‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 70 sur 88 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

CONSTDÉKATIONS GÉNÉRALES SUR LE TRAITEMENT m LA SYPHILIS CONSTITUTIONNELLE.

J*ai dit précédemment qu^ rinfectton vénérienne se manifeste sous trojg formes, la gonorrhée, le chancre, et la syphilis eonstitutioanaile, et j'ai cherché à expliquer ces formes diverses. Comme elles nai&sent toutes trois du même pois&n , les deux premières ne différant entre elles que par suite d'une différence dans la nature des parties qu'elles afifectcnt, et la troisième étant le résultat de certaines conditions que J'ai fait connaître également , i] serait naturel de supposer que le même agent thérapeutique , quel qu'il soit , doit guérir toutes les formes de la maladie. Mais l'expérience ne conûrme point cette supposition, car le merciue guérit le chancre et la syphilis constitutionnelle, tandis que la gonorrhée s'en est pas affectée le moins du monde; et ce qui est encore plus remarquable, c'est que les deux formies qu'il guérit ne se ressemblent en rien, tandis que la gonorrhée, qu'il ne guérit point, ressemble sous quelques rapports au chancre, qu'il guérit.

On peut remarquer qu'en général , ce n'est pas seulement sons le rapport de la forme que la syphilis présente de la différence , lors même qu'elle* est guérie par les mêmes médicaments , mais encore sous celui da procédé à employer dans le traitement et du temps nécessaire pour la guérison. Des trois formes, la gonorrhée est la plus incertaine dans' sa curation; le chancre vient ensuite, et la syphilis constitutionnelle est celle dont la guérison offre le plus de certitude , bien qu'elle soit guérie par le même médicament que le chancre.

Tantôt, la gonorrhée est guérie dans l'espace de six jours, tantôt, sa guérison exige six mois; elle présente donc, dans la durée de son traitement, des variations qui sont dans la proportion de trente à un. Un chancre peut être guéri en deux semaines , et souvent il lui faut deux mois ; ces deux laps de temps sont dans la proportion de quatre à un. La syphilis constitutionnelle se guérit, en général, en un ou deux mois, ce qui ne fait que la proportion de deux à un. Ces évaluations donnent la mesure des variations que présente chacune des formes de la maladie dans la durée de sa curation.

J'ai fait observer précédemment que certains états morbides du corps affectent souvent la maladie vénérienne d'une manière très-prononcée , et plus particulièrement la gonorrhée et le chancre.

Lorsque dans la gonorrhée il survient un accroissement des symptô*

STPHIUS CONSTITUTIONNELLE. 587

mes, par suite d^un état morbide du corps, il ne faut rien faire contre la gonorrhée; c'est ^ur cet état morbide seulement qu'il faut diriger son attention ; car nous n'avons aucun spéciGque contre la gonorrhée, et cette maladie se guérit avec le temps. Mais cette pratique ne s'applique pas aussi bien au chancre et à la syphilis constitutionnelle. Dans ces deux dernières affections , il peut être nécessaire de continuer l'usage du mercure , bien qu'avec plus de modération dans certains cas; en effet, le mercure est un spécifique dont on ne peut se dispenser, parce que le chancre et la syphilis constitutionnelle, loin de se guérir d'eux-mêmes, font toujours des progrès.

J'ai admis deux périodes dans la syphilis constitutionnelle. Lorsqu'elle se manifeste dans les parties les plus susceptibles de la maladie, parties auxquelles j'ai assigné la dénomination de parties du premier ordre et qui paraissent occuper exclusivement la superficie du corps , elle présente moins de variétés que la gonorrhée et le chancre, d'où il résulte que le mode de traitement qui lui est applicable est plus uniforme, bien que le diagnostic de la maladie soit moins facile, au moins pendant une partie de sa durée. Dans les parties du second ordre, elle devient plus compliquée, et, par conséquent, le traitement offre moins de chances fondées de succès.

Il est beaucoup plus difficile de diriger le traitement de la syphilis, constitutionnelle que celui des deu9> autres formes de la maladie. En efl^t, celles-ci, étant toujours locales et produisant des effets visibles, tombent davantage sous nos sens ; de sorte que , si d'un autre côté le traitement est souvent plus long et la guérison plus difficile à obtenir, au moins est-on rarement exposé à être trompé relativement à cette dernière; car toutes les fois que les symptômes de la gonorrhée ou du chancre ont entièrement disparu , le malade peut , en général , se considérer comme guéri , ce qui n'a pas l$eu pour la syphilis constitutionnelle.

La syphilis constitutionnelle est l'effet de la présence du poison dans le sang, avec lequel il circule jusqu'à ce qu'il ait irrité les parties de manière à y faire naître la disposition vénérienne ; et ces parties manifestent l'action morbide plus tôt ou plus tard , suivant l'ordre de leur susceptibilité.

J'admets que lorsque le pus vénérien est en circulation , certaines parties sont irritées par lui , tandis qu'un grand nombre d'autres parties échappent à son influence. Ce qui a lieu dans le chancre primitif est évidemment analogue : en effet , dans les cas où un chancre vient à se former, la totalité du gland, le prépuce et la peau de la verge ont été soumis au contact du pus virulent, et cependant, un seul point ou quelques points seulement sont infectés, c'est-à-dire irrités par ce pus, et tous les autres échappent à son influence. De même, on voit souvent dans la syphilis constitutionnelle, que lorsque les parties infectées contractent l'action, celle-ci reste limitée à ces parties sans affecter les autres, lors même qi^e la maladie est livrée à elle-même pendant un temps considérable sans aucune tentative de traitement. En oqtre, si ces parties

S88 SYPHILIS CONSTITUnOÎST^-ELLE.

sont guéries incomplétemeot , la maladie ne récidive que dans ces mêmes parties. Les effets morbides dé la syphilis constitutioimelle , quoique dérivant de la constitution , sont donc en eux-mêmes entièrement locaux, de même que ceux de la gonorrbée et du chancre; comme ces derniers, ils peuvent être guéris localement ; et le malade peut encore continuer à être atteint de la syphilis constitutionnelle , sinon dans ces parties , da moins dans d*autres, car plusieurs autres parties do même corps peuvent être sous Tinfluence de la disposition vénérienne , quoiqu>lles u'aieot pas encore manifesté Taction morbide.

Pour guérir les effets locaux et visibles de la maladie, il faut rattaqoer par la voie qu*a suivie Tinfection, c'est-à-dire, par Tintermédiaire du saog. Il ne faut pas cependant considérer le sang comme malade lui-même ou comme renfermant le poison , mais bien comme le véhicule du médica* ment qui sera transmis par lui à toutes les parties auxquelles le poison a été porté, et qui, dans son trajet, agira sur les solides malades. Cette pratique doit être continuée quelque temps après que tous les symptômes ont disparu , car Taction vénérienne , quoique suspendue suffisamment pour que les symptômes cessent d'exister, peut reparaître ensuite si elle n'a pas été détruite complètement. Si le médicament pouvait également guérir la disposition dans les parties du second ordre , et y prévenir toute manifestation ultérieure de Tactijp morbide, il faudrait en continuer Temploi encore plus longtemps , afin de lui donner le temps d'agir sur ces parties. Mais il n'en est rien , car les effets visibles , les apparences extérieures, les symptômes, cèdent au traitement dans les parties du premier ordre , tandis que les parties qui n'ont acquis que la disposition et qui sont encore inactives au moment de la guérison des premières, manifestent Taction morbide plus tard et continuent la maladie. Ainsi , le chirurgien est trompé, et là se trouve le point de départ d'une seconde série d'effets locaux qui doivent se manifester dans les parties du second ordre. Ce qui guérit Taction ne guérissant point la disposition, il ne faut donc donner du médicament que ce qui est nécessaire pour la guérison des effets visibles du poison, et attendre que les parties qui peuvent être infectées manifestent Taction à leur tour.

Les parties qui contractent Taction vénérienne les premières sont les plus faciles à guérir ; et je pense que la guérison des effets morbides qui ont leur siège dans ces parties, est favorisée, à raison de leur situation superficielle, par l'action locale du médicament qui les traverse évidemment.

En général, la maladie est plus difficile à guérir dans les parties du second ordre que dans celles du premier. C'est pourquoi lorsqu'elles ont été affectées en même temps que les premières et qu'on est parvenu à les guérir, on peut être sûr que les premières sont guéries également. Ainsi^ de même que les parties les plus susceptibles de la maladie paraissent être celles où la guérison s'opère le plus facilement, de même les parties qui ont le moins de susceptibilité pour la maladie sont aussi les plus réfractaires au traitement. Je crois que cette loi ne soufEre que peu ou

SYPHIUS CONSTITUTIOMSELLE. 589

même point d'exceptions. II résulte de là, que \es parties du second ordre ont cet avantage , que leurs affections locales peuvent servir de guide dans le jugement que l'on doit porter sur Tensemble de la maladie; et que quand elles sont affectées, on n'a qu'à continuer le traitement jusqu'à ce que les effets locaux qui leur appartiennent se dissipent , parce qu'on peut être sdr que la guérison des symptômes propres aux parties du premier ordre, s'il en est, sera comprise dans la guérison des symptômes propres aux parties du second.

Les effets locaux qui ont leur siège dans les parties du second ordre s'accompagnant de plus de tuméfaction que ceux des parties du premier, on peut se demander si le traitement mercuriel doit être continué jusqu'à ce que tout accroissement de volume ait entièrement cédé. Je pense qu'il n'est pas nécessaire de continuer ce traitement jusqu'à ce qu'il n'existe plus du tout de gonflement. En effet , ces affections locales ne peuvent infecter la constitution par résorption ; la disposition et l'action vénériennes peuvent être guéries dans la constitution , quoique les effets locaux persistent encore , et lors même que la tuméfaction qui constitue des nodus sur les os, sur les aponévroses, etc., a été jusqu'à la suppuration ; or, il n'y a aucune raison pour prolonger le traitement mercuriel au delà de ce qui est nécessaire pour la destruction de l'action vénérienne. Mais il est difficile de constater quand ce but a été atteint ; il faut donc poursuivre le traitement jusqu'à ce que les effets locaux deviennent statjonnaires, et même un peu de temps après, afin de détruire toute l'action de la maladie. Il résulte de ce qui précède, que l'irritation vénérienne, dans cette période de la maladie, est plus facile à guérir que les effets de cette irritation , tels que le gonflement.

^l. De remploi du mercure dans le traitement de la syphilis constitutionnelle»

Le mercure est le grand spéciGque de la syphilis constitutionnelle comme du chancre , et l'on ne peut guère compter sur aucune autre substance. Il est nécessaire de prendre toujours en considération les effets de ce médicament, tant sur la constitution en général que sur la maladie contre laquelle il est administré. Les effets du mercure sur la constitution sont toujours en raison directe de la quantité de mercure qui y a pénétré; quand la même quantité de mercure affecte une constitution plus qu'une autre, cette différence est en proportion de la susceptibilité de la première pour l'action mercurielle et est entièrement indépendante de toute préparation particulière, de tout mode particulier d'administrer le médicament.

Relativement aux préparations du mercure et aux manières de l'employer,* il y a deux choses à rechercher, 1^ la préparation et le mode d'application qui causent le moins de peine et de gêne au malade, et 2*" la préparation et le mode d'administration qui font pénétrer le plus facilement dans la constitution la quantité nécessaire de mercure.

Rien n'est plus propre à démontrer l'ingratitude et l'inconstance de

590 SYPHILIS CONSTlTUnOimELLE.

Tesprit hamain que la manière dont on agit à l*^ard da mercore. S*il existe un médicament qui mérite le titre de spécifique, c'est bien certainement le mercure , et cela , pour deux des formes de la maladie vénérie^ine. Cependant les médecins cherchent d'autres spec iiiques contre cette affection , comme si les spécifiques étaient plus communs que les maladies , tandis que trop souvent ils se contentent des méthodes ordinaires de traitement dans d*autres maladies contre lesquelles ils n'ont aucun spécifique. Ces préjugés sont favorisés par le public, qui manifeste au sujet de ce médicament une terreur dont la source est dans le défaut de connaissances que nos devanciers ont montré dans son admi- Distration, et cette faiblesse est exploitée par plusieurs contemporains, qui sont également ignorants.

Le mercure, quand il a pénétré dans la constitution, agit sur toutes les parties de la machine animale, guérit celles qui sont malades, et n'affecte que peu celles qui sont saines. On peut le porter dans la constitution de la même manière que les autres substances, soit extérieurement, par la peau, soit intérieurement, par la bouche. Toutefois, il ne peut pas toujours être introduit aussi bien par Tune ou Tautre de ces deux Toies , car il arrive quelquefois que les vaisseaux absorbants de la peau ne l'admettent pas facilement dans leiir cavité; au moins, dans ces cas, ne voit-on aucun effet se produire, soit sur la maladie, soit sur la constitution, à la suite de son application à la surface du corps. Cette circonstance doit être considérée comme une chose fâcheuse, car alors fl faut administrer le mercure intérieurement, quoique ce mode d'administration puisse être très-peu convenable sous les autres rapports et souvent même accompagné d'inconvénients. D'un autre côté, il arrive aossi quelquefois que les absorbants internes n'admettent point le médicament, ou au moins que nul effet n'est produit soit sur la maladie, soit sur la constitution , par son administration interne. Dans les cas de cette espèce, il convient d'essayer toutes les préparations mercurielles, car on voit quelquefois telle préparation réussir là où telle autre n'a pas en de succès. Je n'ai jamais vu un cas où les absorbants se soient montrés réfractaires à l'absorption mercurielle à la fois à f intérieur et à l'extérieur ; un tel cas serait bien malheureux.

Il est à remarquer que plusieurs surfaces paraissent absorber le mercure mieux que les autres , et il est très-probable que tontes les surfaces internes ainsi que les surfaces ulcérées appartiennent à cette catégorie : en effet , lorsqu'on voit trente grains de calomel employés en frictions sur la peau ne pas produire plus d'effet que trois ou quatre grains de la même substance pris à l'intérieur, on peut en conclure rigoureusement que les intestins absorbent mieux le calomel que la peau. De même, lorsqu'en pansant un petit ulcère avec du précipité rouge on produit ta salrvation , on obtient la preuve que les ulcères sont âe bonnes sorftces d'absorption ; opmion qui ne peut que prendre phis de force poar peu qu« l'on considère que la sypbtfis consttlutionfielie provient géttënàeiMid éhxà chancre.

Un malade avait un moignon qui produisait des granulations exubérantes. La plaie, qui avait environ le diamètre d'un écu, ayant été pansée avec un onguent dans la composition duquel il entrait une grande quantité de précipité rouge, la salivation fut rapidement produite, et Ton fut obligé de renoncer à cet onguent.

Une mulâtresse avait sur la jambe un ulcère de très-mauvais caractère, qui avait environ deux fois la largeur de la paume de la main. Cet ulcère fut pansé avec le précipité rouge incorporé dans un onguent ordinaire, et bientôt il se manifesta une violente salivation. i

Une dame se fît, en décembre 1782, une brûlure qui intéressa la face antérieure de la poitrine, le cou, les épaules et la région comprise entre les deux épaules; sur toutes ces parties, il se forma de profondes escarres. D'abord les ulcères se cicatrisèrent presque entièrement, et même assez rapidement eu égard à la cause qui les avait produits; mais ils se rouvrirent ensuite, et se montrèrent plus rebelles. Sept mois après son accident, la malade vint à Londres, portant au-devant de la poitrine de vastes ulcères qui s'étendaient de chaque côté jusqu^aux épaules „ et qui étaient extrêmement douloureux. Ces ulcères marchèrent vers la cicatrisation pendant quelque temps après l'arrivée de la malade à Londres ; mais la santé générale de cette dame s'altéra :eUe fut prise d'une irritabilité extrême, d'anorexie, de nausées; elle vomit ses aliments et les suj>stances médicaineoteuses qu'elle avalait. A cette époque, les ulcères commencèrent de nouveau à s'étendre, et devinrent très-larges. La malade était à Londres depuis deux mois sans avoir obtenu beaucoup d'amélioration, lorsque j'essayai, sur quelques points de ses ulcères, des topiques stimulants, tels que le basilicon, afin de voir si l'on pourrait retirer quelque utilité de ce nouveau mode «de traitement , et Ton remarqua que ces parties se guérissaient un peu plus vite que les autres; mais la sensibilité des surfaces était si vive, que les topiques les plus doux ne pouvaient être employés que partiellement. J'essayai ensuite le précipité rouge incorporé dans de Faxonge; et pour que ce médicament augmentât le moins possible La douleur, je prescrivis seulennent dix grains de précipité pour deux onces d'axonge. Cette préparation agit plus favorablement sur les ulcères que l'onguent simple; et je fus heureux d'avoir trouvé un topique qui hâtait la guérison et qui était plus doux pour la malade que le précédent. Mais aprè^ le quatrième ou le cinquième pansement avec le nouvel onguent, la malade commença à souffrir aux gencives ; le jour suivant elle commença à saliver, et vers le septième ou le huitième jour la bouche était si malade et la salivation si considérable, qu'après avoir examiné les choses avec attention, je soupçonnai que cet accident pouvait bien provenir du précipité rouge qui entrait dans la composition de l'onguent employé pour les pansements. Les gencives, la face interne des joues et Tbaleine étaient réellement mercurielles. On abandonna immédiatement cette pommade, qui ne fut plus appliquée que sur un très-petit espace, et l'on reprit les premiers pansements. En peu de jours, les effets du mercure

se dissipèrent et les ulcères offrirent un aspect plus satisfaisant qae jamais ; on recommença alors à panser une partie des ulcères avec Tonguent au précipité, qui exerça encore sur eux une influence favorable.

Lorsque la bouche avait commencé à s^affecter , la malade n'avait pas employé beaucoup plus de la moitié de Tonguent ; et lorsque la cause du nouveau mal fut découverte, il en avait été dépensé environ les trois quarts , de sorte qu*il n'avait pas été appliqué en tout dix grains de précipité. Cependant , bien que cette dose eût été répartie dans un espace de sept ou huit jours , et que Tonguent eût dû être promptement écarté de la surface ulcérée par la suppuration, il survint une salivation codsidérable qui dura plus d'un mois. Il n'est guère possible d'admettre qu'il ait pénétré dans la constitution plus d'un ou deux grains de précipité. En effet, quand on considère que les particules du précipité étaient enveloppées d'onguent , et qu'il y avait une abondante suppuration qui devait promptement écarter de l'ulcère la petite quantité du médicament qui y était appliquée, on ne peut guère admettre qu'il eo ait été absorbé davantage. Si cette évaluation est exacte, à quoi doit-oa attribuer cette grande susceptibilité pour les effets du mercure? Est-ce à l'état d'irritabilité où se trouvait la malade à cette époque? Il oie sembla alors que l'état de sa constitution était pareil à celui qu'on observe souvent dans le trismus, et plus d'une fois l'idée de cette maladie se présenta à mon esprit. La malade guérit en définitive , en faisant usage d'un onguent dans la composition duquel entrait la poix (*).

Ces faits tendent à démontrer que les surfaces ulcérées et les surfaces internes absorbent mieux que la peau.

Indépendamment de la possibilité de faire pénétrer le médicament dans la copstitution par Tune ou l'autre des deux voies, il convient de rechercher quelle est la méthode qui est la plus commode pour le malade, car chacune a ses avantages et ses inconvénients, qui dépendent, soit de la nature de la constitution ou des parties auxquelles le médicament doit être appliqué , soit des conditions particulières sous l'empire desquelles le malade se trouve au moment du traitement. Il faut donc choisir le mode d'administration qui s'accorde le mieux avec ces diverses circonstances.

