‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 30 sur 88 · CHAPITRE IL DE LA GONORKBÉE CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL DE LA GONORKBÉE CHEZ LA FEMME

LorsqiM la maladie Ténérienne se présente sous forme de goacnvfaée diez la femme, elle n'est pas aussi compliquée que chex l'homme; les parties affectées sont plus simples et moins nombreuses. Mais il n'est pas aussi facile de la diagnostiquer, parce que les parties qui en sont comrou-' nément le siège chez la femme sont très-sujettes à une autre maladie qui ressemble à la gonorrhée et que Ton appelle ftueurs blaneh$$. Les signes distinctifB de ces deux maladies, s'il en existe, n'ont pas encore été «Ma* plétement déterminés. Un simple écoulement des parties génitales cbes la femme a moins de valeur comme preuve de l'existence d'une affection vép nérienne que l'écoulement le moins douloureux chex l'homme; aussi les ma* lades elles-mêmes n'accordenVelles que peu ou point d'attention à oe symp» tome, et l'on voit souvent le virus syphilitique se former dans ces parties san^ aucune augmentation de l'écoulement habituel. Les caractères da liquide n'aident en rien à distinguer les deux maladies l'une de l'autre, car il arrive souvent que la matière des flueurs blanches revêt toute l'appa* rence du pus vénérien; l'augmentation de l'écoulement n'est pas un meiK* leur signe distinctif ; il en est de même de la douleur et de toute autre sett^ sation partiouUère ayant son siège dans les parties affectées, qui ne soni point un symptôme nécessaire de la gonorrhée chez la femme.

L'aspect extérieur des parties ne fournit souvent que peu de renseigne^ pents; j'ai souvent examiné les parties génitales chez des femmes qui avouaient tous les symptômes de la maladie , tels que l'augmentation de l'écoulement, la douleur en urinant, la cuisson quand elles marchaient ou quand on les touchait, et je n'ai pu trouver aucune différrace entre oea parties et les mêmes parties à l'état sain. Dans les cas où il n'existe aucun symptôme appréciable à la malade elle-même, et dans ceux où la malade a intérêt à nier qu'elle éprouve des symptômes inaccoutumés , je ne volt pas d'autre moyen, pour établir un jugement, que de prendre en considération les circonstances qui ont précédé ou accompagné l'apparition de l'écoulement, comme lorsque la malade a eu des connexions avec des hommes qu*on soupçonne infectés, ou lorsqu'elle a pu communiquer Tkifection ; mais cette dernière circonstance étant fondée sur le témoignage d'une autre personne , on ne peut pas toujours y avoir confiance , pour dea liaisons très-évidentes. Ainsi une femme peut être atteinte de cette forme 4e la maladie vénérieuie aans en avoir connaissance , et sans que le chirur»

î»l DE LA GONORRHÉE.

gien puisse constater Texistence de cette maladie, même à Texamen des

parties.

Il peut paraître très-extraordinaire qu'une maladie qui est si violente et si bien caractérisée chez l'bonMne soit si obscure chez la femme; mais on se rend compte jusqu'à un certain point de cette différence, quand on réfléchit que les effets ûixpoison vénérien dépendent en général de la nature des parties affectées.

Lorsqu'on fait attention à la manière dont les femmes contractent cette maladie , on voit évidemment qu'elle doit attaquer principalement le vagin , partie qui est douée de peu de sensibilité et à laquelle il a été départi peu d'action. Tant que la gonorrhée est limitée au vagin, elle peut être assimilée à la mégie affection occupant le gland cliez l'homme. Mais, dans beaucoup de cas, elle s'étend hors du vagin; alors elle donne naissance à des sensations pénibles , et produit une cuisson très-vive dans toutes les parties qui sont le siège d'une sensibilité spéciale, comme la partie interne des grandes lèvres, les nymphes, le clitoris, les caroncules myrtiformes, et l'orifice du canal de l'urètre qui est souvent affecté dans toute sa longueur. Quelquefois ces parties sont si douloureuses, qu'on ne peut pas même les touclier ; la malade ne marche qu'avec peine; la douleur est trèsvive quand l'urine traverse le canal de l'urètre et quand elle se met en contact av^ les parties indiquées, ce qui ne peut guère être évité. Ces symptômes ne présentent pas beaucoup plus d'intensité à une époque qu'à une autre, si ce n'est au moment de la sortie de l'urine, surtout dans les cas où le canal de l'urètre participe à la maladie. En effet, les parties génitales de la femme ne sont point exposées aux mêmes changements que celles de l'homme, de sorte que l'accroissement d'irritation qui est dé- .terminé par ces changements doit nécessairement être beaucoup moindre chez elle. Chez l'homme, au contraire, l'urètre, qui est le siège le plus ordinaire de la gonorrhée, jouit d'une grande sensibilité, est susceptible d'une inflammation intense, est souvent distendu par un liquide irritant, et les tiraillements que subissent le corp&de la verge, l'urètre et le gland dans les érections , déterminent toujours une exaspération des symptômes et surtout de ta douleur.

