‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 32 sur 88 · TRAITEBÎENT DE LA GONORRHÉE · texte numérisé non relu

TRAITEBÎENT DE LA GONORRHÉE

L'idée générale que je me suis efforcé de donner de la maladie vénérienne, c'est qu'elle provient toujours de la même cause morbide, sous quelque forme qu'elle se présente. On pourrait conclure de là que, puisque nous avons un spécifique pour quelques-unes des formes de la maladie, ce spécifique doit être un moyen thérapeutique sûr contre toutes les autres; et que, par conséquent, il ne doit pas être difficile de guérir la maladie quand elle se manifeste sous forme d'inflammation et de suppuration , et qu'elle a pour siège la surface sécrétante d'un des conduits du corps. Mais l'expérience nous apprend que de toutes les formes de la maladie vénérienne la gonorrhée est celle qui varie le plus sous l'influence des agents thérapeutiques, et qui offre le plus d'incertitude quant à sa guérison; en effet, plusieurs cas se terminent dans l'espace de huit jours, tandis que d'autres, traités de la même manière , persistent pendant des mois.

La seule indication curative est de détruire la disposition et le mode spécifique d'action qui ont leur siège dans les tissus des organes malades; en produisant cette modification , on fera disparaître les propriétés virulentes de la matière sécrétée. On obtiendra ainsi la guérison de la maladie, mais pas toujours celle de ses effets consécutifs.

J'ai déjà dit que la forme de la maladie vénérienne qui nous occupe ne peut se perpétuer au delà d'un certain temps dans aucune constitution, et que lorsqu'elle se montre très-intense ou qu'elle dure trèslongtemps , cela vient de ce que les parties ont une grande susceptibilité pour cette espèce d'irritation et la retiennent avec facilité. Comme il n'existe aucun spécifique contre la gonorrhée, il est heureux que le temps seul suffise pour en amener la guérison, et l'on peut établir comme règle générale, que toutes les inflammations de cette espèce cessent d'ellesmêmes. Toutefois, bien que cette proposition ne paraisse admettre que peu d'exceptions, il importe de rechercher si l'usage des médicaments peut être de quelque utilité dans la gonorrhée. Je suis porté à croire qu'ils ne servent que dans un très-petit nombre de cas, peut-être pas une fois sur dix. Cependant , ce serait une chose assez importante que d^ pouvoir distinguer les cas où ils peuvent être efGcaces de ceux où ils ne doivent point l'être. D'après cette idée, que toute gonorrhée se guérit d'ellemême , j'ai donné à plusieurs malades des pilules de mie de pain qui ont été prises très-régulièrement. Ces malades ont toujours été très- II. i6

bieo; mais quelques-uns d'entre eux ne se sont pas guéris aussi prompte* ment que si l*on eût employé les méthodes artificielles de traitement.

Les méthodes thérapeutiques qui ont été préconisées jusqu'à présent, et qui sont encore suivies par les divers praticiens, sont de deux espèces; elles consistent soit dans des médicaments pris à l'intérieur, soit dans des applications locales. Mais, quelle que soit celle de ces deux voies par laquelle on attaque la maladie, il faut toujours accorder moins d'attention à la maladie elle-même qu'à la nature de la constitution , ou aux maladies conootmtantes, qui peuvent avoir leur siège dans les parties intéressées ou dans les organes qui sont en connexion avec elles.

Cest surtout par les efMs locaux de la gonorrhée qu'on connaîtra la nature de la constitution. En effet , les symptômes focaux du virus gonorrhéique sont si différents chez les différents sujets, qu'ils exigent leâ moyens de traitenœnt les plus divers. C'est une circonstance à laquelle on a fait trop peu d'attention ; chaque pathologiste s'est efforcé d^attaquer les symptômes immédiats, comme s'il possédait un spécifique pour la gonorrhée.

La première chose que l'on doive prendre en considération , c'est ik nature de l'inflanmiation , c'est-à-dire , qu'il faut rechercher si el^e est viotente ou peu intense, si c'est une inflammation commune ou une inflammation irritative. Lors même que ces circonstances ont été déterminées, la care de la maladie n'est pas toujours en notre pouvoir; car, ainsi que jt l'ai d^à fait remarquer, il est des sujets qui ont une extrême suscepti* bitité pour cette espèce dMrritation, et qui sont, en quelque sorte, insensibles pour les autres , tandis qu'il en est d'autres chez lesquels Tinflammation commune se développe avec une grande facilité , et qui se montrent insensibles à celle qui nous occupe. Cette dernière disposition est assez vaTe,etcomme4a cure est toujours facile dbez les sujets qui la présentent, elle mérite peu notre attention. Lorsque les symptômes sont violents, mats qu'Us appartiennent à Finflammation commune, ce qu'on reconnaît ïïBx circonstances concomitantes , et en particulier à ce que l'inflammation n'excède pas la distance spécifique, le traitement local peut être ou irritant ou adoucissant. L'emploi des topiques irritants s'accompagne alors 4e moins de dangers que lorsque Tinflammatiôn est de nature irritative c*},

