II
et HISTOmE HATURELLE
serait teité da orohre que rteatl est la première partie fiirmét ; mate Vest la portion osseuse qui commence, et, bientôt après, l'émail se forme pardessus. Il existe une autre substance pulpeuse, Yis-à-vis de oelle que J'ai déjà décrite : eUe adhère à la surfine interne de k capsule, au niveau de son union aTeo la genoi? e, et sa face opposée est en eontact d*abord avec la base de la pulpe décrite ci-deseus, et plus tard arec la base nouvelle* ment formée dé la dent. Toutes les éminenôes et toutes les cavités qui se trouvent sur l*un de ces deux corps se retrouvent aussi *ur Tautre, mais en sens inverse, de telle sorte qu'ils sont moulés exactement Tua sur l'autre.
Dans les Inoisives, la pulpe de Témail est en contact, non avec le bord aigu et tranchant de la pulpe du corps, ou de la dent, mais avec la ftoe interne et exoavée de la dent ; dans les molaires, elle est placée directement contre leur base, comme serait une dent de la mâchoire opposée. Elle est plus mince que Tautre pulpe, et s*atrophie à mesure que la dent fait des pT(%rès. Elle ne paraît |>as très*vasculaire. L'époque la plus fi* yorable pour Tôbserver, est le septième ou le huitième mois de la gros**
Chez les animaux graminivores, tels que le eheval, la vache, etc., dans les dents desquels l'émail est entremêlé avec la partie osseuse (pi. 6, flg. 20, 31), les dents présentent pendant leur formation un nombre dUnterstices égal à celui des couches de l'émail, et l'on voit dies prolongements de la pulpe de l'émail qui descendent dans ces interstices jusqu'à la pulpe du corps de la dent avec laquelle ils se mettent ainsi en contact.
Lorsque, les pointes de la pulpe décrite la première ont commencé à BH>88ifier, il' s'étend sur elle une couche mince d'émail , dont l'épaisseur augmente progressivement jusqu'à une époque peu éloignée du moment où la dent oommence à percer la gencive.
L'émail parait être sécrété par la pulpe que je viens de faire oonnattre^ et peut-être par la capsule qui renferme le èorps de la dent; eeftte origine est évidente chçz le cheval, l'âne, le bœuf, le mouton, etc. ; e'est pourquoi noua avons peu de raisons de douter qu'il en soit ainsi dans Tespèee humaine. C'est me terre calcaire, probablement tenue en dissokitioo dans les humeurs de notre corps , et versée par ces organes qui agissent comme une glande. Après la sécrétion , elle est attirée par la portion osseuse de la dent qui est déjà formée et sur la surfiice de laquelle elle se cristallisé. Ce mode de formation est semblable au mécanisme de la production de la coquille de l'œuf, des calculs rénaux , vésicaux et biliaires. Cela rend compte de l'aspect cristallisé et strié de l'émail , lorsqu'il est bvisé, et de la direction de ses stries (*).
(*) J*al fait de nombreuses eipériences sur la formation des dirers calenls, et Jç me sois assuré qu'ils se forment par nue ▼éritable cristaltisation } j*AÎ coBnnuniqaé les ré» snltaU de mes recherches à mon frère qni les a ùAt eonaaitre k sas élises M 17^1; je me propose de les lÎTrer an public aussitôt que j'en trouTerai le temps.
J. Hôaris.
DES SEIOS* p,
L'émail est plus épais sar les tubercules ou pointes et à la base de la dent que sur le collet, ce qui s*explique facilemeot par son mode de for-* mation; car si Ton admet que sa sécrétion se fait d'une manière continue, et qu'il s'étend uniformément sur toute la surface qui se présente graduellement pour en être recouverte, à mesure que ia dent s'élève, i( est évident que la partie formée la première aura la coucbe la plus épaisse, et que le collet qui , de toutes les parties renfermées dans la capsule est ia dernière formée, aura Tenveloppe la plus mince, La racine, à laquelle le périoste adhère sans laisser aucun espace libre, ne doit point avoir d'émail*
Aux premiers temps de sa formation, l'émail n'est pas très-dur; car si l'on expose à l'air une dent très-récemment formée, on le voit se fen* diller et devenir raboteux. Mais quand là dent perce la gencive , l'émail paraît avoir toute la dureté qu'il aura toujours pajr la suite ; l'air n'agit donc point pour le durcir C).
De la chute des denté.
Une opinion qui a généralement prévalu, c'est que lesdentsde la première dentition sont chassées par celles de la seconde ; mais cette assertion est loin d'être yraie. Si les choses se passaient ainsi, ce phénomène serait accompagné d^inconvénients bien évidents ; en effet , une dent qui serait poussée par one autre dent située au-dessous d'elle, devrait s'élever en proportion du développement de cette dernière, et se trouverait ainsi placée plus ou moins au-dessus des autres. Mais cette disposition ne se présente jamais, et ne peut point se présenter, car les dents de la seconde dentition sont formées dans des alvéoles nouveaux et distincts, et en général, les incisives et les cuspidées de la seconde dentition sont situées en dedans des dents correspondantes de la première (pi. 6, fig. 13, 13), On remarque, en outre, qu'à mesure que les dents permanentes font des progrès, les racines des premières dents se détruisent, jusqu'à ce que la totalité de la racine ait disparu et qu'il ne reste plus que le collet, c'est-à-dire, la partie de la racine à laquelle la gencive adhère (pi. 8, fig. 16, 17, et 18; ce9
(*} D'afi^ 1m obMrralioitt 1m plus minotiassi* que j'ai* pu hv9t obMrratîoiu ^ oot été CQnfirméM par callM de phiftiaiira antrM pbyaiologisiea » ce ^a Hantar appcUe «iM autre substance pulpeuse qui serait adhérente à la face interne de la capsule, ]i*Mt antre chose qu'un état d'épaissbsemeut et de turgescence du feoillet interne de la eapsule elleHoéme, qui est gorgé de Mug et probablement aossi distends pav la matière terreuse qu'il ti| déposer et qui doit constituer l'eareloppe d'émail de la coofoone de la dent. Cet épaissiseement parait avetr quelque analogie avee ki ta^gMSimra remarquable que l*on obterTe dans le manteau de seilainM mpèeM d«liauiçons, comme notre helix pomatia, immédiatement aTiat que lV>percnto oakmÎM dlnTer soit sécrété de tous les points de sa surface.
L'émail, lorsqu'il Tient d'être sécrété, n'est pas beaucoup plus solide que de la crème épaisse. Il se fixe bientôt, naaisil n*a d'abord que peu de cohésion, et se pulvérise lid^ lonent. Toutefois, il ne tarde pas à prendre sa forme cristalline» et derient demi* trawyiirevt «t estrémcmrat dor. T. B.
figures représentent la destruction graduelle des dents simples et des dents doubles chez rhomme, et celle d*une molaire appartenant à un cheval). Alors, la moindre force suffit pour faire sortir la dent. H serait très-naturel de supposer que ce résultat est Teffet d'une pression constante exercée par les dents qui s'élèvent contre lés racines ou les alvéoles des dents temporaires; mais il n'en est rien, car les nouveaux alvéoles croissent avec les nouvelles dents, et les anciens alvéoles se détruisent dans la même proportion que les racines des anciennes dents ; et quand les dents de lait tombent, les dents qui doivent leur succéder sont si loin d'avoir détruit par leur pression les parties contre lesquelles on pouvait supposer qu'elles exerçaient cette pression, qu'elles sont encore renfermées dans une cellule osseuse complète qui les recouvre. Ce changement n'est donc pas l'effet d'une pression mécanique ; c'est un travail particulier de l'économie animale.
