CHAPITRE IV
DES EFFETS QUI PERSISTENT APRÈS LA GUÉRISON DE LA SYPHILIS, ET DES MALADIES QUI SONT QUELQUEFOIS PRODUITES PAR LE TRAITEMENT MERCURIEL.
En traitant des effets locaux de la maladie vénénenne» tels que la gonorrhée, le èbancre, et même le bubon, j*ai fait observer que, dans beaucoup de cas, après que le virus a été détruit, on voit encore exister quelques-uns des symptômes « et cela particulièrement après la gonorrhée. J'ai fait observer aussi que les symptômes, quoique guéris entièrement, sont sujets à se manifester de nouveau : une blennorrhée ou suintement habituel peut s'accompagner de douleur, de manière à ressembler à une gonorrhée; après des chancres il peut survenir des ulcères qui leur ressemblent; enfin des bubons, loin de se guérir, peuvent prendre de l'extension même après la destruction du virui. Dans la syphilis constitutionnelle, la même chose arrive souvent, surtout lorsque Finflammation et la suppuration ont été intenses dans les parties affectées. Ces cas sont extrêmement embarrassants, car il est difûcilede déterminer l'époque où le virus est détruit d'une manière absolue. Dans ces cas douteux, le traitement à suivre devient beaucoup moins arrêté.
Ces affections consécutives sont plus communes sur les amygdales que sur toute autre partie; il n'est point rare, en effet, pendant la durée d'un traitement mercuriel, et tandis que les ulcères des amygdales sont en voie de cicatrisation ou même déjà cicatrisés, de voir ces organes se tuméfier et devenir le siège d'excoriations qui quelquefois s'étendent sur tout le voile du palais , ce qui en rend la nature fort incertaine. Je crois que ces excoriations, aussi bien que les autres symptômes morbides qui apparaissent pendant l'usage du mercure, ne sont que rarement ou même jamais de nature vénérienne. Dans tous les cas de cette espèce, on ne doit pas pousser l'emploi du mercure plus loin qu'il ne le paraît nécessaire pour détruire l'affection syphilitique qui existait antérieurement, ces modifications dans les symptômes ne devant point être considérées comme dépendant du virus syphilitique. L'usage du quinquina est souvent utile ici ; on peut le donner soit avec le mercure, soit après que le traitement mercuriel est fini.
Il arrive souvent que les abcès vénériens ne se cicatrisent point , quoiqu'ils aient mardié pendant un certain temps vers la cicatrisation. Tant que l'action vénérienne existait dans la partie, le mercure déterminait
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êM flTPHILIS OafWIilUTlOIfllHLLB.
dans cette partie une disposition à se cicatriser ; mais sous l'influence du traitement mercuriel, la constitution et la partie affectée ont contracté une disposition nouvelle , ayant pour origine Tinfluence que l'irritation vénérienne et l'irritation mercurieile ont exercée simultanément sur l'économie ou sur la partie malade , dans certaines conditions particulières de celles-ci. Cette disposition diffère de la disposition vénérienne, de la disposition mercurieile et de ta disposition naturelle, et constitue uœ quatrième disposition qui résulte des trois premières. Toutefois , je présume que cette disposition découle principalement de l'état de la^constitulion, cèr si elle dépendait des deux autres dispositions, on la terrdt toujours eonstitaer la même maladie i or, elle diffère che2 M divers sujets; au moins n'est-ella point guérie chez tous par les mêmes tii03fe^ La constitution étant prédisposée , la disposition vénérienne et la disposition mercurieile deviennent les causes immédiates de l'àctioa morUde. Aussitôt que l'irritation vénérienne est détruite par le mercure , ou qu'elle devient plus faible que les deux autres, les effets de cet dernières se manilÎMtent. Tant que l'action syphilitique domine^ le mercure ei* utile et l'ulcère continue à se cicatriser ; mais lorsqu'elle est abaissée audeteôUl d'une certaine limite « ou anéantie, le mercure non-seulement perd sa puissance f mais eneore devient un poUon pour la disposition nouvellement formée « car si l'on en continue l'usage, l'ulcère s'étend; il fiuit donc l'abandonner immédiatement.