Pour expliquer davantage ces considérations , je ferai remarquer qu'il est beaucoup de malades dont les intestine peuvent difficilement supporter le mercure, de sorte qu'il faut le leur prescrire sous la forme la plus douce possible, et même lui associer d'autres substances capables de diminuer ou de corriger la violence de ses effets locaux , sans altérer en rien ses effets spécifiques sur la constitution.

La méthode externe est préférable à la méthode interne , quand elle peut être adoptée sans inconvénient , parce que la peau n^est point aussi essentielle à la vie que l'estomac , et qu'elle peut supporter beaucoup

(*) Édition de Home : «< Un homme s'introduisit dans Turètre une bougie recon* verte d'onguent mercuriel , et fit trois fois des frictions sur le frein mrec une petite quantité de cet onguent ; il fut pris de saliration mercurieUc. »

plus de stimulati'on que ce viscère. Cette méthode affecte d^ailleun beaucoup moins la constitution. Il est beaucoup de traitements mercurîels , absolument nécessaires , qui tueraient le malade si le mercure était administré par la bouche , parce qu*il agirait d'une manière nuisible sur Testomac et sur les intestins , sous quelque forme qu*il fttt administré et margré son association avec les plus puissants correctifs. D'un autre côté, la position sociale du malade ne lui permet pas toujours d'avoir recours à la méthode externe ; les frictions mercurielles ne conviennent pas à tout le monde. Il faut alors , s'il est possible , donner le mercure par la bouche.

On a inventé un grand nombre de préparations dans le but d'obvier aux inconvénients qui naissent souvent des effets visibles du mercure. Mais toutes les fois qu'une préparation mercurielle produit dans la constitution un effet qui diffère des simples effets du mercure, tels que la sueur ou l'augmentation de la sécrétion urinaire, on doit supposer que cette préparation n'agit point comme mercure, ou que c'est la substance avec laquelle le mercure est combiné qui produit cet effet; si, dans ces cas , les effets particuliers du mercure sont moins prononcés qu'à l'ordinaire, je suis très-porté à croire qu'alors le mercure agit en partie comme corps composé, et non entièrement comme mercure.

Le mercure, comme plusieurs autres agents thérapeutiques, a deux effets : l'un est produit sur la constitution et sur certaines parties ; il dérive du mode d'irritation du mercure, et est indépendant de toute maladie préexistante. L'autre consiste dans l'influence spéciGque qu'il exerce sur une action morbide, quelle qu'elle soit, de l'ensemble de l'économie ou de certaines parties, et cet effet n'est connu que par la disparition graduelle de la maladie. Le premier doit être l'objet de toute l'attention du chirurgien, car c'est en partie par lui qu'il doit être guidé dans l'application de la quantité de mercure qui sulEfit pour guérir la maladie.

Tontes les fois que le mercure agit d'une manière nuisible sur la constitution, c'est toujours par ses effets visibles : de là, l'art prétendu d'éviter ces effets visibles, que se sont trop souvent attribué des impos^ teurs. La partie sur laquelle ces effets se font sentir le plus ordinairement, c'est-à-dire la bouche, est celle que l'on s'efforce de garantir dans la plupart des cas. Je ne crois point que nous possédions les moyens de porter le mercure vers la bouclie , ou de l'empêcher d'attaquer cette partie. Le froid et le chaud sont les deux grands agents cités par les auteurs. Ils recommandent d'éviter le froid, dans la crainte que le mercure ne se porte vers la bouche, comme si la chaleur était ua moyen de prévenir cette influence; tandis que d'autres auteurs, et même les précédents , lorsqu'ils parlent de porter le mercure à la bouche , recommandent la chaleur, comme si le froid pouvait empêcher cet effet. D'après cela , on peut supposer avec raison que ni l'un ni l'autre de ces deux agents n'a une influence réelle (*).

(*) Cet olînéa a été omis entièrement dans TeditioQ de Home.

m SÏPiUUg COHSTTTUTIOJNliELLE.

Duoi ^Mfail|Ili^lratioa du mereure contre la maladie fén^îense, oi fffà doit attirer d'abord Tattentioa c'est la quantité du médicameot fui est enaj^oyée, et ses effets visibles dans un temps donné. Lorsqae ces effets sont arrirés à un certain degré d'intensité , il fiauit se boraer a les entretenir et à observer comment décroît la maladie ; eo joge ainsi dee effets invisibles ou spécifiques du mercure, et Ton reooooait cuvent qu'il est nécessairo d'apporter quelque modification dans b quantité du médicament.

Les effets visibles du mercure sont de deui espèces : les uns ont pour siège l'ensemble de l'économie, les autres se manifestent dans certaines parties qui jouissent de la propriété de sécréter. Dans la constitution, il parait produire une irritabilité générale, et rendre la constitutioo plus susceptible de toutes les impressions; il accélère le pouls, eu augmente Ja dureté, et produit une espèce de fièvre temporaire; mais dans beaucoup de constitutions il ne se borne point à ces phénomènes, et agit iComme un pois&n. Cliez quelques siiyets, il produit une espèce de flèvre |)eotiq|ue, caractérisée par les symptômes suivants : pouls petit et fréquent; perte de l'appétit, agitation, insonmie, altération des traits, â divers symptômes conséci^tifs. Mais les malades s'habituent plus ou moins à l'usage du mercure, et ces effets constitutionnels deviennent ^Inairoment moins 4ntenses. Les observations qu'on va lire prouvent pe que j'avance.

Un npalade faisait des frictions mercurielles pour obtenir la résolution de deux bubons. Il n'avait fait encore qu'un petit nombre de frictions « lorsque sa constitution s'affecta au point qu'il fut nécessaire de les suspendra. Il fut pris de symptômes fébriles de nature hectique, tels que pouls petit et fréquent, débilité, perte de l'appétit, insomnie et tueurs nocturnes. Il prit du quinquina, de la poudre de James, et do Jbiit d'ânesee, et il se débarrassa peu à peu de ces symptômes. Gonune les bubons faisaient des progrès , il fut nécessaire de recourir de nouveau au mercure, et je dis alors au malade que ce médicament ne produirait point les mêmes effets aussi rapidement ni avec autant de violence que la première fois. En effet , il employa en frictions une quantité considérable de mercure sans que sa constitution ni sa boucbe ^ fussent affectées. Toutefois ses bubons ayant suppuré , je fis sus- |)endre de nouveau les irictiona mercurielles, et lorsque les abcès furent ouverts f les frictions furent reprises une troisième fois, sans qu'il en résultât aucun inconvénient. Les bubons manifestèrent pendant quelque temps une tendance à se cicatriser , puis ils devinrent stationnaires, œ qjui annonçait qu'il se formait une nouvelle disposition morbide. Je prescrivis au malade d'abandonner l'onguent mercuriel et d'avoir recours aux bains de mer; il suivit ce conseil , et les bubons reprirent une marche favorable. Cependant, au bout de trois semaines environ, pn jugea qu'il était nécessaire de reprendre les frictions une quatrième fois. Lorsque le malade les recommença, sa bouche s'affecta inunédia* tement avec violence*, il les suspendit encore jusquj^i ce que sa boucbe

SYPHILIS GONSTITUI^ffiœUf. SftS*

se trouvât un |^u mieux, puis il y revint pour la cinquième fois, et dès lors )1 put en continuer Fusage. ' '»

Un homme sain et vigoureux, atteint de bubon, employa les frictions mercuirielles jusqu'à ce que sa bouche en fdt affectée. Qea frictions produisirent des symptômes constitutionnels très -pénibles, tels que Tanorexie, là perte du sommeil, l'altération des traits, Timpossibilité de se livrer au moindi^ exereiœ sans latigue^ et reedème dés jambes. Chez ce malade, malgré les moyens nombreux qu'on ndt èh usage dans le but d'habituel* la constitution au mereure, cehii-êi céntHiua à agir à la manière d'un poison.

Le mercure produit souvent des douleurs semblables aut douIeiirS rhumatismales, et des nodus qui sont de nature scrofùlebse : de là^ l'accusation qu'on a portée contre lui d'affecter les os, en se cachafit dans leur Ussu, suivant l'expression des auteurs (*).

On peut admettre qu'il n'est pas nécessaire, dans l'état aetuel de nos eonnaissances, d'affirmer que le meroure ne pénètre jamais daQ3 les os sotfs la forme métallique, bien qu'une telle assertion ait été.émise par des^ hommes éminents et qui ont beaucoup d'autorité en médecine, et qu'on. ait apporté en preuve de cette opinion les résultats de l'inspection bada-^ vérique. Mes recherches anatomiques m'ont convaincu que cette circonstance ne se présente jamais. Les auteurs qui ont publié de tels faits ont été copiés par d'autres ; les faits imaginaires se sont ainsi multipliés , et Ijss praticiens ignorants et crédules ont été induits en erreur, tout eela,, au détriment des malades (**)•

{*) Les phrases suivantes se trouvent dans Tédition de Home :

« XiO mercure produit souvent une démangeaison de la peau, qui parfois est si violente que les malades ne peuvent supporter ce médicament.

•• Quoique le mercure n'affecte pas toujours la bouche , on le voit quelquefois altérer la constitution des sujets dont il ne peut rendre la Bouche malade, donnant lieu à la perte de l'appétit, à des douleurs de caractère rhumatismal, et à tous les symptômes de la fièvre hectique, en même temps qu'il opère d'une manière efficaco la gnérison de la maladie vénérienne.

« Un malade présentait pour symptômes des douleurs dans les épaules et des taches de la peau , qu'on supposait liées à une affection vénérienne. II ne put jamais ^tre affecté d'une manière sensible par le mercure. Je lui fis faire des frictions avec deux drachmes d'onguent mercnriel double chaque soir, et les symptômes disparurent entièrement , sans que le mercure e&t produit aucun effet visible dans la bouche, sur la sécrétion de la peau ou sur celle des reins. »

(**) Si Hunter, à l'époque où il écrivait, avait pn rester dans le doote sur la qtttstîo^ «^ saroir ni le mercure peut être retrouvé, ajires la mort, àtnê les tissus des indivieas cuxc|uels il avait été administré, cela n'est plus permis au}onrd^i, Tanatomie TMtliologiqae plus exacte et l'analyse diimique m)e|x faite ayant donné k poss&iUté a*^n constater la firéseDce , même à Tctat métallique, soit dans eertatné liquides, soil dans certains solides de récouomio. On peut consulter i ce sujet l'intéressant travail de M. Strofal, d'après M. Herr, professeor à l'université de Friboorg ( Thèse inaa- Bnrtle aoatenue à la facuhé de Strasbourg, «y not^mbre i83B)i le mémoire d«

Me STPHIUS CONSnTDTIOllinELLE.

S II. De la quatUUé de meratre qui doit être emphyée dam le trëkment de la syphilis consUtidionmelie.

La quantité de mercure qui doit être introduite dans la constitution pour la cure d*une maladie ?énérienne quelconque , doit être proportion-

M. Ecyiiâiidl. de Tonloa, tvr «a cm rcmarqiubU de b prétcMC dn nwrcore dais le Krw. (Brochere» 1839.)

D*aprit k* recbercbet réccatet de lOL Cberalier et OMian Heary {Jomnéit ekimie mèdieaU^ de pharmacie et de toxicologie^ i^^) . ^ paraîtrait ccpcndaat qae le mereue ne païae pat dani le lait des nourrices soomises à Paction de ce médksment, cooiine nn grand nombre de praticiens Fout cm. M. Pëligot parait être arriti aax Bernes résnltats dans ses recherches sur le lait des animaux. P. Ricoto.

Les symptAmes qni caractérisent ce que Hunter appdle les eflets du meretre eonune poison sont asses importanU pour réclamer une description plus détaillée. Ils MTétent deux formes différentes, la forme aignë et la forme chronique.

Les symptAmes de la forme aiguë constituent ce qn*on a nommé érétkieme mer- €Êuiel. Ici » Teffet du poison est ressenti principalement par le conr. Le pools derâit précipité, petit et irrégulicr; Taction du ccnir est yioleute, mais en mime tcap IrrégnUère et confuse; la laiblesse et l'imperfection de la circulation sont en outre décelées par la pâleur du visage, par la fréquence des soupirs, par Tanxiete 911 est perçue à la région précordiale , et par rirrégularité des mauremenis des taaabres. Dans les cas très-graves, le visage se contracte et les extrémités derieaaeat froides, néanmoins, Testomac et les intestins ne présentent aucun signe de trooUe, et la langue, bien qu'incertaine dans ses monvements et tremblante, est nette. Baai ces circonstances, le mouvement musculaire peut donner la mort d'une maaicre aubîle; U en résulte une syncope, et le cœur est trop faible pour reprendre loa

Si Ton cesse Tnsage du mercure et que Ton ait recours à un traitement coate* nable , Taction do cœur est rendue à sa force et à sa régularité naturelles, et Taffection morbide disparaît, ne laissant aucune conséquence fâcheuse après elle.

Sous la seconde forme, le mal peut être moins immédiatement dangereni; nui< U s*étend davantage dans renscmble de Téconomie et se montre plus pcrmaoeot U n*y a point de palpitations, mais le pouls est petit et accéléré; le sommeil eti'sp* petit sont perdus; le visage est pâle et décomposé; souvent la langue est très-«le, toujours rafi&iblissemeut et Témaciation sont considérables. L'aspect général iofBqo* une altération profonde de la santé. Si Ton ne fait rien pour mettre nn terme s cet eut, U survient d'autres symptômes qui annoncent une cachexie générale. Ou obserte àeê engorgements scrofuleux des glandes; des douleurs rhumatismales des nKsnbres; ou bien une inflammation lente des articulations, qui offre quelque chose <1* caractère scrofuleux. Partout le travail d'ulcération devance le travail adhésif. D^ plaies légères deviennent des ulcères , et les os fracturés qui ont été réunis depoi' pen de temps se séparent

Cet eut de la constitution n'est pas facile à guérir, quand une fois il est pleinement éUbli. Souvent il s'écoule des années avant que toutes les traces en soiest efbcées. Il est moins souvent le résulut de l'emploi du mercure à dwses exccsûre* continué pendant un court espace de temps, que celui d'une longue et opiniâtre persévérance dans l'administration de ce méul,à doses modérées, nonobstant ie< ^gnea évidents de la détérioration de la santé et de l'affaiblissement des forces.

Ces moU de Hunter , ajoutés dans une édition subséquente : le mercure opère t* métma tempe it une manière efficace la guérieon de la maladie vénérienne, doireot être

SYPHILIS CONSTTrunONNEUJS. 6«ï

née à Pintensite de la maladie. Toutefois, il est deux circonstances aux* quelles il faut faire une grande attention dans Tadministration de ce médicament : l*" Fespace de temps pendant lequel il faut faire pénétrer une quantité donnée de mercure , et S*" les effets que le mercure produit dans certaines parties du corps, comme les glandes salivaires, la peau ou les intestins. Ces deux eirconstances, prises ensemble, doivent nous guider dans le traitement de la maladie. En effet, deux quantités trèsdifférentes de mercure introduites dans la même constitution peuvent produire le même effet définitif ; mais il faut que ces quantités différentes soient employées dans des espaces de temps différents aussi. Par exemple, une once d'onguent mercuriel, employée en deux jours, aura plus d'effet sur la constitution que deux onces employées en dix jours ; et pour pro* duire le même effet dans Tespace de dix jours , il peut être nécessaire d'employer trois onces ou même davantage.

Une once de mercure employée en deux jours produit des effets coth sidérables sur la constitution, ainsi que sur les parties malades; ainsi donc , l'effet produit est d'autant plus marqué que le mercure est introduit dans un espace de temps plus court. Mais si ces effets ne sont que locaux en grande partie, c'est-à-dire, s'ils ont pour siège principal les glandes de la bouche, l'ensemble de la constitution n'étant pas également stimulé, l'effet produit dans le» parties malades doit aussi être moindre, et c'est ce que Ton peut constater par la marche de la maladie locale , qui ne cède pas en proportion des effets que le mercure détermine ddns telle ou telle partie isolée.

Si Ton donne le mercure en très-petites quantités et qu'on en élève graduellement la dose, de manière qu'il s'insinue insensiblement dans la constitution, ses effets visibles sont moindres, et l'on peut à la longue en introduire une quantité presque incroyable sans donner lieu au moindre effet (*)< »

Une fois ces circonstances connues, le mercure devient un médicament beaucoup plus efficace, beaucoup plus facile à manier, et beaucoup moins dangereux qu'on ne le croyait autrefois. Mais, malheureusement, ses

eompris comme se rapportant à l'absence de ^alivatioo, et non à Tensl^nce des efTets délétères du mercure. L'expérience a démontré que ces efTets sont tout à fait incompatibles avec l'action antivénérienne de cette substance; et qu*cn persévérant dans son emploi après qn'ils se sont manifestés , on expose le malade à nn danger imminent, en même temps qu*on manque le but qn*on s*était proposé» qui est la guérison de la maladie contre laquelle le mercure avait été administré.

(*) Pour donner nue idée de re fait, je rapporterai le eas suivant : dix graîna d'onguent par jour , pendant dix jours , affectèrent la bouche d'un malade. L'ongnent était composé de mercure et d'axonge k parties égales. Cependant, en ayant soin de suspendre de temps en temps Tnsage de cet onguent, pour y revenir ensuite, ce malade parvint à employer en frictions quatre-vingt-dix grains du m^ne onguent tous les soirs pendant un mois» tans que sa boaclie, ni aucune de ses •écrétioiis, en fût visiblement a^ectée. loum HuiiTit*

lis stfMLid coHstrnmowfflLiB.

êfiètt ^k&Ae^ tor 6ertaines parties , telles que hi beaelie et let tntestfi», sont quelquefois beaucoup plus violents que son eflfet général sur Tensemble de la constitution; c*est pourquoi i! faut prendre qudques préeautions pour ne pas stimuler ces parties trop promptement, car et résQllat empêcherait de donner la quantité nécessaire du médicament.

La constitution et les parties isolées montrent plus de susceptibilité pour le mercure la première fois que les fois suivantes : lorsque la boocbe a été afifeetée une ibis et guérie , on peut employer une seconde fois une inen plus grande quantité de mercure avant que la même altération de It bouche soit produite; f ai même vu des cas où le mercure, quoique employé à la plus haute dose possible , n*a pas pu reproduire la saltmtkm. n n'est donc pas nécessaire de prendre autant de précautions quand oa renouvelle un traitement mercuriel, que lorsqu'on débote dans on tfai« tement de cette nature. Cependant , cet agent thérapeutique nons trompe quelquefois : dans un temps , il peut à peine produire des et^ts visibles, et ensuite la bouche et les intestins s'affectent à la fois.

Lorsque le mercure se porte sur la bouche , il produit chez beaoooiip de sujets une inflammation violente , qui se termine quelquefois par h gangrène. Je pense que les constitutions où oet accident s'observe ont une tendance érysipélateuse, c'est-è-dire, la tendance qu'on appdie pth tride ; quand on a affaire à ees constitutions , les plus grandes précautions sont nécessaires. En général, c'est-à-dire, qnand il n^ produit ^e ses effets communs; le mercure ne lèse que raremoit on même janaais la constitution; il semble seulement agir temporairement, pour laisser ensuite la constitution dans un état sain. Mais il n'en est pas toujours ainsi , car il est probable qu'il n'est aucune constitution que le meronie ne puisse affecter d'une manière très-grave; il peut détermnier des maladies locales, ainsi qu'il a été dit, et retarder la guénsen des chancres, des bubons et de certains effets de la syphilis constitutkMUMile, nprès que le vhrm a M détruit*

% lU. Des eJfeU sensibles du mercure sur certains organes.

