‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 73 sur 88 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DES MALADIE» Qliï RESSEMBLENT A LA SYPflïLÏS €DNST!^ TUTTONNELLE ET QUI ONT ËTÉ CONFONDUES AVEC ELLE.

Il n'est probablement ancune tnaladie à laquelle quelque autre ne ressemble d'une manière assez frappante dans quelques-unes de ses formes extérieures, dans quelques-uns de ses symptômes, pour qu'on sok exposé à les prendre Tune pour Tautre. Le siég« des maladies peut contribuer à faire naître les erreurs de cette nature : par exemple, une tusiew du sein chez «ne femme peut ressembler à un cancer eu point ë*étre prise pour cette' dernière maladie, si l'on ne recherche avec un soie suffisant tons les signes dîstîtjctifs'du cancer. Un ulcère ^uî est sîtué sur le gland, dans la gorge ou dans le nez, fait soupçonner l'existence d'une affection vénérienne. La manière dont une maladie a été contractée peut devenir également une cause de suspicion. Ainsi , les flueurs blanches des femmes produisent quelquefois une gonorrbée simple chez les honunes. Autrefois on supposait qu'il suffisait de boire dans le même verre qu'on malade atteint de la syphilis constitutionnelle, pour contracter cette maladie ; mais je pense que cette croyance est tombée aujourd'hui. On a admis récemment un mode nouveau de communication de la maladie vénérienne, savoir, la transplantation d'une dent de la bouche d'une personne dans celle d'une autre. Il n'est pas douteux que cette opération n'ait donné naissance à des maladies ; mais il reste à examiner si ces maladies peuvent être considérées comme vénériennes.

Les maladies qui ressemblent à d'autres maladies présentent rarement cette ressemblance dans plus d'un ou deux de leurs symptômes. Aussi , toutes les fois que la nature d'une maladie est incertaine, doit-on soumettre tous les symptômes qu'elle présente à une investigation complète, afin de s'assurer si tous ces symptômes , ou seulement un petit nombre d'entre eux, appartiennent à la maladie dont ou soupçonne l'existence. Cette remarque est applicable à la maladie vénérienne plus qu'à toute autre, car il n'existe peut-être pas une seule affection morbide avec les différentes formes de laquelle un plus grand nombre de maladies présentent de la ressemblance. Lorsqu'une maladie ressemble à la syphilis dans quelques-uns de ses symptômes, et non dans tous les autres, ce sont ces

MALÂDOS QUI RISBEMBLEKT, etc. «a

antret tympk^nw ^i doivent être eoosidérés comme left ejnij^tOifies epécifiques ûa estemiels de la maladie ^ et eeux d'apparence qrpbHîtniae n'en sont que les symptômes communs. Mais si une maladie, quoique imparfaitement caractérisée, est soupçonnée d*lU*e vénérienne, et qu'elle ^ressemble à la maladie vénérienne dans le plus grand nombre de ses Aymptdmes, on doit la considérer comme vénérienoe; œtle epîm^e eêt •le plus probable, bien qu'elle ne soit point rigoureafieraent oertaiBe,ear il est rarement possible de démontrer la nature vénérieàne d'une mahrdie, surtout quand îl s'agit de la syphilis constitntfodtielle, qui n'd pà^ tli propriété de communiquer rinféctlon (*).

' - (*) Il tèg&e beaucotip dt cobfasion a» so jet des maladies sypliilttiqiie* et p«rado- «ypbHStiqiies ; et l'on aurait pu éviter en grande partie cette confa&ioa si l*on aVait prfb %n SafBaante considération les principes évidents qni doivent servir de gnidîes dans la ^détënnination delldentité et de la diversité des maladies. Cette confti^én tie petft 'éfve Imputée à Hnnter (pM pour nne très-faible partie. Cependant il est qnelqnes cià où il parait troir été induit en etrear par des opinions préconçues sur la maladie véti^ rieane; opinions x]u^me pins tôogne observation lai aurait fait considérer comme plttà que douteuses.

On pent comfondre avec la sypbtBs des maladies qui n*ont de ebnnexion arec an- «tone espèce dé vim». Cette méprise est fré<piente pour les plaies des ot^ganes génital, sur lesquels des excoriations superficielles qui auraient pu être guéries en troik jours par tra traitement convenable, et des vésicules herpétiques qui ressemblent exactement dans leur forme extérieure et dans teur marche à celtes qui s'observent si tté^ i^emment sur les lèvres, sont traitées souvent comme des afYections vénériennes. La même remarque s'appliqne dans toute sa force à quelques-unes des affections de 1* ^erge et des émptions de la peao.

L'existence (Sun poison morbide comme catise do fai syphiKs constitntiomicrne SA dédaite de deux fait» : premièrement, une longue oYïservation a démontré qm tÀ symptômes pt^imilSh de là syphilis sont le résultat dPune commnnicatîon avise des siN Jets infectés, et qu*ils peuvent de la mActte mfcnfère propager Pinfection. Kn secon€ ' Ken^ Pobservation a également appris que ces symptômes primitifs sont suivis, après «n certain temps, de symptômes secondirires. H est vrai que, dans la pHtiqne , on ire peut pas obtenir dans tous les cas particuliers nue démonstration complète de c«s dc^x points, et que fou est forcé de baser le traitement sur des conjectures probables plutôt que sur une certitude. Mais il a été démontré que ces deux principes sont généralement vrais pour la classe des Symptômes que Von appelle vénériens. Cest sur leot' v^té que reposent les opinions pathologiques qui sont admises an sujet de la maladie t^érienne; et l*on tte pent nier que là où Tun de ces deux faits, dnon les deux , ne peut ftrtf constaté d^tine manière satisftiisante, nous n'avons aucune preuve absolue de rezistence d*un virus.