Parmi les eiooristions qui se forment de cette manière, il ai est qui non-seulement résistent à tous les moyens de traitement, mais même souvent s'enflamment, s'ulcèrent, et offrent une base dure et calleuse qui leur donne l'apparence d'un cancer et entraîne souvent une erreur de diagnostic.
On observe aussi qu'il se forme des maladies nouvelles qui naissent exclusivement du mercure. Les amygdales peuvent se tuméfier, sans qu'elles aient été préalablement le siège d'aucune maladie vénérienne; le périoste et probablement aussi les os peuvent se gonfler, et les parties molles qui les recouvrent devenir œdémateuses et sensibles au toucher. Comme ces symptômes surviennent ordinairement pendant la durée d'un traitement mercuriel, où ne doit pas les consi^^rer comme vénériens ^ mais bien comme constituant une maladie nouvelle, quoiqu'on leur ait trop souvent supposé une origine syphilitique et qu'en oonaé* quenee on ait poussé l'emploi du mercure aussi loin que possible. Dans les cas de cette espèce , lorsque les symptômes contre lesquels on administrait le nounreure ont été presque guéris , et que l'on a continué ensuite l'emploi de ce médicament un temps suffisant pour en compléter la cure, il fout l'abandonner; et lorsqu'il y a quelque doute , il faut y renoncer un peu plus tôt que si les accidents en question ne s'étaient point manifestés^ car il est probable qu'il donne naissance à une maladie pire que la ma» ladie vénérienne. SI , après la guérison des accident^ causés par le mercure, la maladie vénérienne recommence à entrer en action, il faut àd* miniitrer le mercure une teoende fois; à oette époque, la oonstîtdtîoa
STFHIL19 tONSnTUTiaillfELLE, 9$ê
le Êoppifrit tn^mt , snrtoot si Ton a eu soin de répstrer tes forc&êj 3ê présttfne qoe ees maladie» des amygdalest et du périoste sont d'origine sorofùlense.
Indépendamment des affections locales qui naissent dé Taction ooiù^ Irinée du mercure , de la maladie vénérienne et de la disposition de la oonstittition f lise produit quelquefois un effet constitutionnel « £pii est eai^ctérisé par les symptômes suivants : (nrostration des forées, défaut d'appétit 9 sueuirs fréquentes avec imminence de fièvre bectique. Maie oeft symptômes surviennent le plus souvent chea des sujets dont la oonsti* tution stipporte difficilement le mercure.
€es affections, locales ou constitutionnelles , proviennent en partie de la débilité» Elles sont difficiles à guàrir, soit qu'elles dérivent d'un chaôcfi vénérien ou d'un bubon, soit qu'elles aient pour origine la sjrpinlis oonS4 tîtutionnellei Les médicametits toniques sont eitrémement Qtile9« Le quinquina présente de grands avantages , bien qu'en général il de suffise point, car il ne peut que faire cesser plus ou moins la faiblesse, sans détruire rien des conditions spécifiques de la maladie. Je pense qu'on ne êaàt point encore ce que c'est que ces conditions spécifiques; mais Je pré< sume que dans beaucoup de cas elles participent des scrofoles^ et, eo eflf^t^ elles eèdent souvent à l'usage des bains de mer (*}.
i I. Considérations générales sur les agents thérapeutiques orcUnairement employiés.