(*) Il Mt 1rèfe-diiBcil« àt demier nue idée cUkt des dis^ctioas qiii existent entre les miiUdies, quand cet dittinctiont ne tout pas caractérisées par quelque obuse de permanent sons le rapport du teaips» de l'étendae, etc. J'ai adopté rexpressioa in/iam' motion irritatis^, parce qne Je crois que Tespèce d'ioflammation que je renx désigner par ces mou se développe chez les sujets à constiintton faible et irritable plutôt qne ches les autres : les lois qui président à sa manifestation me sont entièrement inconnues* On pourrait Tappeler une inflammation nud/ormècy en ce sens qu'elle n^arrive point y en passant par les phases ordinaires, à une terminaison naturelle, mah qu^ellc se continue en présentant peu de changements, et que lorsqu'elle se développe dans le tissu cellulaire, le gonflement qu'elle produit est œdémateux et ne ressemble pointa eelni qne détermine 1' extravasation de la lymphe coagulable dans ce que je serais tenté d'appeler la téetalMe InflaimnaiSmi. #. HtTjrrta.

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et il peat modifier FaetloQ spécifique ; mais, pour que Tirritation que ces topiques font oattre soit suivie de eet effet, i1 fhut qu'elle soit plus forte que celle qui résulte de la lésion primitive. Les parties malades se rétablissent enswted^elles-mémes, comme elles se rétabliraient de toute autre inflamr matk)B commune. Après tout, cependant , je crois qu'au début la méthode adoudssante'est la meilleure. Si Tinflammation est intense et de ^espèce irritative, il faut éviter dans le traitement toute espèce de violence, car on ne pourrait ainsi qu'exaspérer les symptômes, à moins qu'on ne soit eertain que la grande intensité de l'inflammation dépend entièrement d\me susceptibilité pattieulière pour firritation gonorrhéique , et que la constitution ne présente point d'irritabilité générale, ce dont on peut ra* rements'ââsurer. Dans le cas où les symptômes s*élèvent très-haut, on ne doit point chercber à arrêter l'écoulement , soit par des moyens internes , soit par des agents thérapeutiques appliqués à l'extérieur. On ne gagnerait rien à agir ainsi, car on peut suspendre l'écoulement, mais non naettre fin à l'inflammation. Il faut modifier la constitution, si cela est possible, par l'emploi de médicaments appropriés aux diverses dispositions qu'elle peut présenter, dans le but de modifier les actions locales qui dérivent de eesdiëpositions, et de ranaener la maladie à sa forme la plus simple. Si la e»nstittttion ne peut être modifiée, il n'y a rien à flaire que de laisser Paction morbide s'user d'elle^néme.

Lorsque l'inflammation a diminué beaucoup , et que la maladie ne se montre plus qu'avec des symptômes modérés , on peut en tenter la cure ptt des moyens internes ou par des applications locales. Si Ton choisit un tfaitement local , il faut éviter toute thérapeutique violente, car elle pourrait renouveler l'irritation. A cette période, on peut employer de légers astringents afec des chances de succès.

Quand la maladie est peu intense dès le début, et que rien n'annonce one disposition inflammatoire commune ou irritative, on peut, pouil faire ecsser promptement le mode spécifique d'action, employer des injeetioni irritantes qui exaspéreront momentanément les symptômes, mais à la cessation desquelles les symptômes diminueront dans la plupart des cas, ou même disparaîtront entièrement. Dans de telles conditions des parties, on peut avoir recours aux astringents; car la seule indication qui se présente alors, c'est de fkire cesser l'écoulement, qui est en effet le symptôme principal (*).