' La manière doist la maladie a été ctmttàenéé , prise isolément , pettt iadnire en )er» rcnsi, pqisqne les séorétioiis des partiss malades penvent avoir des qualités irrittates capables d'aifester les parties sur lesqndles elles sont appliquées, sans qu*il fftàétt aucun poùom mmiwde qnt soit de aatare à produire nne maladie spécifique. 6i doaè •a aopant démewtrer l'ideatité des symptômes, dans la pwtie qui comunatque l*itiliee«> tftnr^t dans celle qui la re^, -on si IHnfectiôn ne peut être suifïe dans on certes ttamlir» d'sndiyid^, sneeswl vemmi-4ale<»<s , les ooneivsâoas sotft toojowsf entachées de qD«lqtta ftatenisada. Mils lèM^fae-la iaoMsélba régtffièr* é&è symptMi^s ms&m^ daim iMMfc symptômes primitiCi est rigonreaseniait établie, il est dilBcile de se refuser

64i MALADIES QUI RESSEMBLENT

Bien qae la maMie vénérienne oonsenne ditlincteaMnt ses caradèns spécifiques dans ses direrses formes, cependant ses sjnnpUfnes sont en

à admethre qu'il existe un Tiras qu! a été m^Ié aox liquides en circulation , et qui porte le germe de la maladie jusque dans len parties du corps les plus éloignées. Tl est digne , à» remarque que les pasaages de Cdse et autres , qu'on a cités si souTent comme des preuTea de rexiiteace de la maladie Ténérienne en Europe avant la fim du qnioaème sièole, n'ont rapport qu'aux lésions locale» contractées par des sujets qui se sont au en contact arec des personnes malades , et gardant le silence le plus complet sur toute affection constitntionnelle qui eût pu être la conséquence de ces affections locdes (*).

Mais lorsque l'existence d'un poison a été prouvée, on peut encore demander si et poison est le même que celui de la syphilis constitutionnelle ; et celle question ne pent être résolue que par une étude comparative du mode de communication , des carne* teres des symptômes, de la marche et des progrès de la maladie, et des moyens de mitement. Quand la maladie se comporte , sous tous ces rapports , comme U syphffis, on ne peut guère douter de l'identité du virus; lorsqu'au contraire, dans des conditions semblables , elle présente une différence décidée et uniforme , on doit naturelle ment admettre que la maladie est d'une autre nature.

Il résulte de là que tonte erreur, toute inexactitude dans les notions qne nous pouvons posséder sur la syphilis elle-même , doit exercer iufailliblement une influence £U obeuse sur U manière dont nous savons distinguer les maladies qui lui ressemblent , et nous porter, suivant nos idées arrêtées d'avance et la nature de nos erreurs, à donner trop ou trop peu d*extcnsion a la Uénumioatioo de inaladic ^vénérienne. Dans ces dernières années, l'erreur qui paratt avoir été la plus fréquente est celle qui consiste à exclure du cadre des maladies syphilitiques des maladies qnl sont manifestement de cette nature, parce qu'elles ne sont pas de tous points conformes aux opinions précon- ^es qu'on s'était faites sur la syphilis coustitntionnelle. Les auteurs qui ont écrit sor ce sujet semblent à peine se douter de la grande variété d'aspeets des symptômes vénériens , et de la différence que présentent les agents thérapeutiques dans leurs efibis à des époques différentes de la maladie. Un ulcère primitif, dans loqnei on n'observe pas manifestement les caractères du chancre tels qu'ils sont décrits par Hunter, peut néanmoins être vénérien. Il peut dériver d'un ulcère vénérien et produire des symp* tômcs constitutionnels qui aient tous les caractères de la vraie syphilis. Dans les affections secondaires , la variété est encore plus grande. Souvent des symptômes de caractère douteux sont tellemeut entremêlés à d'autres 8ymi>tômes sur la nature desqneb on ne peut se méprendre, qu'ils doivent certainement être rapportés à la :

Ainsi, lorsqu'on rencontre des affections qui s'éloignent plus on moins des formes les plus spéciales et les mieux caractérisées de la maladie vénérienne » on n'est pas en

(*) La relation entre les accidents primitifs et les secondaires n*a pas été loajenrs eonaoe; on peut, sous ce rapport, diviser l'histoire de la syphilis en trois ^feoqnes: ia première, pendant UquoUc les accidcnu primitifs étaient seuls connus, est antérienreà l'épidémie du quiozième siècle j dans la sei'onde, qui commence avec répi« demie et s'étend jusqu'aux travaux de Fernel, les accidents secondaires ou constitutionnels furent plus particulièrement notés { et enfin , dans la troisième, les acôdents primitifs furent bien distingués des aecidents oonstitutioaaels, qui» à leur tour, e4 smtoiit depais Hanter, ont pa être divisés en aoeidentA wmonAwm «t l«tîaifes.

