II
530 SYPHILIS CONSTTTUTIOiraELLE,
sécrété par le malade lui-même lui communiquerait la maladie une seconde fois, puis une troisième fois, et ainsi de suite (*).
Mais la matière vénérienne , quand elle a pénétré dans la constitution, donne naissance à une irritation qui a la propriété de se perpétuer indépendamment de toute continuation de l'absorption, et à laquelle la constitution n'a nullement la puissance de résister ; de sorte que les progrès de la syphilis constitutionnelle ne s'arrêtent point. Cette circonstance fournit peut-être les meilleurs signes distinctifs de la syphilis constitutionnelle. En effet , on retrouve souvent une imitation de ses ulcères et de ses taches dans d'autres maladies qui, n'ayant pas la même propriété , se guérissent dans la partie qu'elles occupent actuellement pour reparaître dans d'autres ; les maladies qui se comportent ainsi indiquent d'elles-mêmes qu'elles ne sont pas vénériennes. Cependant, parce que des maladies ne se guérissent point d'elles-mêmes et ne cèdent qu'à l'emploi du mercure, il ne faudrait pas toujours en conclure qu'elles sont vénériennes , bien que cette circonstance réunie a d'autres donne une forte présomption qu'elles le sont (**).
Les altérations locales de la syphilis constitutionnelle s'accompagnent ordinairement de Gèvre, d'agitation ou d*insomnie, et souvent de céphalalgie. Mais je crois que ces symptômes se manifestent plus particulièrement quand la maladie affecte les parties du second ordre, savoir, le périoste et les os (pag. 160) , bien qu'on les observe quelquefois quand les parties du premier ordre, c'est-à-dire, la peau, la gorge ou le nez, sont. malades. Ces symptômes proviennent-ils de ce que les irritations locales affectent la constitution.' sont-ils purement sympathiques? Quelle qu^en soit la cause immédiate, ils ne disparaissent jamais que lorsque les irritations locales sont détruites. Cette fièvre ressemble d'abord beaucoup à la fièvre rhumatique; et au bout d'un certain temps, elle participe beaucoup de la nature de la fièvre hectique.
Ces symptômes sç manifestent souvent indépendamment de toute action locale , et sans en être accompagnés ; il est très-difficile alors de reconnaître la véritable nature de la maladie , et dans les cas qui ne sont pas susceptibles d'une démonstration bien claire , il faut rassembler et étudier avec soin toutes les circonstances. Plusieurs de ces symptômes cèdent à reai(>U)i du mercure, et c'^st peut-être la seule circonstanoe qui puisse JMMifi (MTter à admettre qu'ils dépendent de la présence du TÎnis sypfaiii-
(*) Oetf «oMidéftttioii safilt pour démontttr rimpotsibilité d« toir Smut ê^ U «Éiioto ekn kméoM sujet» *i ce ii*est après un certain interralle de tempe , povru fue U première éruption êkt\ké complète; car il la contiftion n^écait pas moWiSée par «le preaùère Tatiole, de manière à n'être pins susceptible de la même irritation, let malack» la oontraeteraient nne seconde fois immédiatement après la eesmtion Se la première. lonn Hrarsm.
(**) On sait positiTemcnt que des accidents secondaires caractéristiqnes, non-senlement penvcnt guérir par d'autres raOTens qne par le mercure, mais que sonrent ils disparaissent seuls, dans un point, pour se reproduire dans «i aitre, et ceb à plnsienrs reprises et pendant des temps plos on moins longs. JP, AzcoftOb
SYPHILIS CONSTITUUONNEIiLE. i91
tique (*). Ce qui paraît, il est vrai, s'élever contre cette manière de voir, c*est que, le plus souvent, il suffît, pour la guérison de ces symptômes^ d*une quantité de mercure beaucoup moins considérable que celle qui est« nécessaire pour la guérison des affections vénériennes locales. Mais si le (nercure les guérissait toujours, i) importerait peu de savoir quel nom on doit leur donner. La question qi^ est digne d'être édaircie, c'eç^ celle de savoir si le poison véoérien, quand il a pénétré dans la constitution, produit toujours,, ou seulement dans certains cas, des effets locaux. Il est certain qu'il produit ces effets en général ; mais il n'est pas certaiq qu'il puisse causer seulement des symptôaies constitutionnels t tels que la perte de l'appétit, l'amaigrissement, la débilité, Tin^mnie et une fièvre qui finit par prendre le caractère de la fièvre hectique. Il n'est pas plus certain qu'il puisse produire des actions morbides locales , seulement par irritation et sans altération de la structure des parties irri^ tées, comme seraient la toux, une sécrétion morbide des bronches, la diarrhée, la céphalalgie, des uausées t des douleurs semblables aux doubleurs rhumatismales dans diverses parties du corps ^ symptômes qui ne dépendraient pas d)s l'évolutiou d'une altération de tissu comme dans les nodus. commençants. Si de tels symptômes se présentaient, il faudrait s'en rapporter entièrement à l'histoire de la maladif, et prononceip selon les probabilités. Les maladies de cette espèce sont soiJMpise^ moins souvent à l'observation des chirurgiens qu'à celle des médecins, à l'attention desquels je les recommande vivement,
La fièvre qui es^ consécutive à l'irritation vénérienne, de même quç la plupart des autres fièvres, trouble la constitution, qui,, sous cette influence, souffre d'une manière conforme à s^ tendance naturelle. Elle peut produire des gonflements glandulaires dans plusieurs parties du corps , et il est probable que plusieurs des nôdus qui se forpient pendant la durée de cette fièvre ont en elle leur point de départ. De même que tous les effets morbides analogues , quelle qu'en soit la cause , ces accidents locaux ne participent pas de la nature de la maladie qui les a fail naître, car ils ne sont point vénériens. Ils ne se manifestent que dans les constitutions très-susceptibles d'une telle action , lorsque la cause prédisposante est forte, et probablement dans les saisons qui sont les plus propres à produire cette action morbide, la disposition n'attendant plus alors qu'une cause immédiate pour se transformer en actiQn. Lef affections de cette espèce se dissipent d'elles-mêmes quand c^ssi la cause prédisposante , comme la saison C*)*
{*) n est bien entenda que la circoDStance d^uçe gonorrliée oti <l*un chancre qHt aurait existé autériearement ne doit pas être considérée comme une preuve bien forte. foBin Du^t{:b.