Dans les cas où le prurit, la douleur, et d'autres sensations inaccoutumées se font sentir pendant quelque temps avant que l'écoulement apparaisse , je crois qu'on doit préférer la méthode calmante ou adoucissante à la «éthode irritante, afin de déterminer l'écoulement, qui est un pas vers la résolution de Tirritation; mais je n'ai pas assez d'observations par devers moi pour pouvoir dire, d'une manière absolue Jusqu'à quel point

(*) On troure de pliu dans rédition de Home : « Il anire très-sonrent qoe lortqae réconlement a été anppriœé par une injection, même trèt-donce, le malade perçoit an périnée nne sensation pénible qnî se propage à la vessie, détern^e de fréquentes eavies d*uriiier, et cesse dès qae réconlement se reproduit. »

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cette manière de procéder est réellement la plus convenable dans les cas en question. Toutefois, ce que Ton peut établir par le raisonnement, c*est que l'emploi des astringents constituerait une mauvaise pratique , car ces médicaments ne doivent tendre qu'à empécber l'écoulement de se former, ce qui peut prolonger l'inflammation et retarder la cure. Dans les cas où il y a rétrécissement de l'urètre ou engorgement du testicule, il faut éviter les astringents; car il est d'observation que dans l'un et l'autre de ces deux cas, l'affection concomitante présente de l'amélioration tant que l'écoulement persiste. U faut donc , dans les cas de cette espèce, agir avec plus de réserve que lorsque les organes sont sains d'ailleurs. Lors même que nous aurions un. spécifique pour la gonorrhée vénérienne, on aurait encore à se demander si ce spécifique pourrait guérir ce mode d'irritation , avant que l'action morbide se soit manifestée dans toute sa plénitude.

* 5 L Des divers agents thérapeutiques employés dans le traitement de la gonorrhée; des évacuants; des astringents.

On peut comprendre dans deux classes , les évacuants et les astringents^ les moyens internes qui ont été communément recommandés contre la gonorrhée. Les évacuants appartiennent principalement au| purgatifs et aux diurétiques, et ne sont point limités à certains médicaments particuliers, car chaque praticien croit posséder le meilleur. Quelques nôédedns emploient les évacuants mercuriels, tandis que d'autres évitent avec soin l'usage du mercure sous quelque forme que ce soit. Les sels neutresont été recommandés , dans la pensée qu'ils sont rafraîchissants. Certaines per« sonnes ont insisté principalement sur l'emploi des diurétiques , soit qu'elles aient pensé qu'ils sont propres à agir mécaniquement sur les voies urinaires et à les débarrasser du pus vénérien, soit qu'elles les aient considérés comme des agents spécifiques relativement à ce dernier effet : le nitre a été employé dans cette vue; on a supposé eu outre qu'il avait la propriété de diminuer l'inflammation; mais ce fait me paraît très-douteux. Sous Tinfluence de ces diverses méthodes de traitement, les malades se guérissent toujours, et chaque médecin attribue le succès à la méthode qui lui est propre.

Sans aucun doute, il convient, dans la plupart des cas, d'entretenir le ventre libre, lors même que le malade jouit d'ailleurs d'une bonne santé. Mais comment peut-on concevoir qu'une irritation déterminée dans le canal intestinal guérisse une inflammation spécifique qui a son siège dans l'urètre? Cependant on a vu dans plusieurs cas un purgatif drastique produire d'heureux résultats, et même quelquefois amener la guérison. Mais je soupçonne que dans ces cas l'écoulement n'était plus entretenu que par ■ l'effet de l'habitude , et que cette pratique n'aurait point eu le même succès au début de la maladie. Un homme qui avait une gonorrhée dont tous les symptômes duraient depuis deux mois, fut immédiatement guéri après avoir pris en une seule dose dix grains de calomel qui le purgèrent violemment. Le calomel n*a pu agir spécifiquement, mais seulement comme

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dérivatif; c*est-à-d!re,qn'tine irritation produite dans an organe en a guéri une qui existait dans un autre. Mais , en accordant même que dans certaines constitutions les purgatifs aient la propriété de rendre les solides moins susceptibles de l'irritation gonorrbéique, on ne saurait admettre qu'ils ont cette Tertu dans tous les cas; dans quelques constitutions, ils peuvent diminuer les forces , accroître rirritabilité , et par conséquent exaspérer les symptômes. Ces effets opposés doivent être produits dans tes différentes constitutions ^ lorsque les agents thérapeutiques n'exercent point sur elles une action spécifique. Lors même qu'on supposerait que laguérison pût être hâtée par l'évacuation d'une certaine quantité de liquide qu'on extrait dusang, quel a vantage peut-on retirer, pour combattre une inflammation qui a son siège dans une partie , d'une pareille évacuation qui se ferait dans une autre partie sous la forme d'une sécrétion ? Si ce phénomène pouvait avoir quelque utilité, ne pourrait-on pas guérir également la gonorrhée en provoquant d*abondantes sueurs, en déterminant un accroissement de la secrétion salivaire par l'usage du tabac, 6u en stimulant la sécrétion des fosses nasales à l'aide de la même substance réduite en poudre? Mais on a considéré les humeurs comme étant la cause de toutes les maladies , et surtout de celles qui s'accompagnent de la formation du pus et de la production d'un écoulement : or, les purgatifs étant supposés guérir les humeurs, on a dû naturellement recourir aux purgatifs dans le traitement de la gonorrhée, et, comme les malades se sont toujours guéris, cette pratique s'est établie d'une manière générale.

