‹ Œuvres complètes de L. Sterne (volume 2)Chapitre 19 sur 41 · L'HOMME RICHE · texte numérisé non relu

L'HOMME RICHE

« Et a lui du ^ s'ils nenUnâad pas Moïse et les prophh» « tes^ ils ne seraient pas persuadés iptandmême un « mort sortirait du tombeau* » Saînt-Luc , XVI. 3i«

vj'est ainsi que se termina la parabole de Lazare et du riche : Dieu a voulu démontrer aux hommes la uécessité de se conduire par des lumières qu'il nous a données y en nous iaisant dire par le patriarche ^ que ceux que les argumens épars dans les livres saints n'engageraient pas à répondre au but de leur créateur^ ne seraient pas persuadés par d'autres moyens, quelque extraordinaires qu'ils fussent. S^ils n entendent pas M dise et les prophètes , ils ne seraient pas persuadés y quand même un.

mort sortirait du tombeau.

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Sortir du tombeau l eh pourquoi? que nous apprendrait un pareil messager qui ne nous ait pas été appris el proposé? la nouveauté ou la surprise d^une telle visite pourrait éveiller Fat* tention d'un peuple curieux et insouciant qui dépense sa vie à écouter ou à dire des nouvelles^ mais aussitôt que la merveille aurait disparu^ elle serait remplacée par quelque autre merveille , et le spectre rentrerait dans son tombeau, et personne ne s'informerait de lui et de sou apparition.

Telle serait la conclusion de cet événement : cependant imaginons pour un instant que Dieu, par complaisance pour le monde curieux, ou d'après un meilleur motif, par compassion pour ce monde pécheur, daigne éveiller ce spectre du sommeil de la mort , et nous l'envoyer pour alarmer nos consciences et nous rendre meilleurs chrétiens, meilleurs citoyens^ et serviteurs plus zélés.

Il £siut d'abord croire que, pour obtenir notre attention, et se conciUer notre cœur, il ne nous effraierait pas par un appareil lugubre et bruyant, mais qu'en flattant nos passions et notre intérêt, il nous préparerait à l'entendre. Le voilà ^ il va nous parler.

u Je suis le messager du Très-Haut, il veut

Tgo stnMON xiri.

f( vous combler de biens , mais il faut un peu M vous départir des vôtres ; que ce mot ne voua a alarme point ^ ce n'est pas de vos maisons, « de vos terres, de vos possessions, que je veux «< vous chasser. Je ne veux pas vous faire oun blier vos femmes y vos enfans , vos sœurs et #< vos frères ; je ne prétends pas même vous « enlever des plaisirs raisonnables ^ et vous pri- (( ver des jouissances naturelles. Ne vous déparix lez qup de ce qu'il est dangereux pour vous (c de garder, vos vices. Ils conduisent à votre « porte la mort et la misère, n

Il insisterait et nous prouverait par mille ar* gumens que la tempérance, la chasteté, la paix, la justice, la charité et la bienveillance sont aussi utiles à l'homme qu'agréables au créateur, et que si nous en étions à capituler avec Dieu avant de nous soumettre à son empire , il nous convaincrait qu'il est impossible de se former aucun système d'intérêt plus sûr que celui â^une vie incorruptible et juste y et que la modération dans nos désirs, en honorant notre nature, est le raffinement le plus exquis du bonheur.

Quand nos alarmes sur notre intérêt auraient été ainsi calmées, le spectre s^adresserait sans doute à nos autres passions. Il nous donnerait

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ensuite quelques idées des perfections de Dieu^ il nous imprimerait la vénération que sa majesté et sa puissance commandent^ il nous rappellerait que nous sommes des êtres d'un jour, nous hâtant sans relâche vers une contrée d'où nous ne reviendrons plus; que, pendant notre pèlerinage , nous sommes comptables envers ce Dieu y riche , il est vrai , dans ses récompenses ^ mais terrible en ses jugeraens, ce Dieu qui calcule et enregistre toutes nos actions, qui marche sur nos traces^ s'assied à côté de nos lits, épie nos démarches , ce Dieu si exact qu'il punit même les pensées secrètes de notre cœur ^ et qui a fixé un jour solennel , où il doit nous juger sur toutes ces informations.