P. Rioei^

A LA SYPHILIS CONSTTTU'npNKELLE. W9

apparence communs à beaucoup d*autres maladies, et, sous ce point de ▼lie, on ne peut pas dire qu'elle ait un seul symptôme qui lui soit propre.

droit de conclare à la direnité de ainse • et d'uttrihuer les symptAinet à TexûtiDce d*aD TITUS différent de celui de la vraie syphilis. Cependant on a publié comme exemples de pseudo-sypbilis plusieurs cas où les apparences s'accordaient exacte* ment ayec quelques-unes des formes de la nypbilis constitutionnelle.

En outre , les notions qui out prévalu quant au mode de traitement ont été une foorce encore jdns abondante d'erreurs. Le mercure a été considéré comme le seul Boyen enratif de U syphilis, et son action a été admise comme le oriteriam de ta ■laladie. D'nae part, lorsque le mercnre n*a pas eu d'benrenx rémiltats, et, d'usé antre part, lorsque le maUde a été guéri sans Temploi de ce métal, on en a cooeln que la maladie n'était point vénérienne.

Cependant , il est pleinement établi par Texpérience des temps anciens, et confirmé par une longue série d'expérimentations qui appartiennent aux temp* modernes, que la plupart des symptômes vénériens, sinon tous, soit primitifs, soit secondaires, peuvent être détruits sans le secours du mercnre. Il n*est pas nécessaire de revenir avec détails sur ces expérimentations; elles sont bien connues; et la conclusion qu'on en a déduite est irrésistible , ou au moins il n'y a aucune cause d'erreurs qui puisse porter une atteinte notable k sa vérité en général. D'un antre cAté, les effets défavorables du mercnre ne prouvent point que la maladie ne soit pas vénérienne. Plnsienrs circonstances peuvent entraver son action, comme antisyphilifiqne, et le rendre inelftcace on nuisible, dans des cas qui sont véritablement vénériens. Quand il ne produit aucun effet sensible dans l'économie, il arrive souvent qu'il n*a non plus aucune ac« tîon sur les symptômes vénériens. Quand il détermine le vomissemeut, ou la dyssentcrie, ou l'éréthisme mercuriel , ou qu'il trouble gravement la santé générale d*une manière quelconque, on voit ordinairement les symptômes vénériens preodre de l'extension sons son influence. Il se présente tous les jours des ens où les progrès ultérieurs de la ■laladie prouvent la vérité de cette doctrine ; des cas dans lesquels la guérison défini* tive est effectuée par le moyen du mercure , bien qu'à une certaine époque U eût se* riensement aggravé les symptômes qu'il était destiné à combattre. Dans les cas de cette espèce , la connaissance pratique de la marche et de ras|>ect de la syphilis constitn* tionnelle peut seule serrir de guide dans le jugement qu'on doit porter. Si4e médecin n'a point cette connaissance , il hésitera dans son opinion sur la nature de la maladie à l'apparition de tout symptôme défavorable, et le plus souvent alors il abandonnera entièrement le traitement mercuriel. Celui qui connaît assez bien la maladie pour avoir confiance dans l'exactitude de son diagnostic , recherche si l'action du médicament n*a point rencontré quelque obstacle qui puisse rendre compte de son insuccès. Il en suspend remploi temporairement, avec l'intention d'y recourir plus tard, à une époque ou il pourra l'employer avec plus do précautions et dans des conditions pins favorables.

Si les signes distinctifs sur lesquels on s*est généralement appuyé sont infidèles, on peut demander quels sont ceux qui peuvent leur être substitués. La réponse est fimple. Lorsqu'il y a une différence de virus , la différence des effeU morbides est constante et uniforme, et non passagère on accidentelle. On ne pent révoquer en doute que la rougeole et la variole ne soient denx maladies différentes , bien qu'elles aient été confondues autrefois; car les traiu distinctifs qui les séparent , une fois signalés , se sont trouvés confirmés par l'expérience de chaque jour. Le yavrs de FAfrique et des Indes occidentales , le aîMiens d'Ecosse et dn Canada , le scherKevo de la côte lUyrienne , lei effett du /Hiwoit de U iBorre Mr llioMitte » ne pevrent être coafo^^

6fi0 MALADiE6 QUI R£8SEMBU;NT

Par exemple, toug les symptômes de la gonorrbée peuvent être piodiiitfi par toute auUre cause visible d'irritation , et souvent même saas auouoe cause appréciable ; on a même vu des bubons et des engorgements testicalaires, qui sont des symptômes de la maladie vénérienne, succéder à des injections stimulantes et à l'introduction des bougies dbez des personnes saines. A la vérité, ces deux symptômes, et plus spécialement Tengoi^ment testiculaire, quand ils dérivent d'une cause. vénérienne, sont, dans beaucoup de cas, seulement symptomatiques et non spécifiques.

Les ulcères du gland , du pré^ce , etc. , sous forme de chancres , peuvort «e former sans infectioB vénérienue, quoiqu'on poisse observer q«edt« «es cas ils sont, en général , emisécutifs à d'andens ulcères yénârieBS (joi tmt été parfaitement guéris.