J'ai vu deux ou trois mâchoires dans lesquelles les secondes molaires temporaires étaient en voie de tomber par le mécanisme ordinaire, sans qu'il y eût de dents au-dessous; et dans une mâchoire où les deux molaires étaient également près de tomber, j'ai rencontré la même disposition.
Un exemple remarquable de ce fait m'a été offert par une dame. Elle avait une dent qui vacillait et que je reconnus pour être la dernière dent temporaire qui n'était point encore tombée. Je lui conseillai de la faire arracher, en lui disant que cette dent ne lui était d'aucun usage et ne pouvait par aucun moyen être fixée, que c'était une des dents qui doivent naturellement tomber et qu'une autre viendrait à sa place ; cependant , aucune dent ne vint la remplacer.
Ces faits prouvent d'une manière ividenteque, dans leur chute, les premières dents ne sont pas poussées par celles qui leur succèdent, mais qu'elles deviennent vacillantes et se détachent par un travail spontané. Ces mêmes faits prouvent également que les secondes dents exercent une certaine inOuence sur la chute des dents de lait, puisque dans l'un des premiers cas mentionnés, le sujet était âgé de plus de vingt ans, et que la dame citée en avait trente; et il est raisonnable de penser que si, dans ces circonstances, la chute de ces dents avait été retardée à ce point, c'est qu'elles avaient été privées de l'influence, quelle qu'elle soit, qui est exercée par les dents nouvelles. Quand les incisives et les cuspidées de la nouvelle dentition sont un peu avancées, mais longtemps avant qu'elles paraissent à travers' leurs alvéoles osseux, on voit de petits trous qui y conduisent , en dedans ou en arrière des alvéoles et des dents tenoh p<Nra»es; ces trous s'agrandissent peu à peu, jusqu'à ce qu'enfin le corps de la dent les ait franchis entièrement (*).
(*) Voilà un nouvel exemple de l'inexactitude des idées de Hunter sur lea rappofti d^es dent» permnnentes pendant leur formntion avec les dents temporaires. Les irons qui ont été décrits dans une note précédente, coiùme étant destinés à donùer pas-' sag« au cordon qni fait communiquer le germe de la dent permanente avec le collet
Du développement des deux màektàrei.
La eoniiaissance du mode d'accroissement des deux mâchoires ÊKâlitant Fintelligence du phénomène de la chute des dents , il sera utile de donner ici quelques détails sur cet accroissement, car les mâchoires semblent différer des autres os sous le rapport de leur développemeiit, et présenter aussi des différences suivant T^e.
J'ai décrit les rudiments de quatre ou cinq dents , qui , chez le fœtus de trois ou quatre mois ; occupent de chaque cÂté toute la longueur d^ la ma* cboire supérieure, et toute la portion de Finférieure située au-devant de Tapophyse coronoîde , car la cinquième dent est même placée un peu audessous de cette apophyse (pi. 6, flg. 1, 3). Ces cinq rudiments deviennent plus considérables, et par conséquent les os maxillaires augmentent dans toutes les directions, mais surtout en arrière ; car, dans un foetus de sept ou huit mois , on observe de chaque c6té des deux mâchoires les eroplaoeroents de six dents , dont la sixième semble être située dans Tendroit même où se trouvait la cinquième; de telle sorte que, pendant ces quatre derniers mois, la mâchoire s*est accrue dans tous les sens, en proportion de Paocrôissement du volunie des dents, et, en outre, s'est allongée à son extrémité postérieure de toute l'étendue de l'alvéole de la sixième dent (pi. 6, fig. 3, 4 , 5 et 6; ces figures donnent une idée de r accroissement général des mâchoires, et plus particulièrement de leur accroissement en ar* rière).
La mâchoire s'accrott encore dans toutes ses parties jusqu'au douzième mois après la naissance, époque à laquelle le corps des six dentç est assez bien formé; mais, à partir de cet âge, elle ne gagne pkis riett en longueur entre la symphyse et la sixième dent de chaque côté; et le procès aWéolaire, qui constitue la partie antérieure des arcades des deux mâchoires, n'arrive' jamais à former un arc d'un plus grand cercle (*). Voilà pourquoi la partie
de U dent temporaire, sÔDt considérés ici à tort comme le commencement des on- ▼ertnres à travers lesqaeUes les dents permanentes doÏTcnt passer dans les progrès de leur déreloppement (pi. S, fig. 9, 10» 11, la.) T. B.
(*) Ainsi qn*on 1*8 tu dans la préface de M.Oudet, cette assertion a donné lien à une controrerse assez vîtc, dans laquelle chacun s*appuyait sur TobserTation àm ftiu, et qui paraissait deroir se prolonger indéfiniment, attendu que de part et d*iiutre Tobserration était incomplète. C*est à M. Oudet que nous devons la véritable solution de cette, question intéressante; voici comment il décrit le fait anatomico^pbysiologique qui s*y rattache :
«i Lorsque toutes les temporaires, dit M. Oudet, sont sorties, la longueur des arcs qu'elles remplissent est «suivant Hunter, fixée d'une manière invariable. Blake assure, au contraire, qu*entre cette époque et celle du renouvellement des premières dents, les arcs s'allongent, et' que c'cfct à cet agrandissement qu*ou doit attribuer les intervalles qui existent entre elles; mais plusieurs raisons m'empêchent d'admettre cette dernière opinion. J'ai levé, sur une vingtaine d'enfants pris an hasard , et de l'âge de trois ans , le. modèle en pUtre de leurs dents ; et, après afoir répété sur eux, jusqu'à rige de six ans et demi, la méiiie expérience, à des intervalles plus ou moins rapfroehés, j'ai tronvé que pendant cette période il ne s'était opéré aucun changement.
W fflSTOmE NATUÏŒLLE
inférieure de la ftoe est plus aplatie, ou moioa saillante en avant, chez
VenfEmt que chez Tadulte (pi. 6, fig. 7).
Mit dans U longtienr des arcs, soit dans les rapports des dents entre eUes. D*aiN lènrs, si, comme le pensent Blake et ses partisans (qui tous ont confondu sous Ito n^è point de vue le développement des oé maiûllaires et des procès alvéolaires), Taccroissement des arcs était continu, uniforme, comme celui des antres partîM 4m ^tèote OMéos • W dismiit emprunter b constance des lois qui dirigent les progrès de l^Mai&eation générale, et dès lors l*écartement des denU tcteporairas serait une diapositioa normale qu'on devrait toujours rencontrer : or, c'est ce que TobserTation dément. Enfin, les recherches intéressantes de M. Duval, sur les rapports des trous inentonniers et sous-orbitaires arec les arcades dentaires , prêtent un dernier appui aux considérations qa<^je viens de présenter.