Les thérapeutistes qui ont recommandé l'emploi du mercure dans la maladie qui nous occupe. Font fait très-probablement dans la pensée que cette substance est le spécifique de la maladie vénérienne, quelle que soit la forme de cette dernière. Dans cette supposition , leur pratique se montre rationnelle; car le médicament étant absorbé dans les intestins, est porté, avec le sang qui circule, dans les vaisseaux enflammés de l'urètre, et doit y détruire l'irritation vénérienne. Ici , on ne peut supposer qu'une diose , c'est que le mercure agit par sa vertu spécifique, Mais je doute beaucoup que le mercure soit doué d'aucune propriété spécifique contre la gonorrhée , car j'ai observé que cette maladie se guérit tout aussi vite lorsqu'on n*a point recours au mercure que lorsqu'on l'emploie. Dans les cas où ce métal n'est administré qu'à titre de purgatif et où il est promptement expulsé de l'économie, de manière qu'il n'ait pu agir que sur rintestin,il est impossible d'admettre qu'il exerce sur l'inflammation vénérienne de l'urètre une autre influence que celle qui résulterait d'une irritation quelconque produite sur l'intestin par tout autre purgatif. Et en effet, le mercure est si peu efficace contre la gonorrhée, que j'ai vu une gonorrhée survenir au milieu d'un traitement mereuriel suffisant pour guérir un chancre. Je ne saurais dire si la gonorrhée provenait de l'infection qui avait produit le chancre; c'est ce qu'il est difficile de déterminer dans de tels cas. On a vu aussi des hommes contracter la gonorrhée dans le temps même où ils étaient saturés de mercure pour la cure d'une syphilis constitutionnelle, et alors la guérison de la gonorrhée a été tout aussi difficile qu'à l'ordinaire.

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Un homme se confia k mes soins, le 21 JuiO| pour être traité 4e demi chancres et d*un bubon. J'obtins la résolution du bubon; mais le malade ayant de la répugnance pour les frictions mercurielles, je fus obligé de les remplacer par l'emploi quotidien du mercure calciné, que je prescrivis à la dose de deux grains le soir et un grain le matin. Vers le milieu de juillet» la bouche s'affecta et Tusage du mercure fut suspendu. Huit jours après» ce médicament fut repris, et le malade parut' complètement guéri de sa maladie vénérienne; cependant je le fis persévérer dans l'emploi du mercure, qui entretint un ptyalisme constant. Dans cet état, le 16 août, cft homme eut commerce avec une femme; il renouvela cette relation 1^ lendemain. Cinq jours après, il fdt pris d'une gonorrhée qui se montra trèsviolente (*).

Les mêmes considérations générales qui ont été exposées ci-dessus peuvent être appliquées aux effets produits par les diurétiques considérés comme évacuants.

Il serait possible que des médicaments spécifiques (si nous en possédions), introduits dans l'économie, fussent éliminés avec l'urine qui leur servirait de véhicule, et qu'ils exerçassent leur influence sur la paroi interne de l'urètre au moment de leur passage à travers ce canal. Les baumes et les térébenthines sont éliminés par cette voie et deviennent des spécifiques contre plusieurs irritations de l'appareil urinaire. Mais je ne sais jusqu'à quel point des médicaments qui ont la faculté d'affecter certains organes déterminés, soit à l'état de santé, soit atteints de maladies qui leur sont propres , je ne sais , dis-je , jusqu'à quel point ces médicaments ont aussi la propriété d'exercer une influence sur une irritation spécifique de ces mêmes organes; mais je ne pense pas que cette influence puisse être bien considérable. Il est possible, toutefois, qu'ils aient le pouvoir de faire cesser une irritation concomitante quelconque, bien qu'ils ne puissent enlever l'irritation spécifique. Quoi qu'il en soit, les diurétiques ont leurs avantages, car s'ils augmentent la quantité de l'urine, par cela seul ils font du bien; mais je crois que le meilleur moyen d'obtenir cet effet, c'est l'eau simple, ou l'eau unie à des substances propres à encourager le malade à boire beaucoup, comme le thé, le sirop de capillaire, l'orgeat, et autres semblables.