(**} Ici, dans «• ^'il «ff dk les aymptô^ies f^éoért^ï^ of $fm^ûi]qu9», Uumipr % quelquefois pris Teffet pour la cause, comme dans ce qui a trait an nodus. £n effet, on Toitbien plus souvent les nodus se dérclopper sans fièvre, que précçdés de ce symptôme , dans la succession régulière des accidents syphilitiques, t^. Aicokb.
«« SYPHILIS COXSTITUTFONWELLE.
$ lY. La syphilis primitive et la syphilis constitutionnelle n^exercent Jamais tune sur Vautre aucune influence^
Tai fait observer, en traitant de la gonorrhée et du chancre, que lorsque ces deux formes de la maladie se développent chez le même malade , Tune des deux n*accrolt point les symptômes de Tautre, et n'en retarde point la guérison. De même, lorsque le chancre ou la gonorrhée et lasyphilis constitutionnelle s'établissent chez le même sujet , les deux alfectious n'exercent Tune sur l'autre aucune influence réciproque , soit pour les symptômes, soit pour la guérison.
Pour mettre davantage en lumière la pensée que je viens d'exprimer, je rappellerai que si , chez un homme qui a une gonorrhée, il survient un chancre au bout de quelques jours , l'apparition du chancre n'augmente ni ne diminue la gonorrhée. De même , si un homme est atteint d'une gonorrhée ou d'un chancre, ou de tous les deux, et qu'il survienne chez lui une syphilis constitutionnelle comme conséquence de l'une ou de l'autre de ces deux affections primitives, la gonorrhée ou le cliancre n'en- reçoit aucune influence. Qu'un homme atteint de syphilis constitutionnelle contracte une gonorrhée ou un chancre, ou les deux, ces dernières affections n'exercent aucune influence sur la syphilis constitutionnelle, et leurs symptômes propres n'en sont point plus graves. La guérison de chacune des affections prise isolément n'est point retardée par la présence de l'autre; en effet, la gonorrhée est guérie aussi facilement quand il y a des chancres que quand il n'y en a point, lors même qu'on ne dirige aucun moyen thérapeutique contre ceux-ci ; et le chancre peut être guéri localement indépendamment de la gonorrhée. En outre, la gonorrhée, le chancre, ou les deux réunis, peuvent être guéris aussi facilement quand la constitution est infectée soit par eux , soit antérieurement à leur manifestation , que lorsque le sujet est dans un état parfait de santé; mais le chancre a cet avantage, que la constitution ne peut être guérie sans qu'il le soit en même temps.
Il est vrai que la gonorrhée et le chancre , ainsi que je l'ai dit plus haut, agissent l'un sur l'autre de telle sorte, que l'un peut jusqu'à un certain point prévenir la manifestation de l'autre; mais je ne crois pas que cette influence réciproque agisse dans la curation de ces deux maladies. Cependant, je conçois la possibilité d'un tel résultat, en considérant que chacune de ces deux maladie^ peut agir comme un^ dérivatif par rapport à l'autre, sans accroître son propre mode spéciûque d'action.
^ y. Delà prétendue terminaison de la syphilis constitutionnelle en (Tautres maladies»
Jamais la syphilis constitutionnelle ne se mêle ou ne se confond avec d'autres maladies, jamais elle ne se termine en une antre affection; au moins cela est-il extrêmement rare, bieh qu'on ait préteYkIu \e contraire. En effet, la terminaison d'une maladie en une autre, ainsi que je comprends cette expression , doit toujours être la guérison de celle qui se
termine dans Tautre; or, la maladie vénérienne ne cesse jamais, tant qu*on ne lui a pas appliqué son remède propre; e)le ne peut donc pas s'absorber dans une autre maladie quelle qu'elle soit.
Il est très-probable que les affections vénériennes peuvent devenir la cause de diverses autres affections. J'ai vu un chancre agir comme cause immédiate d'une inflammation érysipélateuse ; mais la maladie vénérienne' ne s'est point terminée dans cette inflammation , car alors le chancre eAt été guéri ; l'inflammation érysipélateuse n'était pas non plus vénérienne; le chancre agit ici seulement comme un irritant ordinaire, indépendamment de la qualité spécifique de la maladie. J'ai vu un bubon vénérien devenir un ulcère scrofuleux dès que le poison vénérien eut été détruit par le mercure. Ce n'était point une affection vénérienne se terminant en une affection scrofuleuse, car, sous un tel point de vue, l'affection scrofuleuse aurait dû guérir l'autre. La maladie vénérienne semble seulement participer de la nature des troubles morbides auxquels la constitution était préalablement disposée , et avoir la faculté d'exciter à l'actioa les causes de ces troubles morbides. La même remarque et le même raisonnement s'appliquent également aux autres maladies. Toutefois , les symptômes ordinaires de la syphilis constitutionnelle, bien qu'en rapport jusqu'à un certain point avec Tétat de la constitution, ne sont pas soumis à cette influence autant que le chancre et la gonorrhée, parce que la syphilis constitutionnelle ne s'accompagne que de très-peu d'inflammation. Or, de toutes les actions morbides, c'est Tinflaounation qui participe le plus de la nature de la constitution.