Les symptômes qui sont le résultat de Tinfection constitutionnelle sont communs à plusieurs autres maladies. Ainsi, les taches de la peau s'obsCTvent dans ce qu*on appelle la cachexie scorbutique; les douleurs, dans le rhumatisme; le gonflement des os, du périoste, des aponévroses, etc., dans beaucoup de cachexies qui sont probablement de nature scrofùJeuse ou rhumatismale. On retrouve donc dans plusieurs autres maladies la plih part des symptômes de la syphilfe, sous quelque fçrme qu'elle se présenta. Aussi fâutMl remonter à Forigine de ta maladie, recueillir toutes lesdr* eonstances fnvportantes qui s*y rattadient, comme Tépoque de son début, ses effets sur d'autres individus par suite des relations sexuelles quand elle n'est que locale, et réunir ces renseignements avec les apparences et les symptômes actuels, pour pouvoir déterminer d'une manière absolue qudie est la véritable nature de la maladie. En effet , toutes ces données réunies peuvent présenter un ensemble qui ne se retrouve dans aucune autre maladie. Cependant, malgré toutes nos connaissances et l'application fM nous pouvons en faire à l'investigation des symptômes douteux , nous noM trompons souvent , tantôt en admettant comme Ténériennes des affections qui ne le sont pas , et tantôt en prenant pour d'autres maladies celles qoî îe sont réellement.

Le rhumatisme, dans quelques constitutions, ressemble à la s^-philis constitutionnelle par plusieurs de ses symptômes. Les douleurs nocturnes, le gonflement des tendons, des ligaments et du périoste, la douleur dont ces tuméfactions sont le siège, sont des symptômes du rbumatisme aussi bien que de la syphilis quand elle attaque ces parties. Je ne me rappelle pas d'avoir jamais vu la syphilis constitutitmnelle attaquer les artiisulations, bien que les affections rlmmatismales de ces parties soient souvent guéries

la sypbilU , parce que les symptâflies sont différents ; et cette différence , qui pent être constatée d'une manière uniforme sur un grand nombre d'indiridna affectes par c« maladies, eropéclje qu'il ne soit pos&ible qu*ou les attribue à la même caose. Au coatraire , les signes sur lesquels on s*est appuyé pour exclura de la classe des gffectioU «jrpbilitiques les maladies qui ont été décrites comme des eafsplni de paeado-sn*'' lis « «ont incertains et Tariables, et ne penTcntiattâif oopatitver les oarBplères diftiao* tifs d'mifi iHaladie p«rtic«lièr« et iadctpendante. Xi. 0. B.

A LA SYeUliM CSONSTITUTIONNELLE. ttl

par le mercure, et qu'ea cooseqaeoce on les eôosidère oànunt v^oé** rienDe6(*).

Le mercure donné sans précautioa produit souvent les Bfiéaiee «ymp» tomes que le rhumatisme. J*ai vu des médecins considérer eomme vénériens des ^iiymptômes de cette espèce, et persister dans Temfdoi- du mçreure;. !

Il est d'autres maladies ^i ressemblent à la sypliilis , Bon^seulenent par leur aspect eitérieur, mais encore par ieur mode d'infedion , car eiks affectent les parties par le simple contact, ce qui les fait rentrer itans la classe éespoiamiSy et , de ce point de départ , doaaent naissance à des effets consécutif immédiats semblables aux bubons , nibsi qu'à des effets eoÉsécutifs éJoignés semblables à ceux qui constituent la syphiHs constitii» tkmneUe.

Les erreurs dans le diagnostic conduisent à des erreurs dans le tcaife»ment, et par conséquent il importe presque autant de les éviter que eéi; dernières. En effet, il est à peu près aussi dangereux, chez beauxsoiip et sujets, d'administrer le mercure lorsque la maladie n'est pas vénérteane), que de ne pas recourir à son emploi quand elle est de cette nature; ear 1 est à remarquer que les constitutions qui , sans être réellement atteinte^ de la syphilis, manifestent quelques-uns des symptômes vénériens, sont précisément celles qui s'accommodent difficilement de Tusagedu àiercure, et sur lesquelles ce médicament agit communément d'une manière nuisibte. J'ai vu le mercure, administré contre un ulcère supposé vénérien dcB amygdales, produire la gangrène de ces glandes et mettre le malade sur te bord du tombeau. ,

Lorsque j'ai décrit les symptômes et les apparences générales de \h syphilis constitutionnelle, j'ai rapporté quelques cas qui paraissaient être vénériens, bien qu'ils ne le (assent point en réalité; j'y renvoie le l«cteue,. pour éviter des répétitions; ils auraient trouvé parfaitement ici leur plaeu> êi je ne les avais déjà fait oonna^tre.