Les astringents, quoique souvent prescrits, ont toujours été condamnés par les médecins qui se sont posés comme des praticiens judicieux et réguliers. Suivant ces médecins, il y a toujours quelque chose qui doit être rejeté hors de l'économie, et qui amène consécutivement une syphilis constitutionnelle s'il n'est éliminé. Cette manièrér de raisonner n'est pas exacte. la question doit être posée de la manière suivante : Les astringents sontils utiles , ou nop, dans le traitement de la gonorrhée? Je ne pense pas

(*) On troare en ontre dam l'édition d« Hom« : « Un antre homme étant umM Tinflnence d*un traitement mercuriel pour la cure de plnsienra ohanores, eut des relationa arec une femme arant d'aroir cessé Tusago dn mercore, et deux jonra après Uanrvinl one gonorrhée. »

qu'ils attémient dans aucuo cas rinflammation Téoérianiia; mais carlaîiitmeot ils diminuent souvent Técoulement ; or, comme cet effet ne constitue point une guérison, il n'est point nécessaire de le produire.

Je conçois qu'une combinaison des astringents, principalement des astringents spécifiques de ces organes, comme les baumes, avec tout autre médicament dont l'emploi puisse être jugé efficace, ait pour effet salutaire de diminuer Fécoulement en proportion de la décroissance de finflammation ; c'est en effet ce que j'ai observé souvent, ainsi que je le dirai plus loin avec détails.

$ II. Des applications locales. Des diverses espèces (Tinjections : {rritantes^ sédatives, émolUentes , astringentes.

Les agents thérapeutiques locaux peuvent être appliqués $oit à la surface interne de l'urètre, soit à la surface externe de la verge, ou bien à l'uqe et à l'autre surface à la fois; dans beaucoup de cas il est nécessaire de combiner ces divers procédés. Les médicaments appliqués à la surface interne de l'urètre semblent être ceux qi^i doivent avoir le plus d'efiicaeité pour guérir la gonorrhée, puisqu'ils viennent immédiatement en contact avec les parties malades; en effet, s'ils sont de nature à provoquer une action, quelle qu'elle soit, ce doit être une action opposée à l'irritation vénérienne. C'est pourquoi on pourrait supposer que la plupart des irritations , pourvu qu'elles ne soient pas vénériennes , doivent tendre à produire la guérison ; mais certainement cela n'a pas lieu dans tous les cas. Si, au contraire, ces médicaments sont de nature à calmer l'irritation, ils auront aussi de l'utilité.

Les agents thérapeutiques qui sont appliqués à la surface de l'urètve peuvent être solides ou liquides ; les uns et les autres ont des avantages et des inconvénients. Un médicament liquide ne peut constituer qu'une application temporaire et même de très-courte durée; son emploi ressemble à l'action qui consiste à laver une plaie , ce qui me parait inutile dans la plupart des cas, car je pense que le pus qui est fourni par une plaie quelconque n'est jamais de nature à pouvoir exciter aucune action dans cette plaie. Il importe, donc peu que le pus séjourne ou ne séjourne pas sur la surface qui l'a sécrété; seulement, lorsqu'il est enlevé, les agents thérapeutiques peuvent venir en contact immédiat avec la surface enflammée. Je suis très-porté à croire que ce n*est que de cette manière que )a détersioD du pus peut être utile. Les médicaments solides peuvent rester appliqués longtemps ; sous ce rapport , ils ressemblent aux pièces de pansement qu'on emploie dans le traitenient des plaies. Quand les parties qe sont pas assez enflammées pour qu'on doive en rejeter l'emploi , ils paraissent avoir sur les médicaments liquides un avantage qu'ils doivent à la durée de leur application; mais en général ils irritent immédiatement, par le fait seul de leur solidité. On est obligé de les employer sous forme de bougies; mais je suis porté à penser que lorsque les parties malades sont dans un état d'inflammation , l'usage le moins fréquent des bougies est le meilleur, bien que je ne puisse pas dire que j'aie jamais vu leur

emploi produire des effets fâcheux, lorsqu'elles étaient appliquées avec les précautions convenables.

