour peu que la cause immédiate agisse^ refifok ne peut manqua d'être produit (*}*

f XIL Dm matadia de$ vais$9am hymphaUqms dam la gonorrhée* Un autre symptôme que Ton observe quelquefois dans la gonorrhée

(*) Sans 9ù.ttm ici daat \omà 1« déttik rtlatili aut Imboas ea général» et tor !«•« qaek nous rerieadrona pliu tard, qu'il mt soit peraiia d« signaler ee qua raxpériaaet et rexpérimentatioii m'ont appris.

EelatÎTenNat à la firéifiiinn da la Mi—ifflugii» la koW» qai paitf Taotompagner est très-rare.

IltaaéftWppslsiaoifsiiTMIsvdélalsI^eadatti k péfiods aigaë Jai éocmle- SMnts.

A moins qu'il n'arrive chez des personnes autrement disposées aux engorgements glandulaires, par le fait d'un tempéramaift IjApiiatiqaa o« des saralalas, il a peo de tendanae i suppurer, et sa résolution est ordinalreasant rapide.

Le plus ou moias d'inflammation et de douleur qui aecompagnent le bubon qua noua appellerions volontiers blennorrhagique, ne peut servir, eomme semble le pen* sar Hunter, à difîérancier le bubon d'absorption da bubon sympatbiqne. L'acuité da l'inflammation et de la douleur , la durée , le mode de terminaison et les inflnenees da traiteaient tiennent à des causes accessoires, iadiridnelles, at en dehon de la blen« norrfaagie, qui n'est point ici une cause spéoiflqne.

Le bubon qui accompagne la blennorrbagie n'aa jamms STphiUtiqne , eomme le croit Hunter, à moins qu'il n'esiste actaeUeoMat un efaanere dont il soU la conséquence*

Les engorgements glandulaires sartenus pendant le eoun d'une blennorrbagie, et qui se sont terminés par suppuration, n'ont junais fourni nu pus inoaulable; aussi dans ces circonstances on n'a jamais obsevré d*aechlen(s généranx consécntiCi, IVons ▼errons plus tard que les bubons, suite de l'absorption du pus da cbanere, a« «a qu'an appelle les bubons Tîmlants» ibarnlsMnt vu put qnfi peut fai^ours s'inaanie»>

Dans las cas aà on a eu un Téritable bubon riraient, aTue des symptSasea da Mw Borrliagia poor antécédents, c'est qu'il y arait on cbanere qoelqoe part.

P. ExooiD.

consiste dans la présence d'un cordon dur qui, partant du prépuce, occupe la face postérieure de la verge et souvent se dirige vers Tune des deux régions inguinales, dont les glandes lymphatiques sont affectées. Le plus souvent le prépuce est tuméfié dans le point où ce cordon prend son origine. Ce symptôme existe quelquefois lorsque le prépuce ou le gland présente des excoriations, ou est le siège d*un écoulement qu*on peut appeler une gonorrhée vénérienne de ces parties. Il y a tout lieu d'admettre que la tuméfaction de la région inguinale et le cordon dur dont il est question sont un effet de l'absorption du pus , et que c'est par conséquent le premier pas vers une infection générale. Mais comme la syphilis constitutionnelle survient rarement consécutivement à la gonorrhée , je ne m'en occuperai pas davantage id. Toutefois, je ferai remarquer qu'il résulte de ce que la syphilis constitutionnelle succède rarement à la gonorrhée, qu'une surface qui n'a point subi de perte de substance et qui n'est qu'enflammée, n'absorbe que difQcilement le*po£^it vénérien; de sorte que, bien <}ue le pus vénérien reste pendant plusieurs semaines en contact avec le canal, ou avec la totalité de la surface du gland. Il arrive rarement qu'il soit absorbé (*). J'ai vu le symptôme indiqué ci-dessus ise produire dans un cas où il s'était écoulé beaucoup de sang par l'urètre. Je supposai d'abord que l'absorption s'était faite dans le point où le vaisseau s'était rompu ; mais comme le symptôme en question se montre rarement, lors même qu'il y a eu des hémorragies abondantes, je suis porté à en conclure que les plaies sont aussi de mauvaises surfaces d'absorption, surtout quand je considère que peu de poisons morbides sont absorbés par des plaies.

S XIII. Résumé des divers symptômes de ta gonorrhée.