Cest cette fixité , cette immobilité des arcs , en opposition arec le mouvement d*a(s «roisaement progressif des mâchoires qui fait qu*à Tàge de six ans les trous sons-orbi- ^airea et Qietttouniers se sont encore éloignés davantage de la ligne médiane et répon» '^ftsDt alors à là raelae poatérieure de la première molaire de lait : bien entendu qée l'état etàtinnnaire dont noua parions ne s'applique qu*à la porUon des bonis alvé<^> Jairts ocoopée par les dents temporaires } oarv en arrière , ils se sont allongés ponr recevoir dans leur intérieur la couroune de la deuxième grosse molaire.
Hunter est allé plus loin : d'après lui, retendue des arcs dentaires, comprise d'une première grosse molaire à l'autre, demeurerait U même pendant le passage de la première à la seconde dentition. En effet, si on les mesure comparativement sur dea mâchoires d'adultes et d'enfants, on trouve qu'en général ils offrent des dimensions semblables , si même leur longueur n'est pas plus grande chez ces derniers^ Cependant, tout en reoonnaiafttnt ce fait, doit-on admettre la proposition qve c« célèbre •DMemkte en • déduite? Je ne le pense pas. La démonstration de Hunter eat essaie tieUement vicieuse ^ en ce que, n'étudiant les arcs alvéolaires qu'à des époques d»> terminées de la vie « et sur des sujets différents , on ne peut arriver qvkk des données générales, souvent infidèles, et que surtout on se place dans l'impossibilité d'apprécier les cbangements-qu'ils ont pu éprouver pendant l'intervalle qui sépare ces époques. D'aiUeurs, si ces arcs étaient immobiles et incapables de s'étendre, comment l'arrangement des dents incisives et canines secondaires, dont le volume dépasse constamment celui de leurs devancières , pourrait-il jamais s'effectuer avec régularité ?
D'après ce que ncuis avons dit ci-dessus, on a dà voir que, dans les cliangemenls • successifs qui s'opèrent , soit dans l'intérieur des mâchoires , soit à leur surface , tandis que du côté des procès alvéolaires tout est passif et se borne â des mutations de fbrmes , à de simples déplacements de tissu , tout nu contraire , est actif de la part des dents : c'est donc à elles seules , c'est à la puissance vitale , qui préside à lenr fbrmation, et qui dirige leur mafche, qu'il faut rapporter la cause des phénomènes que nous aHrtbs décrire. D'abord , quel rapport existc>t-il entre le volume des defits temporaires et celui des remplaçantes ? Pour résoudre cette qocstiob , j'ai cboiii une trentaine de mâchoires de sujets de six ans et demi k sept ans , c'est-â-dire qui étalent parvenus k l'âge où les couronnes des dents secondaires sont presque tontes entièrement achevées. Or, en comparant ces productions avec les temporaires , que j^avah également enlevées , j'ai trouvé qu'en général il existait un rapport assci parfait entre le volume de ces dents, et cela dans une portion telle, que ce que les six denti antérieures de remplacement avaient de plus sur les temporaires correspondantes, les Irieuspides l'avaient de lioins sur les molaires de lait; je dois ajouter qnli la ma» ohôire inférieure surtout, ce rapport était exact, les temporaires l'emportant qnêf- 'qnefbia, def fort peu, tt est mi, sur les rempla^tes; tandis qn% h snpéritofe li
Aprèa cette époque, Uf mftohoires s'aHoogeot seuiemeot à leuri extrémités postérieures} de sorte que U sixième dent qui cbei le foetus é^it sî*
Tolome des dents tecooàaires'surpsssait, dans qoelqoes cas, celai des dents temporaires. D'après cette première donnée , on pourrait déjà , dans les cas d^arrangements r^aliertf,qni seuls nous occupent ici , établir à priori qae le rolume des dents donnant e<actetnent!a mesure des arcs, cenx-ci doiventprésenter entre eux les mémes'proporlions qne les organes qui les remplissent An surplus , e*est no fiiit qucT met recherches ootooftArtsé en prenant k modèle en plâtre de* arcades dentaires atâftt et aprèe le -IMosTelkaieiit &u drats. Il sembleroit i^lemeot &eile d^expliqMr «miéMbI lès aeeoBdea dents doirent se râkger régnlièrtment ettre oUes, imisqM Vetpoce^^ loAr est préparé est ordinairement proportionné à leur Tolume. Il en serait ainsi si lea premières dents tombant toutes à la fois, les secondes ti*araient qn*à partager la place qu'elles auraient tronrée. Loin de là, la nature a imposé à la chute des dents et à leur remplacement une marche successÎTc, interrompue par des ioterraUes plus on moins longs , qnt portent à doq à six ans la durée ordinaire de ce travail. Les phénomènes que nous arons à étudier nous présentent donc une question de détail et non d'ensemble. Il faut Toir d'abord, d'un côté, comment les six dents antérieures, succéiliit & nil nombre égal d'orgiiies beaucoup pins petits, pourront néanmoins se placer -eottTtnablMient dans la portion de l'arc qne ces derniers occupaient; et de Feutré, quels ehangements doit amener le t-emplacement des molaires 'de lait par les bîcnspi- 4es, qni ioot bien moins volnmineuses.
Lee tecisives sont les premières dont le renonvellement s'opère ; il commence , en général, à sept ans, et se termine dans le cours de la neuTième année. L'incislte ttédinne inférieure est la première qui se montre ; peu avant la chute de la tempoftire,«elle s*élère dans l'alvéole de cette dernière, qui n*en occupe plus guère qne fsriiee, et elle détermine ainsi rélargtssement de cette petite portion de Tare, qui i'aniionee k l'ettérienr par un léger intervalle qu'on remarque entre la dent de 1«lt M am voisines. D'intna fois la chute de la temporaire étant retardée, la dent secondlii% poree en arrière de l'are, tournée obliquement, de manière à présenter en atant «n de ses bords ; sa largeur remporte *lors sensiMement sur Ntendoe de Fespaee o& efle éoit se loger; mais aTOe le temps elle se dirige peu k peu en avant , se redresse eu i^allongeant, Ot aprèi plusieurs mois die est parfaitement rangée. Ce qne nous dlsone de wtte dent s'appliqoe inx autres incisives , dont l'apparition successive produit te mène ettvt suf chaque point de Tare qui leur correspond. Les incisÎTCs sùf^érieures nnodMtrent dans lenr arrangement moins de difficultés que les inférieures r cette différence tient à ce qu'à la mâchoire inférieure les dents présentent en général une direction convergente, tandis qu'ft la supérieure elles sont divergentes, disposition qui doit nécessnireneet Itilliier snr Vélargissement des arcs.
Dans le oonrs de la seovièflie année tontes les incièives sont rangées: L'émptîon des seeoades dents é)»ronve alors nne suspension pins ou moins longue, après laquelle on voit ordinairement paraître, vers Vâge de dix an.s, la première bicuspîde : cette dent, dont le volume •a plus petit qne celui de la molaire qu'elle iremplace, se rangé CwBement Après ettte dent , la ean'me secondaire se mont^ , et rentre pen k peu dana le eerde qn'eHe dépasse souvent an dehors lors de son éruption , mouvement qû «st facilité par la sortie de la deuxième bicnspide-, qui, moins volumineuse que la moUlre de kit, à kqnelk elle snccède, ne remplit pas en entier l'espace qni hd
D'après cet expoié, dont les êoasidérations prineipalee. oiit été produites dans un mémoire qne j'ii k en tOH , è l'AcÉdémie royak de médecine , le travail de f arran* getfMrt êéè deMts pent être divisé en denx périodes, lia première comprend l'arraii*
tuée sous l'apophyse ooroooîde à la mâchoire inférieure i et dans la tubérosité maxillaire à la mâchoire supérieure, se trouve par la suite, c'est-à-dire vers la huitième ou la neuvième année, au-devant de ces parties. Alors, la septième dent occupe la place qu'occupait la sixième, par rapport à Tapophyse coronoîde et à la tubérosité maxillaire; et, vers la douzième ou la quatorzième année, la huitième dent est située où était la septième. A dix-huit ou vingt ans, on trouve la huitième dent devant Tapopliyse coronoîde à la mâdioire inférieure, et, à la supérieure, au-dessous ou un peu au-devant de la tubérosité, qui n'est autre chose qu'une succession d'alvéoles destinés à recevoir les dents jusqu'à leur fonnatioii complète.