$\l. De la distance spécifique de ViTtflamnvation vénérienne.
J'ai déjà dit que plusieurs maladies spécifiques, ainsi que celles qui naissent d'un poison, ont leurs effets locaux limités à une certaine distance, que j'ai appelée leur distance locale spécifique. L'observation nous apprend que l'irritation et l'inflammation vénériennes , de quelque espèce qu'elles soient, sont soumises à cette loi, car il est rare qu'elles s'étendent beaucoup au delà de la surface qui a reçu la cause de la maladie, les parties voisines n'ayant pas de tendance à entrer en sympathie , ou ne contractant pas facilement cette espèce d'inflammation. C'est pour cela qu'on voit des gonorrhées rester pendant des semaines limitées à un seul point de l'urètre chez des hommes , et pendant des mois dans le vagin chez des femmes, sans prendre aucune extension dans l'un et l'autre cas. De même, dans le chancre, l'inflammation est limitée au siège de Tulcère et n*est point aussi diffuse que dans les cas où l'ulcère est l'effet d'une lésion commune. Ce qui prouve encore ce fait, c'est que l'inflammation est également confinés aux glandes de l'aine, dans les cas de bubons , jusqu'à ce qu'il s'y forme du pus ; ce pus agissant alors comme un irritant ordinaire, l'irritation spécifique s'efface en partie, et l'inflammation devient un peu plus diffuse, comjme il arrive dans l'inflammation commune. La même loi s'applique aux ulcères vénériens ^ui ont leur point de départ dans la constitution : à leur début, leur
(94 SYPHILB CX)NSTITUnoroCEtIJB.
éteodoe est très-peu considérable et ils sont purement locamc ; à mesure que la maladie augmente, leur largeur s'accrott, mais ils restent encore circonscrits et ne deviennent point diffus. Peot-étre tous les poismi tt toutes les maladies spécifiques jouissen^ils de cette propriété commune, d*avoiff leur inflammation limitée et cireonscrite d*une manière qui leur est propre. On observe, en effet, que dans la variole , dans la rougeole et dans là petite vérole volante, Pinflammation est circonscrite d\iné mamèrê particulière pomr chacune de ces maladies. De là, on doit cod^ dure que le corps humain, en général, n*est pas ;ussi susceptible des hrritations spécifiques que des irritations communes, qu'on peut appeler hritatiotis imtyreites. Mais il fout remarquer aussi que, dans les constitutions très-saines, Tinflammation commune a elle-même sa «iistam» spécifique, bien qu'elle ne soit point aussi déterminée, aussi ciroonscritt que celle de Tinfiammation spécifique dans les mêmes constitutions. Oa peut donc raisonnablement admettre que les constitutions très-saines sont celles qui ont le moins de disposition pour Taction inflammatoire, et, à plus forte raison, pour Taction inflammatoire spécifique. Ce qui vient à Tappui de cette idée, c'est que plus la constitution a de facilité pour contracter Tinflammation , et plus celle-ci a de tendance à s'étendre, ehaque partie se montrant susceptible de cette action morbide. De même, on observe chez beaucoup de sujets que Tinflammation spécifique tend également à s*étendre; mais âon extension n'est point aussi considérable que celle de Tinflammation ordinaire, d'où Ton peut conclure que Tinflammation spécifique est toujours liée à un mode d'action plus circonscrit. Je soupçonne que lorsque le corps est disposé à Textension de Tinflammation au delà de la distance spécifique, l'inflammation est de nature érysipélateuse, ainsi que je l'ai déjà dit , et c'est une circonstance à laquelle H faut fiiire attention dans le traitement.
$ yn. Des parties gui sont le plus swceptibles de la syphilis cons^iih tkmneUei de répoque à laquelle elles sont affectées ^ et du mode suçant lequel elles manifestent la maladie. — Ce qu'on doit entendre par itffection, (U,sposition et action* — Résumé.