Une décoction de divers bois, parmi lesquels on comprend habituel* lement le gaîac et la salsepareille , est un des premiers médicaments au)iquels on ait eu recours , et beaucoup de cas cèdent à l'emploi de ce moyen \ d'où il résulte qu'on a accordé à ces bois une grande vertu pour guérir la maladie vénérienne, parce que l'on supposait que les symptômes en queS* tion sont syphilitiques. On a donné souvent la salsepareille seule , et l'on a observé qu'elle produit à peu près les mêmes effets. Les bons effets qu'elle produisit dans le cas cité par Fordyce lui ont donné quelque repu** tation C*)' Une tisane qui a été imaginée à LJsbonne a rendu Clement de grands services, et comme elle amenait la guérison dans des cas senf* blables à cent où la salsepareille la produisait aussi , on pensa que oette tisane consistait principalement dans une décoction de cette tacine. C'était eneore dans la supposition que tous ces symptômes sont de nature véné^ rienne. Mais od a observé enfin que ces médicaments ne guérissent les affections morbides en question que lorsque le mercure a été employé, et même employé m assez grande quantité. Gela û suffi pour portelf
(*) Dans nil cas d'alcération d'ane côte, accompagnée de cinq Dodos sur le tibia^ «t datant d*ane année , on fit subir an malade une furte salivation pendant six mois, après avoir employé vainement des frictions modérées. Aucune des plaies n'ayant été guérie par le mercure , on prescrivît au malade les bains de -mer et le quinquina. Tont^ les plaies se guérirent très-bien dans Tespace de trois à quatre mois; celle du tborax fut la plus longue à se cicatriser. JODlr HuKtaa.
(^} Yoyez dans London Medieid Béiàff.
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quelques esprits observateurs à douter que ces cas fussent réellement yénériènr; et la possibilité de leur guérison par des agents Graphitiques divers a dû faire naître la conviction qu'ils diffèrent de la syphilis, et qu'ils ont même des espèces diverses.
Le mézéréon a passé aussi pour être utile contre quelques^ns des symptômes de la syphilis constitutionnelle, tds que les nodus des os; mais on admettait comme établie la nature vénérienne de ces nodos. On donne rarement le mézéréon pour combattre les ulcères vénériens de la gorge et les taches de la peau, qui, de tous les symptômes vénériens, sont les plus certains et les plus faciles à guérir; et pourtant on lui areconnu la propriété de dissiper les symptômes qui sont les plus rebelles. Mais les cas dans lesquels le mézéréon a été administré avec succès d'une manière évidente ne paraissent pas appartenir à la maladie vénérienne.
Lorsque la ciguë fut à la mode en Angleterre, on la prescrivit dans presque toutes les maladies, et par conséquent on l'essaya dans plusieurs des affections qui sont consécutives à la syphilis, et l'on obtint par son emploi la guérison de quelques-unes d'entre elles, de sorte qu'actuell^ ment elle est inscrite sur la liste des agents thérapeutiques à employer contre ces affections. Le sirop végétal de Veino a produit des effets semblables dans quelques-uns de ces cas , et l'opium a aussi quelques partisans. Les thérapeutistes qui ont introduit l'usage de l'opium, croyaient, comme on l'a cru pour la salsepareille et pour le mézéréon , qu'il avait la propriété de guérir la syphilis constitutionnelle (*) ; mais, de même que la salsepareille, il ne produit aucun effet, à moins que le mercare n'ait préalablement produit ses effets les meilleurs ou les plus funestes {**)- Il donne lieu certainement à des effets très-prononcés dans plusieurs maladies, tant dans celles qui sont consécutives à la syphilis, que dans diverses autres qui reconnaissent d'autres causes.