Les effets sensibles du mercure sont, en général, l'accroissement de quelque sédition , le gonflement des glandes salivaires et TaugmentatioB de la salive. La sécrétion des intestins est augmentée, et il en résulte de la diarrhée; celle de la peau l'est aussi, ce qui produit des sueurs, et souvent aussi la sécrétion de Turine est rendue plus abondante. Tantôt une seule de ces sécrétions est affectée, tantôt il y en a plus d'une, et quelquefois elles le sont toutes ensemble ; mais les phénomènes qui ont leur siège dans la bouche sont les plus fréquents.

Le mercure produit souvent de la céphalalgie, et même de la constipation , qnand son action sur d'autres parties que la tête et les intestins, principalement sur les glandes de la bouche , devient sensible.

Quand le mercure se porte sur la boudie, il n'en affecte pas toutes les parties paiement; tantôt il attaque les gencives ; tantôt il attaque les joues, qui s'eùgorgent et s'ulcèrent, tandis que \& gencives &e sont pas

SYPHILIS CONSrmmOWltRLLE; 59«r

fe moins dn monde affectées , car le malade peut mordre on cfprps daf quelconque.

Quand le mercure affecte la bouche et les parties qui en dépendent, non-seulement il accrott la sécrétion de ces parties, mais encore II ^ détermine une grande tuméfaction qui n*est point liée à une inflammation vraie avec sécrétion de lymphe coagulable, mais qui ressemble plqtôt a^ gonflement de Térysipèle. La langue , les joues et les gencives se turaé- 4ent , et les dents deviennent branlantes ; tous ces effets sont en raison directe de la quantité de mercure employée et de la susceptibîifté de$ parties pour ce mode d*irritation. Le mercure produit dans ces partfès une grande débilité ; Tulcération y prend naissance facilement , surtottt si elles sont irritées même faiblement , ce qui résulte souvent du contact des dents , et même la gangrène survient quelquefois. Je ne sais si U mercure produit des effets semblables quand il se porte stir d*autre0 parties. La salive est généralement visqueuse dans ces caç, comme st éWë provenait principalement des glandes affectées. L'haleine contracté ttrië odeur particulière (*).

Comme le mercure produit généralement des évacuations, on a été porté naturellement à supposer que c'est par ce moyen qu'il guérit la maladie vénérienne; mais l'expérience a appris que, pour la cure de ht maladie vénérienne par ce métal , les évacuations , de quelque naturef qu'elles soient, qui sont produites par lui , ne sont nullement nécessaMeil.* Et c'est ce qu'on pouvait prévoir, puisque des évacuations semblables.produites par d'antres. médicaments, ne sont d'aucune utilité; Il étair donc raisonnable de penser que ces mêmes évacuations, quand elles Èont déterminées par le mercure, ne doivent pas être plus utiles, S moinsl qu'on n'eât admis que l'évacuation produite par le mercure n'est pnè la même que celle qui est produite par d'autres médicaments , niais c|uW c'est une évacuation spécifique; ce qui reviendrait à dhre, que ce serait une évacuation qui emporterait \epùUoti uni avec le mercure, de sorte que plus le mercure serait évacué avec rapidité, plus vite aussi hpohad serait rejeté hors de la constitution. Mais la pratique ne justifie poiiit cette manière de voir. Au contraire, les évacuations produites parlé mercure retardent ht guérison, surtout lorsque les organes sécréteurs onlf trop de susceptibilité pour ce stimulus, car alors la quantité du médl^ cament qui est nécessaire ou qui suffit pour la cure de la maladie ntf peut être introduite dans Téconomie, lés effets qu'il produit dans M parties isolées étant trop intenses pour que le malade puisse leé !tup^ porter; d^où il résulte que la quantité de mercure qu'il fiiut Introduira

(*) D«n8 rédidon de Bomp cat ajouté ; « Un oulade nt ponrait faifn magQ 4v^ mcrcpre extérieurement sans qa*il en résultât une violente inflammation. Il poi^val^ prendre à rintérieor dix ou douze grains de mercure calciné, chaque jour, sans rien cprouter du c6të des intestins et de la bouche; mais sa tête en était teUemen^ affectée, qu'il pouvait k peine marcher, et q[ue , lulrnil êW propre! expresiions , Û ne Mvait pu f 'fl avait encore n tête, t

$00 STPHIUS G0NSTiTUT10r«NBLLE.

dans la ooostitation doit être limitée et réglée d'après la qoantîté de révacuation , et non d'après l'étendue de la maladie. D'un autre côté , si Ton administre le mercure avec précaution , de manière h éviter une évacuation violente , on peut en faire pénétrer une quantité suffisante pour la guérison de la maladie.

Certaines évacuations pourraient être considérées comme un indice des effets constitutionnels du mercure ; mais on ne doit pas s'en rapporter entièrement à elles , car ces sécrétions ne sont qu'une preuve de la susceptibilité de certaines parties pour un tel stimulus; toutefois, il és^ probable qu'en général elles donnent assez bien la mesure des e£fets constitutionnels du médicament. On a été jusqu'à supposer qu'il suffît de donner la quantité convenable de mercure, sans qu'il soit nécessaire qu'aucun effet sensible soit produit; cela n'est exact qu'en partie, et non sans restrictions, car nous n'avons aucune autre preuve de l'action du mercure sur la constitution , que l'accroissement de quelques-unes des sécrétions.

S IV. De taction du mercure.

Le mercure ne peut avoir que deux modes d'action , l'un sur le poison, l'autre sur la constitution : on ne peut guère supposer qu'il agisse des deux manières à la fois. Si le mercure agissait seulement sur le poison, œ pourrait être de deux manières, soit en le décomposant et en détruisant par là ses propriétés, soit en l'attirant h lui et en l'emportant hors de la constitution. En admettant la première de ces deux hypothèses, on pourrait supposer avec raison que la quantité de mercure introduite est tout ce qu'il faut pour nous guider dans le traitement de la syphilis; dans la seconde, la quantité de l'évacuation devrait être notre principale mesure.

Mais si le mercure agit en détruisant l'action morbide des parties vivantes, en s^opposantà l'irritation vénérienne par la production d'une autre irritation d'espèce différente, alors la quantité du médicament employé et celle de l'évacuation , prises isolément, ne peuvent plus guère nous éclairer, et Ton produira la guérison la plus prompte en prenant pour guide et la quantité du médicament et ses effets sensibles : or, l'expérience prouve qu'il en est ainsi. Mais quoique les effets du mercure sur la maladie vénérienne soient, jusqu'à un certain point, en proportion de ses effets locaux sur certaines glandes, ou sur certaines parties du corps, telles que la bouche, la peau, les reins ou les intestins, cependant cette proportion n'est point toujours rigoureuse, ainsi que je l'ai déjà dit. Lorsque la constitution ne supporte pas bien le mercure, et que ee médicament produit une grande irritabilité et des symptômes hectiques, l'action ou irritation du mercure ne joue point le rôle de contreîrritation par rapport à la maladie vénérienne ; c'est une irritation constitutionnelle n'ayant aucune influence sur la maladie , qui n'en continue pas moins ses progrès.

Le mercure perd son influence sur la maladie vénérienne par l'babi-

taàe, et c'est une preuve qu'il n'agit ni chimiquement, ni en etiportant le poiêon par teUe ou telle évacuation, mais bien en vertu de sa force de stimulation propre.

1^8 effets sont toujours en proportion de b quantité de mercure employée dans un temps donné , et de la susceptibilité de la constitution pour l'irritation mercurielle. Ces circonstances réclament TattenUon la plus minutieuse. Afin d'obtenir du mercure la plus grande action possible avec sécurité et de la manière la plus efQcace, il faut l'administrer jusqu'à ce qu'il produise des effets locaux quelque part; mais pas trop rapidement, afin qu'on ait le temps d'en faire pénétrer une quantité convenable; car l'apparition trop prompte des effets looaux empêche qu'on n'administre la quantité qui serait nécessaire pour neutraliser l'irritation vénérienne dans l'ensemble de l'économie. J'ai vu des cas où le mercure agissait localement avec beaucoup de facilité, et où cependant la constitution était à peine affectée par lui , car la maladie ne s'amendait pibint.

Un homme contracta un chancre qu'il détruisit au moyen du caustique; ensuite il pansa la plaie avec de l'onguent mercuriel. II éprouva aussi dans l'une des régions inguinales un léger malaise qui n'alla pas phis loin, mais qui indiqua que l'absorption du poison avait eu lieu. Le chancre ne tarda pas à se guérir, et le malade employa en frictions environ deux onces d'onguent mercuriel. Il commença ce traitement par de petites quantités, c'est;à-dire, par un scrupule à chaque friction, et il éleva cette dose. Cependant sa bouche fut promptement affectée, et la salivation dnra environ un mois. Deux mois après, il se forma un ulcère vénérien sur l'une des amygdales. On voit ici une petite quantité de mercure produire un effet sensible considérable, et cependant rester inefficace, parce que les effets spécifiques du médicament n'étaient sans doute point en proportion de ses effets sensibles, les glandes salivatres ayant trop de susceptibilité pour l'irritation mercurielle.

D'un autre côté , j'ai vu des cas où la quantité du médicament employée ne se montra efiBcace que lorsqu'elle eut été donnée assez rapidement pour affecter la constitution de manière à produire une irritation locale, et conséquenunent des évacuations sensibles, ce qui prouve que les effets locaux du mercure sont souvent les indices de ses effets spécifiques sur l'ensemble de la constitution , et que la susceptibilité des parties malades à être affectées par le médicament est en proportion de ses effets sur la bouche. Son action thérapeutique ne doit point être attribuée à l'évacuation qu'il détermine, mais à son irritation. C'est pourquoi il faut donner le mercure, s'il est possible, de manière à produire des effets sensibles sur quelque partie du corps, et à la dose la plus élevée qui puisse être donnée pour produire ces effets dans certaines limites; ces effets sensibles sont le moyen de déterminer jusqu'où l'emploi du médicament peut être poussé, alin d'en obtenir les meilleurs effets possibles sur la maladie, sans danger pour la constitution. La pratique doit varier ici suivant les circonstances : si la maladie présente de l'intensité, il faut

m SlWSStM CflWWI'lUiiÛUJIBU»

atDir nieliis 0B»rd à te eoiHtîtiitM)», 01 donn^

quantités que ee le omnporte te r^ qui vieut d'être posée; ma» si ta maladie est modérée, il n'est pas nécessaire de dépasser cette régie* him qu'il soit oonrenoblede ne pas rester au-dessous, afi|i de guérir te matedie iê plus promptenatot possible.

Si la maladie a son siège dans les parties du premier ordre, 3 n'est pas néeessaire d'employer une aussi grande quantité de mereure que lors* qu'elle se manifeste daps les parties du second ordre et qu'elle date de longtemps, c'est-à-dire, dans les cas où sa première manifestatioii seulement a été guérie, et où te disposition vénérieane est restée dans ks parties du second ordre. Il est probable que te même quantité de mercure est nécessaire pour guérir la matedie , soit qu'elte se montre sous la forme de chancre ou de bubon, soit qu'elle ait revêtu celle de sypbilis eoostitntionnelte, car un ulcère exige autant de mercure que cinquante ukères véunis sur la même personne, et un petit ulcère autmt qu'un grand; k seule différence, s'il y en a une, doit dépendre de la nature des parties affectées , suivant qu'elles sont naturelieroent actives ou iodolestes. Cependant, si , eomme je le présume, il y a une différence mat^eUe entra te syphilis primitive et te syphilte constitutionnelle, il peut en résulter une difitérence dans la quantité de mercure à administrer. Je crote qu'en somme la syphilis primitive est plus difBcite à guérir; au moins exige-Velte oommunéinent un temps plus long, bien qu'il n'en soit pas toqioors ainsi*

Après avoir exposé ces règles et ces considérations générales, je vate fisire connattre les différentes méthodes d'administrer le mraeure.

§ V. Des différentes méthodes d'administrer le mercure; — à VexUrieur ^ — à Vintérieur,

Avant de donner le mercure, il est utile de connattre, autant que pwsible, quel effet ce médicament produit sur la constitution du matede, et c'est ce qu'on ne peut savoir que lorsque celui-d a déjà subi un trutemeot merouriel. Or, un grand nombre de malades étant obligés de se soumette à ce traitement plus d'une fois, il peut n'être point inutile de s'enquérir des résultats qui ont pu être obtenus antérieurement; et comme il e&t des sujets qui supportent ce médicament beaucoup mieux que les autaes, il importe que cette circonstanee soit connue du chirurgien , qui y trouvera un guide pour le traitement actuel. Je crois qu'il est peu de constitutions qui se modifient sous ce rapport, bien que j'aie connu un sujet qui, après avoir fait usage d'une grande quantité de mercure sans en être afifecté visiblement, fiit, environ une année après, affecté par une très-petiti quantité du même médicament.

Lorsqu'on administre le mercure pour guérir la syphilis constitution* ndle, quelle que soit l'intensité que l'on ait résolu de donner à ses effets sensibles, il faut y atteindre et la maintenir, s'il est ppssibte; car ce ne sera qu'avec difficulté qu'on portera de nouveau ces effets an oftéme degré si on les ktae s'afiteiMir. Si te mercure produit des cflbti phis étergi^w*

firrpSîLis ôOSâîtFiJiïôïiîfÉîiti. m

que eeu]i qu'on 8*étalf proposé d'olMMif , tt flot en dtmtMMr nMm 8vec beaucoup de prudence; presque toijoors alors on est obligé do le èomwer de nouveau ayant que ses effets soient ramenés au degré voulu; car la même quantité n'opère plus aussi puissamment qu'elle le faisait d^abovd, et ce qui au début du traitement produisait des effets plus violents que ceux qu^on désirait obtenir, ne se trouve plus ensuite suffisant.

La meilleure manière d'appliquer le mercure extéfieureme nt , o'eet sous la forme d*onguent. Les' corps gras le tiennent à l'état de grande division , le font adhérer aux surfiaoes et ne se dessèchent point. On peot supposer aussi qu'ils servent de véhicule au mercure, et qu'ils le portait dam la chrcutation générale par l'intermédiaire des valsKaux absorbants; car il est probable qu'ils se prêtent aussi bien à l'absorption que les eorpi aqueut.

Lorsque les symptêmes sont modérés et ont pour siége^les partSea du premier ordre, que le malade n'est pas aocoutumé an reeroure on que Pou sait qu'il ne peut pas le supporter en grande quantité, et que l'on sa pnn pose de diriger le traitement par progression presque însensîlile, H faut donner d'abord de petites doses. Un scrupule ou une dtmi-draicfame itvtû onguent ftiit avec parties égales de mercure et d'axonge, employé ebaquo soir en frictions pendant quatre, cinq ou six jours, suffit au début. Si la bouche ne s'affecte pas, cette quantité peut être élevée gvaduellemeii^ jusqu'à deux ou trois drachmes pour chaque friction ; mais si la praroièe^ dose a affecté la bouche, on peut être presque otrtaiii que les glandas de la bouche ont beaucoup de susceptibilité pour le stimulus mercuriel; c'e^ pourquoi il faut suspendre les frictions pendant deux ou trofs jouri, et attehdre que l'affectkm de la boucbe commence à se dissiper.

Quand on reprend le mercure, la dose pent être augmentée gradu^le* ment, au moins d*un scrupule chaque fois, et portée à deux dradimes ou davantage pour chaque soir, ce qui peut ^re fait sans qu'on craigne, to seconde fois, d'affecter beaucoup le malade, ainsi que je Tai dé^ ftit remarquer.

Si tous les symptômes disparaissent gradodlement, il n'y a rien de t)lus à faire que de continuer ce traiteinent pendant une quinzaine da jours après leur disparition, afin d'avoir toute sécurité pour l'avenir.

Cette méthode de traitement, poursuivie avec fermeté, guérit le ph» grand nombre des cas récents de syphilis constitutionnelle; mais elle n'est pas suffisante si la maladie a été simplement tenue en échec par un usage très-modéré du mercure; il faut alors en employer une plus grande quantité, à cause de l'espèce d'habitude que la constitution a acquise et qui la rend moins susceptible du stimulus mercuriel.

Si la maladie se reproduit dans les parties du second ordre, on peut être certain que la même quantité de mercure ne suffira point pour en. amener la guérison ; car l'action qui se développe dans ces parties sous l'influence de l'irritation vénérienne est lente, et par conséquent elle a besoin d'être combattue par une quantité de mercuM phis considérable que celle qui constituait le premier traitement.

6N STFHUIS œNSTmmONIŒLLB.

DaM kf cat où l€B symptômes vénériens soot des ulcères de la boocbe oa de la gorge , le mereore se portant à la bouche, et la salive, qui en est imprégnée, agissant comme un gargarisme mercuriel , je présume que les parties malades sont guéries localement, et que la constitution reste infectée, parce que l'action mercurielle y est beaucoup moins forte que dans la bouche. Il est possible qu'il y ait quelque chose de semblable dans les cas d'éruptions syphilitiques de la peau , où le mercure est porté au dehors à travers la peau avec la sueur; on sait, en effet, que le soufre guérit la gale en passant par la voie de la transpiration cutanée. Si ces remarques sont vraies, on peut ainsi expliquer, jusqu'à un certain point, pourquoi les symptômes locaux sont plus faciles ti guérir dans les parties du premier ordre que dans celles du second (*).

Il n'est point néœssaire de modifier la manière de vivre du malade pendant la durée du traitement mercuriel, car l'action du mercure sur la maladie n'est point susceptible d'être favorisée par un genre de vie plutôt que par un autre. Qu'importe pour l'action du mercure sur un ulcère vénérien que le malade mange un bon dîner et boive une bouteille de vin? le mercure sera-t*il excité par là à produire des effets sensibles dans quelque partie, consme les glandes de la bouche, ou bien son effet sur l'irritation vénérienne en sera-t-il empêché? En un mot, je ne vois pas pourquoi le mercure ne guérirait pas la syphilis sous l'influence de n'importe quel régime (**).

Cependant je conçois que le froid puisse nKMlifier l'action du mercure sur la maladie vénérienne. Il est possible que le froid favorise l'irritation syphilitique, ^ par conséquent qu'il soit contraire à celle qui est produite par le mercure; et il y a quelque apparence de raison à le croire, car j'ai établi précédemment que le froid est un excitant de l'irritation vénérienne; de sorte qu'on peut, en tenant le malade chaudement, diminuer la puissance de la maladie pendant la durée du traitement.

L'administration du mercure à l'intérieur suffit dans beaucoup de cas; mais, en général , on ne doit pas autant compter sur ce mode de traitement que sur Tapplicatlon externe du médicament; aussi ne conseilleraisje point et n'administrerais-je point le mercure de cette manière dans les cas où la maladie n'a pas été suffisamment guérie par des traitements m^rcuriels antérieurs C**). C'est la manière la pluscommoded'administrer

(*) Oa lit en outre dans récUtion de Home : « Lorsque les Uches Ténériennes de U peaa ont été guéries par remploi du mercure , il arrive quelquefois qu'elles se reproduisent ensuite, et plusieurs médecins ont été portés à avoir recours de nouveau au mercure. Mais la pratique qui convient clans ces cas consiste à rester dans Texpectation pendant quelque temps , afin de voir ce qn'il adviendra de ces nouvetlet taches, car très-son veut elles disparaissent spontanément ; toutefois, elles peuvent être quelquefois une vériuble récidive de la maladie vénérienne, et alors il fanC prescrire le mercure. »

(**) Cette dernière phrase a été omise dans Tcdition de Home.