Chez un jeune enfant, la cavité articulaire du temporal est à peu près sur la même ligne que la gencive de la mâchoire supérieure, et, par conséquent , le coftdyle de la mâchoire inférieure est à peu près sur cette même ligne (pi. 6, fig. 10). Mais ensuite, par l'addition du procès alvéolaire f
gement des dentt antérieures; rallongement des arcs en est la contéqnence aéceaaaîre : il a lien taoceMiTement d'arant en ariiire, taiTaat Tordre de lenr émptkm, et tend à pousser dans^cette direction les dents postérieures, de manière à les éloigner de la ligne médiane des os maxillaires. II résulte de là, qne lorsque cette période est accomplie, la première grosse molaire se trouTc plus loin de la symphyse qn elle ne rétait ayant la chute des dents temporaires antérieures.
La deuxième période , plus longue , embrasse non-seulement U renouvellement des molaires de lait, mais encore rarrangement des deuxièmes et troisièmes grosses mo* laires. Nous arons tu que le Tolume des molaires primitiTes remportant sur celui des bicuspides qui les remplacetat, ceUes-ci laissent entre eUes et les dents voisines des intervalles plus ou moins grands. Mais , en même temps que cette mutation a lieu an-devant des premières grosses molaires, il se passe derrière ces dents mn autre travail qui coincide avec elle. A cette époque, qui répond à Tâge de dix ans et demi à onze ans, les deuxièmes grosses molaires apparaissent; daus Teffort qu'elles font pour se placer. eUes agissent principalement d*arrière en avant contre la première molaire permanente, qu^elles poussent vers la symphyse en loi faisant profiter d*nna partie de Tespace que lei bicuspides ont laissé libre. Quand ce mouvement est ter> miné , les premières grosses molaires se sont rapprochées de la partie moyenne des os maxillaires, ce qui fait que la longueur de Tare qu*eUes limitent en arrière derient moindre qu*eUe ne Tétait avant le renouvellement des molaires , et se rapproche de eeUe qu*araient les arcs lorsqu'ils étaient occupés par toutes les temjioraircs. Les premières grosses molaires, pendant le cours de l'arrangement des secondes dents, sont donc bien loin de présenter cette fixité que Hunter lenr avait assignée. Enfin, la sortie des dernières molaires termine vers Tâge de dix-huit à vingt-cinq ans la période que nons décrivons. » {Dictionnaire de médecine pu répertoire , etc., a* édition , t. X.)
Ainsi, Hunter avait raison de dire que l'arc alvéolaire qui loge les six dents tem* poraires de chaque côté n*a pas plus d'étendue ches Tadulte que chex Teniant après le développement complet de ces dents. Mais il avait tort d'admettre que retendue de cft arc ne se modifie plus jamais après le douzième mois de la rie extra-ntérine , puisqu'il y a une é^NMjne, c'est-à-dire avant le remplacement des bicuspidées, où cet arc présente rceUement un accroissement de longueur, pour revenir ensuite à l'étendue qu'il avait antérieurement et qu'il doit conserver pendant le reste de la vie.
G. &iciau>Tt
et des deots, le plan de la gencire de la mâchoire sapérieare descend beaneoop aa-dessou8 de celui de la cavité articulaire; et, pour cette raison, Tapoplijrse coodyloîdienne s'allonge nécessairement dans la même proportion.
Chez les vieillards qui ont perdu toutes leurs dents , l'articulation revient sur la même ligne que le rebord de la gencive de la mâeboire supérieure (pi. 4); mais, à la mâchoire inférieure, les condyles ne peuvent rien perdre de leur longueur pour s'accommoder à la nouvelle disposition de la mâchoire supérieure, en sorte que la mâchoire inférieure se projette néoessairement en avant, au delà de la gencive de la supérieure. Quand là bouche est fermée, la projection antérieure du menton permet aux deux mâchoires de se correspondre à l'endroit où les molaires étaient situées et où réside la force de la mastication; si alors, en effet, le menton n'était pas plus éloigné du centre du mouvement que la partie antérieure du rebord gyngival de la mâchoire supérieure, les mâchoires se rèncontreraient en un point de leur extrémité antérieure à la manière d'une paire de tenailles, et en arrière elles resteraient à une distance considérable l'one de l'être (pi. 4).
Des raisons de la chute des dents.
Comme la chute des dents est un phénomène très-bizarre de l'économie animale, on lui a assigné un grand nombre de raisons; mais ces raisons ^ n'entraînent point toute la conviction désirable. Les auteurs n'ont point étudié sufGsamment les apparences extérieures , qui s'expliquent naturellement; ils n'ont point tenu compte des avantages qui résultent nécessailement du volume et de la forme des dents de la première dentition, dont le nombre est limité, ni des désavantages qu'entraînerait la persistance de ee volume et de cette forme à une époque où il doit y avoir un grand nombre de dents , comme chez l'adulte.
Examinons les avantages indiqués tout à l'heure , chez un enfant dont toutes les dents temporaires sont complètement formées, afin de pouvoir mieux les mettre dans tout leur jour ; examinons aussi les désavantages qui se feraient sentir si, chez l'adulte^ ces dents n'étaient point remplacées par d'autres dents un peu différentes.
Si l'enfant avait été organisé de manière à n'avoir pas besoin de dents avant l'époque où apparaissent lès dents permanentes, il n'aurait existé aucune raison pour qu'il y eût une seconde dentition. Mais comme les os maxillaires sont beaucoup plus petits chez l'enfant que chez l'aduHe, et qu'il est nécessaire que le premier ait deux molaires , il ne reste point assez d'espace pour loger des incisives et des cuspidées assez grandes pour servir pendant toute la vie. De plus , les premières molaires formées ayant nécessairement deux petites racines , et la mâchoire augmentant seulement à sa partie postérieure, ces deux molaires se seraient trouvées placées trop en avant, et à une trop grande distance du centre du mouvement. La différence de grandeur des secondes dents comparées aux premières explique aussi pourquoi les dents permanentes ne sont pas formées dans les alvéoles
74 HISTOiaE NATURELLE
. des tea lrai|poh»ret, et pourquoi lei andens iWéolet s^ détruits.
Cm ooBtidératioDt sur la chute des deats renversent roptuion qui admet que les éents de la seconde dentition sont rendues plus larges et plus épaisses par la résistance qu'elles éprouvent en poussant celles de la pr9nlère; et si, sur un eiamen incomplet du sujet, on était tenté d'adopter une telle manière de toir, le^ bicuspidées viendraient réfuter cette hypothèse « car celles de la seconde dentition sont beaucoup plus petites que eelies de la premièire, et cependant elles auraient à surmonter une plus graade résistance que les Incisives.