Gomme les maladies en question sont nombreuses et variées , et qu*ette8

(*) Cette assertion est trop générale. U se présente de temps en teraps , quoique ra- .^«metit , de« cas où llnflammation de la membrane synoviale des articula lion s se mâni- Infie en coiocidence arec des symptftnes secondaires de caractère non donfenx , augmente d^intenaité pendAnt la période d*arcroisseincnt de ces symptômes, et te diasipe avasitdt que Teriiptioo cutanée ou raffectioa de la gorge est combattue a««e •nccès par l'emploi da mercure. Dans les cas do eeUe espèce, riofiammation synoTtals ae présente sons forme aiguë, et &*accompagne d*nne douleur, d*une tension , et d*iuie rougeur superficielle très-intenses, qui suffisent pour la faire distinguer de la forme lente et asthénique de la même affection , que Ton observe fréquemment daus les cas de cachexie générale, soit que cette cncLexie ait été produite par le mercure agissant 'comme un poison, soit qu'elle soit l'effet de la longue durée de la maladie vénérienne ^lle-mAroe , comme il arrive quand on laisse celte maladie suivre ses progrès jusqu'à ce ^*aUe ait trooUé toutes tes fonctions nécessaires à reutretten de la nutrition et de la santé , et que le malade ait été réduit à un état qui ressemble beaucoup à la cacbekië êCfùhàeuH. Ck O. B.

ma MALADIES QUI KESMMBLËNT

Dt peuvent être ramenées à aucun système , à aucun ordre que je connaisse , je me bornerai à rapporter les fiaits, mettant ainsi les lecteurs dans le cas de juger par eux-mêmes, s*ils ne sont point disposés à adopter les conclusions que j*en ai tirées*

Le 38 juillet 1776, un chirurgien, qui était alors aux Indes occidentales, se flt une égratignure au bout du doigt avec une épine. Le 31, H ouvrit un abcès situé sur Tépaule , chez une négresse qui avait le yaws, et qai depuis longtemps avait fréquemmait, dans différentes parties du corps, de pareils abcès, auxquels succédaient des ulcérations incurables. Immé> diatement après l'opération, il aperçut un peu de pus sur son égrattgnure, et il s*écria qu'il s'était inoculé la maladie. Le 2 aoilt, il amputa un doigt, chez un jeune garçon de treize ans, pour un ulcère dont Taspect rappelait le bois vermoulu. L>xcoriation de son doigt ne se cicatrisa point, et de temps en temps elle produisit des écailles blanchâtres. Cette apparence Talarma , et il fit des frictions mercurielles très-énergiques. Malgré ce traitement, dans le mois de septembre ^ il se forma sur la seconde articulation du doigt une tumeur inflammatoire douloureuse, qui fut bientôt suivie de l'apparition de plusieurs autres tumeurs semblables, à la face dorsale de la main , sur le trajet du second os métacarpien. Le malade continua les frictions mercurielies, mais sans succès, car les tumeurs se multipliaient chaque jour, et dans le mois de novembre elles s'étendaient jusqu'à peu de distance de Faisselle; ces tumeurs ne. passèrent point à cette époque a la suppuration. Vers la fin de novembre, il commença à ressentir des douleurs nocturnes très-vives dans diverses parties du corps, mais surtout le Ipng du tibia et du péroné, et des maux de tête intenses qui se renouvelaient fréquemment; ces souffrances firent des progrès continuels pendant dnq mois et devinrent presque intolérables, quoique le maladie continuât à faire des frictions mercurielles et qu'il ftt usage tous les jours en grapde quantité de la décoction de salsepareille.

En mai 1777, une éruption squammeuse se manifesta en différentes parties du corps, principalement sur les jambes et sur les cuisses, et les tumeurs indiquées ci-dessus s'ulcérèrent ; mais ces phénomènes morbides furent suivis d'une rémission dans les douleurs nocturnes.

Jamais le malade ne put réussir à se faire saliver, bien que sa bouche eût été constamment douloureuse pendant plusieurs mois. Les ulcérations em* pirèrent chaque jour, et Ton pensa que la seule ressource qui lui restât était de faire un voyage en Angleterre. Il arriva à Londres le V août, et. d'après les avis de William Hunter et de John Pringle, il reprit Tusage du mercure et de la salsepareille, et se mit à la diète lactée. Je fus appelé en consultation, et comme je jugeai que deux tiers de grain de mercure calciné par jour étaient une trop faible dose si l'on considérait la maladie comme vénérienne, il fut décidé que la dose de ce médicament serait élevée graduellement jusqu'à cinq grains. Ce traitement fut continué jusqu'en novembre, époque à laquelle tous les ulcères étaient par£ûtemeiit d^ trisés.