(***) La portion de phrase qui commence par ces mots : « Mais en général. . • . » a été omise dans l'édition de Home.

SYPHILIS CONSTITUTIOimELLE* 9H

le mereoref car II y a beaucoup de malades qui afmciit mieux avaler one pilule que d'appliquer Tonguent sur leur corps, et même il se trouve beaucoup de circonstances dans la vie qui rendent la méthode interne beaucoup plus facile à suivre que la méàuMle externe; mais, d*on autre oôtë, il y a beaucoup de constitutions qui ne peuvent supporter le mercure pris intérieurement. Cest une chose fâcheuse, quand le malade est dans des conditions telles que Tune et l'autre méthode soient d^une ap* plication également difficile.

Le mercure pris à Tintérieur produit souvent des effets très-pénibles sur Testomac et sur les intestins; dans le premier, il détermine des nausées; dans les derniers, il provoque des coliques et de la diarrhée.

Lorsqu'on juge qu'il est nécessaire de donner le mercure intériettire«» ment, et qu'il se montre nuisible soit à l'estomac ou au tube intestinal, soit aux deux à la fois , bien qu'on ait choisi la préparation la plus simple , il faut corriger ou prévenir ses effets, quels qu'ils soient, en lui associant d'autres substances. S'il n'affecte que l'estomac , on peut unir au mercure de légères doses d'une huile essentielle , comme l'huile essentielle de clous de girofle ou celle de fleurs de camomille , qui , dans beaucoup de cas , font disparaître ces effets fâcheux. Lorsqu'il affecte à la fois l'es* tomac et les intestins , je crois qu'on doit attribuer ce résultat à son mélange dans l'estomac avec un acide qui en dissout une partie et donne naissance à un sel , ou bien à ce qu'il a été donné sous forme de sel ; dans l'un et l'autre cas, il agit, en général , comme purgatif, et devient la cause de sa propre expulsion. Il y a deux manières d'obvier à cet inconvénient: la première, c'est d'empêcher le sel de se former; la seconde , c'est d'en atténuer les effets sur les intestins , lorsqu'il est formé, en faisant disparaître l'irritabilité de ces derniers. Pour empêcher la formation du sel , le meilleur moyen consiste à unir le mercure avec des substances alcalines , soit des sels , soit des terres. Lorsqu*on l'administre à l'état de sel , on peut le combiner avec l'opium ou avec quelque huile essentielle.

Pour prévenir la formation do sel , on peut (loisir une des préparations mercurif lies , telles que le mercure calciné, le mercurius fuscus , ou le calomel , et en faire faire des pilules avec addition d'une petite quantité de savon mou ou d'un sel alcalin quelconque; le sel alcalin empêche aussi la pilule de se desséclier; au lieu de ces substances , on peut joindre au mercure une terre calcaire, comme la chaux ou les yeux d'écrevisses. C'est d'après cette idée qu'on prépare le mercure alcalUéy qui n'est autre chose que du mercure cru broyé avec des yeux d'écrevisses. Mais ces substances ajoutent considérablement au volume du médicament, puisqu'il n'en faut pas moins de vingt grains pour une dose qui contient sept grains et demi de mercure cru. Le mercure calciné, broyé avec une petite quantité d'opium , forme des pilules très-efficaces, et convient , en général , à l'estomac et aux intestins. Depuis longtemps l*opium est uni au mercure dans le traitement de la maladie vénérienne ; et quelques médecins hii ont accordé autant de vertu antisyphilitiqne

W^ SlTpeiLB GOfiSTlTUTIONKBLLE.

qu'à«e4«rDier. Gepeodant, il faut dooner ropium avee^piéeaiilîiiA,€ir toutes les constitutions ne s'en accommodent pas également; soufedt il produit de rirritabiiité ; quelquefois de la lassitude et de la débilité, quelquefois des spasmes*

Si le mercure est administré, non de la manière indiquée ci-dessus, mais sous la forme de sel , ou si on a laissé les sels se former dans l'estomac , il faut lui associer un tiers d'opium et une goutte d*buile de girofle ou de camomille, qui le rendront innocent pour Testomac et empêcheront son effet purgatif ; si , malgré ce mélange , il se montre encore nuisible pour Testomac et les intestins , il faut rendre la préparation encore j^us conopliquée, en réunissant au mercure les sels alcalins, Topium et une huile essentielle.

On peut donner tous les soirs, pendant une semaine , une pilule composée d'un grain de mercure calciné , uni aux substances auxiliaires que peuvent réclamer les voies digestives; et si, à cette époque, la bouche n'est pas affectée , on peut donner cette dose matin et soir. Lorsque le malade est accoutumé au médicament , si celui - ci ne se porte pas d'une manière notable à la bouclie , on peut élever la dose à deux grains le soir et un le matin.

Les mêmes règles s'appliquent également a l'emploi du mercurius fuseus et du calomel; mais il faut donner ces dernières préparations à plus haute dose que la précédente pour obtenir le même effet tliérapeutique. Leurs effets sont, par rapport à ceux du mercure calciné , à peu près dans la proportion de un à deux ou trois. Il n'est pas facile de se rendre compte de cette différence ; la quantité de mercure est à peu de chose près la même dans le même poids de l'une ou de l'autre de ces substances, car il y a sept grains de mercure cru dans huit grains de calomel. Trois grains de ces préparations ne paraissent équivaloir qu'à un grain de mercure calciné. Le mercure cru , administré à la même dose que l'un ou Tautre des trois médicaments indiques , est celui qui montre le moins d'efGcacité; en effet, quinze grains de mercure cru, incorporés dans un mucila^ quelconque , n'équivalent qu'à un ou deux grains de mercure calciné.

Le sublimé corrosif, qui est un sel capable de produhre une stûnulation violente , s*administre généralement en dissolution dans l'eau conunune, dans i'eau-de-vie , ou dans certaines eaux distillées. Il a été employé, en apparence, avec un grand succès. U parait qu'il guérit les ulcères de la boiiche aussi promptement, sinon plus promptement, que toutes les autres préparations ; mais je présume que cette efGcacité dépend de son contact avec les parties ulcérées quand il passe de la bouche dans l'estomac , et qu'il agit localement et comme un gargarisme sur ces parties. Quoi qu'il en soit, rexpérience apprend qu'il n'exerce pas une inOuenoe assez puissante sur Tirri talion vénérienne. Dans les cas récents il ne fait disparalti'c que les effets locaux visibles, sans détruire entièrement Taclion vénérienne, car on observe beaucoup plus de récidives après l'usage 4e ce médicament qu'après celui de la plupart des autres , ce qui provient

gTPBaa:js c<»fRiTxmoniitujE. m

de ce^a*!! M eicrété trop facîlemeDt par la peau. £q «1^0 i TwlOBiac et les intestins s'en aeeoipmodent beaucoup moins que de toutes les entres préparations.

¥n grain de ce médicainent, dissous dans une once swtmn d*uo li« quide oonvenable , forme la dose généralement empk^ee^ fue Ton augmente suivant la manière dont il est supporté par les intestins^ et Kmr vant ses effets sur la bouche et sur la maladie (^).

Comme le sublimé corrosif renferme un acide , et que son emploi doit ^ge limité par les ^fets de œt aeide sur les intestiaSt la qnaîitiltf de mercure que Ton peut donner sous cette forme est néoessairement plw petite que celle qui peut être employée quand on se sert des autres pré- , parations. I^es gouttes de Ward , qui contiennent moins d'acide, peuvent être données à plus haute dose , et sont par conséquent plus efflcaees. Il est possible que ces préparations unies areo un scrupule de résilM de gaîac aient plus d'action que lorsqu'elles sont données seules , car on ohaerve que le gaiae eieroe beaucoup d'influence sur la maladie TénérieiMie (pag. 621).

Il suffit, en général, d'employer ces moyens de traitenMUt pendant deux mois pour guérir une syphilis constitutionnelle ordinaire; mais je ne prétends point ici ûxer une époque invariable. Le traitement doit étn continué au moins quinze jours après que tous les symptdmes de la nulsr

{*) Ce passage est imprimé, tel qa^on rient dé le lire, dans toutes les éditions, et cependant 'û doit y aroir nne errear, car nne dose anasi élevée de snbKmé corroiif a*a |am«k été recommandée par ancun praticien digne de confiaiiee, et nepoarrak être adminiatrée aans daagetf. La àoat ordinaire est d*m quart de grain à nn .dttnigmio dana la jonmée; tt méoM oette quantité est génértl«nieAl prise am soins ea deux fois.

Mais on pent donner le soblimc corrosif en plus grandes quantités sans danger, si Ton a recours aux précautions conycnables. Il faut qu'il soit introduit dans l'économie sans irriter les surfaces qui l'absorbent immédiatement On atteint ce but plus lacilemcut en radmintstrant sous forme de pilules , et en le faisant prendre an moment des repas , de manière qn il puisse se mêler avec les aliments et que ses pro« priétéa acrimonieuses puissent être corrigées par la dilution. De cette manière, il peut être prescrit à la dose d*an tiers de grain trois fois par jonr, i^est-è-dire, d*ini grain quotidiennement, sans plus d!ineonTénients ou de danger de Crooble potarles voies digestives, qu'il n'en résulte de l'emploi des doses ordinaires admiaiatrées sans ces précautions.

On croit assez généralement qu^un traitement par le sublimé corrosif ne garantit qu'imparfaitement contre les chances d'une récidire. Cette remarque s'applique prin- ^palement aux cas où le sublimé n'a été donné qu'à petites doses; procédé qui ne comporte guère Tintroduction d'une quantité suffis&utc de mercure, à moins que le traitement ne soit très-longteovps contiuué. Mais en admettant que le médicament Éolt donné à la dose que je viens d'indiquer, et qne lé traitoroent soit continué f>endant la période ordinaire, sans être interrompu par l'action du sublimé snr les in» testifts on snr la bouche, on peut révoquer en doute que les rechutes soient ]»los DréqocotM >fprèa ton «nploi qu'après celai dp tonte notre préparation mercnrieUe.

608 SYPHILIS CONStmmOKNBLLfi.

die ont élé dissipés. Mais si les symptômes disparaissent très-bnnqIi^ ment, eomme cela arrive souTent, c*est-à-diret dans l'espace de huit <m dix jours , probablement parce que le médicament 8*échappe par les surfaces qui sont le siège des symptômes morbides , et agît localement, il faut prolonger le traitement pendant trois semaines et même un mois, et élever les doses. Dans de tels cas, les symptômes 'locaux visibles paraissent guéris, tandis que la disposition vénérienne reste dans les parties.

Si les préparations mercurielles qui ont été recommandées comme médicaments intames sont nombreuses , les praticiens se contentent généralement d*en employer une seule pour les applications externes. Il n*est aucun praticien qui n*ait remarqué qu'une préparation a paru, mieux répondre, dans un cas, à ses intentions que telle ou telle autre, et dès lors la balance a penché dans son esprit en faveur de cette préparation. D'autres médeeins, ayant été témoins des mauvais ^ets d'une préparation dans un seul cas, l'ont condamnée d'une manière générale. D'ailleurs , le mensonge est très-fréquent dans tout ce qui concerne le traitement de la syphilis. L'idée qui se présente naturellement à l'esprit, c'est que la préparation mercurietle la plus simple doit être aussi la meilleure , celle qui est le plus facilement soluble dans les humeurs animales , qui offre le moins d'inconvénients pour l'estomac et pour la sssté générale, celle enfln dont l'action thérapeutique rencontre le moins d'obstacles ou de causes de troubles. En effet, on ne peut guère supposer qu'une substance qui altère les propriétés chimiques ou mécaniques du mereure hors du corps , puisse , par sa réunion avec lui , ajouter à son influence sur l'économie, à moins que ce ne soit une substance qui , prise isolément , ait une action semblable k la sienne. Ce qui corrobore cette pensée , c'est la préférence que l'on accorde généralement à l'ongaent mercurial pour l'usage externe du mercure : si l'on pouvait trouver une préparation encore plus simple, il faudrait la préférer au mercure cru.

% VL TraUemerU de la syphilis constitutionnelle dans la seconde w dans la troisième période.

Dans les périodes avancées de la maladie , il faut donner plus d'extension au traitement mercuriel. 11 faut faire pénétrer dans l'économie en une seule fois la plus grande quantité de mercure que le malade paisse supporter, et continuer avec fermeté jusqu'à ce qu'il y ait de fortes raisons de croire que la maladie est détruite. Il n'est point possible alors d'empêcher que la bouche ne soit violemment affectée , car la quantité de mercure qui est nécessaire pour guérir la syphilis dans ces périodes est telle que cet effet est inévitable dans la plupart des cas.

Lorsque la maladie a atteint une période avancée, il est très-probable que le malade a déjà fait usage du mercure , et il est utile de lui demander quel effet ce médicament a produit sur lui ; à quelle dose il peut le stipporter. Ses réponses pourront mettre le médecin à même d'apprécier la dose par laquelle il convient de commencer. Si le malade a cessé

SYHIILIS CONSTITUTIONNELLE. 609

Tusage du mercure depuis très-longtemps , et qu'il soit facilement i^ecté parce médicament, il se trouve dans les conditions qui comportent la. dose de mercure la moins élevée, et Ton doit commencer avec beaucoup de précautions, en ayant soin de régler la dose d'après les circonstances; mais s'il n'y a pas longtemps qu'il prenait du mercure , quoiqu'il en soit facilement affecté, on peut en reprendre l'usage plus largement, car ce médicament doit avoir cette fois moins d'action sur la bouche et sur la maladie. Si le malade prenait du mercure très-peu de temps auparavant , et que ce métal ne l'affecte que difOcilement,* comme il se trouve dans les conditions qui permettent remploi de la plus grande quantité de mercure, on peut administrer le médicament d'une manière très -large, afin d'affieeter la constitution en temps convenable. On peut considérer comme un début favorable que le mercure se porte à la bouche dans l'espace de six ou huit jours, et qu'au bout de douze jours cette partie soit fortement affectée. Dans de tels cas, si l'on veut que les effets du mercure aient le plus d'énergie possible, il faut tâcher de surprendre' brusquement la constitution; mais, en même temps, il faut prendre ses mesures de manière à pouvoir soutenir ces effets en augmentant conve ^ nablement la dose du médicament.

Les frictions mercurielles réussissent mieux que le mercure donné à l'intérieur; on peut, par ce procédé, faire pénétrer, dans un temps donné, une plus grande quantité de mercure qu'on ne pourrait le faire par la bouche sans léser l'estomac.

La quantité de mercure employée en frictions doit être, dans certaines circonstances, en proportion de la surface sur laquelle on l'applique, et il faut que cette surface soit complètement recouverte par l'onguent ; une demi-once d'onguent mercuriel appliquée sur une surface donnée' produit à peu près le même effet qu'une once du même onguent appliquée sur la même surface ; de sorte que pour qu'une once d'onguent pro* dulse un effet double de celui d'une demi-once, il faut qu'elle soit étendue sur une surface double. Il faut donc que la quantité de l'onguent soit mise en harmonie avec l'étendue de la surface; car sur une surface renfermée dans de certaines limites, il ne peut y avoir qu'une quantité déterminée d'onguent qui soit susceptible d'être absorbée , et il serait inutile d'en appliquer davantage; on ne peut point non plus étendre davantage la même quantité d'onguent sur une surface plus laige, car elle ne suffirait plus à l'activité de tous les vaisseaux absorbants de la surface. En conséquence, il importe que la surface sur laquelle on opère, reçoive sa quantité complète d'onguent ; mais il ne faut pas qu'elle en ait davantage, si l'on se règle sur la quantité de mercure employée, pour les effets thérapeutiques qui doivent être produits.

On a eu ^probablement de tout temps l'usage de faire desfiictians avec le mercure , comme l'indique l'expression usitée. Mais je présume que cet usage provient plutôt de ce qu'on se représentait les surfaces douées de porosité comme une éponge , que de l'idée d'une absorption accomplie par l'action des vainieaux; or, il est probable que l'action vasculaire qui II. 39

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mo sTraius coNSTiTunoiifiixui.

a rab8or|iti#o pour effet , peut être plutôt troublée qu*exdtée par le frotte^ ment.

On ne ^eut fixer arec exaetitude Tespace de temps pendant le^l le traitement doit être suivi. On pourrait penser qa'H eonrient de le cooti* nuer jusqu'à ce que les symptômes locaux , tels que les nodus , aient dis* paru; mais je crois que cela n^est guère nécessaire^ à moins qu'ils ne disparaissent très^Tite; car, dans ces cas, les slifctlons loeales, eonune le gonflement) etc., mettent, en général « plus de temps à se détruire que Taction vénérienne elle-même; et les applications locales doivent être utiles, surtout lorsque les gonflements de cette e^>èce sont opiniâtres.

Le régime mérite une attrition particulière pendant la durée d'ua traitement aussi énergique , qui est débilitant sous tous lès rapports. 11 faut soutenir le malade; et, comme les effets locaux do mercure sor la bouche empêchent qu'il ne puisse faire usage de certains aliments , pria* dpalement de ceux qui sont sous forme solide , son régime doit se composer exclusivement d'aliments liquides, et l'on doit préférer les aliment! liquides qui deviennent solides après la déglutition : le lait est de cette espèce. Un œuf battu avec un peu de sucre et un peu de vin , le sagou « le saiep, etc., constituent une alimentation convenable. Dans beaucoup dé cas, il fout donner du vin et du qmnquina pendant toute la durée dû traiteipent. Le sucre est peut-être une des substances les plus répara* trices que l'on puisse donner quand la constitution a été très-débilitée par une longue abstinence, quelle qu'en ait été la cause, soit par abfeoce d'alimentation dans l'état de santé ou pendant une maladie, soit parce que l'alimentation n'était pas en proportion de la déperdition gé« Bérale, comme pendant la durée d*un traitement mercurid. Après la fia de la maladie ou du traitement mercuriel, le sucre est la substance U plus capable de rétablir la constitution.

Quoique cette opinion ne soit pas généralement admise, et qu'en conséquence le sucre ne soit pas prescrit généralement dans cette vue, il existe cependant des preuves suffisantes de la supériorité de ses propriétés nutritives sur celles de presque toutes les autres substances. C'est m Élit bien connu que dans les îles où l'on cultive le sucre, tous les nègres deviennrat très-gras et très-replets dans la saison des cannes à sucre, pendant laquelle ils ne mangent presque rien autre chose. Les chevaux et les bestiaux qui sont soumis à la noême alimentation deviennent constamment très-gras, et le poil des chevaux s'embellit. Les oiseaux qui si Bourrissent de fruits ne les mangent jamais que lorsqu'ils sont très-mûrs, e'estè-dJre, lorsqu'il s'y est formé la plus grande quantité possible de sucre, et même alors ils choisissent ceux qui en fournissent le plus. IxB insectes agissent de même; mars aucun de nous en donne un exemple plus ârappant que l'abeille. Le miel se compose de sucre uni à quelques autres sucs de plantes et à un peu d'huile essentielle; mats le suore y entre pour la principale part. Quand on considère qu'un essaim d'abeilles til peÂdant tout un hiver avec quelques livres de niiel ^ qu'il produit him

SYFHUilS €0li8ilTU110!IN£LL£. 611

chaleur constante d'envirûo ^5 à 96 degrés (FahrO^ et que le» «atloDs de réconomie animale sont en proportion de cette températui'e, on doi^ reconnaître que Je si^cre est peut^-étre de toutes les substances connues celle qui contient le plus de matière réellemept nutritive*

Le petit-lait, qui est la partie aqueuse du lait et qui n'en contient ni la partie grasse ni la partie coagulable « a également la {«^opriété d'engrais* ser beaucoup. Gela dépend principalement du sucre qu'il renferme; «n effet, comme il constitue la partie aqueuse du lait, il tient en dissoluticta tout le sucre de celui-ci. Mais si on le laisse s'aigrir, il ne possède piua cette propriété au même degré, parce que c'est le sucre qui a passé à la fermentation acide.