D'après la manière dont les dents tombent, il est évident qu'il n'est pas d*une grande utilité d'arracher une dent temporaire pour faciliter la sortie de celle qui est au-dessous, car la dent temporaire tombe généralement avant que l'autre ait pu la toucher; mais il est souvent utile, au contraire, d'artaeher la dent temporaire voisine ou adjacente, car nous savons, par oe qui a été dit sur le changement de volume des dents , que, à moins que toutes les dents ne tombassent à la fois, ou que l'ordre de leur chute d*avaot en arrière ne fût perverti, les incisives et les cuspidées de la se* conde dentition doivent manquer d'espace, jusqu'à ce que les molaires soient tombées. Aussi est-il souvent d'usage d'arracher une dent temporaire placée plus en arrière que celle qui tombe; et il serait peut-être bon, ilprès tout , d'arraeher toujours au moins la première molaire, et peut-être aussi , quelque temps après , la seconde (* ).
Du mécanisme par lequel la cavité des dents se comble à mesure que les
dents s'usent.
Les dents s'usent souvent si loin que leur cavité serait mise à découvert a*i] ne s'y effectuait aucun autre changement. Pour éviter qu'il n'en soit ftinsi, il se dépose dans le fond de leur cavité une matière osseuse de nou* velle formation, à mesure que la surface de la dent se détruit. Cette nou*
(*) Ce précepte , X arracher toujours au moins la première molaire eU lait » ii*a ét4 que trop suiri par des hommes intéressés on ignorants, qui se sont empressés de couvrir leur piatique condamnable de Fautorité de Huuter. L'e^i traction prématurée d*une des dents temporaires pour donner' de Teiipare aux dents qui doivent succéder • celles-ci, est rarement nécessaire, et do^t être évitée, à moins de quelque circons* tittce impérieuse. Mais Textraction des grosses molaires de Tenfant, par anticipation , pour empleber que l'tspace ne manque plus tard , est une opération si évidemment «MiCrt-iadUquée , ime perturbatiou ai follement apportée au travaU ordinaire de la iMtnrt, <|u*Qn ne saarait trop s^étoaner de voir qu'elle ait été proposée coaune régla féoérale, lors même qu'elle ne devrait point être aairie d*inconvéaients réels. Et aoaaenleinent renlèvement prématuré des molaires temporaires compromet le pariait déveloi))pement des bicuspidées qui leur succèdent , par la déchirure du cordon que j*ai décrit plus haul^, mais encore, si cette extraction est effectuée avant que les dents pennanentes soient près d'arriver à leur situation définitive, la mâchoire l'affaissera à mesure cfue Tenfant grandira , et les dents de la seconde dentitioa ne trouvant plas d'espace suffisant, seront forcées de pousser dans une direction ri* «ieuae* Ces ofejectioai s'appliqueat À re&trtetioa prénatarée de tonte dent temporaire.
DË6 O^HtS. H
Mte MMMM dttlMte I'ttifllifli^er du tissti priAfttf de la dent. Lori4tt*mi6 •bm a été usée jusqu'à pèo de distance de sod oollei, on peut toujours voit I la pMtie moyenne de sa surface un endroit oâ la substance osseuse est pRM transparente , plus moHe en général , et en même temps d'une couleur fUm sombre, ce qui est dû , Jusqu'à un «certain point, à la présence de la cavité obseuré située au-dessous (pi. 5, fig. 96^ 96). Chacun peut se con- ▼ai ficre de la vérité de ces remarques en prenant deux dents de la même el^Mè, mais appmtenam à des sujets d'âge très^iR^Sretit, de manière que rune éoit arrivée an moment de son entier développement, et que l'autre soft usée presque Jusqu'à son collet. Dans cette dernière > on observera lé point obscur êitué au eetttre de la dent, et si , par une section , on enlève tar k dent entière une portion égale à celle qui a été usée sur la vieiHe dent, la section pénétrera dans la cavité de la dent; tandis qu'en examl*- Mnt rautre, on verra que sa cavité est remplie au-dessous de sa surûtee supérieure. €e feit est en opposition avec l'opinion que le trou qui condnH éans la cavité de la dent s'oblitère; une autre preuve de l'inexactitude dé èeite opinion, c'est que j'ai pu injecter des vaisseaux jusque dans la cavité des dents sur des sujets très-ftgés , bien que le procès alvéolaire eût été détruit et que les dents fbssent très-vacillantes dans la gencive.
Ofi voit souvent des vieillards avoir de très-bonnes dents , qui sont se«h ieflient usées d'une manière remarquable. La raison de ce fait, c'est que ^bet ces personnes les dents ou les procès alvéolaires n'ont jamais été asse< gravement altérés pour qu'il en résultât la chute d'une dent. En effet , ^'itne deût soit perdue accidentellement, les autres souffriront nécessairement plus ou moins, bien qu'elles soient saines et qu'il y ait tout lieu de eroire qu'elles se seraient conservées telles sans cet accident. Cette cause débilitante est d'autant plus int^se que le nombre des dents perdues est pitt considérable. Cette remarque prouve que les dents se soutiennent Tune ftotre(*).
Dé Paccroissefneni continu des dents.
On a avancé que les dents poussent continuellement et que l'usure a pour résultat de les maintenir toiiyours à la même longueur; mais leur aocroll^ sèment se Êiit tout d'une fois jusqu'à leur développement complet, et, ensulte^ elles s'usent par degrés , sans qu'il y ait même apparence qu'elles con>
(*) t^Mlditkm êê naftè^e par la^mAt là tiâvité iatefn* det dMU nt i*eiD{iUt i^M Uê "fiéliàriê , partit étf vtae eoméqiieace d« la perte de nbttaiiee qa*etlet éproujmUt à leur sorface. A mesure que la couche otseute superficielle est rendue plst BMice par l'aenr», la aiembrane qai Upisse la carité Interne, et qni, conune je l'ai démontré plus haut, a sécrété primitivement la portion osseuse de la dent, reprend alors •on aetiOD ossifique , et prçduit une nouTelle couche de matière osseuse qui , dans quelques cas, remplit à la fin raUéole et oblitère la cavité de la membrane qui Ta sécrétée. Cest ce qui arrive particulièrement chez les marins qui sé sont nourris sou* veut atee des biscoits très^urs ; ee mode d*alimentatioii est très-propre à accétérer f*afiM de la sltrAiee des dente, phénomètte qai est érideaneni aiial»s«e à celtti de rasare des dents ches les animaux grasiiiiiTores. T« %s
tinuent à prendre de Taecroisseinent. Les dents sortîraieDt probablement nn peu plus de la gencive si celles de la mâchoire opposée n*y mettaient obstacle; en effet, chez déjeunes sujets qui avaient perdu une dent avant que les autres eussent atteint toute leur longueur, j*ai vu la dent opposée à celle qui manquait sortir un peu au delà des autres avant qu'elles fussent usées le moins du monde. Il est à remarquer aussi que, lorsqu'une dent est perdue, la dent opposée peut faire plus de saillie par TefTet de la disposition du procès alvéolaire à s'élever plus haut et à combler le fond de Falvéole. L'absence de la pression qu'exercent naturellement les dents les unes contre les autres paratt faire naître cette disposition dans les pro> ces alvéolaires, ce qui est surtout démontré par les cas où des dents sont formées dans leurs alvéoles plus profondément qu'à l'ordinaire. On a avancé, à l'appui de l'opinion que les dents continuent à s'accroître, que la place d'une dent tombée est presque remplie par l'augmentation d'épaisseur des deux dents adjacentes et par l'allongement de la dent opposée. Mais œ fait a été rapporté évidemment avec inexactitude; ou les observations ost été faites sur des mâchoires sefnblables.à celles qui sont indiquées ci-dessus, ou l'aspect des parties n'a pas été examiné avec une attention suffisante. En effet, si l'espace paratt être devenu plus étroit par le rapprochement des deux dents adjacentes , ce n'est pas parce que ces dents ont augmenté de volume, mais parce qu'elles se sont portées du côté où elles n'étaient plus soutenues; il résulte de là qu'elles prennent une direction oblique, à laquelle participent plusieurs dents adjacentes à un degré de moins en moins marqué, et qui est plue remarquable sur les dents qui sont en arrière de l'espace vide que çur celles qui sont en avant.