Mais la maladie qui nous occupe attaque fréquemment des parties plus sensibles et plus susceptibles d'inflammation que le vagin , ainsi que je l'ai fait remarquer, et alors il se développe chez la femme des symptômes à peu près semblables à ceux qu'on observe chez l'homme, tels sont : une sensation de plénitude dans les parties génitales, analogue à celle qui est produite par l'inflammation des amygdales, un écoulement fourni par l'urètre , une douleur vive en urinant , et un malaise très-pénible déterminé par la compression des parties affectées, dans l'attitude assise.

Quelquefois la vessie s'affecte sympathiquement , ce qui donne naissance aux mêmes symptômes que chez l'homme; et il est probable que l'irritation peut se communiquer même jusqu'aux reins. On a affirmé que les ovaires s'affectent quelquefois de la même manière que les testicules chez l'homme. Je n'ai jamais rien vu de semblable, et je doute fort que'ce fait

DE LA. ^ÎONORlUBntB. nt

ait jamais été obsénré. On ne voit point, en effet, dani les autres roaladiea des mêmes organes, que les ovaires entrent en sympathie ^ ou du moins qu*ils manifestent des S3nfnptômes qui nous permettent de constater qu'ils sympathisent. Toutefois, le cas suivant prouve qu'on observe de temptf en temps dès symptômes extraordinaires.

Chez une dame qui présentait tous les signés d'une gonorrhée véné* Tienne, écoulement, douleur en urinant, envies fréquentes ou plutdt continuelles d'uriner, et pesanteur alhint presque jusqu'à la douleur dans la région lombaire et dans les hanches, le symptôme extraordinaire consistait dans une disposition venteuse très-remarquable de Testomac et des intestins. Ce dernier symptôme dépendait probablement d'une sympathie avec l'utérus; il est donc possible qu'il se manifeste des sympathies semblables avec les ovaires.

Linflammation pénètre souvent phis loin que la surface des parties affectées; elle se propage fréquemment le long des conduits excréteurs des glandes, et envahit les glandes elles-mêmes de manière à produire, audessous de la membrane muqueuse qui tapisse la face interne des grandes lèvres, des tumeurs dures qui suppurent quelquefois , et forment de petits abcès qui s'ouvrent auprès de Forifice du vagin. Ces inflammations et ces suppurations sont semblables à celles qui ont leur siège dans les glandes de l'urètre chez l'homme. La différence des surfaces ou des parties que la maladie attaque ne change point la nature de la maladie; sous ce rapport, il importe peu que la surface malade soit large ou peu étendue; mais les parties ont plus de susceptibilité pour cette espèce d'irritation dans un cas que datis l'autre, et la méthode de traitement peut être plus compliquée.

Il arrive quelquefois que le pus vénérien sortant du vagin s'écoule le long du périnée et arrive jusqu'à l'anus, oiï il produit une gonorrhée ou dei chancres.

Il m'est impossible de dire d'une manière positive si la gonorrhée peut^ se guérir d'elle-même chez la femme conune chez l'homme; mais je suis porté à le croire, car j'ai connu plusieurs femmes qui ont été délivrées d'une violente gonorrhée sans avoir fait usage d'aucun moyen curatif. D'ailleurs, cette opinion est corroborée par le grand nombre de méthodes diverses que l'on emploie contre cette maladie, et qui ne peuvent être toutes également efficaces, bien que les malades guérissent sous leur influence. Une drconstance très-curieuse, c'est qu'il paraît que la maladie peut se continuer dans le vagin pendant des années; an moins, Il y a tout lieu de le penser, si l'on peut s'en rapporter au témoignage des malades. Cette tendance de la gonorrhée à se continuer longtemps , sans s'épuiser comme elle le fait chez l'homme, dépend probablement de ce qu'elle est moins violente dans le vagin que dans l'urètre de l'homme (*).