Lorsque j*ai indiqué les causes qui établissent entre les effets du même poison appliqué sur deux surfaces différentes , une différence telle, que dons un cas il en résulte Une gonorrhée et dans l'autre un chancre, j^ai dit que je ne savais pas si les surfaces similaires sont dans toutes les parties du corps également susceptibles de l'irritation syphilitique primitive, éér je ne possède qu'un petit nombre d'essais comparatifs sur l'application directe dupoison à d'autres parties que celles de la génération. Mais pour la syphilis constitutionnelle, il paraît qu'il est des pairties qui en sont beaucoup moins susceptibles que les autres ; et même, il en est plusieurs qui, autant qu^on peut en juger dans l'état actuel de nos connaissances, n'en sont pas susceptibles du tout. Jusqu'à présent, je n'ai point vu Taffection syphilitique dans toutes les parties du corps; je ne Tai point observée dantf le cerveau, dans le coeur, dans Testomao,
SYPHILIS CONSTITUTÏONNELLE. 58ft
danslêfeie, dans les reins, ni dans les autres viscères, bien que le« auteurs aient décrit des cas de cette espèce. Comme l'époque d'apparition de$ symptômes syphilitiques constitutionnels varie suivait les parties qui éA sont le sîëge , et que les malades cherchent ordinairement du Mralagement, soit à la preînière, soit h la seconde manifestaffon , oh peut iupiMMier que toute là maladie qui s'est développée dans les parties aetueU I^n^ent ^ffeété^s, est guérie avant que les autres parties afent eu le temps de oomtracter l'action morbide j de sorte que, dans ces dernières, l'affection syphilitique serait guérie à l'état de simple disposition, si Vën peut concevoir que la guérisôn d'une maladie puisse s'opérer avant que lés parties aient manifesté Taction morbide. Mais si les parties visil^ement affeetéës sont guéries, tandis que celles qui n'ont que la disposition B6 \0 sont point, et que Taction se développe ensuite dans ces dernières, «êlles-ci constituent un second ordre de parties , sons le rapport de Tépoque d'apparition de là maladie; et si, les parties du second ordre étant guéries , d'autres parties qui étaient également à Tétat de disposition passent à celui d'action , elles forment un troisième ordre , toujours au point de vue de l'époque d^pparitîon des symptômes. On a cru voir les poumons affeètéis par la maladie vénérienne , tant à cause des circonstances qui avaient précédé la maladie , que parce que celle-ci avait été guérie par le mercure ; si ces viscères sont affectés par la syphilis , tandis que les autres ne le sont pas, eela peut provenir de ce qu'ils constituent en quelque sorte une surface externe, ainsi que je l'expliquerai ci-après.
C'est donc la forme constitutionnelle de la syphilis qui nous donne la susceptibilité comparative des parties potir la disposition et pour Faction syphilitiques; car on doit admettre que toutes les parties sont exposées également et en même temps à Tinfluence du poison. Mais bien qu'il y ait divers degrés de susceptibilité , il suffit pour la pratique d'en admettre deux, auxquels on peut en ajouter un intermédiaire; j'appellerai par/i^* Si premier ordre y celles qui appartiennent au premier degré, et parties du second ordre, celles dont la susceptibilité ne vient qu'en seconde ligne.
On ne peut déterminer d'une manière absolue si les parties qui en réalité manifestent les premièress la syphilis constitutionnelle sont naturellement plus faciles à affecter par l'irritation syphilitique, ou si cela dépend de quelque autre circonstance qui leur soit propre. Il semble résulter d'un examen attentif de ce sujet , que cette manifestation plus prompte dé la maladie est due à quelque chose qui est étranger à la constitution et qui ne dépend pas davantage de la nature intime des parties. En effet, si Ton embrasse d'un coup d'œil toutes les parties qui sont affectées les premières parla syphilis, quand elle est constitutionnelle, et que je suppose être les parties qui ont le plus de susceptibilité pour elle, on voit que, dans Tétat récent de la maladie, ces parties sont sujettes à une affection commune; or, il y a des parties similaires qui ne sont point affectées par la maladie , et qui ne sont point sujettes à cette affiactioii commune. Il est très-possible que les parties du second
5S6 SYPHIUS CONSTITUTIONNELLE.
ordre soient naturellement aussi susceptibles de rirritation.syphflitîque que celles du premier ordre; mais n*étant pas sous Tinfluence d*une cause excitante, elles contractent Taction plus tard. Il est probable que ce retard reconnaît aussi d'autres causes qui dépendent de la nature même des parties; si, par exemple, ces parties sont indolentes dans toutes leurs actions, elles le sont également dans celle-ci, et révolution de la maladie doit s*y faire plus tardivement. Cependant , les parties que j^ai appelées du premier ordre ne le sont pas dans tous les cas sans exception; quelquefois, mais rarement, les ordres sont intervertis.
On ne peut pas supposer que la différence des époques d'apparition de la syphilis constitutionnelle dans les diverses parties dépende cTune force active du poison, ni d*nne direction particulière qu'il aurait suivie; elle ne peut provenir que de certaines propriétés des parties elies-mànes. On doit accorder, en effet , que lorsque le poison vénérien a pénétré dans la circulation , il agit sur toutes les parties du corps avec la même force, c'est-à-dire , qu'il n'est déterminé par aucune force générale ou particulière de la machine animale à se rendre vers telle partie plutôt que vers telle autre ; on ne voit rien non plus dans la nature du poison qui doive le porter plus facilement dans une partie du corps que dans une autre, quand elles sont toutes dans des conditions semblables. Il faut donc reconnaître que certaines parties sont affectées plus facilement que les autres par le virus syphilitique,, en vertu de circonstances qui ne dépendent ni des lois de l'économie vivante, ni des propriétés du virus, et qu'il eu est qui ont une plus grande tendance que les autres à être irritées par \uu
Les parties qui sont affectées par la syphilis constitutionnelle, quand elle est dans sa première période ou manifestation , et que j^ai appelées les parties du premier ordre, sont la peau, les amygdales, le nez, la gorge, la surface interne de la bouche et quelquefois la langue (*). Quand la maladie est dans sa seconde période, le périoste, les aponévroses et les os contractent l'action syphilitique; ce sont les parties du second ordre. Peut-être les os manifestent-ils la maladie par suite de raffection morbide de leur membrane.