L'application des médicaments liquides à la surface interne de l'urètre constitue ce qu'on appelle communément des injections. Le nombre de ces dernières, comme celui des médicaments internes, est infini, car chaque praticien a pensé ou a voulu faire penser à tout le monde que celle qu'il avait adoptée était la meilleure. Mais toutes les Inflammations vénériennes se dissipent sous l'influence des injections les plus variées (ce qui a été signalé également pour les médicaments internes), et cela vient puissamment à l'appui de l'opinion que toutes les maladies de cette espèce se guérissent d'elles-mêmes avec le temps. U me semble toutefois qu'il résulte de l'expérience, que les injections exercent souvent sur les symptômes gonorrhéiques une influence presque immédiate, et que, par conséquent, elles doivent avoir quelque vertu; et pourtant l'injection douée de la plus grande vertu spécifique n'est point encore connue. Toute injection qui n'a aucune vertu spécifique doit être trèsincertaine dans ses effets , et n'est de quelque utilité qu'autant qu'elle peut être appropriée à quelque particularité de la constitution ou des parties malades. Les injections n'étant que des applications temporaires, il est nécessaire de les renouveler souvent, surtout dans les cas où l'on observe qu'elles produisent de bons effets. Il faut, en conséquence, les appliquer aussi souvent qu'on le juge convenable, peut-être toutes les heures ou même plus souvent. Mais la fréquence de leur emploi doit être réglée jusqu'à un certain point par la nature de l'injection; en effet , si elle est de nature irritante , son application trop fréquemment renouvelée pourrait avoir des suites fâcheuses.

Parmi les injections que l'on emploie contre la gonorrhée, il en est plusieurs qui ont la propriété de faire cesser les symptômes immédiatement, ou du moins très-peu de temps après leur application, et qui empêchent la suppuration de s'établir, ce qui a fait naître l'idée qu'elles refoulent la maladie dans la constitution. Mais cette hypothèse se trouve directement en opposition avec ce qui a lieu en réalité. En effet, ainsi que j'ai déjà cherché à le prouver, le pus est la seule substance qui serve de véhicule au poison , et la formation du poison est impossible sans la formation du pus. Si donc cette dernière peut être empêchée. Ta première ne pourra avoir lieu, et alors il n'y aura rien a faire pour l'absorption; de sorte que le malade n'aura point à craindre une infection générale, et ne sera point susceptible de communiquer l'infection à d'autres individus (voyez p. 166). ,

Lorsque l'écoulement est l'effet d'une inflammation qui existe actuel* lement, on peut l'arrêter par des injections, bien que l'inflammation persiste jusqu'à un certain point et qu'elle puisse être dissipée ensuite sans que Técoulement ait reparu. Mais je crois que par cette pratique on gagne peu de chose, car on ne guérit ainsi que l'effet de l'inflammation, et ce n'est pas là la maladie qu'on se propose de guérir. Cependant, on voit dans certains cas le mode de traitement qui arrête Técou-

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lement guérir aussi rinflammation; mais je pense que cela n'a lieu que lorsque rinflammation est peu intense.

Je divise les injections , d'après leurs effets particuliers sur Turètre , en quatre classes : elles sont irritantes , sédatives, émollientes ou astringentes. Je ne pense pas qu'une injection spécifique ait été encore découverte, bien qu'un grand nombre de personnes croient que les injections mercurielles , sous une forme ou sous une autre , possèdent une telle vertu , et que par suite de cette croyance ce métal fasse partie de plusieurs des injections qui sont actuellement en usage.

Je pense que toutes les injections irritantes, de quelque nature qu'elles soient, agissent en vertu du même principe, savoir, en produisant une irritation d'une autre nature que celle qu'elles sont destinées à combattre, irritation qui doit être plus considérable que l'irritation vénérienne , d'où il résulte que cette dernière est détruite , et que la maladie est guérie, bien que la douleur et l'écoulement puissent être encore entretenus par l'injection. Ces derniers effets ne tardent point à se dissiper quand l'injection est abandonnée , parce qu'ils dépendent seulement des qualités irritantes de celle-ci. On peut admettre que les bougies, ainsi que plusieurs injections, amènent la guérison de cette manière; bien que tes moyens exaspèrent les symptômes pour le moment, ils ne peuvent jamais accroître la maladie elle-même , pas plus que l'injection qui produirait les mêmes symptômes , si elle était appliquée à la surface de l'urètre d'un homme sain , ne peut faire nattre la maladie vénérienne. La plupart des injections irritantes ont une action astringente, et ne sont qu'astringentes qusfhd elles sont mitigées; leur qualité irritante dépend principalement de leur concentration.