L'opium est depuis longtemps mon médicament favori , non-seulement parce qu'il fait cesser la douleur, ce qui est son effet commun, mais encore parce qu'il a la propriété de modiûer les actions ntorbides et d'en produire desaines. Dans toutes les plaies accompagnées d'irritabilité, une décoction de têtes de pavots employée en cataplasme constitue un topique excellent. Lorsque des plaies sont saignantes, non par débilité, mais par irritabilité, l'Hémorragie est arrêtée immédiatement par cette application. Pott est , je crois , le premier qui ait enseigné l'usage de l'opium dans les gangrènes. Je l'ai employé d'abord localement , et de cette manière j'en ai retiré les effets les plus salutaires dans quelques cas ; ensuite je l'ai administré à l'intérieur d'après les mêmes idées théoriques , et il s'est montré également avantageux. Ses effets furent très-remarquables dans deux cas que l'on avait longtemps soupçonnés d'être vénériens ; l'efficacité de l'opium chez ces deux malades me conGrma dans l'opinion qu'ils n'étaient point atteints d'une affection syphilitique. Cependant, ayant ap-
(*) Voyex Medical communications, t. I, p. 307. {**) Toyes une brochnre qui â été publiée par Grant.
SYPHILIS CONSTITUTIONNELLE. eS7
pris qu^eo Amérique on guérissait avec Topiuni les sujets vénériens de 1 armée , je me demandai si j'avais bien jugé la nature des deux cas indiqués ci-dessus. Pour m*assurer si Topiun) peut réellement guérir la syphilis constitutionnelle, je fis l'expérience suivante à l'hôpital Saint-George.
On admit à l'hôpital Saint-George une femme qui présentait des taches de la peau arrivées à l'état de croûte, et des ulcères vénériens bien caractérisés sur les deux amygdales. On prescrivit un grain d'opium le premier soir, deux le second , etc. ; et il fut convenu qu'on augmenterait d'un grain chaque soir, à moins qu'il ne survînt quelque contre-indication. Ce traitement fut suivi exactement jusqu'au dix-neuvième jour; ce jour-là, on prescrivit un purgatif à cause de la constipation de la maladei, et on ne donna point d'opium. Le vingtième jour on reprit l'opium , et l'on continua à en élever la dose comme auparavant , jusqu'à ce qu'on eût atteint trente grains. Cependant les ulcères n'avaient subi aucune autre modification que celle qui était l'effet de la perte du temps, c'est-à-dire qu'ils étaient dans un état plus fâcheux. Il était facile de juger que si la malade eût pris du mercure de manière à affecter sa constitution aussi énergiquement que l'opium l'avait fait, la maladie vénérienne aurait été presque guérie ou au moins considérablement diminuée ; aussi restai-je convaincu que l'opium n'a aucune espèce d'influence sur la maladie vénérienne. Je soumis alors la malade aux frictions mercurielles , et sa bouche ne tarda pas à être affectée : bientôt les ulcères présentèrent un meilleur aspect, puis ils marchèrent sans interruption vers la cicatrisation , jusqu'à ce que la maladie se trouvât entièrement guérie. Ici , les inconvénients de l'opium se réduisirent à peu de chose; la malade resta tranquille, mais elle ne fut point constamment assoupie.
Luke Ward fut admis à l'hôpital Saint-Barthélémy, le 12 janvier 1785. Sa maladie était un ulcèfe de la gorge qui durait depuis trois mois, et qui, tant par son aspect qu'en raison des symptômes qui l'avaient précédé , fut jugé vénérien. On lui prescrivit de prendre deux grainsd'opium, deux fois par jour, ce qu'il fit pendant quelques jours sans autre effet que de dormir mieux la nuit qu'à l'ordinaire , et ensuite on porta la dose à deux grains trois fois par jour. Alors sa gorge devint le siège d'une douleur moins vive; mais l'inspection de l'ulcère fit reconnaître qu'il n'était en rien amélioré. Au bout de deux jours, la dose fut portée à trois grains trois fois par jour. Le malade n'éprouva que peu ou point d'inconvénient de cette dose : il se plaignit d'être un peu assoupi ; ses yeux se montrèrent un peu enflammés , et sa figure un peu rouge. Il continua cette dernière dose pendant cinq jours , et ensuite il prit trois grains quatre fois par jour. Le lendetnain la rougeur et la chaleur du visage étaient beaucoup plus considérables ; cette rougeur et cette chaleur s'étaient étendues à toute la surface du corps. Il y avait de la céphalalgie; le pouls était plein et fort; il y avait de la constipation et le ventre était tendu et douloureux. On suspendit l'usage de l'opium et l'on administra tous les remèdes que semblait réclamer l'état du malade, mais ce fut sans succès, car les symptômes continuèrent à faire des progrès jusqu'à la mort, qui arriva
^m svmoM cmnirvfiowmjx.