Afin de pouvoir expliquer jusqu'à un certain point comment il se fait que des parties de nature si diverse, comme la peau et les amygdales, produisent les mêmes effets quant à l'époque d'apparition des phénomènes morbides, examinons s'il n'est point quelque circonstance qui soit commune à ces parties , et recherchons pourquoi elles se montrent plus susceptibles de l'irritation syphilitique que d'autres parties, telles
(*} La langue est très-sujette à se couvrir d'ulcères, surtout sur ses bords; ces ulcères sont rarement très-larges ; ils ne présentent pas sonyent non plus une surface putride ou une base indurée. On les considère ordinairement comme rénériens; mais je crois qu*ils le sont rarement. Je ne sais si je connais suffisamment les caractères distinctifs des ulcères véuériens et non vénériens de la langue; mais je n'en ai jamais vn qu'un que j'aie soupçonne d'être vénérien on cancéreux, à cause de sou aspect putride et de sa base indurée. Il céda facilement an mercure, de sorte que je supposai qu'il était de nature vénérienne, JT. HimTBiu
qne le périoste, les aponévroses et les os, qui probablement le sont natarellement autant, quoiqu'elles n'en soient pas aussi facilement affec* tées.
La circonstance la plus remarquable sous le point de vue qui nous occupe, c'est qu'il est une influence à laquelle la surface externe du corps est soumise , tandis que les parties internes y sont soustraites. Cette influence c'est celle du froid, ou plutôt d'une succession de différents degrés de froid. En général , l'atmosphère dans laquelle nous vivons présente une température plus basse que la température ordinaire du corps humain (*); de sorte que la peau, etc., est continuellement exposée à une température plus froide que les organes internes. Or, il est à remarquer que les parties qui sont le plus rapprochées du contact de l'air extérieur sont celles qui sont le plus facilement affectées par la syphilis et qui contractent le plus promptement l'action vénérienne.
U est certain que le froid a une action très-puissante sur l'économie animale. Au moins paraît-il avoir une grande influence pour disposer le corps de l'honune à recevoir l'irritation vénérienne et àen manifester promptement les phénomènes morbides.
D'après cette remarque, on peut se rendre compte de plusieurs circonstances propres à la syphilis. Ainsi, la bouche, le nez et la peau sont les partie le plus souvent affectées par cette maladie, parce que l'influence qui vient d*étre indiquée leur donne plus de susceptibilité pour elle; et la même raison €aitque ces organes manifestent très-promptement l'action morbide.
Si l'on admet l'exactitude de cette explication , elle rend compte également de l'évolution de la maladie dans les parties du second ordre. En effet, si le poison a porté l'infection dans les parties qui sont les premières à la fois pour la susceptibilité et pour l'époque à laquelle l'action s'y manifeste , comme les surfaces externes , il est naturel de supposer que ces parties, qui sont les plus prédisposées, contracteront l'action les premières ; les parties qui sont exposées au froid en seconde ligne ^ et qui forment les parties du second ordre, comme les os, le périoste, etc., entreront ensuite en action. Parmi ces dernières parties , l'époque d'apparition n'est pas la même pour tous les os , ni pour toutes les parties du même os ; car la maladie apparaît d'abord dans les os, et même dans les parties des os , sur lesquels l'application du froid à la peau exerce Tinfluence sympathique la plus puissante. Ainsi , quand les parties profondément situées , c'est-à-dire les parties du second ordre, telles que le périoste et les os, manifestent l'action morbide, ce sont d'abord celles qui sont le plus rapprochées de la surface externe du corps, comme le péricrâne ou les os de la tête, le
(*) II est bien cntenda qae cette assertion n'est pas unirerseUement rraie; elle ne pent s'appliquer qn'anx régions froides on tempérées; car sous la xone torride Ia température de l'atmosphère ambiante est quelquefois plus élevée que celle du ^rps humain, ^obii Bhhtsu.
6SS StPWlLlS COIWlTlVrHWnkkXR
tibia, k cabftas, les os da nez , etc.; et ces parties oe se moRtrettt pai affectées à la même époque dans toas lears points, mais d'abord dans ceux qui sont le plus voisins de la surface extérieure. Toutefois , il parait que pour les os , il est une autre cause , indépendamment des Tidssitudes atmosphériques , qui agit sur la manifestation de la sypÉiiKs dans leur tissu ; car le périoste et les os eux-mêmes ne sont pas sosceptifoles d^étra affectés dans toutes leurs parties en raison de la proximité des téguments conimuns. Le périoste qui recouvre les malléoles et celui de diverses articulations sont aussi rapprochés de la surface externe que fdosieurs autres portions de périoste et plusieurs os qui cependant sont affectés. Mais les os qui sont couverts par oe périoste difi^rent des aotfes dans leur structure; ils sont d'un tissu plus mou. De cette considérstion d semble résulter que les os sont affectés par la syphilis , en raison ooiâposée de leur proximité de la peau et de la dureté de leur tissu, et cela tne porte à croire que les os sont plus facilement affectés que le périoste, et que ce sont eux qui , danà le développement de cette maladie, exercent îine certaine influence sur ce dernier, plutôt que lui sur eux. Cette susceptibilité des os durs pour la syphilis, paraît être en raison composée de ta quantité de terre calcaire qu'ils renferment et de Tinfluence que le froid peut exercer sur eux.
On peut objecter à cette théorie, que la partie antérieure du tibia, etc., ne peut être en réalité plus froide que sa partie postérieure. Mais on peut supposer qu'il n'est pas nécessaire que la partie soit actuellement froide, et qu'il suffit qu'elle soit dans la sphère d'action de la sympathie qui émane de l'influence du froid. Une partie qui n'est pas actiielleroent froide peut être affectée par sympathie avec une partie froide, avec moins d'intensité peut-être, de sorte qu'il lui faudra plus de temps pour entrer en action, mais de la même manière que si elle était actuellement froide. On remarque, par exemple, que quand la peau est acttfellementfW>lde, les muscles sous-jacents deviennent le 'siège d'une action alternative, qui fait que nous tremblons et que nos dents claquent ; et cependant il est poss^e que ces muscles ne soient pas plus froids alors qu'à toute autre époque , bien qu'il y ait tout lieu de croire quMls le sont en réalité (^ , et que par là Faction de la sympathie est favorisée. De même que le froid peut affecter les actions des parties sur lesquelles il agit directement, dé même aussi les parties sympathisantes sont affectées en proportion de leur voisinage plus ou inoins rapproché des parties actuellement froides. Voilà pourquoi les parties les phis profondément situées sont les dernières à manifester l'action syphilitique.