Il résulte de ce qui a été dit jusqu'à présent, que la variété des symptômes de la gonorrhée et les nuances qui les différencient dans les divers

(*) Ici M trouve le passage solvant dans Tédition de Home : « Un cas qni proare qne souvent ces cordons naissent d*ane excoriation et d*ane tuméfaction inflammatoires do prépuce, c*est celui d*on homme qui avait un chancre à droite, à la naisaance du prépuce, près du corps de la verge, et qui en outre était atteint d'une excoriation étendue à tout le prépuce, avec tuméfaction de cette partie. Quoique le ehancre fût do c6té droit , il j avait cependant le long du c6té gauche de la verge, nn cordon dur qui conduisait à une glande tuméfiée de Taine de âe c6té; or, Texcoriation occupait principalement le côté gauche. »

Cette explication de Hunter pourrait être fausse, attendu que nous voyons tous les jonrs des diancres d'un côté, donner lieo k des bubons du côté opposé, ce qui prouve que les lymphatiques croisent la ligne médiane, ainn que l'ont très-bien démontré dn reste les recherches anatomiqoes, et plus particulièrement celles de M. Huguier (*). '

Du reste, je suis tout à fait de l'avis de Hunter sous le rapport de la nature de ces cordons qui se forment sur le dos de la verge : ce sont de vériubles lymphites ou angéioleucites , et non des phlébites dorsales dans tons les cas, comme on a semblé le croire dans ces derniers temps. ' p, Rrooao.

(') ÂrcfaiTSS géoétêln d« oiédrdnr.

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cas, font presque îoflnies. Je tais inaiotenant faire la récapitQlatkm de quelques-ones des variétés les plus importantes et les plus communes.

L'écoulement se montre souvent sans douleur, et la manifestation de celle-ci n'a point d*époque fixe et déterminée api^ Tapparition de l'écoulement. Quelquefois la douleur est tout à fsiit nulle bien que Técou* lement soit très-abondant et de mauvais caractère. Souvent la douleur se dissipe quoique l'écoulement persiste, puis quelquefois elle se rq^roduit. Dans quelques cas, le malade perçoit pendant un temps très-long un prurit auquel la douleur succède quelquefois, mais qui souvent dure jusqu^à la 6n de la maladie. D'un autre côté, la douleur est souvent trèspénible et extrêmement vive, lors même que l'écoulement est peu abondant ou même nul. En général, l'inflammation n'occupe pas plus d'un ou deux pouces dans le canal de l'urètre à partir de son orifiee externe ; quelquefois elle envahit la totalité du canal et s'étend jusqu'à la vessie, et même jusqu'aux reins; dans plusieurs cas elle se propage à la substance des parois de l'urètre, ce qui produit une cordée. Les glandes de l'urètre s'enflamment et suppurent souvent; je soupçonne qu'il en est de même quelquefois pour les glandes de Cowper. Les parties voisines du siège de la maladie peuvent être affectées sjmpathiquement; tels sont les glandes de l'aine, les testicules, la région lombaire, le pubis , la partie . supérieure des cuisses, et les muscles abdominaux. Tan^t la maladie se manifeste très-peu de temps après l'application du poison , par exemple, dans l'espace de quelques heures; tentât elle n'apparaît qu'au bout de six semaines. Il arrive souvent qu'on ne peut déterminer si la maladie est vénérienne, ou si elle n'est constituée que par un écoulement accidentel dépendant de quelque cause inconnue.

Je crois devoir dire ici que j'ai vu un chancre situé sur le prépuce s'accompagner de douleur de l'urètit au moment de la sortie de l'urine, ce qui dépendait très-probablement d'une sympathie semblable à celle en Tcrtn de laquelle l'application du pus vénérien sur le gland produit un écoulement de l'urètre, ainsi qu'il a été dit ci-dessus. Si l'application du pus vénérien sur le gland peut déterminer un écoulement de l'urne, le même effet peut être produit par toute matière acre, quoique non vénérienne. L'écoulement que fournit le vagin , dans ce qu'on appelle les flueurs blanches, est quelquefois très-irritant, au point que les grandes lèvres et les cuisses en sont excoriées; le cas suivant prouve qu'il peut produire des effets semblables à ceux du pus vénérien.

M. et M"**** sont mariés depuis plus de vingt ans. M"**** a été affectée à différentes reprises, depuis plusieurs années, de flueurs blanches. Lorsque son mari a eu commerce avec elle pendant qu'elle était ainsi affectée, il en est résulté le plus souvent, mais pas toujours, une excoriation du gland et du prépuce, et un écoulement abondant de l'urètre accompagné d*unejégère douleur. Ordinairement ces symptômes persistent très-longtemps, soit qu'on les traite comme une gonorrbée, soit qu'on les considère comme un effet de l'atonie du canal.

Est-ce là un nouveau poUonf Ne limite-t-il ainsi ses effets que parce que

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f» BB LA CMMfORante.

le oomraeroe sexuel n'a lieu qu'entra ces deux penonnea? Qu'adfiendrattil si eette femme s'unissait avec d'autres hommes, et si ces hommes voyaient ensuite d'autces femmes? Dans tous les cas de ce genre que j'ai eu occasion d*observer, la maladie s'est toujours présentée sous la forme d'une gonorrhea; jamais elle n'a produit d'ulcérations aux parties génitales, et je ne sache pas qu'elle ait jamais donné naissance à une affection oonstitutionndle.

DE LÀ goiwrrhAs. m

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