(*) Le pisuge snirint te troure ici dans l*édition de Home : « Le fait qa*oa ra lire et qui concerne une femme chez laqneUe tons les symptôme* de la gonorrhée se &ont manifestés immédiatement après le coït, montre arec quelle promptitude la maladie êe'déreloppe dans certains cas. Cette observation, rédigée par le médecin ordinaire de 1« maHUdt, m'a été enroyée de Bath, afin que Je donnaaM mon opinion.

Ué DB Là GOROIUIHÉS.

Des moyens à Fatde desquels on peut s^assurer de texistenee de la gonotrkée che!^ la femme.

On pmit danMnder qtMllea sont, les preuves de rezistenoe d'une go* norrhée chez une femme, quand celte femme n'a pas la conscience

« Umûmmb ***, êB MBttitatba détieate, â9 stonbUité trèfl-TiT«> «fnt U iytl>— tierrfwc fmttémêwntmt Irriteble, a jdw géftéralfsmt d*iiB« bonne saaté jiMqn*à st 9»- Mie aotneUt qnis'cst BMUilfMtée d« U manière MÛTante : le lendemain do jonr de «on Biariage elle m plaignit d'une Tire doolenr et d*ane grande toméfaotion anx partiee externef de la génération; Témiasion de Vnrine était di(Bcile et doalonreoae. On considéra ces symptômes comme la conséquence naturelle des premières relations sexnellei^ et la malade royagea toute la journée, bien qu*elle éprourât de Tires douleurs. Le matin suiraot, tous les symptômes s^étaient aggrarés et les parties génitales étaient le siège d*nn éeoalement abondant. Elle arrira daos cet état à Bath , an bout de quelques jours, et je fus eonsnlté. Je U tronrai en proie à la plus rire anxiété , car son ■làri lui arait dit que des symptMnes qu*il éprouvait lai-méme lui faisaieqt craindre que cette alfeotion ne fAt rénéiiennei II m'apprit, en effet, que quelques mois anpayaTant il avait eu nn éconlement de Turètre accompagné de chaleur en urinant} qu^ «'était confié aux soins d'ni| chirurgien de la campagne, qui lui arait assuré que sa maladie n'était pas rénérieone ; que, se fiant à cette assurance, il s'était marié, ne doutant pas que sa sapté ne fût intacte, à cela près d*nne blennorrhée insignifiante qui durait encore. Il ajouta que daus ses rapports arec sa femme il n'arait pu pénétrer à cause de i'étroitesse naturelle des parties, et que dans les tentadres qu*il avait faites elle avait accusé beaucoup de douleur et qn*il B*était écoulé du sang. En examinant •a chemise, j*y trouvai quelques traces d'eoonlement ; il éprouvait encore de la chaleur en urinant. Comme lee femmes ne sont pas ai fiMnlement infectées que les hommes par If poito» rénérien-, je peniai d'abord que tous lea symptôme» éprouvés par cette dame pouvaient bien n'être que le résultat 4*viie prefniére conneiion suivie d'un voyagf long et rapide en voiture. Cest pourquoi je prescriris une potion laxative et des fo« ipentationa sur les parties avec une décoction de tètes de pavots dans nn mélange d'eau et de lait, suivies de l'application d'un cataplasme de mie de pain et de lait. Voyant que l'emploi de ces moyens n'avait aucun bon résultat, j'explorai les parties malades, et je reconnus un écoulement purulent très-abondant qui était fourni principalement par l'urètre, dont l'orifice était considérablement tuméfié et enflammé, ainsi que les conduits des glandes de ofaaqne côté de Tnrètre. U ne paraissait pas qu'aucun écoulement t^t funrni par le vagin. On voyait encore la membrane hymen entière; elle était résistante et chamne. hm laonnes appartenant aux glandes de Cowptr d« chaque côté étaient très-enflammées , et il y avait sur un des côtés de l'h3fmen une petite tomenr dure qui ensuite suppura. U n'y avait aucune apparence de maladie sor toute la surface des grandes et des petites lèvres. L'affection fut considérée comme vénérienne, et je prescrivis un traitement mercnriel qoi fut suivi pendant quelque temps. L'abcès indiqué ci-dessns s'ouvrit; la bouche devint un peu douloureuse. A cette époque, les symptômes s'étaient tellement amendés, qu'on ne pouvait plus douter d'une prompte et heureuse terminaison de la maladie, lorsque la jeune dame fut prise d'une diarrhée très-violente qui fut diwipée avec beaucoup de peine. On abandonna alors toute préparation mercurieUe. Les premiers symptômes empirèrent; l'ardeur causée par, l'urine augmenta et s'étendit jusqu!à la vessie, ainsi qu'on pouvait en juger à la persistance de la douleur pendant une on deux heures après que la malade avait uriné. On fit alors des friçtioM «vçç im9 dmchme 4'ongucat marcvriel snr las corneilles