Il ajouterait mais aveè l'éloquence de

l'inspiration, qu'ajouterait-on qui n'ait pas été dit? tous les pouvoirs de la nature ont fait mille et mille expériences sur les espérances et les craintes de l'homme , sur sa raison et ses pas* sions. On a multiplié les instructions , on a pressé de telle sorte les argumens sur les argumens, qu'il est paradoxal qu'une religion aussi avantageuse n'ait pas été plus inculquée par ses professeurs.

Le fait est que le genre humain n'est pas toujours d'humeur à être convaincu. Tant que le

iga . SERMON XIII«

contrat fait entre nous et nos passions subsiste^ lesargumens ne viendront à bout de rien« Nous nous amusons de la cérémonie de notre conversion > mais nous ne raisonnons pas sur la faculté qui peut Topérer^ tant que nous voyons les choses sous les couleurs brillantes dont la trahison des sens les peint. En vérité^ quand on jette un coup-d'œil sur le monde ^ et qu'on y voit les hommes enclins à blâmer le mal autant qu'à le commettre^ on croirait que tous ces discours de vertu et de religion ne sont que des matières de spéculation bonnes pour amuser quelques momens perdus ^ et l'on en conclurait que nous nous accordons tous à une

même chose ^ bien parler et mal agir En

vnin , un morts'élèi^eraU-il du tombeau.

Ah ! si les instructions que Dieu a portées aux hommes^ et celle qui les a rendus capables de se les procurer ne les ramènent pas vers la reUgion^ ils se roidiront toujours contre l'évidence : on s'élèverait en vain pour les convaincre y la terre aurait beau rendre son dépôt ^ ce serait la même chose ; chaque homme reprendrait bientôt son premier chemin, et les mêmes passions produiraient les mêmes vices jusqu'à la (in du monde.

Telle est la principale leçon que nous offre

fiSRBl05 XIII. at)3

celte parabole. Jfe vais la cominenlct* : eîle me présentera pcut-étrfe dafis ^on cours tjut+que fttttne iitôlructâoii à rec^iHir.

Cette histoire e^ttioe d<és plus riemar^ableà de l'Evattgile. Neutre Seigneur nous représente tioe '6cièae> Àans laqMlie tes deux contrastes les plus par&its qtte Ton ^kse établir dans }es condtitîotis^ passeâl à k ùm devant nos yeux. Cesl \tti botasne ëlevé au-dessttd du niveau du genre humain, et porté «lu pîMd^ d« h pros*périié y dos rÎK^besâei; , dn bonb^k*. Je dis -du banhemf'y par ootaapiaiiialice pour le mcnde^ et daDsJfei sUppositîovi (|ae Ws Irîchesses bous rendent iieureUK, tandis que leur poursuite enflamine teliement notre i»iagitialk>n, que toou^ mettons -en jea. pour telles notre -esprit et notre corps, xxrmlne «i no4is ne lés estimions jamais à un prÎK trop liâut. €e sont les ^ges de ia sâgesée comme de ia folie. La pàtabole ne mous dit pas ce qu'elles ooâtèrënt au riche j noUs nous tairons avec PEcrittire ; bile ne parle que des avantaf|;e6 extérieurs qu't^s procuraient k sa vanité et II sa délicatesse* Pour Satisfaire l'utic, il s'habilUit de pourpre -et de lin ; pour contenter l'autre, il se traitait délicieusement chaque jour; sa table abotidait en tout ce que les divers cUoiats peuvent fournir, ce que le luxe peut IV. 1 3

ig4 SERMON XIII.

inventer^ ce que la main de la science sait métamorphoser et tourmenter.

Tout auprès de la porte de son palais nous est représenté un objet que la Providence semblait avoir placé là pour guérir l'orgueil du rich^ et lui montrer le degré d'avilissement où l'bomiDe peut être ravalé. C'était un être frappé de la disgrâce de la nature , sans amis^ sans biens ^ manquant enfin. de tout ce qui eût pu adoucir ses malheurs.