Quoique les qualités nutritives du sucre n'aient pas été assez appré-» ciées pour qu'il ait été admis dans la pratique générale, cependant é^lM n'ont pas entièrement échappé aux praticiens. M. Vaux» ayant remarqué l'accroissement d'embonpoint des nègres des Indes occidentales dans la saison du sucre, a été porté à prescrire le sucre à haute dose à plusieurs de ses malades, et cela avec beaucoup de succès. Le oûel présente uft très-bon moyen d'administrer le sucre; il importe peui pour le résultet, que les aliments et les boissons soient sucrés avec le supre du miel ou . avec le sucre proprement dit. Toutefois , il est probable que les autres substances qui entrent dans la composition du miel ajoutent encore à se» qualités nutritives.

$ VU. Du traitemeni looaL ,

Si les ^ets locaux delà syphilis cottstttQtioBiielte ti'ont pas dépassé la ' période d'inflammation et de gonflement, soit dans les parties mottes, soit dans les os , il est très-probable qu'a«icun traitement local n'est né* cessaire, car, en général, ils sont entièreoiei^ dàsipéé par le traite» ment qui s'adresse à la constitution.

Cependant il arrive quelquefois que les symptômes locaux ne dispo* raissent point, et cpie les parties res^t tuméfiées, et dans un état d'indolence et d'inactivité, idors même qu'il y a toute raison de supposer que la constitution est parfaitement guérie. Dans les cas de cette es** • pèce, le traitement constitutionnel doit être aidé par Tapplicatfon locale du mercure sous forme d'emplâtre ou d'onguent : cette dernière forme est sans contredit la meilleure. Si ce moyen ne suffit pas, comme il arrive • souvent, il faut chercher à détruire la disposition morbide en donnant naissance à une inflammation d'une autre nature. J'ai vu guérir un nodns Yéoérien qui causait une douleur atroce, au moyen d'une simple indsIoR intéressant toute la longueur du nodus et pénétrant jusqu'à Tos; la dou* leur cessa, la tuméfaction diminua, et la plaie se cicatrisa favorablement sans qo'on eût recours à va grain de mercure. Les vésicatoires se sont montrés eflteaees dans le traitement des nodus ; ce moyen enlève leaden* leurs et dimmue le gcmflement; c'est une nouvelle preuve que le trakement hocsl peut aider l'action du mercure dans beaucoup de cas.

On a recours au traitement local, non-seulement pour aider te mer* cure dans les cas où â parait loiter avec désavai^ge oon^ la aiÊàaêiei

613 SYPHILIS CCWSTTnniOiraELLE.

mais encore au début du traitement, et même avant tout emptoi du mer-' eure. Mais on n'en juge pas moins nécessaire de soumettre le malade à un traitement mercuriel, absolument comme si rien nCavaît été fait contre les affections locales.

On peut demander quel avantage résulte de l'incision ou de l'application d'un vésicatoire? L'avantage consiste dans le soulagement imnîédiat des douleurs violentes; d'ailleurs, comme il y a alors deux forces qui agissent à la fois, il est naturel de supposer que le traitement doit être moins long.

Après qu'on a tenfé tmis les nK>yens indiqués ci-dessus, il peut arriver que les effets locaux persistent encore, et qu'ils constituent une maladie nouvelle, que le mercure peut aggraver. Il faut alors recourir à d'autres méthodes de traitement, qui seront décrites ci-après.

§ Vni. Des abcès; des exfoliations.

Quand il se forme un abcès dans un nodus du périoste, l'os est ordinairement affecté et constitue une partie du foyer. Ces cas .réclament une grande attention, car ces suppurations ne sont point semblables à celles des abcès communs. Elles sont rarement le produit d'une véritable inflammation suppurative, ce qui fait qu'elles sont lentes dans leur marche, et qu'elles ne produisent presque jamais un véritable pus, mais ordinairement un mucus, ou matière visqueuse, qui séjourne sur les os et y forme une tumeur aplatie. A raison de cette dernière circonstance, il est diffidie de déterminer quand la suppuration a pris naissance, et, dans beaucoup de cas, de découvrir le pus, lors même qu'il est formé. Une autre drcoDstance qui rend la présence du pus douteuse dans ces cas, c'est que les progrès de |a maûidie sont ordinairement réprimés de très-bonne heure par l'usage du mercure. Ce pus est souvent résorbé pendant le traitement mercuriel , et il convient,* surtout dans un état peu avancé de l'afifection, de lui donner cette chance favorable; mais si l'absorption n'a point lieu, et que l'affection morbide soit dans un état avancé, il fsiut ouvrir Taboès.

Le traitement chirurgical est ici le même que pou^ les autres maladies des mêmes parties; il est absolument nécessaire d'ouvrir très-largement, car plus les parties sont exposées, et plus elles ont de tendance, en général , h marcher vers la guérison ; c'est ce qu'on observe surtout dans les cas qui nous occupent , parce que la violence à laquelle les parties malades sont soumises favorise la destruction de la disposition vénérienne. Bans l'ouverture des abcès , il ne faut jamais emporter la peau qui recouvre les os, surtout aux membres inférieurs.

Si l'abcès est ouvert largement et qu'il se forme une exfoliation , comme cela arrive généralement , on doit recourir aux moyens qui sont employés dans tout autre cas d'exfoliation. Les exfoliations marchent beaucoup mieux ici que dans beaucoup d'autres circoostances, parce que l'on peut généralement détruire la maladie d'où' elles tirent leur origine, tandis qu'on ne peut en faire autant dans beaucoup de maladiefl des os ou il y

srranjs gomsiitutionrelle. sk

a également exfoKation. Cependant il se présente quelquefois des cas oà , après que la disposition yénérienne a été détruite, il se forme dans Fos une autre maladie dont j'expliquerai la nature quand je ferai connattre les effets morbides qui peuvent persister après la guérison de la syphilis , ainsi que les maladies qui sont produites quelquefois pai^ le traitement mereuriel.

§ IX. Des nodus qid se forment sur les tendons, svr les ligaments et sttr les aponévroses*

Les remarques qui viennent d'être faites au sujet des nodus du périoste et des os sont applicables aux gonflements et aux suppurations des Ugaments et des aponévroses; mais il est encore plus difficile de bonstater la présence du pus dans ceux-ci que dans les premiers.

Lorsque la syphilis ne détermine qu'un épaississement des ligaments ou des aponévroses, ce symptôme est très-rebelle, et, dans beaucoup de cas, la partie malade peut être délivrée de toute infection vénérienne sans que ces épaississements se dissipent. L'application d'un vésicatoire est souvent ici suivie de succès. Mais si ce moyen échoue, il est îndi^>ensiMe de pratiquer une incision afin d'exciter une action plus énergique. Bieto que l'affection locale n'ait plus rien de vénérien , et que l'on n'ait à craindre aucune infeetion qui puisse en provenir dans la suite, comme elle constitue souvent phis tard des tumeurs très-opinifttres et très-incommodes , qui ne cèdent ni au temps ni à la médecine, il convient d'employer tous les moyens capables de la guérir radicalement.

§ X. Des moyens de corriger quelques effets du mercure.

Autrefois, lorsque l'emploi du mercure était moins bien compris et que ses effets sur la syphilis étaient moins bien connus qu'à présent, on croyait généralement qu'il agissait par l'intermédiaire de l'évacuation qu'il provoquait dans les glandes salivaires, et en conséquence on le donnait toujours jusqu'à ce qu'il eût produit cette évacuation ; et comme on pensait que ses dfets curatifs étaient en proportion de la quantité de cette évacuation, on poussait celle-ci aussi loin qu'il était possible de le faire sansexposer le malade à être suffoqué. U résultait souvent de ce traitement, que , dans les constitutions qui étaient très-susceptibles de l'irritation mercurielle, et dans lesquelles le mercure produisait des effets beaucoup plus violents sur quelques sécrétions particulières qu'on ne l'aurait voulu , on était obligé de recourir à des médicaments destinés à corriger les effets du mercure, car ces effets étaient souvent un obstacle à l'administration du remède en quantités suffisantes pour la curation de la maladie.

J'ai dit , en parlant des effets du mercure , que l'accroissement sensible qu'il détermine dans les sécrétions se produit dans l'ordre suivant: augmentation de la salive d'abord, puis de la sueur, de l'urine, et souvent du mucus intestinal, ce qui produit de la diarrhée. J'ai fait observer aussi que lorsque l'une ou l'autre de ces sécrétions devient trop violente, le médecin ne peut plus rien faire qu'elle ne soit rentrée dans une h^He

4M sTVflnjB ranTmmoiitfBLiz.

cemmaUe. On 8etMyéde<itiiiUiiittoMcfiEieti(jledc«iilMBlèm,«îl«i détrafsant ilnfiuflnce du OkMreure sur réoonomM m général, loit ea Fapuisant; mais ni TiUia ni Fautre da oes tematives n'a réussi. U n'a jamais

. été jugé nécessaire d'essayer d'atténuer son action sur les organes des

. séeréttons seulement, de manière ^a'on put en garder la même quantité dans la constitution, ou même en introduire davantage, ce qui, si Tod pouvait y parvenir, serait quelquefois d'une grande utilité; mais comme nous ne connaissons jusqu'à présent aucun agent assez puissant poor atteindre ce but, il faut être très-prudent dans Fadministration da melrcuf e.

J'ai ohercbé à démontrer ^ue le mercure ne doit point être donné daas

. la vne de déterminer les évacuatiops dont je viens de parler, et que Toa peut parvenir à l'employer en quantité quelconque sans augoNnler d'une manière notable Tune ou l'autre de oes séorétions. Cependant, malgré toutes les précautions possibles, on peut encore être trompé dans soo attente, et il arrive quelquefois que ce médicament produit des effets phn intenses qu'on né le désirait. U est dpnc nécessaire de rechercber un ageat qui puisse prévenir les effets du mereure, quand ils paraissent devoir être trop violents, ou qui remédie à oes effets quand Ils se sont déjà manifestés.

Lorsque le mercure produisait des effets violents sur les intestins, U pratique commune était de s'opposer .à l'aocomplissement de ces effets; cette pratique avait pour but, non de retenir le mercure dans la coastitution, mais de soulager, les intestins qui soufiûraient de l'action du médicament. Or, la véritable indication est d'empêcher les évacuations alvines, comme celles de tous les autres conduits muqueux, afin de conserver dans l'économie une plus grande quantité de mercure.

Bien que ces sécrétions eiagérées proviennent de ce que la eons^tutieD est chargée de mercure, il n'y a aucun danger à les faire cesser, car elles 0'oat point pour origine une disposition générale qui se localiserait,

-n'est-à-dire qui deviendrait critique, de telle sorte que l'action qui «s dériverait, arrêtée dans un point, se reporterait nécessairement sur un autre. Cet accroissement de sécrétion dépend de cette double conditioa, iMvoir, que la partie qui en est le siège est p\\x9 susceptible de l'irritation mereuriëile que toutes les autres, et que la quantité de m^tuire qui est actuelleinent dans la constitution est équivalente à la susceptibilité de la partie. Par conséquent, bien que les effets du mercure soient arrêtés dans oette partie, ils ne doivent éclater dans aucune autre, parce que toutes les autres peuvent supporter la quantité introduite et rester non affectées jusqu'à ce qu'il en ait pénétré davantage.

Lorsque le mercnre attaque les glandes salivaires, il accioît tellement la sécrétion de la salive, dans quelques cas , que les praticiens se trouvent dans la nécessité de prescrire des médicaments que l'on suppose propres à dissiper cette nouvelle maladie. Cette susceptibilité des glandes ée la bouche et de la totalité de la bouche à entrer en action sous l'influenoe

jin mercure a été oonsidérée généralea^at comme liée à une constitatiaii

foorbutique, cdnstitution à laquelle on attribue la plupprt des maladies de la bouche. Je pense que les sujets scrofuleux et ceux de constitution lâche et délicate sont plus sujets à la salivation mercurielle que ceux d'uo tempérament contraire.

On a donné des purgatifs , dans la supposition que le mercure poumût être emporté au dehors dans les évacuations produites par eux, et leur emploi était répété suivant la violence des effets mercuriels et la force du malade. Mais il me serait presque impossible de dire que j'aie jamais vu les effets du mercure sur la bouche diminués par les purgations', soit qu'elles aient eu lieu spontanément, soit qu'elles aient été provoquées par des purgatifs , soit même qu'elles aient été déterminées par le mercure lui-même. Les purgatifs n'ayant pas été trouvés suffisants pour la répression des accidents, on a essayé d'autres agents thérapeutiques, et le soufre a été considéré comme le spécifique destiné à dissiper les effets du mereure. Que cette idée ait surgi de la pratique ou du raisonnement, cela est peu important (*) ; mais je crois avoir vu cette substance produire de bons effets dans quelques cas. Si l'on suppose que les purgations peuvent être utiles, on réussira mieux en purgeant avec le soufre qu'avec toute autre substance, car le soufre agira à la fois comme purgatif et comme spécifique.

Le soufre pénètre certainement dans la circulation comme soufre , car la sueur et l'urine en exhalent l'odeur. S'il ne se combine pas aveo le mercure de manière a détruire ses propriétés spéciales, il est possible, conformément à l'opinion de ceux qui les premiers ont eu l'idée de le donner dans cette intention, qu'il se combine avec lui de manière à former l'éthiops minéral ou quelque chose de semblable , car on sait que l'éthiops minéral, de quelque manière qu'il soit formée ne produit pas ordinairement la salivation. Il est possible aussi que le soufre agisse comme un stimulant faisant antagonisme au mercure, et qu'il neutralise les effets de ce dernier sur la constitution. On a même supposé que le soufre empêchait le mercure de pénétrer dans la circulation. £n somme, comme les préparations de soufre et de mercure pa^^nt encore pour être utiles , et que je crois en avoir obtenu de bons effets dans des cas étrangers à la maladie vénérienne, il faut admettre ou qu'elles pénètrent dans la circulation, ou que tous leurs effets se produisent sur l'estomac et sur les intestins, et que le reste du corps sympathise avec ceux-ci. Le soufre ne peut être efficace pour diminuer ou modifier les effets immédiats du meYcure que lorsque le mercure est réellement dans la constitution; c'est pourquoi il faut distinguer les effets morbides qui naissent immédiatement du mercure, de ceux qui

(*) Le soufre, quand il wt uni avec un métal quelconque, lui enlère probablement sa solubilité dans les humeurs du. corps, ou au moins Tempéche de produire ses effets quand il est dans la circulation : les cinabres n'agissent ni comme le soufre , ni comme le mercnre. L*antirooiae oru , qui est du régule d'antimoine et du sonfre , n'a aucun effet. L'arsenic , quand il est uni au soufre , est également sans effet; il en est de même du fer. J. HuifTsa.

persistent par habitude après que le mercure a été évacué de la coostitation; ces derniers accidents, qu*on observe quelquefois, seront décrits à leur place (*).

L'usage du mercure détruit quelquefois la faculté du g^ût, qui cesse d'exister pendant une quinzaine de jours, pour se reproduire ensuite: je sais que cela est arrivé deux fois à un malade, à la suite des premières doses de mercure. Il n*est pas facile de se rendre compte de ce phénomène; mais de quelque manière qu*il arrive, c'est un fait curieux.

Quand le mercure s'est porté sur la bouche et sur le pharynx, il est souvent utile de faire des lotions opiacées sur ces parties. I/opiom enlève rirritabilité et par conséquent la douleur; c'est aussi un moyen de diminuer la sécrétion. Une drachme de teinture thébaîque pour uneonœ d'eau constitue un bon gargarisme (**).

Quand le mercure se porte sur la peau , ce n'est point aussi pénible ni aussi dangereux que lorsqu'il se porte sur la bouche ; cependant, il peut arriver qu'on doive arrêter une telle évacuation , tant parce qu'elle devient fatigante, que parce qu'emportant le mercure au dehors, elle en afifaiblit les effets sur la constitution. Le quinquina est peut-être un des médicaments qui ont le plus d'efficacité pour corriger cet aocroissemrat de sécrétion.

Quand le mercure attaque les reins et augmente la sécrétion de ces glandes , il en résulte moins d'inconvénients que lorsqu'il provoque des sueurs trop abondantes, bien qu'il puisse cepei^ant être évacué trop tôt par cette voie. Comme nous ne possédons que peu de substances qui puissent diminuer cette sécrétion , nous sommes obligés, dans la plupart des cas , de rester simples spectateurs du phénomène. On peut cependant donner ici le quinquina avec avantage.

Lorsque le mercure affecte les intestins , il peut en résulter souvent des accidents plus dangereux et plus pénibles que ceux qui viennent d'être signalés , notamment que ceux qui peuvent survenir dans les deux derniers cas '; mais en revanche , nous pouvons mieux prévenir ou pallier les accidents de cette espèce. Il faut donner l'opium en quantité suffisante pour triompher de la maladie, et je crois qu'il manquera rarement de dissiper tous les symptômes (***).

{*) L*acide nitrique est la substance qui a le plus d*efHcaciré pour arrêter et guérir Taffection morbide des gencives et le ptyalismc. G. G. B.

(**) C'est par analogie que j'ai été amené à employer Fopium de cette manière. Ayant remarque que Topium faisait cesser la diarrhée produite par le mercure» je ressayai sous forme de gargarisme dans la bouche, et j*en obtins des effets arantageux , bien qu'ils lie fussent pas aussi prononcés que ceux qu*il déterminait sur les intestins. Jobv Huittea.

(***) Dans beaucoup de cas, Topium peut prévenir le trouble intestinal causé par le mercure; mais quand il existe actuellement des symptômes dyssentériques» il réussit rarement à les dissiper , si Ton n*a eu recours préalablement a un purgatif.

StPHIUS CONSTITUTIONÏŒLLE. «17

§ XI. De la forme sous laquelle se trouvent les différentes préparations mercurielles dans la circulation.

Le raisonnemeDt ainsi que plusieurs circonstances semblent indiquer qu'il est nécessaire que le mercure soit à l'état de solution dans les liquides de l'économie pour qu'il puisse agir, non -seulement sur la maladie vénérienne , mais même sur toute autre maladie. D'après les faits suivants, il est très-probable que le mercure est à l'état de solution dans nos humeurs, et qu'il n'y circule sous la forme d'aucune des préparations mercurielles que nous connaissons :

V Le mercure cru, tous les sels de mercure, et la chaux de mercure (oxyde de mercure), sont solubles dans la salive quand on les met dans la bouche, ce qui les rend appréciables au goût. Il résulte de là, que le mercure est solubre au moins dans quelques-unes de nos humeurs.

2<* Le mercure cru, tenu à l'état de division extrême au moyen de la gomme arabique, etc., c'est-à-dire dans la condition qui doit favoriser le plus sa dissolution dans l'estomac, a généralement un effet purgatif; mais lorsqu'il n'est pas réduit à cet état de division , il n'a plus la même influence , parce qu'il ne se dissout point aussi facilement dans les humeurs de l'estomac. La simple chaux de mercure purge également et même avec beaucoup plus de violence, et je suppose que cela dépend de ce qu'elle est d'une solution plus facile dans les liquides de l'économie ; car si elle purgeait seulement par suite de son union avec l'acide qu'elle peut rencontrer dans l'estomac, elle ne purgerait probablement pas avec plus de violence que le mercure cru , quoiqu'il soit très-probable que la chaux de mercure soit d'une solution plus facile dans un acide faible que le mercure cru.