DB LA <H»ÛliratE. ttS

é'mi mqI des qrsiptAaiei da celle ^ maladie, el qv'aiicafa tigM matériel B» ae présente à l'exploration du chirurgien. Dana une telle oeourrenee , 'la seule base sur laquelle nous puiuiens asseoir noire jugement, e^eit le témoignage des luHnmes que nous considérons oonune dignes de foi. Si un bomoie véridique affirme qu'il a contracté la maladie avec une fjsmme qui se trou?e dans cette condition, et qu'il n'a eu eonmerce a?ec aucune autre £anme depuis plusieurs mois, il est raisonnable d'attribuer son afEsction à la cause qu'il lui assigne; et la chose est mise bon de donle si la même femme eemmuniqae la maladie de la mime manière à plus d'un homme. IjC cas où Ton voit une femme donner la maladie à deux honames alternativement, à un intervalle d'une année phaquefoisC*), ee qni ftit supposer que la Qialadie a duré au moins deux ans, prouve que la transmission de oetle dernière est presque le seul moyen certain

grandM l«vrM et U partit iatama d« U tsIto. ÏHmê ce tenps , il te tovÊU va aeeend 9ib$H è pe« pv^ 4aiu le iiflme endroit que le premeri ee seeond eboèi fmt ovreyt Urec U Umoetie» ce qui produisit beeqooap de ftoulefeoieiit. L*ardeur de Furiqe ditpemt en grande partie, mai« Téconlement de Turètre resta «ns«i alxtndant ^*aapar«- ▼ant. lies frictions piercurielles forent continuées largement pendant la dcatrisatioii de Fabcès, et la bonche s*4tant affectée considérablement, on les suspendit pendant qne^ne temps; mais bientôt après , Torifice de Turètre se tuméfia et s*enflamma Tirement, Téconlement augment» et le ragin en fournit un semblable. Je prescrÎTis deux on trois fois pdr jo«B nue ipjeetioa df mercure om broyé sveo dïi mncilage de ynne anbique jiuqn'à tstinctipn et mêlé «rea de Teau, JA malade aTtil toijenrs ffiê pe«r boisspn babit9el|e ^^ê énulsioo d*anaodes «Teo de la gooMie «rabiqee» 4piu f9e Iweit nu nsuge abondant, fille reprit comme ptécédenunent les ftiotknu, qtk de tnvpf en tempi Mndirent «a bonobe evtr^mevent malade.

m Maintenant la maladie dure depuis près de flinq mois. I^es règles n»t trngoni» p«pn régnlièreinent. A le denièrq épnqoe menstruelle, la malade était délivrée de lente donlenn um éennlenient était moin« «bendant qnll aWait jamaia été}usq«'aloi«, et eUf resta sens eouffranee pendent tonte eette époqnei mais peu de temps aprée la cessation des règles , Tardeur de Turine repemt avec nne novveUe violence, se faisant feseentir pendant nne benre on denv sans aneune diminution s Torifiee de Furètre se tnméia de nonreau comme «uperaTant. L'écoulement du vagia est resté le même; il s*y estigenté une douleur laneinante qui se reproduit souvent dans la journée, etquitr»verse ce nanal et les parties a^iaoentes dans toutes les directions, le ne rencontre naenne tuméfaction anaii loin qae le doigt peut atteindre, et la pression ne cauee de douleur dans aucune direction. Convaincu que le virus vénérien doit être maintenant eemplétement aentvalisé, j'ai snppnmé les préperations mereurielles; la malade fah seulement des injections avec de Topium dissous dans une légère solution d*amidon, et de temps en temps elle se purge avec un peu d*bnile de ricin. Chaque retour de Fardeor 'd*urine est aocompagné d*une série de phénomènes nerveux et hystériques trè^ pénibles, et d'un grand abattement moral; la douleur est, en général, plus violente la nuit que le jour, bien que la malade prenne nne quantité énorme de boissons dé* làyantee avec de la gomme aralnque, de U pondre de gomme adragant composée, etc. , et qu'elle ait fait nn fréquent usage des opiacés. Ces derniers médicaments ont certainement proenré du soulagement} mais comme ils augmentent toujours les phénomènes nerveoz, die est estrémcnent fatiguée par leur emploi. »

(*) r«>rw page aoi.