Les injections irritantes ne convenant pas contre toutes les inflam'ma^ tions qui dérivent du poison vénérien (*), il se présente naturellement une question, c'est celle de savoir dans quels cas les injections irritantes peuvent être employées avec avantage. C'est une chose que je n'ai pas pu déterminer d'une manière absolue. Toutefois , je pense que les injections irritantes ne doivent jamais être prescrites lorsqu'il y a déjà beaucoup d'inflammation, et surtout chez les sujets dont la constitution n'est pas capable de supporter une forte dose d'irritation , ainsi qu'on peut le savoir dans certains cas , lorsque le malade a déjà été atteint de la même affection. Elles ne doivent pas être prescrites non plus, lorsque l'irritation s'est étendue au delà de la distance spécifique; ni lorsque les testicules sont douloureux ; ni lorsque ces organes se sont engorgés à la suite de la cessation rapide de l'écoulement ; ni lorsque le périnée est trèssusceptible d'inflammation, surtout s'il a suppuré antérieurement; ni enfin lorsque la vessie a de la disposition à s'irriter, ce qu'on reconnaît lorsque le malade est pris depuis quelque temps de besoins fréquents d'uriner. Dans tous les cas de ce genre , je les ai employées sans succès ;

(*) En effets j'ai déjà fait remarquer que rinflamiDation Tarie toÎTaiit la consdtntîoD. Y. Himm.

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et Donoseolemeàt elles ne font pas de bien , mais eneore elles font souvent du mal, car je les ai vues déterminer une extension plus grande de' Tioflammation dans le canal de Turètre (*); et je crois être fondé à leur attribuer la formation <ie certains abcès du périnée. Mais lorsque l'inflammation est pen intense et que la constitution n'est point irritable , ces injections sont souvent suivies de succès, et elles font disparaître la maladie presque immédiatement. Néanmoins , ce moyen de traitement doit être employé avec précaution, et peutrétre ne doit-on y avoir recours que lorsque les moyens plus doux ont échoué. Une solution de deux grains de sublimé corrosif dans buit onces d'eau distillée constitue une des meilleures injections de cette espèce qu'on puisse prescrire. Mais on peut se servir d'une solution moitié moins forte, lorsqu'on ne se propose pas d'obtenir une guérison aussi prompte. Si cependant, même dans cette dernière proportion , l'injection détermine une vive souffrance ou augmente beaucoup Ja douleur en urinant, il faut encore l'affaiblir.

Les injections sédatives sont toujours utiles lorsque l'inflammation est intense, non qu'elles amendent la maladie en elle-même, mais parce qu'elles diminuent l'intensité de l'action morbide, ce qui permet toujours aux actions naturelles de la partie de s'accomplir plus faciUment. Elles sont aussi très-utiles pour adoucir les sensations douloureuses du malade. L'opium peut être considéré comme le meilleur sédatif que nous ayons, aussi bien lorsqu'il est administré par la boucbe ou par le rectum , que lorsqu'il est appliqué sur la partie malade sous forme d*ii\jection. Mais l'opium lui-même ne convient pas à toutes les constitutions et à toutes les parties , et n'agit pas toujours comme sédatif. Souvent au contraire, il produit des effets tout opposés, et développe une grande irritabilité. Le plomb doit être rangé parmi les sédatifs, en ce sens qu'il abati'iiv flammation , en même temps qu'il agit comme un doux astringent. Quatorze grains d'acétate de plomb dans huit onces d'eau distillée forment une bonne injection sédative et astringente.

L'usage abondant des boissons délayantes peut être considéré comme ayant un effet sédatif, car il fait disparaître quelques-unes des causes d'irritation en rendant l'urine moins stimulante soit pour la vessie, lorsque cet organe est dans un état d'irritation, soit pour l'urètre, dans son passage à travers ce canal; il est même possible que oes boissons délayantes diminuent la susceptibilité des organes pour l'irritation. On a recommandé l'emplpi des mucilages qui sont fournis par certaines semences et par certains végétaux, ainsi que celui des gommes émollientes. Mais je crois que cette pratique est fondée sur des idées trop mécaniques, et qu'aucune de ces substances n'est d'une grande utilité; suivant moi, l'avantage qu'on en retire dépend principalement de la quantité d'eau qui est bue, et Ton peut atteindre parfaitement le but qu'on se propose

(*) C«p«iidaiit, oa nt doit pM towjonrf Itnr «UribiMr Mtt0 exteuio» , «ar on Tob- •erve toaTtAl cUot des cas où Ton ii*a point eu recoars à leur emploi. J. Huirrsa.

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en ititotcnit à V^m toute substance inropre à engsger le malade i boire abondamment, pourvu qu'on en écarte les spiritueux. Cependant quelques malades m'eût dit qu'ils croyaient avoir remarqué que la douleur en uripant était moins forte lorsque des substances mucilaglneuses étaient mêlées avec leurs boissons.