Les parties actuellement froides manifestent les premières Taction morbide; viennent ensuite celtes qui le sont moins; puis, celles qui sont le plus étroitement liées par la sympathie, et ainsi de suite, à moins que les parties qui sont les premières dans l'ordre de la susceptibilité n'aient été guéries d'une manière incomplète ; alors, le retour de l'action morbide
(*) Toyes Trttntattiont phUotophiquet , t. UYIII, partie z, pag. 7.
chez elles peut correspondre avec la manifestation de Taction morbide chez celles qui sont les secondes dans Tordre de la susceptibilité, de telle sorte que toute^les parties soient en action à la fois. Ce qui semble fortifier cette opinion, c'est la différence qu'amène dans les effets morbides la différence des climats. Dans les climats chauds , la maladie vénérienne ne s^élève que rarement, ou même jamais, au même degré d'intensit^ qu'elle atteint dans les climats froids. Elle est plus lente dans ses progrès et beaucoup plus facile à guérir, au moins si je m*en rapporte aux récits qui m'ont été faits sur cette maladie observée dans les climats chauds.
Je ne sais si dans ces derniers climats la différence qui existe entre les parties superficielles et les parties profondes , sous le rapport de Tépoque d'apparition de la maladie , est la même que dans les climats froids ; mais d'après la théorie exposée ci-dessus , elle ne doit pas être aussi prononcée.
Outre les causes déjà mentionnées, il paraît qu'il en est d'autres qui contribuent à développer Taction de la syphilis constitutionnelle plus tôt que si les choses étaient entièrement abandonnées à la seule influence de là nature de la constitution. Je crois, en effet, avoir observé des cas où la disposition syphilitique , formée antérieurement, a été transformée en action par une affection fébrile. De même que la plupart des autres maladies, pour lesquelles il existe une susceptibilité ou une disposition , la syphilis constitutionnelle peut être développée par un trouble quelconque de la constitution. Les scrofules , la goutte et le rhumatisme sont souvent Anis en action de cette manière.
J'ai dit que les parties profondément situées manifestent Taction syphilitique plus tard que les parties superficielles ; je ferai remarquer maintenant que quand la syphilis constitutionnelle a été guérie suffisamment pour que les premières actions aient été détruites , mais pas assci^ complètement pour que la disposition qui a son siège dans les parties profondes, ainsi qu'il a été expliqué plus haut, ait été déracinée, la maladie n'attaque jamais une seconde fois les parties externes, c'està-dire, celles qui ont été affectées les premières; elle ne se montre que dans les parties profondes, qui sont les parties du second ordre. La l'aison de ce fait , c'est que les parties profondément situées ne sont pas affectées de Taction morbide dans le moment de la guérison des premières.
Les observations suivantes, que j'ai choisies parmi un grand nombre d'observations semblables , viennent à l'appui des doctrines que j'ai exposées.
A. B. eut commerce avec une femme en janvier 1781 , et deux jours après , il éprouva une démangeaison au gland ; au bout de quatre jours , il reconnut des chancres sur le prépuce ; il prit environ vingt grains de calomel , et s'adressa ensuite à un chirurgien aux soins duquel il resta confié pendant trois mois , c'est-à-dire jusqu'en avril. Se croyant alors à peu près guéri, il partit pour la campagne, emportant avec lui quelques pilules, et un mois plus tard, il se considéra comme parfaitement délivré de sa maladie. Trois mois après cette époque, c'est-à-dire en août, il
$4Q SYPfflUS COKSTITUnONNELLK.
contracta un rhume et fut pris d'une fièvre intense pour laquelle on lui fit prendre la poudre de James. Peu de temps «après, des taches de couleur cuivrée se montrèrent sur ses jambes et il éprouva de vives douleurs dans les tibias. Sur la prescription d*un chirurgien de la campagne, il employa en frictions environ une once d*onguent mercuriel , ce qui lui causa une légère salivation. Les douleurs cessèrent , les taches disparurent, et au bout d'un mois, il se crut encore complètement guéri. Cétait en octobre 1781. En juin 1782, il eut la grippe. Environ uoe quinzaine de jours aprè^, son œil gauche s*enflamma , et il fut pris de céphalalgie et de bourdonnements d'oreilles. Au bout de cinq jours, sa gorge devint douloureuse. Trois semaines après Tinflammation de Toeil, plusieurs pustules apparurent aux environs de Tanus. Ces symptômes persistèrent jusqu'à l'entrée du malade à l'hôpital Saint-George , le 31 août. Il Ht des frictions avec l'onguent mercuriel jusqu'à ce que sa bouche fût affectée; il sua beaucoup. La céphalalgie persista ; mais la maladie de l'œil , les pustules de l'anus et le mal de gorge disparurent totalement.
Il parait que, dans ce cas, il fallait une force ou une cause additionnelle pour disposer le corps à manifester les symptômes vénériens. J*ai admis que le froid a une action puissante dans ce sens, et c'est lui, en effet, qui a agi chez ce malade, comme cause immédiate de la première manifestation de la syphilis constitutionnelle; mais une fièvre paraît avoir été également efficace pour produire la seconde manifestation des symptômes.