Il abandonna alors l'usage du merçvre et se trouva délivré de tout symp^

t^ase, à Texoeptioii de quelques nodus sur le tibia , et de quelques douleurs rbumatisEnales qui étaient réYeillées quand il sVxposait au froid; mais U y a environ uo an^"), il a commencé à éprouver de la gène dans la déglutition, de la sécheresse dans la gorge, et cette dernière région ainsi que l'ouverture postérieure des fosses nasales sont devenues le si^e de TécÂileroent d*un mucus visqueux; ces symptômes existent encore. On peut faire les remarques suivantes sur le cas qui précède : Il n'est guère possible de douter que la maladie ne fût le yaws. Le yaws est une maladie qui ressemble à la maladie vénérienne dans plusieurs de ses symptômes, ainsi que dans la manière dont il est le phis ordinafrement communiqué. Il en diffère cependant par plusieurs particularités essentielles. Le yaws a une marche régulière; après avoir parcouru ses périodes, il laisse la constitution dans un état sain, ou au moins délivrée entièrement de cette maladie; il sufSt , pour la guérison , que le malade soit placé dans des conditions hygiéniques favorables. Ainsi, un nègre atteint de cette aftection doit rester au repos ou travailler très-peu ; il faut le tenir très- propre et le mettre à un meilleur régime qu'auparavant. Dans ces conditions , il se f^uérit ordinairement dans Te^ce de quatre à neuf mois, bien que les cas les plus défavorables puissent durer beaucoup plus longtemps. On emploie un grand nombre de médicaments dans le traitement de cette maladie, mais il n'est pas prouvé qu'aucun d'eux soit utile. Lemercure agit très-puissamment sur elle, sans en être le spécifique. Administré au début, il peut arrêter les progrès de la maladie ou même amener la cicatrisation de tous les ulcères cutanés; mais on. ne gagne rien à ce succès apparent, car la maladie ne tarde point à éclater de nouveau. Quelques médecins des Indes occidentales pensent que Tinterruption du cours de la maladie par l'emploi du mercure n'a pas d'autre inconvénient que de faire perdre du temps et de prodm're une guérison imparfaite; d'autres affirment que ce traitement donne souvent lieu à ce qu'ils appellent boneache (douleurs ostéooopes). Il est généralement admis que le mercure peut être donné avec sécurité et même avec avantage vers la fin de la maladie. Il est probable que , dans le cas qu'on vient de 3ire , la longue durée de la maladie, qui a dépassé quatorze mois, ainsi que les douleurs qui avaient leur siège dans les os, ont été le résultat de l'emploi prématuré et trop abondant du mercure. On peut ajouter que le yaws diffère autant de la syphilis par la propriété qu'il a, comme la variole, de n attaquer jamais le même individu deux fois, que par celle dont il jouit également de se guérir de lui-même (**).

(■) La première édition de cet ouvrage a clé publiée en 1786; par conséquent, il a dû s'écouler un espace de temps con^dérable entre la guérison des ulcérations et la manifestation de raffection morbide de la goi^e. O. G. B.

(**) La première et b meilleure description du yawt a été donnée dans le cinqaièmtf Tolnme dos Edinburgh Medical Esst^t i elle est attribuée à un médecin nommé Home. Le cas rapporté par Adams, dans son ouvrage sur les poisotis morbides, comme ayant été observé à Madère , ne parait point appartenir à celte maladie. G. G. B.

M... oie owiSttlta pour des ebancres situés au nivtao dt Tubîm du pté* pue» avec le corps de la verge et sur le frein. Le traitement se cowposa priocipalemeut de frictions inercurieHes, qui étaient destinées à affecter la cAostitution; on appli^a aussi le mercure sur les ulcères, afin de les affeeter localeme nt. Les chaocrts marcbèreot vers ta guérison d'une manière graduelle et non interrooipue, et, au bout de cinq semaines envwon , ils étaient parfaitement cicatrisés. Immédiatement après cette guérison, et longtemps avant qu'on pût supposer que tout le mercure eût été expulsé de la constitution, M... eut commerce avec une femme. Très-peo de jours après le premier rapprochement sexuel, le prépuce devint le siège d'^xoosiatioDS qui occupaient tout le pourtour de son bord libre. M... coutinua ses relations; mais voyant son état empirer, il vint me consulter. Lea excoriations étaient très-profondes, et le prépuce était si contracté et si douloureux , qu'il était impossible de le ramener sur la verge. Cette lésion était-elle vénérienne? Les plaies n'avaient pas l'aspect syphilitique; mais il ne fallait pas s'en tenir aux simples apparences. J'examinai d'abord si ces altérations n'étaient point un retour de la première maladie : cela ne pouvait être, car les nouveaux ulcères n'occupaient pas les mêmes points où les ebancres avaient été situés. Était-il permis d'admettre que la partie actuellement affectée du prépuce avait été infectée en même temps que celle qui avait présenté les chaiu»^, et que le poison n'y avait potat, jusqu'à l'époque actuelle , développé l'action Ténérienne , parce qu'il en arait été empêché par le traitement mercuriel , qui toutefois n^avait point détroft la disposition? On ne pouvait répondre. è cette question d'une manière satisfaisante; mais cette hypothèse n'était guère vraisemblable, car r«etion vénérienne aurait été excitée à une époque très-rapprocbée de la cessation du traitement, et lorsqu'il y avait très-probablement encore one grande quantité de mercure dans l'économie. Cette nouvelle affectioa a(vait-elle été communiquée par la femme? La présence du virus communiqué par le oœt ne pouvait être considérée comme la cause de oes exaoriatKHis, quelque influence qu'elle eât pu avoir ensuite pour ks tendre vénériennes, car eHes s'étaient formées trop peu de temps après les relations sexuelles, et surtout à une époque où la constitution était encore imprégnée de mercure; en outre, très-peu de temps auparavant, les parties étaient aoeoutumées au contact de la matière vénérienne. Bien que je fusse convaincu, d'après toutes ces circonstaoces réunies, que le cas n'était point vénérien , le malade ii'en craignit pas moins qu'il neMt possible qu'il eût communiqué la maladie à la femme avec laquelle il avait eu des relations, parce qu'il l'avait vue après l'apparition des ulcérations. Ma convictjon étant aussi arrêtée sur cç point que sur l'autre , je l'engageai à rester parfaitement tranquille. Il partit immédiatement pour la campagne , et ses excoriations se guérirent parfaitement bien sans traitement. Moins de quinze jours apr^ les rapports qu'il avait eus avec cette fenune, celle-ci fut prise d'une fièvre légère, et il se forma une tumeur dans l'une de ses aines. Je suivis les progrès de cette tumeur, qui furent lents , et mon opinion fut qu'elle n'était point vénérienne. A la fin , il s'y forma du pus , die s'ouvrit ,