M6 BE LA GONOKKHÉE.'

d'en oonttater la préfaoee. Le cat de la jeone femme de rbdpHa! de k Madeleine confirme aussi cette opinion (*). Cependant cela ne constitoe point une preuve absolue. En dTet, il peut arn ver qu'une femme saine 8*unisse avec un bqmme atteint de gonorrhée ou de chancres, et que peu de temps après, c'est-à-dire, dans les vingt-quatre heures, elle ait oommeree avec un homme bien portant. Il est très^possible, dans un tel cas, que ce dernier reçoive Tinfection par le contact du pus qui a été déposé dans le vagin par Thomme infecté , et que pourtant la femme ne contracte pas la maladie, parce que le pus aura été emporté par le lavage avant d'avoir irrité le vagin; or, la femme pourra être soupçonnée, en apparence avec beaucoup de raison , d'être atteinte d'une gonorrhée. La répétition de cette circonstance peut faire qu'une femme paraisse atteinte de la maladie pendant des années, bien qu'en réalité elle ne l'ait point. D'un autre côté, j'ai vu un bubon survehir chez une femme qui jusque-là n'avait rien éprouvé qui pût lui faire croire qu'elle fût malade; on pourrait penser que c'est là une preuve absolue qu'il peut exister une gonorrhée sans que la malade en ait connaissance. Mais ce fait lui-même peut devenir une cause d'erreur; en effet, du pus vénérien déposé dans le vagin par un homme infecté, peut avoir été absorbé^ sans avoir produit aucune irritation locale (**).

(*) f'ofts page tM. * •

('*) Let trois deraièrcf phratet ont été omises dans Téditioii de Home.

Ainsi qn'oo peot s*en assurer par ce qn*ea ont dit les deranciert de Hunter, Hunter loi-méme, et cenx qui ont suiri ce grand mattre, Tétode de la blennorrbagie clieB la femme avait dà rester incomplète et enveloppée de bien des mystères, jusqu'au moment où l'emploi du spéculum m'a permis de mieux apprécier nue foule de drconttances imporuntes qui s'y rattachent

!• Du siégé. La blennorrbagie peut affecter la TuWe. l'urètre, le vagin, rntémt, isolément ou bien tonte* ces parties à la fois, ou encore donner lieu à différentes combinaisons, telles que la tuItc et Turètre en même temps, ou ces parties et le vagin seulement, eto., ce qui constitue autant de variétés.

a" Fréquence par rapport au siège, i" Le vagin, a* l'urètre, 3* la vulve, 4* l'utérus. Dans les cas de combinaisons : lo la Tulve, l'urètre et le vagin en même temps; ft* le vagin et l'utérus concurremment; 3** la vulve , Furètre , le vagin et l'utérus à la fois.

3** Propagation. S'étend du ragin aux parties voisines. La maladie^ marcbe aussi des parties supesficielles et extérieures anx parties profondes, qui s'affectent les dernières et qui sont les plus difficiles à guérir.

4* Déèui. Difficile à bien apprécier ches les femmes, à cause d'éconlemenU antérieurs qui peuvent exister.

5* Altérations de tissu. Rongeurs simples, ciroonserites ou générales; tuméfactions plus ou moins prononcées; érosions et ulcérations offrant les mêmes Tariétés que dans la balanite et l'urétrite chez l'homme. Les follicules du vagin sont souvent trèsdéveloppés et donnent un aspect granulé, boutonneux, qui m'avait fait donner à cette variété le nom de psorél^trie. Le col de Tutérns présente souvent au museau de tanche des ulcérations granulées. Ces granulations, qui ressemblent aux bourgeons charnus en général, et ii celles qui se montrent sur certmnes surfaces de vésicaloire, ou aux granulations qu'on rencontre sur d'autres moqueuses eniatooié^, peuvent persister très-longtemps ; eUes sont ordinairement mal circonscrites, et peuvent, quoi qu'on en ait dit, occuper indiiféremipeiit les deax lèvres de l'orifice do col utérin , ou iiler même

D£ LA GONORRHÉE. ttl

dans \êl caTÎté de edoi-oL II &'Mt pM trètrart d« Toir pacMr cm granaklioDt à l*«tat de Tértublea végéUtidOA.