Les it^ecUons émoUientes sont le meilleur de tous les topiques lorsque rinflammation est très-grande. Très-probablement, leur utilité consista d'abord à^enlever simplement le pus, et ensuite à of&ir un contact très* doux à la surface malade; de cette manière, je conçois qu^elles puissent itre extrêmement avantageuses, en atténuant les effets irritants de Turine* £t en effet, c'est ce que Texperience démobtre; on voit souvent une so-* lution de gomme arabique, un mélange d'eau et de lait, ou de l'huile douce, diminuer la douleur et les autres symptômes, lorsque les injec'^ tions les plus actives n'avaient rien fait , ou paraissaient avoir fait du mal.

Il arrive très-souvent que l'irritation est si intense à l'orifice de l'urètre, ' que le malade ne peut supporter l'introduction de la canule de la seringue. Quand il en est ainsi , il faut s'abstenir de toute injection jusqu'à ce que l'inflammation ait perdu de son intensité. Les emollients peuvent aussi être employés sous forme de fomentations.

Les it^ecHoHS astrinçetUeê ne peuvent agir qu'en diminuant l'écoulément. Elles ne peuvent exercer aucune influence spécifique sur l'inflam** mation; mais, puisqu'elles peuvent modifier les actions du principe vitalf il ist possible qu'elles aient la faculté de modifier la disposition vénérienne. On>ie doit les employer que vers la fin de la maladie, lorsque eel|e-oi a perdu sa violence, et que les parties malades commencent à devenir le siège d'un prurit. Mais l'application de ce précepte doit étire dirigée d'après les circonstances; car si les symptômes sont modérés au début de la maladie, ces injections peuvent être prescrites tout de suite. £q diminuant graduellement l'écoulement sans augmenter l'inflammation , on obtient par leur emploi une guérison complète , et l'on prévient la continuation de l'écoulement ou suintement habituel. Il est très-probable que les injections de cette espèce produisent une stimulation qui est de nature à faire contracter les vaisseaux et à empêcher l'acte même de la sécrétion. On ne peut guère supposer qu'elles agissent chimiquement en coagulant les fluides. Les injections astringentes trop fortes deviennent irritantes ; elles perdent par là une grande partie de leurs propriétés astringentes , ou plutôt il résulte de cette nouvelle influence , que les parties deviennent le siège d'une action contraire à celle qu'elles accompliraient sous l'influence d'un simple astringent. Ainsi , elles augmentent souvent l'écoulement au lieu de le diminuer : de cette manière, elles peuvent aussi guérir la maladie comme les injections irritantes, c'est-à-dire, en modifiant la disposition inflammatoire. Quand elles sont plus douces, elles font souvent cesser l'écoulement , sans cependant hâter la guérison dans tous les cas; car alors l'inflammation peut durer encore plus longtemps qu'elle n'aurait fait si la tendance à la sécrétion purulente n'eût été arrêtée. J'ai déj^ fait remarquer que lorsqu'une surface est en voie de suppuration,

iSi DE LA GONOKRHÉE.

c*est qu'elle a contracté Taction de la maladie dans tonte sa plénitude, ce qui est un pas vers la terminaison, c'est-à-dire vers la guérison. Néanmoins, il arrive quelquefois qu'une injection astringente guérit une irritation légère en très-peu de jours. Mon expérience ne m'a point appris qu'il y eût une substance astringente qui fût préférable à toute autre.

Les gommes astringentes, comme le sang de dragon, les baumes et les térébenthines, dissoutes dans Peau; les sucs de plusieurs végétaux, tels que l'écorce de cbéne , le quinquina, la racine de tormentille; et peutêtre aussi tous les sels métalliques, comme les vitriols bleus, verts et blancs, les sels de mercure et Talun, agissent probablement de la même manière, bien qu'on puisse affirmer que ces diverses substances n'agissent pas toujours également bien dans toutes les gonorrhées, car une nouvelle injection réussit quelquefois après que plusieurs autres ont été essayées en vain.

Les applications externes se composent en général de cataplasmes et de fomentations; mais ces moyens ne peuvent être que de peu d'utilité, à moins que les parties extérieures, telles que le prépuce, le gland et l'oriflce de l'urètre, ne participent à l'inflammation; il est vrai que l'orifice de l'urètre est presque toujours plus ou moins affecté.

Lorsque les glandes de l'urètre sont assez tuméfiées pour être senties à l'extérieur, il peut être convenable de faire des frictions -sur la partie tuméfiée avec l'onguent mercuriel; mais il est très-probable que ces frictions sont plus utiles après la chute de l'inflammation que pendant qu'elle existe dans toute sa force. Quoi qu'il en soit, on applique souvent l'onguent mercuriel sur toute la surface externe des parties malades lorsqu'elles sont dans un état d'Inflammation, et on les recouvre ensuite d'un cataplasme. Mais je ne suis pas entièrement convaincu de l'utilité de cette pratique.

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