A LA S"»»!» COU»nïUTia]*l*LLE. «6d

et ri>a' appliqua dessus des cataplasmes. An Kea de s*uloérer et de s*é« tendre, Tabcès présenta une disposition favorable, et au bout de six senmfnes environ, il était parfaitement guéri. Pendant le travail de cicatrisation, il apparut sur la peau des plaques sqoamineuses, dont quelques- «nés occupaient la fbce et les cuisses , mais dont le plus grand nonibni étaient situées aux mains et aux pieds, dont Tépiderine se détacha par écailles. L'apparition de ces symptômes m'ébranla ufi peu ; mais comme la plaie de l'aine était en voie de guérison, je ne voulus point m'en rap* porter aux apparences; c'est pourquoi j'insistai* pour qu'aucun traitement particulier ne fât entrepris , et l'éruption se dissipa très-bien d'elle* même.

A en juger par la physionomie générale de ces ftiits, on eût éténiturelr lement porté à affirmer que la maladie, dans ces cas, était de nature vénérienne. Mais en recherchant et en groupant ensemble toutes les circonstances de chacun d'eux, je pus conclure qu^il n'y avait là rien de syphilitique, et l'événement a prouvé que j'^avais eu raison.

L'observation suivante m'a été communiquée par M. Frendi , de Har* purstreet :

Le 9 juin 1782, A... me consulta pour un ulcère qui était situé sur le gland et qui était le siège d'une douleur excessive. Sachant qu'il nœnait une tîe déréglée, et ayant appris de lui qu'étant dans un état d'ivresse il avait eu commerce avec une femme, je considérai. l'ulcère comme vénérien. Tl était alors dans un état fébrile et peu favorable à l'administration tki mercure : en conséquence, je lui prescrivis le quinquina en décoction, et réfixlr de vitriol avec la teinture thébaîque, à dose proportionnée à l'In^ tensité de la douleur. Je lui défendis l'usage de toute liqueur fermentée; je lui recommandai de se nourrir principalement de lait, et de bassiner l'ulcère avec un liniment composé ,de parties égales d'huile d'amandes et d'eau saphhrine (aqua saphîrina(*)).

Vers le 17 du même mois , la fièvre ayant éprouvé un amendement , Tul* t^re parut plus net; et la douleur ayant diminué, je prescrivis de petites doses de mercure et d'extrait de ciguë.

Le 4 juillet, remarquant que le mercure agissait d'une manière fâcheuse, Je prescrivis trois grains d'extrait de cigué deux ou trois fois par jour, ainsi que la décoction de quinquina comme auparavant, avec vingt gouttes de teinture thébaîque qui furent graduellement portées jusqu'à soixante, et que le malade prit le soir en se couchant.

L'ulcère avait pris beaucoup d'extension pendant l'emploi du mercure, et il avait (détruit la moitié du gland.

Le 1*" octobre, M. Hunter ftit consulté; il conseilla d'ajouter la poudre de salsepareille a la décoction de quinquina , de donner le laudanum à hautes doses , et de baigner l'ulcère avec la teinture thébaîque. Peu de temps aprèô le commencement de ce traitement, le reste du gland fut éliminé, la phiie

(*) Sau saphirinewï Ban eiîette, formée d*ean de efattok, de sel «tMHpniae «t df tert<>de-gm;tarii^l#d*«UlMirtioitHiitleel6riiialBiree* G. IL

til^ IMLADIES QUI RESSEMBLENT

qui succéda à la chute de l'escarre se cicatrisa gradueUemeiit, et la smté

générale se rétablit.

Ce cas présenta deux autres symptômes qui méritent d*étre mentioimés; la moitié droite du frontal et le pariétal gauche devinrent le siège d'uM tuméfaction considérable accompagnée de vi?es douleurs, et des taches aemblables à celles du scorbut de mer se montrèrent à la partie ioteroe ds tibia gauche; ces deux symptômes disparurent pendant la durée du trai* tement.

Quelques mois après, les tumeurs de la tête se reproduisirent; il se forma plusieurs abcès qui furent ouverts, et Ton trouva les os du crâne cariés dans une grande étendue. Pour calmer ses douleurs , le malade prit, pendant plusieurs mois, deux cent quarante gouttes de kudanam et six grains d*opium par jour. Les ulcères se guérirent, et il s*en ouvrit d'autres en diverses parties de la tête , qui se guérirent également. Ea juin 178Ô , il n'y avait plus qu'un large ulcère qui occupait Tangle de l'œil droit.