m boyt de quatre jours. Pieod^Dt ce temps, Tuicère augmmta i
£t Vécaulmient d^ la isalive fut assez abondaot pour simuler une légère
/K9li¥atioi).
I)9m cette obsenr^tioQ oo voit ë'ebord ipe ropium n^eut i Iteeace eur l'ulcère de U gorge, et ensuite fpie c*est un médicament oepeUe de produire des effets très- violents sur la peui, de sorte qu'oa doit mettre beaucoup de prudence dans son adn9inistration.
John Morgan entra à rhdpital Saint-Barthélémy pour un uleèn de la jemke. On essaya les topiques ordinaires pendant sept semaines, an 1 desquelles il se trouva moins bien sous tous les rapports ; la j de la douleur le privait de tout sommeil, et il s'affaiblissait tràenrapida» ment On lui fit prendre deux grains d*opium toutes les deux lieures pen» dsfit vingt-trois jours. Ce traitement éleva la température de soa eeipa tt produisit de la constipation; son pouls devint plein et fort; mais la sommeil ne £u)t point produit, et la douleur ne diminua point. La dose toi portée è quetre grains de deux en deux heures dans la journée , et à buH grains de deux en deux heures pendant la nuit. Les effets pr^lduits par cette ddse d*opium furent de la constipation, la Détention de rurine, la ptrte de Tappétit, une disposition inflammatoire, sans soramieH, sans aucune améâioration de Fuicère. Le troisième jour de l^dnûnistration de la dernière dose, il se réveilla en délire d'un court sommeil , et i^esta dans cet état pendant douze heures, au bout desqodies son délire oessa, le laîsfsant très<»a£faihli , tourmenté par des nausées , avec un pouls misera* bfte. Lb délire se neprod^isit trois ou ^atre heures après, et coitfioua pittdent 4uaraate4iuit heures. En même temps , le pouls s'éleva , et les forces se relevèrent d'une manière très-notable. Quaoà le déline csessa , le malade tomba dans un bon sommeil qui dura huit heures, et il se réveilla tiès^cabne, quoique faible. On cessa Tusage de l'opium, «t la plaie de la lamjM se gtpértt dans l'espace d'un mois.
Dans les vingt-trois premiers jours de l'emplm de l'opium , ee mwii^ tD prit vingt-nquatre giains par jour; les trois derniers jours , il en piit soixante et douze graias par jour. Il avala donc dans l'espace de vingt-six jours, sept cent soixante-huit grains, ce qui fait près de deux onces d'opium.
La salsepMeille , d'après l'essai comparatif que j'ai faât avec elle et avee le gaîae, ne me paraît avoir aucun effet sur i'inritation vénéneiiiie eilea> même , «t par conséquent elle ne peut être d'aucune utilité tant fue ceftia irritation n'est point détruite ; et comme le mercure est Tantid^^ du poison vénérien et devient une des causes des a£feotio/is dans lesquelles la salsepareille est utile, il en résulte que l'emploi du mereure , noa-sauler ment est oéoessaire pour détruire le potso», mais encore eat une de$ oonditîoas de la formation des maladies dont nous nous occupons maior tenant.
On conooitfacîlemeBt que, dans beaucoup de cas, l'emploi de la salse^ pareille pràrienne la formation de la maladie ^i doit mdUse de rinOuanoe du «eroijttfr. 4iuand xm ia 4<wne ^yajointemeat av^ie menaupe, elle <st
SYPHILIS COWgTFÏTJTIOMNELîJE. <(89
Murent nmà à la résine de galac ou aa bats 4e gaîac, qui a quelques propriétés thérapeutiques, ainsi qu'il a été dit.