Dans la mâchoire inférieure, les dents postérieures ne sont pas plantées verticalement; elles sont toutes inclinées en avant, et l'abaissement de la mâchoire augmente cette disposition; l'action des dents, quand elles sont hors de la direction verticale , tend aussi à augmenter cette direction oblique, de même qu'uhe paire de ciseaux, en coupant, pousse en avant, c'est-à-dire loin du centre du mouvement, les corps qui sont situés entre ses lames. C'est pour cette raison , je pense , que la disposition dont il vient d'être parlé s'observe le plus communément à la mâchoire inférieure.
Il doit être évident, d'ailleurs, que les dents n'augmentent pas de largeur d'une manière continue, pour toute personne qui considère que, chez beaucoup de sujets, les dents sont situées assez loin l'une de l'autre pendant toute la vie pour qu'il se trouve entre elles des espaces considérables, ce qui ne pourrait avoir lieu si elles augmentaient sans cesse d'épaisseur.
On pourrait ajouter que, d'après cette hypothèse, les dents de sagesse devraient atteindre un volume énorme d'avant en arrière, puisque aucune pression n'y fait obstacle dans ce sens, et que chez les personnes qui n'offrent,point de dent de sagesse à une mâchoire, ce qui est très-commun, la dent correspondante de la mâchoire opposée devrait acquérir une longueur inaccoutumée; mais on p'observe ni l'qn ni TAutre de ces degjc ' résultats.
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DES DENTS. I^f
Je n*ai pas besoin de dire que , lorsqu'une dent a perdu celle qui lui était opposée, elle devient réellement avec le temps plus longue que les autres de tout ce que ces dernières ont perdu par Tusure; je ferai remarquer que Cfttedent devient non-seulement plus longue, mais encore plus pointue : le sommet de la dent se loge dans l'espace vide, et ses deux faces latérales frottent contre les côtés des deux dents qui limitent cet espace.
Le mode de formation des dents démontre aussi que leur accroissement le peut aller au delà d'un certain volume. Et je ferai observer ici que j'ai trouvé souvent sur des cadavres d'adultes la cuspidée gauche de la mâchoire supérieure dont la pointe faisait à peine sailliç hors du procès alvéolaire, quoique cette dent fût complètement formée et plus longue que ladeot correspondante de toute la pointe qui, sur cette dernière, était usée (pi. 6, fig. 8). Cette dent, au début de sa formation, s'était trouvée ntoée dans la mâchoire plus profondément qu'à l'ordinaire, et, après s'être développée jusqu'à sa grandeur normale, elle avait cessé de s'alkmger, quoique la prétendue résistance de la dent opposée ne pût en aucune manière mettre des bornes à son accroissement. Cependant , il arrive ordinairement, dans ces cas, que la dent continue à sortir de plus en plus delà gencive; non qu'elle s'aHonge en réalité, mais parce que Talvéole s'oblitère progressivement au niveau de la pointe de sa racine, et, de cette manière, la chasse insensiblement hors de sa cavité:
De la sensibilité des dents.
Les dents semblent être très-sensibles, car elles paraissent sujettes à de vives douleurs , et elles sont facilement et promptement affectées par la dialeur ou par le froid.
On peut supposer que la portion osseuse n'est point capable de transmettre par elle-même des sensations au cerveau, puisqu'elle est usée par la mastication , et que, pendant la vie, les dents peuvent être soumises à des opérations sans qu'il en résulte souvent aucun sentiment de douleur dans la partie même.
Il est bien connu que la cavité de la dent est le siège d'une sensibilité exquise, et Ton pense que cette sensibilité est due au nerf qui est situé dans cette cavité. Il semblerait que ce nerf est plus sensible que ne le sont les nerfs en général , c^r on n'observe dans 2\ucun nerf du corps , mis à découvert soit à la suite d'une blessure, soit dans un ulcère, les effets violents qui résultent de la denudation des nerfs des dents. Peut-être l'inteusité et la rapidité avec lesquelles la sensation du chaud et celle du froid sont perçues dans les dents, dépendent-elles de ce que, dans ces organes, ces sensations sont communiquées au nerf plus tôt que dans toute autre partie du corps (*).
(*) n est facile de prourcr qne la snbutaoce de» denu est capable de transmettre pnr ftie-méme des sensations au cerveau, malgré la condnsion contraire émise par Huoter. Kb effet, d*oà Tiendrait la rire sensation qoe Ton éprouve si communément quand le «>llet d'une dent est touclic arec Tongle ou btcc nn instrument dur et acéré, ou lor«-
ta HIST01B2 KÀTUAELLE .
Dei dêtUt sumumértrIrêÊ.
On observe souvent des dents surnuméraires ; cette anomalie, ainsf que quelques autres , se présente plus souvent à la mâchoire supérieure qu*à
qii*aoe portion de rémaU MoleoMot est brisée à la surûioe d*«nie dent? Dans û9 der* nier cas, toos les antres points de la dent pensent être tovdiés sans qn'anoone sana» tion soit ppodoite ; nais aaasit6t que rinstranient fiant tn oontaet avec la povtiMi dénudée de i*os, «ne sensation tït^ et donlonreuse est perçae à l'instant T. B.
« Les denu» dit le professenr Gravas (Tkê Dublin foumal, n" afi, et Areiw^tê gétU^ raUs d^ médecine, t. XL , p. 460) , étant fixées d*utie manière immobile dans les ffiâ» . e^oires, n*ont pas besoin de rcceroir des nerfs dn mouTement; mais elles re^ivcikt un grand nombre de filets naissant de la cinquième paire » qui est on nerf dn sentiment; lenr appareil nerveux est développé et répandu dans leur substance, dç manière à fkire voir que la nature a disposé cette partie du système nerre^uz areo plus de soin qu'aucune partie des nerfii destinés k la fonction du toucher. Sous ce rapport, Tappareil nerreux dentaire approche jusqu'à un certain point de la perfeetioa dea appareils nerrcox de» organes des sens. Certainement anciine partie de Peooaoan*
animale ne semble plus admirable que celle oè un nerf mon et pulpeux se I associé, pour Tacoomplissement d'une fonction, atee une subttanee oeaenie ^ solide } car les dents, bien qu'encroûtées d'une coqohe d'émail ^nssi dure que l'aciar» sont des organes très-délicats du toucher. Les corps les plus petits, s'ils sont dar»« sont distinctement sentis quand ils sont placés entre les bords des dents { et même , la présence des corps moins résistants , comme un morceau de papier ou une feuiUe de rose, peut être appréciée.
