‹ Œuvres complètes de L. Sterne (volume 2)Chapitre 17 sur 41 · LA PROVIDENCE JUSTIFIÉES · texte numérisé non relu

LA PROVIDENCE JUSTIFIÉES

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« Fois^ ce soni les impies çui prospireni dans le mande; « ils au^menieni en richesses ; et cependant foi gardé « ïïnon cœur pur en vain; en vain fai las?é mes mains « parmi les innocens. » Psaume LXKUI, 12 et i5.

t^ETTE plainte du psalniiste sur la distribution confuse des bénédictions du ciel tant aUs juste qu'au mécb&nt ^ est un sujet qui a donné matière aux recherches ^ et qui a élevé souvent dans l'esprit des homines des doutes, propres à les décourager. Le soleil brille sans distinction^ la pluie descend également sur le bon et sur le mauvais. Si le souverain maître de la terre j jette un coup d'œil , d'où vient le désordre ? Pourquoi permet-il que les homnies sages et

bons soient en proie aux misères de la \ie^ tandis que les sots et les pécheurs triomphent dans leurs offenses y et que les tabernacles mêmes des voleurs prospèrent ?

On répond à cela y donc il existe un avenir de récompenses et de châtimens : il doit succéder à celte vie. Toutes ces inégalités y seront aplanies y la conduite des hommes y sera examinée , Dieu se justifiera dans ses voies ^ et la bouche qui se plaint se clora à jamais.

Si cela n'était point y si les impies prospéraient dans ce monde y j possédaient les richesses^ et qu^ils ne fussent pas distingués dans Fautre , à quoi nous servirait d'avoir conservé notre intégrité ? nPaurais donc en vain nettoyé mon ame, J'aurais en vain lavé mes mains parmi les innocens. On répond encore plus directement à cette demande en disant que Dieu en créant l'homme y l'a rendu capable de jouir du bonheur. H l'a doué de la liberté de choisir^ don sans lequel il n'aurait pu être comptable de ses actions. Ce n'est que du mauvais usage qu'il fait de ces bienfaits^ que dérivent les irrégularités dont on se plaint ici : on ne pourrait les prévenir que par la subversion totale de la liberté humaine. Si Dieu montrait son bras nu et arrêtait toutes les injustices qui

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peuvent se commettre ^ Thomme sans doute ferait le bien ; mais il en perdrait le mérite , agissant par les impulsions de la nécessité et de la force , et non d'après les déterminations de son «sprit : sur cette supposition il ne devrait pas plus s'attendre à conquérir le ciel par des actes de tempérance^ de justice^ d'humanité^ que par l'impulsion ordinaire de la faim et de la soif ^ telles que la nature les dirige. Le Toutpuissant a fait uii autre pacte avec le genre humain ^ il a mis devant lui la vie et la mort, le bien et le mal, il lui a donné la faculté de clioisir y et de prendre ce que sa raison lui ferait trouver le meilleur.

Je n'insisterai plus sur tous les argumens faits pour venger la Providence ; ils ont été si souvent débattus, qu'ils n'ont pas laissé la moindre réponse à faire. Les misères qui accablent le bon y et le bonheur apparent du mauvais ne peuvent prendre un cours différent, dans l'état de liberté où Thomme se trouve placé.

Lorsqu'on intente de pareilles accusations , il est deux choses que nous tenons pour accordées. La première , que nous distinguons certainement le bon du mauvais , et la deuxième

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