La salsepareille est généralement donnée sous la forme de déoeetfon, à la dose de trois onees pour trois cbopines d'eau, que Ton hit bouillir lentement jusqu'à ce qu'elles soient réduites à une pinte. Le malade boit la moitié <m la totalité de cette décoction, chaque ^oor, ordinairement tn trois Cois, soment pendant les repas. Quelquefois ou administre la salsepareille en poudre, et elle est avalée quotidienoement sous cette forme avec les mêmes résultats, liais la préparation à laquelle je dofme la pré* férence est l'extrait pris sous forme de pilules; e^est k manière la plus .fiommode d'employer ce médicament.
J'ai vu la ciguë produire de bons effets dans plusieurs cas , et l'observation suivante en offre un exemple. Je renvoie d'ailleurs le lecteur aux remarques que j'ai faites sur l'emploi de ce médicament, en traitant de la maladie qui se forme consécutivement au bubon.
Une pauvre femme fut soumise à des salivations répétées qui toujours amendèrent les symptômes les plus urgents; mais ensuite elle souffrit plus ou moins pendant trois ou quatre ans ; il se forma dans son nez et sur toute sa figure des ulcères qui offrirent ce qu'on appelle le véritable aspect cancéreux. Les ulcères devinrent bientôt très-profonds, et furent le siège d'une douleur considérable. On donna le mercure, la salsepareille et le quinquina sans effet. Les ulcères empirant chaque jour, on prescrivit d'exposer toutes les quatre heures les parties affectées à la vapeur d'une décoction de ciguë , et de faire prendre intérieurement autant d'extrait de ciguë que la malade pourrait en supporter. La première nuit qui suivit le début de ce traitement, la malade dormit et ne souffrit point. En peu de jours les ulcères marchèrent évidemment vers la cicatrisation. La malade perdit le nez et un côté de la bouche; mais au bout de six semaines toutes les parties malades étaient cicatrisées. Elle resta bien portante pendant trois mois ; mais à cette époque , la maladie se reproduisit avec une violence plus grande, et elle ne tarda pas à amener la
mort.
§ II. De la persistance du ptyaUsme,
Il arrive quelquefois que la salivation continue après l'époque où il y a tout lieu de croire que le mercure a été entièrement éliminé de la constitution. Gomme ce n'est que la persistance d'une action , ou un effet du passage du mercure dans l'économie, il est nécessaire de distinguer cette salivation de la salivation primitive , c'est-à-dire, de l'effet immédiat du mercure , car c'est sur cette distinction qu'est fondé le traitement. Les constitutions qui ont présenté ce phénomène morbide ont été considérées comme scorbutiques. Lorsque les organes salivaires ont une grande susceptibilité pour la stimulation mercurielle , la salivation continue pendant des mois après que le mercure a été complètement expulsé. Mais comme on ne donne plus maintenant le mercure en quantité suffisante pour produire de si violents effets sur les glandes salivaires, ces cas arrivent rarement.
Dans ces cas, il fout prescrire un régime fortifiant et des médicaments toniques. Les bains de mer sont au nombre des agents qui ont le plus d'action pour restaurer le^ constitutions relâchées , surtout après Tusage du mercure. On suppose que la teinture de cantharides de Mead est utile ici.
Quelquefois les procès alvéolaires se nécrosent et deviennent le siège d'exfoliations; cela seul sufQt pour entretenir la salivation. Quand il en est ainsi , il faut attendre que la séparation du séquestre ait eu lieu, et extraire les fragments qui sont détachés ; ensuite la salivation cesse.
J'ai vu une partie de la mâchoire s'exfolier par cette cause. Dans la plupart des cas, les deiits deviennent branlantes, et souvent elles tombent
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