Ici , la disposition vénérienne resta dans la constitution depuis le mois d'avril 1781, époque où les symptômes locaux furent guéris, jusqu'en juin 1783, c'est-à-dire pendant quatorze mois; elle donna des signes de son existence, d'abord trois mois après la guérison complète des accidents primitifs, puis onze mois après cette première manifestation; et ces périodes auraient pu être plus longues si le développement des symptômes n'avait été provoqué par l'influence du froid et par celle d'une affection fébrile.
Examinons jusqu'à quel point ce fait se trouve en harmonie avec l'opinion que j'ai émise, savoir, que l'action morbide est plus facile à guérir que la disposition. La première action , c'est-à-dire les chancres, fut parfaitement guérie par la quantité de mercure dont le malade fit usage d'abord , car ces chancres ne récidivèrent jamais. Toutefois, le pus vénérien avait produit la disposition dans la constitution , et cette disposition ne fut point guérie par la même quantité de mercure, car il parut des taches cuivrées trois mois après. Mais les parties qui avaient reçu la disposition ne devinrent pas toutes à cette époque le siège de l'action , et celles qui contractèrent alors l'action furent les seules guéries par le second traitement mercuriel , tandis que les autres , qui n'avaient pas encore manifesté cette même action syphilitique , restèrent avec la disposition, jusqu'à ce que la grippe , qui survint onze mois après , les eût provoquées à entrer enaction. La première série de symptômes syphilitiques constitutionnels fut parfaitement guérie par le second traitement
SYPHIUS CONSTITUTIONNELLE. 541
mercuriel , de même que les accidents locaux primitifs Favaient été par le premier traitement, car ils ne se reproduisirent point, pas même avec ceux de la seconde série. La seconde série de symptômes constitutionnels parut être parfaitement guérie par le troisième traitement. Le temps peut seul nous apprendre s'il y a une troisième série de symptômes constitutionnels dont la manifestation puisse être provoquée également.
Ce cas prouve en outre que la seconde série des symptômes constitutionnels peut quelquefois apparaître la première , et la première se montrer la seconde. Il montre aussi combien peuvent être différents l'espace de temps qui sépare l'apparition des premiers symptômes constitutionnels de la guérison des accidents primitifs , et celui qui sépare l'apparition des seconds symptômes constitutionnels de la guérison des premiers.
Un homme contracta un chancre en mai 1781; le même mois de Tannée suivante, 1782, il eut une gonorrhée; en mai 1783, sa gorge devint malade. Il n'avait eu aucune relation sexuelle depuis le mois de septembre 1783 jusqu'au mois 'de mai 1783, environ quinze jours avant que sa gorge devînt malade, et il n'avait eu alors aucune affection locale primitive.
Lorsque je visitai la gorge de ce malade pour la première fois, j'afBrmai que la maladie dont elle était le siège n'était point vénérienne; et comme il était d'une constitution hectique , je lui conseillai d'aller à Bristol. Pendant son séjour dans cette ville , il apparut à la racine de la luette un ulcère qui le fit revenir à Londres immédiatement. En voyant cet ulcère^ je déclarai qu'il était vénérien. Le malade fut soumis alors à un traitement mercuriel que je supposai suffisant, et tous les symptômes parurent être guéris C). Il partit pour la campagne vers le mois d'août , et vers le commencement de janvier 1784 , c'est-à-dire quatre mois après la prétendue guérison , il éprouva de la douleur dans les tibias , qui en même temps devinrent le siège d'une tuméfaction. Ces symptômes furent combattus avec succès par un «traitement mercuriel.
Dans ce cas , il y a tout lieu de supposer que la disposition syphilitique s'était établie dans les os et dans leurs enveloppes par la même cause qui avait affecté la luette ; mais la luette devint malade la première parce qu'elle appartient aux parties du premier ordre. Qu'il en ait été ainsi ou non, on doit admettre que dans les parties du second ordre, la disposition, et non l'action, existait dans le moment où la luette manifesta l'action morbide, ainsi que dans celui oh le malade subit un traitement mercuriel suffisant pour guérir l'ulcère de la luette; on doit admettre aussi que cette disposition ne fut point détruite par l'emploi du mercure en quantité assez considérable pour guérir cet ulcère.
(*) Je ferai remarcpier qae l'ulcère Ténérien senl fut amendé par le mercure; Vnn» cienne excoriatioii de la gorge persista, et fat easuite guérie par le quinquiiia et la salsepareille. loHir Huhter.
643 SYPHILIS CONSnXUnONTŒLLE.
De ce qui précède je puis tirer les conclusions suivantes , qui tendait à confirmer la doctrine exposée ci-dessus : 1° Les parties qui entourent le gosier peuvent contracter Taction syphilitique plus tôt que les os ; 2° il es^ probable que le mercure ne peut guérir que Taction syphilitique et non la dist>osition; et 3** le pus vénérien n'existe pas eh substance dans la circulation quand les actions morbides des parties du second ordre ont lieu, car sMI en était ainsi , les parties du premier ordre seraient exposé» à être infectées de nouveau et à entrer en action une seconde fois. En supposant que le pus vénérien existât encore dans la constitution après que les parties qui manifestent Taction morbide les premières sont guéries d*uue manière absolue, de manière qu*il allât infecter les parties qui sont les secondes dans la manifestation de Taction, il en résulterait certainement que les parties du premier ordre contracteraient la maladie une seconde et même une troisième fois, et ainsi de suite, tandis que celles du second et du troisième ordre manifesteraient seulement leur première action ; de sorte que Ton pourrait voir les parties du premier ordre et celles du second, ordre en action en même temps. On pourrcût aller encore plus loin : les parties qui sont les premières dans Tordre de la susceptibilité pouvant avoir la maladie une seconde fois pendant que les-parties du second ordre sont sous Tinfluence de la première infection, comme elles peuvent aussi être infectées de nouveau par lé fait d'une infection primitive nouvelle, cela constituerait une syphilis constitutionnelle sur une syphilis constitutionnelle, cas qui peut certainement arriver. Si le pus restait en réalité dans la constitution , il serait naturel de supposer que les parties qui en sont le plus facilement affectées conserveraient leur état morbide aussi longtemps que durerait la présence du poison. On pourrait objecter, il est vrai, que les parties qui ont été déjà accoutuinées à cette irritation et guéries, sont rendues par cela même mdins susceptibles d*en être affectées.