Dans cette cruelle position y il est représenté désirant les miettes qui tombent de la table du riche ^ ses vœux et sa demande restant«.sans succès ^ ce riche ^ comme tant d'autres dans le monde ^ était trop élevé sans dfoute pour que SGs yeux aperçussent distinctement les souffrances de son frère ; se rassassiant sans cesse dans des banquets magnifiques^ il avait oublié que la faim fut une maladie inscrite dans le ca^ talogue des infirmités humaines.

Surchargé de malheurs et de tous les besoins qu'un monde inhospitalier avait entassés sur sa tête , le pauvre se courbait et s'affaissait en si-* leiice sous ce fardeau.. •• Mais , grand Dieu ! d'où vieot cela ? pourquoi soufFres^tu ces calamités dans le monde que tu as créé ? est-ce pour ton honneur et ta gloire , qu'un homme

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mange le pain de Tabondance , tandis que mille autres de son lignage rongent celui de la douleur ? que celui-ci soit couvert de pourpre et marche dans des sentiers couverts de roses y tandis que les autres ^ à demi couverts ^de haillons , se traînent péniblement , et passent à sa porte la tcte baissée ? est-ce pour ta gloire que l'ombre ténébreuse de la misère est étendue sur tes ouvrages ? ou bien n'en devonsnous voir qu'une partie ? ah! lorsque là chaîne qui tient les deux m(mdês en harmonie , se détendra et se brisera; quand l'aube de ce jour apparaîtra , auquel le dernier acte du monde en déploiera la catastrophe ^ quand tous les hommes seront cités pour répondre à tes questions y alors ; alors ^ tu justifieras tes décrets^ et tu fermeras la bouche à toute plainte.

Après un long jour de miséricorde , perdu dans la débauche et la dureté^ Vhomme riche mourut aussi , et selon la parabole y il fut en* terré. Il fut enterré sans doute eu triomphe y avec l'orgueil mal placé des funérailles , et les décorations vaines que la folie humaine pros* titue dans ces occasions*

Ici se brisa la grandeur épicurienne du riche, c'est ici le dernier spectacle qu'il donna au monde ; celui qui le suit présente une scène

ig6 SEEHÛH XUI.

d'horreur. Notre Seigneur le peint dans l'état le plus abjcct.de la misère ^ élevant ses yeux ters le ciel , et criant merci au patriarche Abraham.

Et Abraham lui dit : Mon fils ^ souviens'^ . toi ^us p^ndanit Ca vie les biens furent ton partage.*

Mais ces Uens^ ne les avait*il pas reçus du ciel ? pouvait-€rnks:lui reprochi^r ? avec quelque sévérité que l'Ecriture pfirle Contre les ri*chesses y il ixt parait point qu\in« vie et une dépense fastueuse fussent le critne du mauvais riche , et que celte qualité Hil uae partie constituante de aou caractère* 11 eo était alors comine aujourdliai. Le rang quil occupait dans le mondie justifiait peut*étre ses dépenses , il les.eûgeait Même sans qu'on dut les lui reprocher ,- car la différence des états se fait CDtmaitreordioairemient à ces marques di^tinctives que la côotume impose. L'excessive abondanbe et là magnificence qu'étalait Salomon ^ lui qui avait dix bœifcfs engraissés , vingt autres hors des pâturages y cent moutons , sans compter les chevreuils y les cerfs y les daims et les oiseaux , trente inesures de fleur de f^^rine , et soixante mesures de farine pour l'approvisionnement jonroalier de sa ilable; cette ma-

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gnificence , dis-je , ne lui était pas imputée à crime; elle dénotait au contraire ralx)nclance des bénédictions du ciel sur sa tête ^ lorsqu'il en est autrement^ cela vient de Tusage pervers des richesses prodiguées pour de mauvaises fins , souvent contraires aux motifs pour lesquels elles nous ont été données ^ qui sont de réjouir le cœur , Tépanouir , et le rendre bienfaisant.