Cet granulatioiis ne sont pas forcément, Gomme Tont présumé qnelqnes obserrateurs saperficicls , la eonsé<|nence de telle inflammation spécifiqne plutôt que de telle autre.

G" Symptômes. Tous ceux des inflammations catarrhales avec des différences seulement dues au siège : ainsi, pour Turètre, douleur en urinant ; pour la tuItc, douleur dans les frottements, dans la marche, tension, souvent prurit incommode, désirs ▼éaériens quelquefois accrus; pour la ruWe et le vagin , douleur dans la copulation; pour l'utérus, quelquefois des symptômes de métrite, toi^ours ceux du catarrbe utérin.

— ÉeoaUment. Muqueux au début, il devient bientôt purulent; puis à l'état cbraniqne, ou vers la fin, il est souvent lactescent ou crémeux. Sanguinolent, dans les drconstances analogues à celles que j*ai signalées chez Tliomme; il faut tenir compte du mélange que peuvent lui fournir les menstrues. Liquide, sans adhérence, pour l'urètre, la vulve et le vagin , il est visqueux, en flocons, ou sous forme de glaires, comme des blancs d'oeufs , lorsqu'il est fourni par Tutérus. Alcalin , pour la vulve , l'urètre et l'utérus , tandis qu'il est acide pour le vagifi, il peut avoir une odeur plus ou- moins pronpucée et qui se rapproche de celle de certains poissons en^tat de décomposition pvtride» oo prendre mémo dans les profondeurs du vagin celle très-pronoueée de l*bjdrogène sulfuré.

7* Complieaiionsu Inflammations phlegmonenses voisines, se terminant fréquemment à l'état aigu par des abcès dans Pépaissenr des lèvres de la vulve. Des chancres extérieurs on cachés dans le vagin, dans Tarètre, sur le col et dans la cavité du col, peuvent coexister , et c'est dans ces cas seulement que la matière, en apparence blennorrhagique, peut propager des chancres, en coulant sur l'anus ou sur les parties voisines, on bien encore en communiquer aux personnes qui s'exposeraient à l'infection.

Les ovaires peuvent s'affecter comme les épididymes chei l'homme. Ce que Hunter n'ose ni nier ni admettre d'une manière absolue, j'ai eu l'occasion de Tobserver, et quand on voudra s'en donner U^peine, on l'observera encore asscs souvent pour s'en 'convaincre.

Je rappellerai les deux observations snivanles :

Une première malade, couchée au n* 4 de la seconde salle des femmes de mon service, âgée de trente-deux ans, affectée d'une blenuorrhagîe urétro*géniiale très* aigué, fut prise tout à coup de tension dans la fosse iliaque du côté gauche. Le toucher, qui faisait bien sentir la tuméfaction, occasionnait beaucoup de douleur et permettait d'7 apprécier une augmentation de température ; il survint des nausées et un mouvement fébrile, avec plénitude du pouls.

La malade restait couchée sur le dos; et, de préférence, inclinée du côté gauche, les cuisses un peu fléchies sur le bassin. L'écoulement de l'urètre et des parties génitales avait presque entièrement disparu. En touchant par le vagin, voici ce que je pua constater ; la pression du col utérin par le doigt indicateur n'était pas douloureuse, tandis qu'on déterminait de la douleur lorsque le doigt , placé sur le côté gauche de la matrice, tendait à refouler l'organe vers la fosse iliaque droite, en faisant éprouver une sorte de tension au ligament large gauche ; la même manœuvre exercée de l'autre côté, afin de compjirer, ne produisait presque pas de gène; la défécation, l'émission de l'urine et en général tous les mouvements abdominaux, étaient pénibles. Ces symptômes , combattus par les antipblogistiques , disparurent vers le douzième jour , et à mesure qu^ls perdaient de leur intensité , l'écoulement tedevenait de plus en plus abondant; quand tout à coup , l'écoulement diminuant de nouveau, la même sérit. de pbeAomeaft se manifesta » mais cette fois du côté droit.