8» Toutes les préparations de mercure produisant le même effet sur la bouche et n'ayant aussi qu'un seul et même effet sur la constitution , il en résulte qu'elles doivent toutes subir un changement en vertu duquel elles se trouvent réduites à une seule et même forme. On ne peut dire quelle est cette forme, si c'est la chaux de mercure, ou le mercure à l'état de métal , ou quelqu'une des autres formes que nous connaissons. Il est probable que ce n'est aucune de ces formes , mais qu'il se fait une solution tonte nouvelle du médicament dans les humeurs de l'économie, une solution qui est propre à l'organisme vivant. Ce qui corrobore cette idée) c'est que toutes les préparations de mercure placées dans la bouche subissent la même modification et communiquent à la salive le même goût. Si toutes les préparations diverses du mercure avaient dans la constitution les mêmes propriétés qu'elles possèdent en dehors de l'économie, ce qu'il faudrait admettre si elles y pénétraient avec leur forme propre et si elles l'y conservaient, le poison vénérien serait détruit d'autant de manières différentes qu'il y a de préparations mercurielles. Le mercure cru agirait mécaniquement, en augmentant la pesanteur et le mouvement du sang ; la chaux de mercure agirait comme la poussière de brique pilée, ou comme toute autre poudre pesante; le

St$ SYPBHiS €ONgTinJTI(»QlltLS.

précipité rouge stimnlerait par ses propriétés chimiques d*UDe certaine manière, tandis que le sublimé corrosif stimulerait d'une autre, et le mercure jaune (turbith minéral) d'une troisième. Très-probablement, ce dernier ferait vomir, de même que ripécaçuanba , qui produit le vonû«3ement, soit qu'oq le porte dans Testomac, soit qu'on l'introduûe dans la circulation.

4*» Toutes les préparations du mercure, appliquées localement, afisMOt toujours d'une seule manière, c'est «àHlire comme mercure; mais il en est quelques-unes qui ont aussi un autre mode d'action, qui estdumîqoe et qui dépend de la nature particulière de la préparation. Le préoi^lé rouge est une prépâ^ration de cette nature, et il agit de ces deux manières; c'est ou un stimulant ou un escarotique.

J'ai fait sur moi-même les expériences suivaqtes, dans le but de m'assurer si le mercure est réellement à l'état de solution dans nos liquides. Comme terme de comparaison, je plaçai une certaine quantité de mercure cru dans ma bouche, je 1 y laissai séjourner et je le broyai de manière à le rendre d'une solution plus facile, jusqu'à ce que j'en perçusse le goût. J'opérai ensuite de la même manière siur du mercure calciné, et le goût fut exactement le même; mais je remarquai qu^il se dissolvait plus facilement que le mercure cru. J'essayai de même le calomel, puis le sublimé corrosif étendu d'eau; le goût fut encore le même. S s'écoula quelque temps avant que je perçusse le goût du mercure cm dans ma bouche; celui de la chaux et du calomel se firent sentir beaucoup plus promptement. Lé sublimé corrosif présenta d'abord im gotlt mixte; mais lorsque l'acide eut été étendu, le goût se montra le même que celui des autres préparations. Elles produisirent donc toutes la même sensation dans la bouche, c'est-à-dire le même goût.

Il semble résulter dé ces expériences que le mercure, sous quelque forme qu'il soit employé, se dissout d^ns la salive et y est réduit à une seule et même préparation ou solution.

Voulant constater si le mercure qui a pénétré dans la constitution pro* duit le même goût à la boudie, je fis sur mes cuisses desfric^ons mercurielles jusqu'à ce que ma bouche en fût affectée, et je pus manifestement percevoir le goût du mercure; or, autant que je pus m'en rapporter à ma mémoire, le goût fut exactement le même que dans les expéneaccs précédentes.

Je donnai alors à ma bouche le temps de se rétablir parfaitemaat et de perdre toute trace du goût merouriel , puis j'avalai du calomel sous forme de pilules jusqu'à nouvelle salivation. J'opérai de la même manière avec du mercure calciné et avec du sublimé corrosif. Toutes ces expériences amenèrent le même résultat; le mercure, sous obacune de ces formes, produisit le même goût, ainsi que je l'avais obiservé lorsque j'en avais placé les diverses préparations dans ma bouche*

Ces expériences permettent de conclure que lorsque le mercure produit une évacuation par la bouche, il est certainement éliminé par cette voie; d'où i) résulte également qu'il est permis d'admettre que lors-

STfîBlLIS CONgTITUTIONNBLLB. ^ êW

que 9 apràs avoir passé dans la oonstitutioDi il détarminQ d'autres évacuations, comme de la diarrhée, des sueurs, ou une augmentation de Turine, il est rejeté aussi par la voie de ces évacuations , qui deviennent ainsi ses moyens d'excrétion. ^

Ces expériences donnent aussi à penser qu'il importe peu d'employer telle ou telle préparation mercurielle plutôt ,que telle autre dans le traitement de la syphilis, pourvu qu'elle soit facilement soluble dans nos humeurs, la préparation la plus soluble étant toujours la meilleure.

S XII. De Faction du mercure sur le poison.

On peut admettre que le mercure agit de l'une des trois noanièr^is suivantes pour guérir la maladie vénérienne. 1** Il peut se combiner chimiquement avec le poison et le décomposer, de manière que ^a faculté . d'irritation soit détruite; 2"" il peut l'emporter au dehors par la voie des évacuations; 3<> il peut produire dans la oonstitution une irritation qui agisse en sens inverse de l'irritation vénérienne et quMa détruise eatièreinent.

On a supposé que le mercure agit simplement par son poids dans les . liquides en circulation ; mais il est impossible de se faire une idée précise de cette influence; et d'ailleurs, s'il en était ainsi, d'autres substances agiraient aussi sur la syphilis en proportion de leur pesanteur, et par conséquent, il y en aurait plusieurs qui pourraient la guérir. Mais Texpérience a appris que des corps qui ont beaucoup de pesanteur, tels que la plupart des m^ux, n'ont aucune action sur la syphilis.

Aucune circonstance concomitante ne nous fournit la preuve que le mercure agisse en décomposant 1% poison.

Certainement le mercure ne guérit point la maladie vénérienne en ^'uQis8ant au poison pour en déterminer Tévacuation. Car c'est dans les cas où le mercure est donné de manière à produire des évacuations considérables, et dans ceux où la constitution est telle que les évacuations sont facilement excitées par le mercure, que les effets de celui-ci sur Taction morbide sont le moins prononcés ; et les mêmes évacuations produites par d'autres agents thérapeutiques n'^ercent pas Ja moindre Influence sur la maladie.

Que l'on suppose que le mei^re emporte hors de l'économie le poison qui est en circulation, ou que l'on admette qu'il le décompose, dans l'une et l'autre hypothèse , appliqué localement, il ne pourrait avoir aucun effet sur une inflammation vénérienne ou sur un ulcère vénérien ayant son point de départ dans la constitution; en effet, tant qu'il existerait du virus dans la circulation, aucun symptdme constitutionnel local ne pourrait être guéri par dés applications locales , puisque la circulation porterait constamment du virus aux parties localement affectées. Mais l'observation nous apprend le contraire : on sait qu'un ulcère vénérien dépendant d'ime infection générale peut être guéri localement.

Le troisième mode d'action me paratt être le plus vraisemblable, pour plosieurs raisûns : 1» dans beaiaeoup de cas« on peut guérir la maladie

6Î0 SYPHtUS CONSTITUTIONNELLE-

vénérienne en déterminant une violente stimulation d'ane antre nature; peut-être que si Ton pouvait sans danger produire une irritation comtnable dans la Constitution , comme cela se fait souvent pour les accidents locaux, on obtiendrait de la même manière la guérison de la syphilis constitutionnelle, et cela dans le quart du temps que cette guérison eiige par les moyens ordinaires; 2"* le mercure agît comme un stimalant général, il cause une grande irritabilité dans la constitution, il accâère les battements du cœur, il rend les artères plus rigides et, par suite, le ponls dur , ainsi qu'il a été déjà dit. On peut ajouter qu'il produit, jusqu'à un certain point, une maladie, un mode particulier ou anormal d'action. Le cas suivant offre une démonstration de ce que j'avance : on conseilla à un bomme l'emploi de l'électricité contre une maladie dont il était atteint. L'électricité fut employée , mais sans produire aucun effet visible. Outre la maladie pour laquelle il avait recours à l'électricité, cet homme était affecté d'une maladie vénérienne pour laqudle on le soumit, pour la première fois , à un traitement roercuriel. Pendant ce traitement, l'électricité fut employée de nouveau; mais le malade était devenu si irritable , qu'il ne pouvait plus supporter les secousses électriques, bien qu'elles fussent réduites à la moitié de leur force primitive. Ce qu'il y a de plus curieux dans ce cas, c'est que les secousses électriques eurent alors beaucoup plus d'effet sur la mpladie qu'elles étaient destinées à combattre, que dans le temps où elles étaient deux fois aussi fortes , et que le malade fut guéri. Ce fait ne resta pas stérile pour le chirurgien; ayant eu une autre occasion d'employer l'électricité, et ce moyen étant paiement sans résultat, il soumit le malade à un traitement mercuriel modéré; dès lors , l'électricité produisit les mânes effets que dans le cas précédent, et la guérison fut obtenue.

L'influence du mercure sur la constitution est en raison de la quantité qui en est introduite et de la susceptibilité de la constitution à être affectée par lui, indépendamment de la maladie en eHe«même; et son influence sur la maladie est à peu près en proportion de celle qa'il exerce sur la constitution. Ce fait donne une idée du mode d'irritation que le mercure produit dans la constitution, et, par conséquent, nous éclaire tant sur les règles à suivre dans son administration que sur le mécanisme par lequel il guérit les maladies pour lesquelles il peut être un remède efficace.

L'observation apprend que la même quantité de mercure produit dans quelques constitutions des effets doubles de ceux qu'elle fait naître dans d'autres, et que dans ces cas, comme dans les autres, il exerce son influence sur la maladie ; il résulte de là que nous sommes portés à croire que c'est l'effet qu'il produit dans la constitution qui guérit la maladie, et que s'il ne le produisait pas , il n'opérerait pas non phisla guérison. Mais j'ai déjà fait remarquer que la guérison ne marche pas exactement en proportion des effets visibles du marcure, et qu'il faut encore qu'à ces effets visibles soit unie la quantité. Il y a donc dans l'action thérapeutique du mercure quelque chose de plus qu'une simple

STPHmS CONSnTUTIOllllŒLLE. fSÈi

stimulation constitutionnelle, quelque chose qui très-probablement est un effet spécifique particulier dont nous n'avons pas entièrement la mesure dans les effets visibles , soit constitutionnels , soit locaux , bien que les effets visibles paraissent être dans une certaine relation avec cet effet spécifique.

Ce fait étant connu, on doit donner plus largement le mercun aux malades sur la constitution desquels il fait peu d'impression , qu'à ceux qu'il irrite facilement, quoique chez ces derniers on nç doive pas se laisser diriger entièrement par ses effets locaux, ni compter exclusivement sur la quantité qui suffit communément, mais bien prendre pour guides la susceptibilité de la constitution et la quantité réunies ; car , dans les cas où la constitution paraît être très-susceptible de l'irritation mercurielle et où de petites quantités produisent <les effets locaux considérables, il est encore nécessaire d'avoir la quantité, bien qu'il ne soit pas si indispensable, en général , de porter le médicament jusqu'à la quantité réputée nécessaire. Le médecin doit se guider sur les trois circonstances suivantes : la disparition de la maladie, la quantité d'irri« tation produite, et la quantité de mercure employée.

$ XIII. De remploi de la résine de gaîac et de la racine de sake' pareille dans le traitement de la maladie vénérienne.

Jusqu'à présent je n'ai recommandé que le mercure pour le traitement de la maladie vénérienne, et c'est, en effet, le seul médicament sur lequel on puisse compter. Cependant, le gaïac et la salsepareille ayant été recommandés comme des remèdes puissants contre la syphilis , j'ai saisi une occasion favorable de les essayer comparativement sur le même sujef.

J'ai trouvé que le gaîac (*) avait une infhience spécifique très-puissante sur la maladie; par conséquent il peut être utile dans les cas peu graves où l'emploi du mercure peut être accompagné d'inconvénients ou contre-indiqué à cause de quelque autre maladie. Toutefois , je n'ai pas encore déterminé ces cas. On peut aussi l'employer lorsque l'on craint que la quantité de mercure nécessaire pour triompher de la maladie ne soit trop considérable pour être supportée par la constitua tion, ce qui s'observe quelquefois. La salsepareille ne m'a paru avoir aucun effet.

Je vais rapporter avec exactitude le cas dans lequel les propriétés de ces deux substances furent essayées comparativement.

Un homme entra à l'hôpital Saint-George avec des ulcères vénériens sur presque toute la surface du corps. Il y avait dans les aisselles plusieurs ulcères fongueux et remplis de végétations, dont quelques-uns avaient environ l'étendue d'un demi-sou ; il y en avait de semblables

(*) Le bois de gaiac fat apporté d'Hisptniola, en z5i7, par des Espag^s, à Tan desquels U avait été donné par un indigène, et qui le firent oonnattre conune un antidote da la maladie vénérienne. lottii Hvxus.

6it SYPHILIS œ^snrunoiffiiLLE.

autour de Fanus , entre les fesses , le long du pennée, el entre le scro* turn et la cuisse, dans les points où ces parties Tiennent au contact réciproque. Ceux qui avaient leur siège à la peau avaient Taspect ordi* naire. Je fis appliquer un cataplasme fiait avec la résine de galac sur les ulcères de l'aisselle droite; et sur ceux de Faisselle gauche, mi cataplasme fait avec une forte décoction de salsepareille et de la fariae d*avoine. Ces cataplasmes furent renouvelés chaque jour pendant une quinsaine de jours. Les ulcères fongueux de Taisselle droite se trouvèrent alors entièrement guéris; ils étaient de niveao avec la peau saioe et recouverts d'une peau naturelle, quoique présentant une légère altération de couleur. Les ulcères de l'aisselle gauche, qui ayaient été I^ couverts de cataplasmes faits avec la décoction de salsepareille , étaient peut-être dans un état moins favorable encore qu'avant cette application, de même que tous les autres ulcères, à Texception de ceux de l'aisselle droite. Je fis alors appliquer le cataplasme de gaîac sur Tais* selle gautbe, et les ulcères se guérirent également dans l'espace de qoinii jours. Après ce nouveau résultat, je restai pleinement convaincu que It résine de gaïac avait guéri ces éruptions vénériennes localement

Il me restait à rechercher quelle influence la résine de gaïac , donnée à rintérieur, exercerait sur les autres ulcères, c'est-à-dire sur ceux qui environnaient Fanus et qui occupaient le scrotum et les diverses régions du corps. Le malade en commença l'usage à la dose d'une drachme trois fois par jour, et cette dose le purgea; mais on prévint Teffet purgatif du médicament en lui associant l'opium. Au bout d'environ quatre semaines , toutes les éruptions étaient guéries , et Ton retint le malade quelque temps à l'hôpital , pour voir si sa guérison serait durable. Mais au bout d'une quinzaine de jours, l'éruption se manifesta de nouveau, et, dans un intervalle de temps très-court, le malade se trouva dans un état presque aussi grave qu'auparavant. Je recommençai l'emploi de la résine de gaïac à l'intérieur; mais elle avait perdu toute sa vertu, ou plutôt la constitution n'était plus susceptible d'être affectée par elle. Le malade fut soumis alors à un traitement mercuriel , et la guérison fut obtenue d'une manière complète (*}.

(*) On bt>QTen des déciiit sombreax snr Femploi de c«b «■bstanoe* et de divcn antres médicaments contre la maladie Ténérienne, dans Observations on ike t0^ of^vatious articles of Materia Medica m thé cure of Lues f^eneres, bjr John Pearstm. Cet ouvrage renferme le résultat d^une longue et vaste expérience, consacrée principalement à rinvcstigation de ce sujet spécial, et présente dans toutes ses parties d'excellentes remarques pratiques. G. G. 6.

Il est dans les obserrations générales de Hunter sur la cnration de la vérole constitutionnelle, des points qui méritent une attention particulière, et d'antres qu'on ne saurait laisser passer, sinon sans réfatation, au moins sans commentaire.

Et d*abord qu'il me soit permis de rappeler cette différence si tranchée qn*il étaWit eatpe let effets ooratili du mercurt dans les formes tiiiées des maladies irénénenncs, dMtoeaue ai mit et «i imporUnt» à noter, et de rignorance de laqadle tontnéH tant d» owwwirn'um scientifiqaea, tant de préjugés opposés, tant de fraises doelri-

SYPHILIS 0MïCTlTtmON»ELtE* ôW

ni», mau par dissiis tont« et c« qui etft mille fois pi», tant d'iecidents pour 1m tic* timea des tjst^ei absolus.

Le mercure, si favorable dans la euration da chancre induré, si puissant dans lé traitement des symptômes secondaires de la syphilis constitutionnelle, reste sans efï^t cnratif dans le traitement de la blenuorrhagie, et perd de son efficacité, qnalid il ne devient pas nuisible, lorsqu'il s*agit des accidents tertiaires de ta syphilis. Voilà ce que Hunter savait bien, et roilà ce que l*iexpérience , dégagée de prévention, enseif^e à tons ceux qui Técontent.

Mais si ces vérités sont fondamentales, nous ne satirion^ accneilllr comme telles leë propositions que Hunter tent établir sons le point de tue de«la facilité rdatite de la gnérison de la gonôrrhée, da chancre et de la ternie constitutionnelle. D*abord qnant à Ift Uennorrhagie, à part les cas où elle est symptom'atiqne d*un chancre larté, et qui rentrent dans l'histoire absolue du chancre , on ne saurait établir aucun parai-* lèle, la maladie, eosune Je Tai prou té ailleurs, noyant rien de common atec la syphilis (*).

Ponr ee qui regarde le chancre et la térole constitutionnelle , e«t*il vraiment pos« sible, quand on sait tous les ratages dont cette dernière est eapable, d^admettr« comme règle générale que sa gnérison soit plus facile et plus certaine qae celle dn chancre? La théorie de Honter, sur la production des acddents 'constitutionnels, ne justifie même pas cette proposition. Si certains symptômes secondaires disparaissent quelquefois plus tôt que certaines formes de chancres , il est un anssi grand nombre de chancres qui guérissent cent fbis plus vite que bon nombre d^aoeidents seccmdaires qu'on est loin do toujours éteindre à tolonté. Du reste, dans la corttion de la syphilis, il y a deux choses bien distinctes: i** la gnérison des symptômes cxismnts; a' la destruction de la diathèse dans la doctrine de l'empoisonnement général , on Umt an moins la neutraUsatton absolue de la disposition que certains tissus et certains organes ont acquise et en vertu de laquelle, dans la théorie de Hnoter, se manifestent plus tard de nouveaux accidents.

£h bien, en admetunt ces deox conditions différentes, l*avantage est incontestablement du côté de l'accident primitif, du chancre. En dépit de tous les préjugés qui luttent encore avec peine, en dépit des idées surannées qu'on s'efforce en tain d'opposer au progrès, quand il sera une fois arrêté que le chancre est une affection locale au début, qui réclame un certain temps pour empoisonner l'économie , et qu'on s'efforcera, en l'altaquant le pins tôt possible par tous les moyens rationnels, de le détruire avant qu'il ait pn produire des effets généraux, sa gnérison sera plus facile, plus rapide , et plus absolue que celle de tous les autres symptômes de la syphilis.