Et voilà précisément le piège oii le riche était tombé : s'il eût vécu moins somptueusement , il eût trouvé quelques heures favorables a la méditation^ il eut disposé son ame à concevoir une idée de la pauvreté , elle eût senti ta compassion*

Souviens- loi y mon fils ^ que tu as reçu pendant ta vie les biens en partage 9 et que les maux ont été celui de Lazare. Souvienstoi ô le fâcheux souvenir! un homme qui

a traversé ce monde avec tous les avantages et les bénédictions de son côté y comblé de richesses par la main de Dieu , entouré d'amis ^ et reçu aux acclamations de la société qui le divinise f sfe rappeler combien il a reçu , combien peu il a donné , qu'il n'a été l'ami , le protecteur, le bienfaiteur de personne.... Dieu miséricordieux! priant en vain pour lui-même,

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il est enfin représente' intercédant pour ses fré- Tes y et demandant que Lazare leur soit envoyé pour leur donner des avis ^ et les sauver de la ruine dans laquelle il est tombé ^ ils ont Moïse eu les prophètes , répond le patriarche , qu'ils les écoutent. Le malheureux n'est pas content de cette réponse. Il persiste ^ il insiste. . . Abraham ! si des limites de la mort quelqu'un leur était envoyé ^ils se repentiraient. Il le croyait^ mais Abraham savait le contraire, et j'ai expliqué déjà les motifs de sa détermination j tirons quelques autres insUuciions de la parabole.

Notre Seigneur j en nous découvrant les dangers auxquels les richesses exposent les hommes, nous déclare combien il est diflicile aux riches d'entrer dan.> le royaume des cicux.

Oui , les richesses sont la plus dangereuse bénédiction du ciel , et celle dont il est le plus malaisé de profiter. Elles nous environnent de flatteurs et de faux amis qui concourent à l'en.vi à notre perte ,• elles multiplient nos fautes , et savent nous les cacher , elles se prêtent journellement à toutes nos tentations , elles ne nous donnent ni le temps de réfféchir sur nos erreurs, ni riiumililé qui peut nous en

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faire repentir. Bien plus , et ce qui parait étrange , elles nous invitent à Tavarice m^e. Il parait qu'au milieu des mauvais offices que nous rend la fortune , on ne devrait pas chercher ce vice , cependant on voit le cœur d'un homme se resserrer à mesure que ses richesses s'étendent , plus il s'emplit et plus il est vide.

Mais il est pen nécessaire de prêcher contre ce vice ; nous semblons tous avoir du penchant à l'extrême opposé^ le luxe et la dépense : et, lorsqu'on nous en parle y nous nous contentons, pour toute solution , de dire qu'il est une conséquence naturelle du commerce et des richesses et leur commun but.

Vous vous méprenez, mes frères, les richesses ne sont pas la cause du luxe , c'est plutôt le calcul corrompu des hommes. Us en ont fait la balance de l'honneur , de la vertu et de tout ce qui est grand et bon; ce préjugé en aiguillonne mille ; ils affectent de posséder plus qu'ils n'ont , et s'engagent dans un train de dépenses qu'ils ne peuvent pas soutenir. La nécessité de paraître quelqu'un, pour le devenir, ruine et perd le monde.

Yenons-en à la leçon que la parabole nous donne sur la véritable application des riches-

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sfts ; vous avez vu par le traitemeut du mauvais riche qu'il uc les eqiplo^aiit pas conformémenb à rintentioii de Dieu.

L'inteDlion de Pieu! veulez^vous la €on«i oaitre ? reatrez en votre cœuç , et Ii9e2>*y Viuscription qu'il y a gravée. Soisi b^n eu miséricordieux* Elle vauti tous les textes, et tons k9 passages que je pourrais citer après elle. Portez* y vos yeux , mes chers audit«ws ^ ua seul moment , et considérez ce qjui se pas^e dains l'honï* me le plus insensible ) loi^s^p&'ijr £aife vtm act# involontaire et fortuit àe géoéiosilé. Quesîque cette jouissance appautienae* easentieil«iiicnt si rhomme bon ; que le méchattl fivsse uub e«pé«> rience^ qu'il secoure le* captif'^ (pûil }elt» sonmanteau sur le pauvre , et il santîrace'Cpyoïi entend par le plaisir d'une bomie action^ Ail V pour le mieux connai^re, appelons -en/^i l%o«inie compatissant; la dureté nous denne iavo^ lontairement cette évidenoe ; maôs alttr ne sent le plaisir qu'imparfaitement. Comme' toute» Ibr jouissances , celle--cL demande cgmefque senti-* meut/acult<iiij'y.€iie doit âtve fré^aédiée dtntié disposition qui rend boa ce «pn Ve&î en efS^^y autrement c'est un bien que l'on possMc^/maisi fiont on no jouit pa^.