« On n'a pas assez fait attention au Uct délicat dont jouissent les dents; on ne s'est pas suffisamment arrêté snr l'usage de cette faculté à qui sont dues k ItcUité et la précision avec lesqueUes les denU, considérées comm« instraments, rempliasmit la fonction qui leur est dévolue et qui consiste à diviser, à déobirer et à broyer let %lim ments. (Test la sensibilité spéciale départie à leurs borda qui nous donne , à rinstaat même , la conscience de la position du liol alimentaire, et de plusieurs de ses qualités physiques, telles que sa dureté, sa consistance, sa forme, son volume, etc. En conséquence de l'espèce d'examen que les dents exercent sur le bol alimentaire, celui-ci est soumis à l'action des dents à IHnstant même, ou bien il est transporté dans une autro partie de la bouche afin que les dents d'une autre foraie puissent agir sur loi* Sans ce Uct exquis, les deux rangées de dents ne pourraient pas agb de concert ; lea incisives et les molaires de la mâchoire inférieure ne pourraient pas adapter leov bord traniJiBut on leur surface de broiement aux mêmes parties des deata de la mâ«. choire supérieure ; les muscles de la inichoire inférieure ne seraient pas ccmvenablement instruits des mouvements qu'ils ont à -exécuter.
«Dans le fait, les dents ne sont pas seulement des instruments coupants; ^es semblent douées d'une sorte d'intelligence. Il est vrai qu'elles sont aidées par la langue et la surface interne des joues, dans la fonction qui consiste à apprécier le volume, la position , la dureté et les autres qualités physiques du bol alimentaire. Mais elles remplissent, en outre, une fonetmn spéciale, eelle d'apprécier la texture intime des sabetances qui sont soumises à leur action immédiate, et de nous avertir à l'instant même quand le bol alimentaire renferme quelque principe qoi soit nuisible à leur propre substance. Sans cette faculté tactile, nos dents seraient bien vite usées eu brisées par des corps très* petits mais très-durs , tels que les grains de sable qu'il est impossible, malgré les plus grands soins, d'écarter d'une manière complète de poa ■limtati t nais que lea dênti décoarreat au iiHm^nt n^e où ils Titan^at mepatacl
DES BENTS. 79
Piaiântinè , tt porta tonjoim , si je ne mt tionipe , far laè tooiiifM tt les ciMpidées. Je ii*«i rtncoatré qu'un cas de cette espèce \ o'éuit à la mâchoire sapémure d*un cnfiBint âgé d'environ neuf mois; on voyait les oorpe de deux dents semblables pour la forme aux euspidées et placées direete- QMot derrière les corps des deux premières incisives permanentes ; de aorte qtt'il se trouvait trois dents placées Tune derrière Tautre sur la oséme ligne; saToir, Tinctsive temporaire , le oorps de Tincisive permanente et la dent sumoméraire. Ce qu'il y avait de plus remarquable , c'est que ces dents somuroéraire» étaient renversées; leurs pointes étaient toornées en haut et avaient été courbées par la résistance du tissu osseux situé au -dessus d'elles, qui n'avait pas cédé' à leur développement comme le procès al* véolaîre. ,
Il arrive aouvent que les incisives et les euspidées, surtout h la ma- . (teire supérieure, sont placées si irrégulièrement qu'elles offrent Taspeel d'une double rangée de dents. J'en ai vu un exemple remarquable chea un esifafit : la seconde incisive de chaque cdté était placée plus en arrière qu'il n'arrive ordinairement; la cuspidée et la première incisive étaient plus près l'une de l'autre que lorsque la seconde incisive est placée dlreo^ tement entre elles, de sorte que l'on croyait voir deux ranges de deotS' Pane derrière l'autre.
Ce déplacement n'a lieu que pour les dents permanentes , et dépend d'an défaut d'ampleur sufBsante dans la mâchoire pour la seconde dentitien ; car l'os maxillaire se développe avec les premières dents et ne s'ao» cnAt jamais ensuite ; de sorte que si la série des dents permanentea n'empiète pas sur la partie postérieure de la mâchoijne , elles sont foreéei de efaevaucher les unes sur les autres , et elles présentent l'aspect de deux wngéesC).
De Vusage des dents relativement à la parole.
Les dents servent principalement h la mastication , et cet usage n*a pu besoin d'être expliqué davantage.
Elles ont aussi une fonction secondaire , celle de donner de la force et de la netteté è la voix , ainsi qu'on peut en juger par l'altération que subit la parole quand les dents sont perdues.
•vie bon bord*, et tvr leaqntlt eUes refaseat d*agb. Sont et poiat à» ▼•«, 1m dents pesrent être ooB«idéréet ooaait dm espaces de doigU âzét daae le boaelM • qii sost dcetioés à seelir, à explorer et à ajuster le bol elimeataire , «Tml de b pbfov daos la position la plus cooTenable poor la mastioation. » G. Ri«asur««
(*) Les deots surni^éraires sont loin d*étre rares , et cette anomalie ne porte pas sealement , comme Hanter le suppose , sur les incisÎTes et les euspidées , car on ea trouve assez souTçnt auprès des dernières molaires. Celles que Ton Toit à la partie antérieure de la bouche ressemblent toujours à une cuspidée petite et mal conformée, et celles qui sont près des molaires ont la couronne plus large et tronquée, an peu comme les dents voisines. Il est presque inutile d'ajouter que l'espèce d*irré« gslarité cHée dams le aecoad alinéa de ee chapitre se présente tfèe-firéqneoMMnt.
Toutefois, cette alteration peat ne pas dépendre entièrement de Fèbsence des dents , considérée en dle-méme ; elle peut être due , jusqu'à un certain point , à ce que les autres organes de la voix , s'étant accoutuniés à leur présence , ne se trouvent plus dans les mêmes conditions mécaniques lorsqu'elles sont tombées , et ne s'adaptent qu'imparfaitement au nouvel instrument. Je crois cependant que l'habitude n'a pas ici une grande influence, car les personnes qui sont dans ce cas peuv^t rarement, ou même ne peuvent jamais surmonter cette défectuosité; et les jeunes en* fants dont les dents tombent , et qui sont peut-être pendant six mois oo davantage sans dents de devant, présentent toujours, jusqu'à ce que les nouvelles dents aient poussé , ce vice de la prononciation qui redevient nette à mesure que les dents poussent.
Cet usage paratt appartenir exclusivement aux dents de devant , car la perte de Tune d'elles cause une grande altération de la parole, tandis que la perte de deux ou trois molaires ne paratt point avoir d'effet sensible. Un fait qui est en faveur de Topinion que les dents servent à modifier le son de la voix, c'est que les dents de devant a|$paraissent à l'époque où les enfants commencent, à articuler des sons; or, à cette époque, elles ne sont pas assez affermies dans les gencives pour pouvoir être d'une grande utilité dans la mastication.