Hunter dit que, lorsque dans le cours d'une blennorrhagie il survient des cmnplioations, il faut plutôt s'oecaper de celles-ci que de la maladie elle-même, qui pent guérir seule; tandis que pour le chancre et les accidents dépendant d'une téroln constitntioanelle , qui ne disparaissent jamais spontanément, il faut, eu dépit de tout, insister sur l'emploi du mercure. Cette manière de toir est trop contraire aux belles lois reconnues par Hunter lui-même , pour la laisser passer sans réfutation. Il est an* jourd'hui définitivemeut prouvé qu'il y a autant de chancres qui guérissent seuls et sana mercure que de blennorrhagàesqni guérissent sans traitement, et qu*il est des accidents secondaires qui peuvent disparaître sans médication, ou qn'on pent guérir» au moina eolnoie Tentendait Hanter, sans traiteaMut mercnriel. Ces faits posés , et je ne crois

(•) L'ouvrage remarquable que publie en ce moment M. Baumes, de Lyon , confirmalif de la plupart des points de doctrine que j'établis on que je soutiens, est encore venu ajouter à me» convictions dans ceux qui ont pn parsUrecontradiotoires à son savatit auteur, auquel je me plais lel à rendre touts la j«Mti«e que mérlteat la bonne fbi et la conscience avec lesquelles sont rédigées •M elN«ttail«bSf t^njears saaetptiMes ^ poar aMi, dîme antre fxpUcatioa^ ^

pas qu*uu seul obserrateur pause les réroqaer en doute,, il faut étendre au I dn chancre et à celui des accideots constitudonuels de la syphilis les préceptes auxquels Hanter s'était arrêté pour le traitement de la blennorrhagie. Existe-t-il des complications? Il £tnt les combattre selon leur degré d*Jmportance. Le mercure est-il indiqué pour Taccident principal, sans que les complications en contre-indiqnent remploi? Il doit être administré. Mais qu*on se garde bien, si on ne reut pas nom, de.n'obcir toujours qu*à une seule inctication, celle du mercure, dans une m^adîe aussi souvent complexe que la syphilis. Le mercure est incontestablement resté jnsqu*à ce jour le médicament le plus énergique du cadre thérapeutique de la syphilis, mais il n'est pas le remède unique de celte maladie. S*il est sourent indispensable et sans snccédanés, il est des cas où on peut s'en passer, d'autres où on doit s'en abstmir, et des circonstances encore plus nombreuses où il ne constitue qu un élément, parmi les moyens rariés qu'on doit employer pour amener un malade à parfaite gucHson.

Quoi qu'il en soit , si , dans les cas où il est applicable , le mercure agit foncièrement et d'une manière indépendante des formes sous lesquelles on peut l'administrer, il n'en est pas moins Trai que le choix de ces formes n'est pas une chose indifférente, et que tel individu qui reste réfractaire ii l'une d'elles est trop fortement im{««ssionné par une autre, et ne subit d'effet médicamenteux ou curatif que de celle qui est le mieux appropriée à sa constitution. Cliex tous les malade», la peau ne subit pas la même influence, par exemple, de la part de toutes les pommades mercurielles. J'ai souTeut montré de& sujets, à l'hàpital des Ténériens, chez lesquels des frictions faites avec Tonguent mercuriel double, à fortes doses et pendant longtemps, n'avaient rien produit, et qui avaient ensuite ou éprouvé les effets curatifs, ou souffert de salivation après quatre ou cinq jours d'application de sparadrap de flgo cum mercufio sar une certaine étendue de la peau , les deux cuisses, par exemple. Il en est de même pour le mercure administré k l'intérieur : une préparation reste sans effets sur un malade, une antre en produit de morbides, et ce n'est qu'en cboisisMut mieux dans chaque cas apédal, qu'on arrive à celle qui, convenablement administrée, amène la guérison.

J'ai formulé ailleurs, et je rappelle ici les règles que je suis dans l'adminisfration du mercure.

X** Administrer le mercure à l'intérieur toutes les fois que l'état des voies digestives le permet.

a** L'appliquer sur la peau dans les cas contraires.

3*> Chex les sujets dont les moqueuses s'irritent trop tôt, et dont la peau également irritable ne saurait permettre de conduire un traitement à terme par cette voie, il faut savoir alterner à propos.

4*^ Il est des malades inaccessibles par la peau et les muqueuses digestives, et ciics lesquels on peut encore tirer parti de l'inspiration de vapeurs mercurielles, pmt-étrs trop négligées dans une foule de cas.

5" Les effets sensibles du mercure, comme agent morbide ou comme agent curatif^ se font rarement attendre plus de huit jours; aussi tant qu'aucun accident ne tous arrête, et qu'on n'a obtenu aucun changement favorable dans la maladie, la dose jonrnalière du médicament doit être augmentée tous les huit jours.

6« Dès qu'on obtient une amélioration , il faut s'arrêter à la dose qui l'a amenée el n'augmenter qu'autant qu'on arrive à un stata quo.

7** Si le mercure produit des accidents, il faut en modifier l'emploi, on le suspendre complètement, l'observation ayant rigoureusement appris, à part quelques rares exceptions, que si les symptômes syphilitiques n'étaient pas toujours aggravés dans ces cas, la guérison au moins était presque constamment enrayée.

8*^ Lorsque les accidents mcrcuriels ont cédé, et que les symptômes syphilitiques persistent, ou reprend l'usage du mercure avec les modificatioBS exigées par la nature

SYPfflLIS CONSTITUTIONNELLE. 635

particiiltère det accidents relatifs soit à la snrface sur laquelle arait été appU^é le médicament, soit à la forme sons laquelle il avait été donné , soit encore à sa dose.

9** Lca mêmes inconvénients ne se reproduisent pas toujours en reprenant le remède après ravoir sagement suspendu, ou simplement modifié. 11 airive cependant, comme l'a fait observer Uunter, qa*on est souvent obligé de suspendre et de reprendre le mercure plusieurs fois dans le cours de certaines affections sjphilitiqnes.

II faudrait bien se garder de prendre à la lettre la proposition de Hunter relative à la quantité de mercure qu'on doit introduire dans la constitution, et qui, selon lui» doit être proportionnée à la moUnce de la maladie, La maladie, comme noos avons pu le voir^ peut être violente de différentes manières, soit k cause d'une grand» acuité dans sa marche, de complications qui l'aggravent, de la multiplicité des symptômes on accidents qu'elle détermine à la fois ou successivement , des parties qu'dle affecte , soit enfin à cause de sa ténacité et de sa résistance aux agents tbérapeuti« qnes. Dans tontes ces conditions différentes , une seule et même règle ne saurait être suivie, car une foule d'indications restent à remplir, et le mercure, loin d'être toujours administré en raison directe de la violence de la maladie , doit souvent être limité dans ses doses ou complètement suspendu. Mab toutes les fois qu'on donpe le mercure à un malade et qu'il n'existe aucune contre-indicatioD , il faut bien savoir que «es effets sont d'autaut plus efficaces, qu'on peut en faire prendre des doses plus fortes dans des temps plus courts. Pour cela, il faut en quelque sorte mesurer la tolérance relative des malades d'après les règles que nous avons posées, et ne prendre comme terme de la quantité nécessaire du médicament que ses effets curatifs sur les symptômes qu'on a à coinbattre : les doses qui laissent ceux-ci dans un statu quo ou qui leur permettent de continuer ou de s'accroître étant insuffisantes, celles qui les débordent pour produire des effets morbides mercurieb étant trop fortes.

Quelle que soit la théorie qu'on adopte dans le mode d'action curative du mércurey et chaque école l'a expliquée à sa façon, il est bien certain que ce n'est jamais par l'exagération de certains de ses effets, tels que la fièvre, l'augmentation delà séerétioa des urines, les, évacuations alvines, les irritations cutanées, la salivation, qu'on obtient la guérison de la syphilis; Hunter est en cela.4'accord avec le plus grand nombre des bons observateurs; et pour ne nous arrêter qu'à un seul de ces effets, nous dirons qu'aujourd'hui la méthode dite par extinction est partout préférée à l'ancienne et défectueuse méthode de la salivation.

C'est ici le cas d'ajouter quelques mots à ce que dit Hunter de la salivation , oonsé* quesce spéciale et si fréquente de l'usage des mercuriaux , et qui , devant être envisagée comme un véritable accident qui vient entraver le traitMoent et souvent obliger à le suspendre,' mérite va^ attention toute particulière.

La salivation mercnrielle est très-rare avant la première dentition, le mercure, à cette époque, agissant plutôt sur les voies digestives on sur la peau. £lle est facile ehes les fenmies, dans les tempéraments lymphatiques, cbes les scrofnleux, et surtout chez les sujets à prédispositions scorbutiques, che« tous ceux enfin où le sang manque déjà de plasticité. La constipation habituelle, un mauvais éut de la bouche (défaut de propreté, dents cariées), y prédisposent singulièrement. Les températures très-élevées et très4>as8es produisent le même effet, surtout lorsque le malade les subit d'une ma» nière brusque.

Les préparations de mercure solubles la déterminent moins vite que les préparations insolubles.

La quantité de mercure nécessaire pour produire la salivation est relative aux indiridus.

La salivation survient ordinairement dans le cours du premier septénaire de l'administration d*unemême dose d'une préparation mercurielle; elle a pu se montrer dès les

8TPHIIJS curaiYnjnoiaŒLLE.

I q^ÊÊoamtm-kmt hcorci, ohm U pfaM «Mncaft ^«itafrèi le cut^mkmê joar. Cba^ae Iîmi q«*oii «agwiplt U 4om jovraafict» àm BMUiaMnt, k MliiHina, fi ■'était p—«trr«n—JMqiw là, pent m maifMler; aftis il «t biai ecr- IHB fat c'ait Mvtoaft «a àOmt di'aa twittaMat qaa las tlidw «aak fias iiapiwrina- —Mat» €t f *ea paiénl, plat ib avaaccat ^ms lear tnatoBcat at itiai la Mlivtéaa est à craiadsa.

Laïaqae la tliraliaa s'ait fat oamuaaa kait à Sx jtmn apfca la aappcaHiaa tm tnalMMat aMrcarial, aile a^ast plot à reAoatar, lac tlimialiiiai et t ■appnléai par lai «taan, oalUi aarCoat ^ 'on a era olwiiat i Htarappartici à 4at staaMtitM aleéraasa» «Biplea, ii rw—imw at ai iadks à eiatedra aPM la «loaMCita laaroanctte.

La aakratiaa BMreaiieUc, ptyaMft Mit»cariil, i>iMatite aMrcafMU, a'actpiiWt •ffifltiaa ^ 4é6«Ce par les glaades «aUTurei; atlla»«i im «oot d'ukard q«a iypitli tattuial affpe>éai , afawi ^e fnatoaifce pathalog^ac fa a^anmlré. I/aagaMalitiaa êe la iéuétfaa à» la wêjêw pent être U prcBwerc cho« gai frappa la aiiâaeia at la ■abit; ■ait la pfearfttg ^lartia «atértcneaicat alTectée cat k aicttkraiia laaqaauit fcaenk. Ciili d ta taaiéie «a toat <m eaparifte, et la gaataaMat tfeaC «a aiiait tffi i» k aatMvlof^iipèia t^éeVœàame. La«ala4e éproaiva Hana h baacka 4m ta fêae, ie la th^mr, «a goèt ée enÎTre; les 4aats sont sealrréas iaas lean alvéalas, laaiaif ■itttii «t itailiiaat ^caitéaa let «aaa éct aatow par aa aorps ^«taagar iaMiposét ks ■«!><■ «rèlaat^elUs aaM plat loagaes. «ft qa'aiasi las areadai Aeolairas «a vaaasalratpkwlâtaarappffmAaatlasaU^ckairas<lahuigaaaataaiéfie,atlay>attaBiatart iailnâifuii aaaez aoasidéraUa poar ^aHe àéèmrà* les aMadas dantairca «t ^'dk tiaJFBiiaia à fraackir les lèrras, ea racrvaatles fptfliMca pku aa Moiaa pusfaaJn des dents; les joues et les lèrres m ^aAeat aaaai, at la aiaqaaase ^ las doaUepe^ iaa«e biautét «taa ta4ta plas oa «aias saObaite earrespoadaat à fiadarvaUe das 4h9X , Hac «as ijriaptftaiis ptauaaut d*iaf iiilf, at plaa la ialivv ^ a'éahipps dencat akoadUate , wiaqaeaae, et porta ««ae dia fadaar éi» e<*), aatta de fiti^ké ■étaltisai ye d'aatfas iaiaaiMaliiai aiiaplaiikk iiiatjBt ^mdfmtâmê k «a aertiia da^ré. Mais ^ ast iâ tuas piaaaas^Tj *( faa la aaaMe des awladespeat alkû* bien araat qaa la ptyaliaase aoit aarweoa.

CipaaJaat» partoat aA la way auit taaiéi^ aakit nae ptaêsia» swi paa ioiaa,A aac aorte d*exsiidatiôii pseado-membranense blanchâtre «a grisâtre » qai ae 4 aalaatoa^aatiellat desdeata, aaacèdaat des aleérakons gaiaaigi datfwâlké,atynsa«lilantéipe,ia plos soaf>aat, te néaakat d^aa trasafl s Ji liiaéJc ymgiWsMat d^iaflaïaanaiiia dipktkétitiqae. Da reste, ks piogids delà aiaiaiiia paaiaat être tels, que la langue soit sphaoéiés «a parka aa «a «ataliaé, qaa la safaaase des jaaaa ma plas aa mvimn laasplftiaiurt détraite par la aiiitiitatiaa, de aaaikes aaipéckar eaaaite, par le «ravail de eieatrijakaa , roaa^ftune mlBiiirire daia koaAi; Ifcs ja»aapcaraoitétPa«nianiiéHjaiB^ parfarées, taa dea» aa d<taaliar»atiaiiaiiiiill«g^ ■(|»a aetvaavcr fiappk de caria et de aéerasa.

Oipaadiat, à «leias d'aa af»ea^caaeut sjaUjaaiiqaa aajaard^ut kapafinawitii dMipliitie daas la Vastessent, «t de ekcoostaatcas lidiamritfrasiqaea ksutuiiwpvvf vMWi y Wis oaa ^grae^ea *4le aloBMrtiti neictmcfle aaait n ^pea easMaas , qaa v^aat a pefls si je puis en montrer un, à chaque saison clinique, à Thôpital des TénAkaw. i'tf'* ardiaaitflBBeat , 4a atoawtite «crcarii^c ^est partieMc, oa aoBSiseaca yar <>» tdleiar»qn*on s'en aper^it, et qu*on peut Tarréter dans ses progrès.

(•) Dans le n* ii (iSS^) da jooaial FExpéritnce, on tronre des recherches carieoses et >«■* portantes de BL Gmelin , qui prouvent que le mercure se reQCOotre en substance dans k ssUre des iodiTidus qui sont affectés de ptyalisme k la suite de l'nssge de oe métfil. J'ai cependsat fait tipéter oas expériences asns suobès.

STPmUS COUSTmjTîOHNELLE. SVJf

Selon Tordr^ àe fréquence» ce sont d*abord les gencives inférieures qni s*affectenty et très-conunonément la moqneuse placée en arrière de la dent de sagesse , surtout quand celle-ci est mal sortie ou gênée, e^ çiieux encore lorsqu'elle pousse actuellement; Tiennent ensiptç les gencives supérieures, surtout celles placées en arrière des incisives moyennes; les bordd de la langue, les joues et la face interne des lèvres, s'affectent ordipairen^cnt plus tard; le voile du palais, les 'piliers de Tisthmc du gosier, semblent établir une limite, que Ja maladie ne franchit peut-être jamais dan« les cas les plus co^nmnns. Une observation que j^ai pu répéter, et que je livre à plus ample yéri£cation, c'est que la stomatite mercurielle partielle, toutes choses égales d'ailleurs, se développe sortput du côté sur lequel le malade se couche le plus habituellement.

La stomatite mercurielle s'annonce rarement par de la $èvre; les premiers sympjtôpiesy comme nous l'avons dit, sont de suite du c6té de la bouche; ^nais la i&èvrc^ qui pent manqyer pendant tout le cours de cette affection, l'accompagne quelquefois, sui>tout dans ses formes les plus graves, et peut encore persister après elle, sons form^ beçtique, quand les malades ont longtemps et beaucoup souffert. A la gène des fonc« ^ons dç la cavité buccale et de la langue, aux douleurs plus ou moins vives qu'éproor yent les malades, à l'insomnie, s'ajoutent souvent d'autre^ accidents, tels que des fluxions œdémateuses, des érysipèlcs de la face, l'engorgement des ganglions lymphatiques voisins, des affections gastro4ntestinales, l'œdème de la glottC; et tontjç? 1(^ cp;aséquences directes ou sympathiques de ces complications.

La marche de la stomatite mercurielle eê% ordinairement aiguè', et elle arrive en peu 4(6 jours à sa plus grande intensité; cependant, soit qu'on continue T^sage du mercure, soit qu'abandonnée $ ellc-mémç elle soit entretenue par des causes aç^ cessoires» telles qi^e certaines dispositions scorbutiques qui préexistaient on qu'elle |i dét^minées, e^e peut affecter en quelque sorte une marche chronique et durer un temps qu'on ne saurait limiter. Toutefois, dans les cas ordinaires, où on a su éloigner la canse et appb'quer convenablement le tiaiteipent, il est rare qu'elle se prolonge an de^ de quelques semaines, et le plus ordinairement on l'arrête dans 'quelques joçgrs.

La stomatite mercurielle se termine souvent par une résolution assez rapide; le plus ordinairement, des ulcérations surviennent, et quelquefois mé^ue la gangrène a lie^. La mort, qui peut être une conséquence des progrès de la mortification, de l'épuis^ ment du malade par la suppuration, par les pertes considérables de salive, par 11mpossâbilité presque absolue, d^ns quelques cas, de faire prendre des aliments^ etc. , es^ heureusement aujourd'hui très-rare.

Le diagnostic de la stomatite mercurielle est presque toujours facile. Lorsque les symptômes que nous venons de décrire se développent à la suite de l'emploi journalier on récent de préparations mercurielles, c'est à elles qu'il est d'abord rationnel de ley ram>orter. Du reste , le mercure est la meilleure pierre de touche dn ptyalisme hydrar* gyrique, qu'il augmente si on le continue, et qui s'arrête bientôt pour guérir dès qu'çn çe^se de l'employer. Si quelques symptômes syphilitiques de la cavité buccale peuven^ ^tre aggravés parole naercare^ la plupart cèdent à ce puissant remède, qui augmente toujours, et ne guérit jamais les accidents qu'il a une fois produits. Si , d'un autre côté, on tient compte du siège plus habituel des lésions syphilitiques de la bouche et de l'isthme du gosier, de leur circonscription plus nette, de leur aspect particulier, do leur marche toujours plus lente,. plus chronique, 4e l'absence ordinaire de cet état d'érysipèle œdémateux dont noms avoi^i parlé , d'nne induration souvent appréciable et bien différente de l'empâtement àfi» muqueuses dans jle pjtyalisme mercuriel, des antécédents, des concomitants, et des circonstances j^rticulières dans lesquelles les accidents sont snryenns, et qn on ajoute à tout cela et par-dessus tout les/ffets du mercure lui-même, on arrivera toujours, ûnon au diagnostic absolu, au moins à un diagnostic rationnel, toujours suffisant pour guider dans l'emploi des mercurianx. Dans les cas

"^loi faciles à confondre, d^aphtbes ou de stomatite ulcéreuse simple, le diagnostic rigoureux n*est pfls nécessaire, les cas analogues aux effets que produit le mercure contre-indiquant, tant qn*tls durent, Temploi de ce médicament.