Une dame accoucha le 30 septembre 1776. L'enfant étant faible, et la quantité de lait que renfermaient les seins de la mère étant très-aboadante, on jugea à propos de faire teter cette dame par un enfant du voisinage alin d'entretenir les seins dans une condition convenable. Il est à remarquer que cette dame donna le sein droit à son enfant, et le gauche a l'enfant étranger. Au bout de six semaines environ , le mamelon du sein gauche commença à s'enflammer , et les glandes de l'aisselle se tuaiéfièrent. Quelques jours après , il se forma autour du mamelon plusieua petits ulcères qui, s'étendant rapidement , communiquèrent bientôt ensemble et n'en formèrent plus qu'un; à la fin, la totalité du mamelon fut détruite. La tumeur de l'aisselle se dissipa , et l'ulcère de la mamelle se cicatrisa dans l'espace d'environ trois mois à partir de son début. Yen cette époque, l'enfant étranger avait la respiration courte; il avait des aphthes dans la bouche; et il mourut de consomption, présentant plusieurs ulcères en différentes parties du corps. La malade se plaignit, dans le même temps, de douleurs lancinantes qui se faisaient sentir dans diverses régions, et auxquelles succéda, sur les bras, sur les jambes et sur les cuisses, une éruption de plaques dont plusieurs devinrent des ulcères.

La malade fut alors soumise a un traitement mercuriel , et à Tusage de la salsepareille en décoction. On essaya le mercure sous'des formes diverses : à l'intérieur en solution et en pilules; à l'extérieur, sous forme, d'onguent. On ne put en continuer l'emploi qu'un petit nombre de jours chaque fois, car il produisait toujours de la fièvre , de la diarrhée et des douleurs intestinales très-vives. La malade resta dans ces conditions jusqu'au 16 mars 1779, époque a laquelle elle accoucha d'un autre enfant qui était dans un état morbide. Cet enfant fut confié aux soins d'une nourrice et vécut environ neuf semaines; son épiderme se détachait dans plusieurs points, et une éruption squammeuse couvrait tout son corps.

Peu de temps après la mort de l'en&nt, la nourrice accusa de la cépha-

làlgie-et de la douleur dans la gorge; des ulcérations se formèrent sur ses seins. Divers médicaments lui furent prescrits, mais elle se détermina à entrer dans un hôpital , où on la fit saliver, et dont elle fut renvoyée au bout de quelques mois , sans être guérie. Les os du nez et du palais s^exfolièrent , et quelques mois après, elle mourut dans un état de consomption.

De tous les agents thérapeutiques qui furent employés par la dame elle* même, aucun n*eut d'aussi bons effets que les bains de mer. Vers le mois de mai , elle commença Tusage de la tisane de Lisbonne , qu*elle continua régulièrement pendant environ un mois ; et les ulcères , pansés avec le laudanum, se cicatrisèrent. En septembre (*) , elle fut délivrée d'un autre enfant qui n'offrait aucune trace extérieure de maladie; mais cet enfant paraissait mal portant, et il mourut avant la fin du mois.

Environ un an après cette époque, les ulcères s'ouvrirent de nouveau ^ et malgré des pansements roercuriels et l'usage de divers médicaments à l'intérieur, ils persistèrent pendant une année, mais ensuite ils se cicatrix sèrent une dernier^ fois [**),

(**) Hanter croit érideminent qne cei cas, ainsi que ceux qui leur ressemblent, ne sont point renerieos ; et , dans an antre endroit, il nie qu'il soit possible qu'ua enfant reçoive Tinfection vénérienne de sa mère, avant sa naissance. L'exposé des faits soi- Tants, qui s'observent assez fréquemment et sont assex spéciaux pour qu'on puisse les donner avec toute confiance dans leur exactitude, permettra de juger siropinion de Hunter était fondée.

Lorsqu*une femme est atteinte d'une affection syphilitique constitutionnelle pendant la grossesse , elle parait être disposée d'une manière toute partienlière à Pavor* tement ; et il est très-probable que la cause de l'avortement est la mort de l'enfant » qui vient au monde privé do vie dans le plus grand nombre des cas, et qui, ordinairement, cesse de donner des signes d'existence quelques jours ayant son expulsion.

Toutefois, si l'avortement n'a pas lieu , il est très-ordinaire de Toir que l'enfant ne présente aucun signe de maladie au moment de sa naissance. Mais à une époque qui varie , en général , entre trois et cinq semaines après sa naissance , sa santé s'altère : il survient des éruptions sur les cuisses, dans les régions inguinales, entre les fesset ou sur les organes de la génération. Ces éruptions présentent l'aspect de taches qui affectent en général la forme circulaire , et qui offrent nue surface brillante et une légère desquamation , mais sans le moindre épaississement tuberculeux. A mesure que la maladie fait des progrès, ces taches s'agrandissent, et il arrive quelquefoii qu'elles occupent presque tout le corps. Daus les plis que forme la peau , elles s'excorient quelquefois légèrement, et même, auprès de l'anus, à l'ombilic, et sur les organes génitaux des petites filles, forment de petites excroissances qui se rapprochent du condylome. Alors, chez beaucoup de sujets, il se forme des ulcères dans Tintérieur de la bouche et dans le gosier ; les narines sont en partie bouchées par Taccroissement de leur sécrétion , et la voix devient faible qt ranque. Avec tous ces symptômes coïncide un état morbide général très- grave. Dès le début des symptômes, l'enfant dépérit; et, à mesure qu'ils continuent, il devient de plus en plus faible et émacié. Si cet état estnégb'gé, il se termine souvent par la mort; mais, sous l'influence d'un traitement mercuriel, tous les symptômes sont facilement dissipés, et Venfant peut être renda à une santé parfaite.^

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