Si le pokon pouvait rester encore dans la circulation générale après que 6eé effets visibles ont été guéris, Temploi du mercure pendant la durée d'un chancre serait peu utile , car il ne pourrait que favoriser la guérison de ce chancre , mais non préserver la constitution de T infection ; or, cette conclusion est en contradiction avec les résultats de Texpérience. En effet, la pratique de la médecine nous apprend que« sur cinquante malades atteints de chancres , il n^ ^^ aurait pas un qui évitât la syphilis constitutionnelle si le chancre n'était guéri que localement. L'emploi du mercure peut donc empêcher ({ue ia disposition syphilitique ne se forme, et par conséquent, il est nécessaire tant qu'on suppose que • l'absorption s'accomplit , ou tant qu'il y k dii pus susceptible d'être absorbé.
Avant que Taction morbide soit formée, l'usage du mercui^e ne détruit point la disposition , et par conséquent il ne peut empêcher que Taction ne se manifeste dans la suite. Cependant, il est possible, et même cela est très-probable , que Taction ne puisse avoir lieu tant que dure là présence du médicament; de flk>rte qu'ancttu symptôme vénérien
STFHILIS GCRfSrrrUTIQHIfELLl. 641
ne pourrait se manifester pendant la durée d'on traitemeat mereuriel , bien que les parties fussent infectées.
Cela n*ett point propre seulement à la maladie vénérienne ; plnsieurs autres maladies présentent 1» même circonstance. Dans quelques affho lions morbidJBi , les choses sont renversées , car il eu est dont la disposition peut être guérie et dont Taction se trouve prévenue par des agents thérapeutiques qui accroîtraient cette même action s'ils étaient administrés l^qo'elle est une fois développée.
Conformément à nia doctiîne, les parties qui sont affectées les premières sont plus faciles à guérir/iue celles du second ordre. Une partie qui a été parfaitement guérie ne peut plus jamais être irritée de nouveau par la même source d'infection, bien qu'il y ait dans la constitution quelques autres parties qui sont probablement encore sous l'influence d e l'irritation vénérienne. Si les faits que je viens d'établir sont exacts, il est facile de s'expliquer les cas où la syphilis constitutionnelle paraît abandonner les parties qu'elle a attaquées d'abord pour envahir les parties secondaires ; c'est tout simplement que les premières parties sont guéries tandis que les parties secondaires ne le sont point; de sorte que celles-ci deviennent le siège de la maladie et que les autres restent dans leur éta t d 'intégrité.
Si cette théorie est exacte, elle prouve deux choses : ]<> ce que j'ai avancé précédemment, savoir, que la maladie vénérienne , sous la forme de syphilis constitutionnelle, n'a pas la puissance d'infecter les parties qui ne sont pas déjà sous son influence , même dans la même constitution ; 2"* que le poison vénérien n'est pas en circulation dans le sang tout le temps que la maladie existe dans la constitution; de sorte qu'il est très-probable que ce poison n'irrite que lorsqu'il est récemment absorbé, et qu'il ne tarde pas à être rejeté au dehors par l'intermédiaire de quelque sécrétion.
Les considérations générales qu'on vient de lire sur la syphilis cons* titutionnelle peuvent se résumer dans les propositions suivantes :
1<* Le plus grand nombre des parties qui sont affectées dans la syphilis constitutionnelle, sinon toutes, sont atteintes de l'irritation vénérienne, ou infectées, en même temps.
2<> Les parties exposées au h'oid sont celles qui contractent Vaction vénérienne les premières; viennent ensuite les parties situées plus profondément, suivant leur susceptibilité pour cette action.
3"" La disposition vénérienne, une fois formée dans une partie , persiste nécessairement pour donner naissance à l'action vénérienne.
4*" Toutes les parties du corps , sous l'influence de la disposition syphilitique, ne contractent pas l'action également vite; les unes exigent un Intervalle de six ou huit semaines , les autres de six ou huit mois.
50 Dans les parties qui contractent l'action les premières , la maladif continue en s'accroissant et sans s'user, pendant que, dans celles qui sont les secondes pour l'époque d'apparition, la maladie prend naissance et suit la même marche.
B44 SYPHIUS COHSnTUnONKELLE.
6« Le mercare empêche la disposition syphilitique de se former, ou , eo d'autres termes, il prévient Finfection:
7* Le mercure ne détruit point la di^[>osition syphilitique une fois formée.
8<* Le mercure e^pécbe Faction de prendre naissance « bi^ que la disposition existe.
9^ Le mercure guérit Faction syphilitique.
Ces principes étant établis , il est facile de se rendre compte des fniU qui sont relatifs au traitement de la syphilis constitutionnelle.