Le traitement de la stomatite mercurielle doit être ayant tout propfaylactiqoe : éloigner les causes qui la farorisent, quand cela est possible, diminuer les doses da mercure, en éloigner couTenablement Tadministration pour en obtenir la tolérance, ou le suspendre, voilà ce quHl faut d*abord faire; la propreté de la bouche, l'osage de gargarismes astringents et la liberté du ventre, doivent être mis en première ligne paroi les moyens propres à prévenir on tout an moins à retarder la salivation. Mais dès qae celle-ci a lieu, quelle que soit la période à laquelle on ait à la combattre, la Dedication la plus puissante, celle qui n*écbone jamais, consiste à toucher les parties mabda avec de Tacide chlorhydriqne pur. Cette opération se fait une fois par jour; on porte Tacide sur les muqueuses à Taide d*un petit pinceau , en évitant de tqpcher les dents. Lorsque les surfaces ne sont pas ulcérées, la douleur est presque nulle; quand il existe des ulcérations, elle est souvent très-vive, et les surfaces saignent le plus ordinairemeat à chaque application; mais cette souffrance passagère sVteint bientôt, et les msbdes éprouvent un soulagement tel , qu'ils ne manquent pas de réclamer eux-mêmes de noarelies applications. Si les surfaces ne sont pas ulcérées, on prescrit un gargarisme astringent; dans le cas contraire, on fait faire usage d*nn gargarisme légèrement addolé. La limonade sulfurique est alors la meilleure boisson. Du reste, tout en reoplinaot les premières indications , il ne faut en négliger aucune autre, selon les cas particnlien. Ainsi , révubifs sur les membres inférieurs et sur le canal intestinal, surtout à Taide de lavements laxatifs ou purgatifs; sangsues autour de la mlchoire inférieure; saignée da Bras dans le cas de vive réaction générale; sédatifs et opiacés lorsqu*il existe une surexcitation nerveuse et de l'insomnie; diète, ou alimentation en rapport avec Pétat général et local.

Une des doctrines qui ont (ait le plus de tort à la médication mercurielle dans le traitement de la syphilis, est celle qui veut encore que ce traitement soit d'autant plus énergique, qu'on a affaire à des accidents plus profonds et plus anciens. Je ne rerian drai pa« sur ce que j*ai dit à ce sujet; mais je rappellerai ici que pour les obserrateon dégagés de systèmes absolus, il reste prouvé que si le mercure est une des médications les pins puissantes contre les accidents secondaires francs, son énergie s'épuise, et à tes bons effets succèdent fréquemment des effets nuisibles dans le traitement des accidents tertiaires. Pour cet ordre de phénomènes dans lesquels la syphilis semble avoir snla sinon une transformation tïomplète dans sa nature, au moins une profonde modification, il est d'autres agents thérapeutiques auxquels on doit aujourd'hui accorder une juste préférence.

Lorsque les accidents tertiaires existent seuls, le mode de traitement qui m'a le miens réussi consiste dans l'emploi de Hodure de potassium, médicament beanconp vanté et beaucoup employé dans ces derniers temps contre la S3rphilis, surtout en Angleterre, mais sans distinction régulière des cas dans lesquels on a dà avoir recours à son adim* nistration.

On commence par la dose journalière de dix grains dans une potion ainsi composée:

Eau distillée Jiij.

lodure de potassium. . . gr. x.

Sirop de pavot Jt

Cette potion est prise en trois fois, dans la journée, dans trois verres de décoctioa de salsepareille, de hooblon on de saponaire. Les doses sont ensuite augmentées de

dût gniiif touiles cinq jours, jiuqa*à cent grains par jour, dose qoe f ai rarement dépassée.

A part sa effets cnratifs, Tiodore de potassiom pent avoir snr différents points do réeonomie nne action qn'il n*est peut-être pas indifférent de signaler.

Les Toies digestives le tolèrent ordinairement aveo facilité; cependant, dans quelques cas, les malades se plaignent d*nne douleur, d*un sentiment de gène dans la région du grand cul-de-sao de Testomac; cette douleur a quelquefois de Tanalogie avec la pleu* rodynie, mais elle en diffère en ce qu'elle est plus profonde. Dans certains cas, la soif est augmentée, quoique, le plus ordinairement, Tappétit seul soit accru et la nutrition fortement activée, de manière que 1^ malades prennent bientôt de l'embonpoint. J*aî rarement observé de vomissements et de diarrhée. Quelques phénomènes peuvent se présenter du côté de la peau : il n'est pas rare d'y observer des éruptions qui se rap« portent à l'acné, ou à la forme ecthymateuse à très-petites pustules. Les voies urinairea sont fortement influencées chez quelques sujets, et la sécrétion de'l'nrine très-fortement accrue. La circulation ne m*a pas paru remarquablement impressionnée, au moins dans la majorité des cas. Du c6té du système nerveux, quelques malades ont éprouvé ce qu'on a désigné sous le nom d'intoxication iodiqne, caractérisée par un peu d'incertitude dans les mouvements volontaires, quelques soubresauts dans les muscles, des pesanteurs de tête, une sorte de paresse intellectuelle, et quelquefois par un léger 4rouble de l'intelligence. 0ans tous les cas, à la dose extrême du remède que j*ai indiquée, ces phénomènes ont toujours été très-légers. Cependant leur apparition, et snr« tout leur tendance à s'aggraver, ont toujours été pour moi l'indication du terme auquel il fallait savoir s'arrêter, quanta la dose journalière; comme aussi, toutes les fuis qu'un symptôme s'est amendé, je me suis arrêté à celle qui avait produit l'amélioration, pour ne l'accroître, d'après les règles posées, que dans le cas d'un statu quo.

Il est rare, quand on a bien distingué les accidents qu'on avait à combattre, qu'un mieux très-prononcé et décisif ne se manifeste pas dès la seconde semaine, et quelquefois plus tôt. Les tubercules se résorbent; les ulcérations se détergent; la sujipuration diminue; les douleurs ostéocopes cessent; et les tumeurs osseuses, si on n*a pas encore affaire à la période d'induration définitive ou à l'état ébumé, ne tardent pas aussi à marcher vers la résolution.

Toutefois, lorsqu'il existe des accidents de transition des accidents secondaires aux tertiaires, tels que le sarcocèle sjrphilitique, les tubercules profonds de la peau et des muqueuses, et surtout lorsque des accidents secondaires- encore francs accompagnent ces derniers, le traitement par Tiodnre de potassium seul ne saurait suffire, et les mercnrianx doivent lui être adjoints. Ici encore, sauf les exceptions indiquées, c'est an proto-iodure de mercure que je donne la préférence.

Du reste, selon la nature du premier symptôme qui disparaît, on suspend aussi le premier le médicament particulier qui lui était appliqué, en suivant les règles déjà établies.

Cependant, dans le traitement des accidents secondaires et tertiaires, comme dans le traitement des accidents primitifs, il faut tenir compte de la médication directe on locale : si dans les accidents primitifs c'est la première indication à remplir, dans les deux autres ordres de symptômes , c'est incontestablement la seconde.

Pour les éruptions cutanées, lorsqu'il existe des phénomènes de sur-excitation, ou de l'inflammation plus ou moins franche, quelle que soit la forme particulière, les bains généraux simples, gélatineux ou amilacés, sont très-utiles; les fomentations émollientes, sédatives , opiacées , et les cataplasmes emollients , doivent être fréquemment employés. Dans les éruptions abirritatives, les bains de vapeur simples, mais surtout les fumigations cinabrées locales ou générales, sont bien souvent d'un grand secours. Sous le point de vue de la disparition rapide des symptômes, chose si importante poor

là lilu^ éà^ ibkUâéi, sùftoat lorsqa^l 8*â(gU de ceux qui ont U face ^tiHt Aé^, ^ ii*est peot-étrc pas de moyen plna efBcace que Pusage da sparadrap de Fiffi àuh mercutlo.

Les éruptions paputcuses et les ttibertnles appartendnt a l'ordfe ^ei acèidents secondaires, et dont on aètire encore la résoloition avec tes pominactes mercnrîeltés, et ëa l^articnlièi' èelle de proto-iodure de mercnre, exigent quelquefois Temploî desb^s dé soblim^, bien plus efficaces ici que dans quelques autres forcaes de la sjpliilis.

Taî déjà l>len souvent teontré, à ma clinique, les l>ons effets de ta pommade de goudron dé M. Émery dans le traitemeùt local des syphilideé sqàimmeiises, sads préjudice, toutefois, du traitement m ercuriel général.

Mai^ comme médication locale puissante, et celle de toutes qui amène les plnsnpides guérisons, il faut mettre en première ligne Tnsage comJbiné dn clilorure d'oxyde de sodium et du calomel dans le traitement des papules muqueuses , tubercules maqaeox, pustules plates humides.

On lave deux fois par jour lès parties malades avec le chloruré d*oxyde de sodinm pur ou étendu d'eau, de manière à ne déterminer jamais qu'une légère cuisson, ei on saupoudre ensuite avec du calomel, finit on dix jours suffisent ordiitairement pour imener la résolution complète de ces éruptions, qui avaient souvent résisté â plnsieors lÉiols d'un autre traitement.

Lorsque les éruptions de cette forme oni |>6ur siège la cavité buccale, on doit préférer les applications locales de nitrate acide liquide de merCure.

Le traitement local des ulcères secondaires rentre, à peu de chose près, dans les règles déjà posées pour le traitement des ulcères primitifs. Lorsque la période de réparatioA commence, le meilleur pansement, quand le siège le permet, consiste dans l'usage des bandelettes de sparadrap de Figo cum htercutio.

Les ulcérations ont-elles podr siège la bouche, la gorge, il faut aroir recours aox gargarismes emollients, s'il 7 a de Tinâammation; aux opiacés, au quinquina, à Tacide hydrocblorique, s'il y a tendance gangreneuse, comme on l'observe quelquefois; mais lorsque ces ulcérations, plus ou moins indolentes, s'accompagnent de Finduration des tissus, les gargarismes de décoction de cignC et de morelle, addition&és d*nn quart dé grain de dento-chlorure de mercure par once, doivent être préférés.

Le voile du palais est quelquefois divisé pair des ulcères syphilitiques; mais ici l'état des tissiis et la nature dès cicatrices rendent souvent impossible la belle opération qoe 11. ftout a si souvent pratiquée avec succès dans d'autres cas.

Le traitement local de l'iritis syphilitique consiste dans l'application de sangsues aux lëtnpes, aux apophyses mastoîdes et au niveau des ailes du nez. Aux rémlsifs sur le canal intestinal et sur les membres inférieurs, il faut se hAter d'ajouter Vusage de fric* tions mercurielles à la base de Torbite; on peut y combiner, comme le fait avec tant de inccès mon savant ami M. Sichel, de l'extrait de belladone, ou hiire à part, avec eet extrait, des onctions dans la même région et dans les narines. Dès que les symptômes inflamihatoires sont moindres, comme dans les cas où ils ont manqué au début, on peat promptenient recourir à des applications de vésicatoires, soit aux tempes, soit sur la tégion sus-orbitairc; ces résicatoircs sont alors pansés avec l'onguent mercuricl, et renouTelés à mesure qu'ils se sèchent, tant qu'on en a besoin.

Dû reste, aux autres moyens locaux qui peuvent être réclamés ici et qui n*ont riea de différent de ceux qu'exigent les autres ophthalmies graves , il faut promptemeat ajouter l'usage intérieur du proto-iodure de mercure, que je préfère au calomel, et ^ue j*unis alors, soit à la poudre de feuilles de belladone, soit à son extrait.

Pour ce qui est du sârcoccle syphilitiqbe, aux frictions mercurielles directes, à Tdsage de l'emplâtre de Flgo cum merciwlo, on ne saurait rien ajouter de mieux que là e)omt>r^sioii inéthodique doiii j'ai Jiarl^ a l'occasion de Tépididyniite blehnorriiagiqâè.

SfTPmiilS CXJNSTmmOlflfELLl. 6ti

IitfcliMedflipeiketdesdMtMix^ Its «Itentkmt dM OBglM* «OBS^qMiioec 4m «K cérations et de» Miptkmft de U p«iv de* régioiw qa*Ufl ocoopeat, ceMenUout rinflueiiof des loédication» que noua aTOOa déjà pignaUed. Ccptndant oa peat favoriaer U pmmÊBê dea ebereuxt après avoir fait raser oeux qui restent, par l'usage des frictions areo vue pommade faite «tee le proto^odare de mercure, «vec U pommade de eaatimv rkdes, dite de Btqmytren, «u quelles inctioBS légères arec d^ la teinture de eantiiarides étendue d*alcooL

Pour le» ongles, il sufit, le plna sofnrent, de W«r appUqner le traHemenl lo#al d» «nbefcnle mvqneusi

Sk nolis passent maintenant au traitement loenl des aecidents tertiaires « nou Tcrroiu qne peur les tnberenles profonds de la pean et des onqnensee, il Iknt seuteat avoir veeoars aux antiplilogistiqaes directs, an& emollients, ana sédatifs et anm nareoeiqune» quand il existe des phénomène» inflammatoires. Mais lorsque ees tnbeopoules sont k Télat indolent, ce qui a le plus ordinairement Ueu , on en fuTorise souvent la résolntion à Faide du miel au proto^iodure (une partie de proto-iodure de mercure pour doute d# miel ; formule de M. Biett)t Les lotions oUomrées unies an calomel, le sparadrap de fîg9 èum mereurio^ peuvent aussi réussir; mais un topique des pins elfitaces « surtout quand

ils èont ulcérés, c'est la solution d*iode<

Teinture d'iode ^iy

Eau distillée |vii}.

Cét>endant, dans quelques eiroonstances# il est nécessaire d'avoir recour» aux eauté* risatiens à Taide du nitrate acidtf liquide de mercure, ou aux appUcations de solationa caAstiques de sulkUmé, de sulfate de enivre, eto.

Si les douleurs ostéocopes cèdent quelquefois aux applications de sangsues, aux eftp taplAones emollients, aux frictions landanisées, etc., il n'y a peut-être pas de médication plus puissante et plus rapidement suivie de soulagement que le vésicatoire; il faut vraiment tvoir été témoin des résultats qu'on en obtient, dans la grande m^orité des eis^ pour croire au merveilleux de ses effets. Combien de fois n'ai-je pas montré, k la elinlqne de l'hôpital des vénériens, des malades qui, privés depuis des mois entiers de sommeil tf étaient souvent débarrassés de leurs atroces douleurs en vingt-quatre OQ quaran^huit Ucurcs ! Le vésicatoire doit être appliqué sur le lieu même de la douleur | quan^AV le lève, il est inutile de détaolier Tépiderme. On peut fair^ le pansement avec du eérat opiacé, et couvrir la partie avec un cataplasme emollient. Si la douleur persiste, quand le vésicatoire est sec, on en met un antre. Dans quelques cas, il ea( nécessaire d'entretenir la suppuration, ou de faire une incision profonde, qui intéresM U périoste dans l'endroit qui fait souf&ir.

Le traitement local de la'périostite, ou périostose, diffère pen de eeloi des douleurs ostéocopes. Le plus souvent, les antiphlogistiqnes, les emollients, les narcotiques i el surtout le vésicatoire, en faisant eesser les douleurs, aident bientôt à la résolution des tumeurs qui ont pu se développer; cependant, pour obtenir celle-ci, il faut souvent joindre aux vésicatoires des applicatioos directes d'onguent mercnriel , ou des applications de teinture d'iode étendue d'eau distillée, et dont on augmente graduellement la concentration, de manière à produire une légère cautérisation de la peau. Dans quelques cas , j*ai tiré un très-bon parti du vésicatoire et de la solution caustique de sublimé corrosif, dont il a été question dans le traitement du bubon.

Lorsque la maladie reste stationnaire, malgré l'emploi de ces moyens, on peut recourir à la compression toutes les fois que le siège particulier le permet.

Si la périostose a donné lieu à la suppuration , après avoir convenablement tenté la résolution, il ne faut pas attendre que la peau qui la recouvre s'altère, que le pus la

6S5 SYPHILIS CONSTITUnONMELLE.

décolle, et qa*il dénude «n loin des portions d'os d*abord étrangères m mal. Il £iiit •lors se hiter de pratiquer, arec le bistonri, des oavertores conrenables.

L'ostéite réclame au début le traitement des douleurs ostéocopes et oelui de la périostose. Quand U tumeur est développée, il faut insister surtout sur les pansements des vésicatoires avec l'onguent mercuriel double et les applications de cataplasmes.

Lorsque la suppuration a lieu, qu*il y a carie, surtout pour les os de U face, si soa« Tent alors nécrosés, il ne faut jamais négliger de les enlever, dès qu'ils peuvent être •éparés des parties saines. Il faut être bien convaincu que la carie engendre la earie, qu'un os dont la trame organique a été détruite par U suppuration, ou qni est frappé do mort, ne saurait être régénéré par un traitement général tm local quel qu'il soit, et que jamais il ne faut laisser jusqu'à élimination spontanée ses débris, vrais corps étraagers, entretenant et propageant au loin la suppuration, qui, en gagnant des parties importantes, peut entraîner les accidents les plus graves, et enfin la mort.

Lorsque Postéite a produit l'exostose passée à l'état éburné permanent, il ne fut toucher à ces tumeurs, par des opérations, que lorsqu'elles produisent de trop grando difformités, ou qu^elles gênent d'importantes fonctions.

Le tubercule profond du tissu cellulaire sous-moqneax on sous-cutané exige, dao^ son traitement local , une attention toute particulière, et cela d'autant plus, que, dans quelques circonstances , il semble être le dernier résultat de la vérole constitutionnelle, dont le principe général peut être éteint.

Mon savant collègue, M. CuUerier, a proposé d'attaquer les tubercules 60us«cntanés par le vésicatoire et la solution caustique, comme dans le traitement du bubon. Cette méthode m'a souvent réussi. De mon oùté, j^ai eu à me louer de Textirpalion on de l'énncléation faite avant la période de suppuration, à laquelle les parties roisines wnt altérées; mais dans les cas où la suppuration est arrivée, et avant que celle-ci ait fait de trop grand.s ravages, il faut donner issue au pus.^

Si au moment où la suppuration s'établit, ou après, il existe des accidents inflsm* matoires, il faut avoir recours aux antiphlogistiques et aux emollients. Lorsque après la fonte purulente, on a affaire à des ulcères qui ne se détergent pas, il faut faire usage de pommades digestives, ébarbcr les portions de peau trop altérées pour servir à la cicatrisation, employer, selon Tétat particulier, les différents pansements indiqués dans les antres ulcérations, et surtout les pansements avec la teinture d^ode, et, dès quels période de réparation s'annonce, faire l'applicatioit de bandelettes de spar^apde Fîgo cum mercurio, ^^

Lorsque les tubercules sont placés au-dessous des muqueuses, et plus particnlièrement de la muqueuse buccale et pharyngienne, le traitement abortif et l'énudéatioa n'étant guère plus possibles, il faut veiller avec soin aux premières apparences de suppuration, ouvrir promptement les foyers, et, après avoir satisfait aux premières indications qui réclament l'osage des emollients, des antiphlogistiques et des calmants, arriver rite aux gargarismes avec la teinture d'iode, à un gros pour huit onces d'eau distillée, en augmentant successivement la dose jusqu'à effet coratif. P. Ricobd.

SYPHILÎS CONSTITUTIOIWELLE, 688

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