LA CONSCIENCE
« Car nous sommes persuadé d*avoîr une bonne con»* « cience* » SaîoiPaul aui Hébreu ^cbap, i3t. 18;
ll|ous sommes persuades... nous sommes cour vaincus d'avoir une bonne conscience!.... Assurément^ me direz-vous^ s'il y a quelque chose dans la vie sur quoi un homme doive
(*} Ce Sermon est déjà imprimé dans le Tristram Shandy , oavrage moral , plus la qae compris ; il a semblé meilleur k quelques-uns, entouré de folies; mais d'autres Taiment mieux tel qu'il a ëtép{ècbé| sans les coupures et les fréquentes interruptions de l'oncle Tobîe et de raccoucbeur Slop.
Ce Sermon risque d'être lu par de graves personnages e» sûreté de conscience. Tout ce que l'auteur désire ^ «'est que ceci ne soit pas un des abns qa il va censurer»
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compter^ et qull puisse connaître d'une nia* nière bien évidente^ c'est de savoir si sa conscience est bonne ou non.
Pour peu qu'il réfléchisse^ il doit se rendre là-dessus le compte le plus exact. Conseiller privé de ses pensées et de ses désirs , il doit se rappeler sa conduite passée ^ et connaître à fond les sources cachées et les vrais motifs qui ont déterminé ses actions.
Dans toute autre matière oïl peut se laisser décevoir par de fausses apparences. L'homme sage fait ainsi ses plaintes : ^ peine pouvons^ noitsfaireguelques conjectures sur les choses dHci^bas , nous traînaillons à trouver celltS qui sont devant nous; mais ici , notre esprit a l'évidence de tout en lui-même; il touche, il manie la toile qu'il a ourdie ; il en connaît la contexture, la force, et la part exacte que chaque passion a eue en l'ouvrant devant les desseins divers que le vice et la vertu ont mis devant lui.
Si la conscience n'est donc autre chose que la connaissance intime de l'ame , et le jugement soit d'approbation, soit de censure qu'elle porte inévitablement sur les actions successives de U vie , vous allez me dire , je le vois, qu'ans^ sitôt que ce témoignage s'élève contre tin hooi-^
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me^ et qu'il s'al^cuse lui-^méme^ il faut qu'il soit coupable^ «t qu'il est innocent au con-^ traire quand ce rapporteur favorable ne le condamne p^s. Ce n'est alors qu'un sujet de confiance, comme dit l'apôtre ; il est certain et de fait que la conscience est buUne , et que Tbomme par conséquent est bon.
Tel est au premier coup d'ceil l'état de U question , et je ne doute pas que la connaissance du bien et dU mal ne soit profondément gravée dans le cœur de l'homme. S*il était même possible que , par l'habitude du péché, sa conscience ne devint pas insensiblement calr }euse, comme certaines parties de son corps qu'unf flottement habituel et continu endurcit, et qu'elle ne perdit pas ceseûS exquis et cette perception délicate dont Dieu et la nature l'ont douée , si l'amour-propre ne faisait jamais chanceler notre jugement, et que de petits intérêts, enveloppant de ténèbres les facultés supérieures de notre esprit, n'en détruisissent jamais les opérations ; si . la iaveur n'entrait jamais dans cette cour sacrée , et que l'esprit , dédaignant de s'y laisser corrompre par des présens, rougit d'être l'avocat d'une cause injuste; si l'intérêt demeurait tranquille et indifférent pendant que la cause se plaide^ et
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que les passions chassées du tribunal ne prononçassent jamais de jugement à la place delà raison : si tout cela était, je l'avoue, Pëtat moral et religieux de l'homme serait ce qu'il estimerait lui-même, sou innocence ou ses crimes seraient déterminés parle degré d'approbation ou de censure qu'il donnerait à ses lactions.
Je conviens qu'un homme est coupable quand sa conscience l'accuse ; elle se trompe rarement. A moins qu'il ne soit affecté de mélancolie et de marasme , on peut assurer qu'il existe un motif d'accusation.
Mais la proposition inverse n'est point vraie, n n'est pas vrai qye, lorsqu'il est coupable, sa conscience l'accuse, et qu'il est innocent quand elle ne Taccuse pas. Un chrétien aura beau se donner quelques heures de consolation , et remercier Dieu de ce que son cœur ne lui re« proche rien , et de ce que sa conscience est bonne , parce qu'elle est tranquille ; cette conséquence est fautive. Quelque brillans que ' soient les argumens dont on l'étaie , quelque ' évidente que paraisse cette proposition , quand on l'examine de près, et qu'on fait Tépreuve de l'axiome par l'expérience , combien d'er* reurs et de fausses applications ne découvre-t-
on pas ? Lé principe sur lequel on s'appuii^ «'éc>oiiîe dé tous côtes* ,iî se renverse , tojiibe , ctilest Kién difficile de troifver des exemples qui le relèvent elle cotifîrnaénl.
Un nomme est Vicieux, ses mœurs sont aussi débordées que ses principes sont crronnes , coupaDle eirvers le monde entier ^ il vit couvert d'infamre\ et se* livrant scandtilelisement à des crimes que la raison ne peut justifier. Il perd a jamais la complice de ses torlaits^ lui vole sa
croyez' que' cet nomme est sans cesse bourrelé de remords; vous dites^ les reproches de son anie ne Hii laissent aucun repos^ ni la nuit ni le Jour.
elas Issr conscience a autre cbose a faire que âe'ÏÀi parler c?t dé Pinterfômpre. C'est le dieu
est eri voyage peut-être , peut-être quHL itori y et fie veàt pas qu'on V éveille.
La conscience de cet homme est peut-être sortie' pôufTé mener avec l'honneur se battre éri duel; elle' ésf allé payer une^ dette du jeu , où rànnuâut^ du salaire infâme constitué par