Tout vice de la parole, provenant de cette défectuosité de l'organe, s'accompagne en général de ce qu'on appelle grasseyer. Les personnes qui ont perdu toutes leurs dents, et par conséquent surtout les vieillards , perdent' une grande partie de leur voix. Cela dépend un peu de la perte des dents de devant, mais principalement de la perte de toutes les dents et des procès alvéolaires des deux mâchoires , qui fait que la bouche se trouve trop petite pour la langue; en outre, les lèvres et les joues étant devenues flasques, ne sont plus susceptibles de mouvements précis dans l'articulation des sons, de sorte que les mots et Ips syllabes sont prononcés d'une manière peu distincte , et se confondent les uns dans les autres.
De la classification des dents humaines dans le règne animal.
Les naturalistes se sont donné beaucoup de peine pour prouver, en s'appuyant sur la forme des dents, que l'homme n'est point un am'ma| carnivore; mais en cela, comme en beaucoup d'autres choses, ils n'ont point été exacts dans leurs définitions, et ils n'ont pas su déterminer ce que c'est qu'un animal carnivore. *
S'ils entendent par là un animal qui saisit sa proie et la tue avec ses dents , et qui mange la chair de cette proie aussitôt qu'elle est tuée, ils ont raison; l'homme n'est point un animal carnivore dans ce sens, aussi ses dents ne sont pas semblables à celles du lion ; c'est, je pense, ce qu'ils ont voulu dire.
Mais s'ils veulent exprimer que les dents humaines ne sont point appropriées pour manger de la chair qui a été prise, tuée, et apprêtée
DES DENTS. 8i
d*après les règles de l'art, sous les formes diverses que Tesprit humain a pu inventer, ils ont tort.
D'après cette manière étroite de raisonner, il serait difticile de dire à quelle nourriture les dents humaines sont appropriées, car, pour des raisons semblahles , l'homme n'est point un animal graminivore , attenda que ses dents ne sont point disposées pour broyer des aliments tirés do règne végétal, etc.; elles ne sont point faites, par exemple, comme celles des vaches et des chevaux.
Le point de vue sous lequel nous devons envisager ce sujet, c'est que rbomroe est un animal plus parfait ou plus compliqué que tous les autres; qu'il n'est point destiné comme les autres à se procurer sa nourriture avec ses dents, mais au moyen de ses mains, en se dirigeant par son industrie supérieure; que ses dents lui ont été données seulement pour mâcher les ahments afln d'en faciliter la digestion. Ses dents, comme ses autres organes digestifs, sont convenablement disposées pour la conversion en sang des substances animales et des substances végétales. Il résulte de là qu'il peut vivre dans des circonstances beaucoup plus variées que tous les autres animaux, et qu'il a plus d'occasions d'exercer les facultés de son esprit. On doit donc le considérer comme un être eomposé, dont l'organisation comporte également une alimentation animale et une alimentation végétale.
Des maladies des dents.
Les dents sont sujettes à des maladies y aussi bien que les autres parties du corps. En général, leurs lésions s'accompagnent de douleur , et c'est même ordinairement par ce symptôme que leurs affections morbides s'annoncenf.
La douleur des dents est causée en grande partie par le contact de l'air avec le nerf de la cavité dentaire, car cette douleur existe rarement sans que la cavité soit exposée à l'air.
Il n'est pas facile de dire par quel mécanisme la cavité de la dent esf ainsi mise à découvert.
La maladie la plus commune à laquelle les dents soient sujettes, commence par une petite tache noirâtre qui est située généralement sur le côté de là dent qui n'est exposé à aucune pression ; on ignore jusqu'à présent quelle est la cause qui la fait naître. I^ substance de la dent dont la couleur est ainsi altérée se détruit peu à peu, et une ouverture se forme dans la cavité dentaire. Aussitôt que l'air a pénétré par cette voie, Il survient une vive douleur qu'on est en droit d'attribuer à l'introduction de l'air, car on peut la faire cesser en remplissant la cavité avee du plomb, de la cire, etc. Cette douleur ne se fait pas toujours sentii* ; les aliments ou d'autres substances remplissent peut-être le trou de temps en temps, et préviennent l'accès de l'air et par conséquent la douleur pendant le temps qu'elles y restent. Quand une ouverture est faite dans la cavité de la dent, sa surface interne commence à se détruire; elle devient plus grande ; l'haleine contracte souvent eii même temps une II. 6
67 HISTOffiE NATURELLE
odeur fétide, et la substance osseuse continue à perdre de son épaisseur jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus supporter la pression de la dent opposée; alors elle se brise et met la cavité largement à découvert.
On n'a encore trouvé aucun moyen de prévenir ni de guérir cette maladie. Tout ce que Ton peut faire, c'est de remplir, le trou avec du plomb; on empêche ainsi la douleur et l'on retarde la destruction de la dent ; mais cette obturation n'est pas praticable après que la dent s'est brisée, et par conséquent, il vaut mieux alors Tarracher.
Le mode d'extraction le plus convenable est celui dans lequel la dent est tirée suivant la direction de son axe; mais comme on ne peut procéder ainsi avec les instruments qui sont en usage à présent, et qui agissent latér-alement, ce qu'on a de mieux à faire c'est d'extraire la dent du côté oi^ le procès alvéolaire est le plus faible, c'est-à-dire, en dedans pour les deux dernières molaires de chaque côté de la mâchoire inférieure, et en dehors pour toutes les autres dents.
. Il arrive généralement , lorsqu'on arrache une dent, et surtout une molaire, que le procès alvéolaire est brisé ; mais cette fracture n'a point de conséquences fâcheuses , car la partie du procès alvéolaire d'où la dent a été extraite se détruit toujours. *
Lorsqu'on arrache une dent, le malade per^goit un bruit rauque et désagréable, qui se fait toujours entendre quand un frottement violent est exercé sur les os de la tête {*),
Du nettoyage des dents.
D'après ce qui a été dit sur la nature et les usages de l*émail , il est évident que tout ce qui est capable de le détruire doit être considéré comme dangereux. Ainsi, tous les acides , les poudres mêlées de gravier et les autres procédés vicieux qu'on emploie pour nettoyer les dents sont préjudiciables. Maîs^il est convenable et utile de débarrasser les dents des concrétions pierreuses qui se forinent fréquemment au niveau de leur collet, en ayant soin de ne rien gratter que cette substance étrangère. Si cette matière n'est pas enlevée artiflciellement, sa quantité augmente de plus en plus, et elle peut altérer la gencive. Elle se forme d'abord sur la dent, auprès de la gencive, mais non dans l'angle rentrant que forme la gencive avec la dent, parce que le mouvement de la gencive empêche son accumulation dans cet endroit. J'ai vu cette concrétion couvrir nonseulement toute la dent, mais encore une grande partie delà gencive; dans de tels cas , on observe toujours en même temps une accumulation de matière très-putride, fréquemment une grande sensibilité et l'ulcération de la gencive, et il est absolument nécessaire de nettoyer les dents (**).
(•) Les pinces de direrses formes et les simples élcratenrs dont l'nsage « été Introduit daas U pratique, ont rendu bcnucoup plus facile rcxtraclion des denu à tine •enle racine et des cbicots ; mai^ on doit reconualtre que la clef est encore l'instmment le pins certain dans beaucoup de cas, et peut-être dans le plus grand ïiombft. T. B.
(**) Les fluides fnimaus » lorsqu'ils sont bors dt U circulation générale , anrtovt