Nt Ok LiL GO!IORRB*B.

Cftfis I aa B* 9 de U prtmièrv nll« det lamM. lat élètat q«l iultMl n«t lafOM cliniques ont pu consUltr un cas à pen près semblable à celti q«e j« Tiens de rap^ porUr ; tonlcfois, dans «ette seconde observatioB. le o6U ganebe a seul été affeeté.

Les bubons sont tres-raresf ils ne st montrent guère qnt lorsqne Turètre est alïeeté.

8** Marche. Aigoè an début, avec une grande tendance à Tétat cbronique^ formé sons laquelle elle peut même débuter.

9^ Durée. Rarement courte, sou Vent âadéfinie.

io° Têrmimtisons, Barement spontanée , la guériion de la bleauorrbagie est le plut •••Tent due à des médications oonrenables. Il est cependant des cii«onstanees nom* brensea dans lesquelles, pent «être à eaase 'de llnsoneianee des femmes, bien différentes en cela des hommes, on serait porté à croire à une véritable incnrabilité, qvt •e dissimule alors sons le nom si eomasode et si banal de ftneuft blanches.

Il** Causes, De tout ee qui précède, ptntK>n cooelnre à FAîstence d*lllle eantè spéciale distincte ? Je ne reriendrai pas sur ee que j*ai dit autre patt. Qa*Ott s*en son* Tienne et qn'on ajoute aux raisons déjà émises ce qne dh encore Hunter dans ce dMpitre, et on restera conraincn que des canses difTéreates pettTcnt produire des effets analogues à cenx qu'on a crus caractéristiques de Taction d'un TÎms pafticttlier.

19** DiagnosHe, &ics, si ce n*eft la présence d*nB chandre e1 de ses eanséqttences , ne peut établir d'nne manière absolue ee qne Fetronine appelait h/emme gâtée.

Les signes de Gault^ Charletoa , Tan Swieteni de Graff, qui placent le siège deh blennorrhsgie aux euTirons du méat nrinaire chez la femme, ne signUent rten, comme nons TaTons prouTé*

La cessation de Téconlement biennorrbagiqn* pendant les règleif «Mdb qne 1« leucorrhée pent continner, eomase le pensaient Jean Temel, Liebeuh,lfef««tae, ete.» signe que BagUri regardait eemme infaiim>le, est lont aussi iUnstfire (*).

La douleur qui n'aeeompagne pas la leéeenbée sniTsat Piael, celle qu^oa tent p«a« dant renMSMOw de 1* urine sek» Gharkle»^ n*ont pas pina de Talenf que lés tadiet Manebâtres et cnirrenses et k teinte ronge pAle bidiqnées par M. Rlebemd.

Nens snTCOs encore k quoi nens en tenir, d^prèi ee qne f ai At plus baut, star tt Talenf des idiésniiQaa de tisen» ponr kegneUes M* Legn ww est uempléteflient de moÊL avis.

Quant à la contagion de récoulemeÉ* ekei In ftnvt iMHÉe diek rhOfe, «De dépend plntAtdesa nitnreàere irritairteq«e de lento antre cheee, etMsanmiC conduire è aucune onndnslen tigenreusew

Enfin, si nous nous en rapportons à Fige, nnx piéseiupUons morales et anX antéeé* dents, comme le ftit si bien rcasarquer M. Golombat, nons restoo» dans nncertitude reprochée mal à propos à Cuttericr; car» qneMea que soient les eanses, les pléno« mènes produits sont identiques.

On ne peut done constater, à l'aide dea sigaPM qui précèdent, qne les diffllreiites Tariétés des iuflammatioas réputées blennoniiagiqnes ehea les femmes , sans aller plm loin quant à la coanaissaaoe de lacanae^mais dans tous les et* on distinguera , comme je Pai fait, là blennorrbagie dn ehancre à Paide du spéculum ou de Finoeulation.

Un fsit que je dois signaler, en ne lut accordant que le degré d^importanoe qu'A mériter o*est qne dans tena les cas où j*ai rencentré une blennorrbagie nrétrale, Ici lemmes conrenaient qne l'écoulememlenr aTait été communiqué, on qu'au moins cQei s'y étaient ex|>osées. ■ ' P. Ricoav.

(*) TnâiétUs m9ladt0t tUs ftmaut, par M. Colombst de l'Itère, x83l.

DE LA oommuiiÉB.

Page 1