DES CHANCRES CHEZ LA FEMME
Les femmes peuvent, comme les hommes, contracter des chancres, mais chez elles la maladie est moins compliquée, à cause de la simplicité des parties qui en sont le siège. Chez la femme, en effet, on n'a à com* battre que la maladie en elle-mâme et Tinfection constitutionndie; la structure des parties malade^ ne donne naissance à aucun symptdnM particulier.
Quand le pus vénérien est Introduit dans le vagin ou dans Turètre , il irrite une surface sécrétante, ainsi que je Tai dit en traitant de la maladie vénérienne, en général, et de cette maladie chez les femmes, en particulier. Lorsque ce pus est mis en contact avec la face interne des grandes lèvres ou des nymphes, ces parties deviennent souvent le siège d'une gonorrhée seulement, mais, de même que le gland chez Thomme, elles peuvent aussi devenir le siège d'une ulcération. Les ulcérations sont ^ en général , plus nombreuses chez les femmes que chez les hommes ^ parce que la surface sur laquelle elles se forment est beaucoup plus étendue. On les observe sur le bord de^ grandes lèvres , quelquefois sur la face externe de ces mêmes parties, et même sur le périnée.
Les ulcères qui se forment à la partie interne des grandes lèvres ou des nymphes, ne se dessèchent jamais et ne se recouvrent jamais d'une croûte ; mais quant à ceux qui sont situés à la face externe , le pus se dessèche souvent sur eux et leur forme une croûte semblable à cdle qui recouvre les chancres du <x>rps de la verge et du scrotum.
Le pus vénérien qui s'écoule de ces ulcères a beaucoup de tendance à s'écouler le long du périnée jusqu'à l'anus, comme dans la gonorrhée, et à excorier les parties, surtout aux environs de l'anus, où la peau est mince ; et souvent il produit des chancres dans ces parties.
On a observé des chancres dans le vagin , et je pense que ces chancres n'étaient point primitifs , mais qu'ils étaient le résultat de l'extension des ulcères situés à la face interne des grandes lèvres (*).
Cette forme de la syphilis , de même que la gonorrhée , est entièrement
(*) On obseire de temps en temps dans le Tagin des chancres primitifs qui sont sitnés soit sur la membrane muqueuse qui tapisse le Tagin, soit sur le museau de tanche lui-même. La présence de ces chancres ne peut être reconnue qu'avec Taide du spéculum. Cependant, les ulcères sont très-rares sur ces parties profondes, bien qu^eUes soient très-exposées au contact du yims Téuérien pendant le coït.
locale, aussi bien diez la femme que chez Thomme, la oonstitiition n'y prenant part que sympathiquement, et bien plus rarement, je crois, qu'elle ne le fait dans les cas de gonorrbée (*).
(*) Je n'ajouterai rien à ee que j*ai dit en parlant dn chancre en général (p. 419)1 et je ne reriendrai point «nr mes opinions, que M. Babington adopte, quant aux chancres du vagin et de l'utérus. Senleinent, je ferai remarquer que le chancre est loin d'être toujours, chez la femme, une affection aussi simple que semblait le croire Hunter, et qu'il n'est pas rare, an contraire, de le Toir compliqué de tous les accidents qui peuvent survenir ches Fhomme, qu'il ait pour siège U vulve, l'urètre, le vagin ou l'utérus.
Toutefois , ce chapitre mérite encore de fixer notre attention ; car mal compris et mal expliqué dans quelques passager , il a fait prêter à Hunter des idées que ce grand maître n'a jamais eues. En effet. Hunter reconnaît ici, comme dans tout le reste de son livre, que le chancre, aussi bien que la Uennorrfaagie, dans les deux sexes, est d'abord une affection entièi^ement locale, dont les effets consécutifs, quand il 7 en a , sont de deux ordres distincts, suivant quUls sont ou le résulut de r absorption du virus, qui produit la syphilis constitutionnelle, ou le fait de simples réactions symphatiques qui déterminait U fièvre , l'agitatioD , etc. C'est donc à tort que quelques sypbilographes, fauteurs de l'école dite physiologique, ont cru trouver dans les écrits de Hunter, l'aveu de U doctrine des sympathies telle qu'ils l'ont professée ; car Hunter avait trop bien observé pour tomber dans une teUe erreur.
Mais en admettant les distinctions si vraies et si pratiques de Hunter, en reoon* naissant avec lui que la blennorrhagie provoque plus souvent des réactions sympathiques que le chancre, je n'accorde cependant qu'au chancre la faculté de déterminer l'infection oonstitutionneUe ou ^'empoisonnement général par voie d'absorption. P. RiCORO.