Et d'abord coiisidértz ciimbieu il^e&t diiB-*

cile de persuader à un avare que ce qui n'est pas profitable est bon ^ et à un libertin que ce qui est agréable est mauvais.

Prêchez 21 un épicurien qui a modelé spn corps et son ame pour tous les plaisirs des scns^ dites-lui qiCil essaie combien Dieu est bon.

Cette invitation ne vaudra pas pour lui celle /{ui Fappelle à un banquet.

Ce n'est dx>nc pas à Tavare y c'est à Tbomme compatissant , à celui qui se réjouit avec ceui: qui se réjouissent^ et pleure avec ceux qui pleurent , qfie j'en appelle. C'est à un cœur généreux, tendre, humain que je raconte les malheurs de l'orphelin et du pauvre , c'est aux hommes enfin que je demande ce pain y qu'on n'ose pas leur demander.

Que pui»-}e dire d^ plus ? l'éJoquence en un pareil sujet fte pc»l rien apprendre ni rien persuader. Ceux à qui Dieu a accordé les moyens d'être charitables , el envers qui i) a été encore plus généreux^ en leiw donnant la disposition, doivent Fe» remercier comme l'auteur des richesses y et de la science de les employer. Il a bâti dans noire cœur le havre derrière lequel les malheureux doivent fuir les tempêtes et le Dai>frag<) : la constante fluctuation des choses de eè cnondc y jelté tour à tourtes cnfans d'A-

dam. En vain des substitulions et des place-» mens défendent les biens des hommes y l'abondance la plus splendide peut être dissipée^ conmie les feuilles desséchées que le vent balolte ; la couronne des princes peut être ébranlée sur leurs têtes , elle peut en tomber ^ et ce grand que le monde respectait , a souvent réfléchi sur la révolution de la rôtie de la fortune.

Ce qni est arrivé à l'un peut arriver à l'autre ; laissons-nous conduire dans toutes nos actions par cette règle que Notre Seigneur nous a donnée : Faites aux auùrcs ce que vous voudriez qiCils vous fissent.

Àvez-vous jamais été couché languissant sur un Ut de douleur ^ et accablé d'une maladie qui menaçât votre vie ? rappelez-vous vos réficxiqns mélancoliques^ et dites: Qu'est-ce qui rend si amère la pensée de la mort ? les enfans que vous laissez \ c'est en quoi consiste l'amertume du calice : sans secours ^ que deviendrontils ? où trouveront-ils un ami quand je ne serai plus? qui les défendra et plaidera leur cause contre la méchanceté? Grand Dieu! je te les confie ^ à toi le père des orphelrna ^ à toi l'époux des veuves affligées.

Avez-vous jamais éprouvé quelques revers dans votre fortune ? la pauvreté vous a-t-elU

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enseveli dans la détresse , vous a-t*elle réduit au désespoir? quel est celui qui tout à coup a mis la table à côté de vous y et qui a rempli et fait verser votre coupe ? C'est un ami consolateur ; il est entré , vous a vu désolé au milieu àes tendres gages de votre amour et de votre épouse afiligéc ; c'est lui qui les a pris sous sa protection. Ciel! tu Ven récompenseras !.. c'est lui qui vous a délivré des appréhensions effrayantes de l'amour paternel.

Avez-vous jamais été blessé d'une manière plus affligeante encore par la perte de cet ami généreux ? avez-vous été séparé des embrassemens d'un fils chéri ^ par la faulx de la mort? cruel souvenir ! la nature défaillit / eh bien ^ un enfant né sous de fâcheux auspices , sans pain^ sans amis^ sans vêtement ^ privé d'instructions et des moyens de salut ^ est un objet encore plus attendrissant, il éveille toutes les

facultés de l'homme y il nous présente Mais

pourquoi parlerais-je encore? les larmes brillent dans vos yeux. Que le Dieu du ciel les bénisse ! Ainsi soit-il.

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