DES EFFETS DE LA GONORRHÉE SUR LA CONSTITUTION DANS LES DEUX SEXES
La maladie que je viens de décrire chez l'homme et chez la femme , est locale et limitée le plus souvent à lajmrtie affectée; cependant il arrive quelquefois que toute la constitution est plus ou moins affectée par die. Ainsi , quelques malades éprouvent de légers frissons avant qu'il se soit formé du pus sur les surfaces malades ; des frissons sont plus intenses quand la suppuration est lente à s'établir que lorsqu'elle survient promptement. Un homme qui contracta la maladie deux fois en a offert un exemple remarquable (*). Il m'assura que la première fois il s'était écoulé six semaines entre la manifestation de la maladie et les dernières relations sexuelles aujcquelles il se fût livré auparavant, et que, pendant la plus grande partie de ce temps, il avait été fréquemment tourmenté par de légers frissons, accompagnés de fièvre peu forte et d'agitation, symptômes auxquels il ne pouvait assigner aucune cause, et qui ne furent point amendés par les moyens thérapeutiques usités en pareil cas. La gonorrhée qui survint ^t violente, et après son apparition les symptômes précurseurs disparurent, ce qui ne me laissa àucuh doute sur la cause de ces derniers. La seconde fois, il s'écoula un mois depuis le moment de l'infection jusqu'au développement de la gonorrhée, et pendant une grande partie de ce temps le malade fut en proie aux mêmes symptômes que ci-dessiis, qui se dissipèrent comme la première fois quand l'écoulement s'établit. On peut considérer ces symptômes comme constituant une sorte de fièvre de suppuration, et peut-être ont-ils lieu souvent dans la maladie qui nous occupe; mais l'inflammation étant peu intense, et par conséquent la fièvre très-légèti^ les malades y font en général peu d'attention. Le malade que je viens de citer, ne se doutant nullement la première fois de ce qui le menaçait, eut commerce avec sa femme; aussi, quand la maladie se développa, eut-il la crainte de la lui avoir communiquée; mais elle n'éprouva jamais aucun symptôme suspect, ce qui est puissamment en faveur du principe que j'ai établi plus haut, savoir, que la maladie ne peut être conoununiquée que par le pus.
Ces sympathies constitutionnelles qui ont pour point de départ une maladie spécifique , sont les mêmes, quelle que soit la maladie primitive : ce sont les effets sympathiques de l'irritation ou d'une violence quelcon-
(*) Ce CM a été mtiitioiuié page 90u
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que; et il est probable que toutes les sympathies éloignées se ressemblent, au moins sous ce rapport, car si elles étaient semblables à leur cause, elles produiraient très-probablement dans la constitution une maladie de^ même nature que celle qui leur a donné naissance (*}•
(*) Ce que Hunter dit ici des effets de la gonorrh^ suHla constitatton dent les devx sexes, est de U plus grande justesse et conforme à TobserTation rigoureuse. Ce sont des raisons de plus qui font de la blennorrhagie et dn chancre deux affections abso- Inment différentes. P. Riooed.
DE LA GO»QREIIÉ£. Ui