‹ Œuvres complètes de L. Sterne (volume 2)Chapitre 24 sur 41 · DIVERSES · texte numérisé non relu

DIVERSES

ils avaient ëlé père "pour leur plaisir y ils étaient récompensés par le plaisir de Favoir été.

Hucheson, grand mathématicien^ damne ou sauve les hommes^ par des équations d'algèbre en plus et en moins. Il fallait que saint Pierre^ selon lui, sut bien les mathématiques ; et je ne connais que saint Mathieu ^ dans le ciel , qui , en sa quahté de financier y pût assister k un pareil compte.

Je demandai à un ermite j en Italie y com^ ment il pouvait vivre seul, dans une chao* mière élevée sur la cime d'une montagne à un mille de toute habitation; il me' répondit aussitôt : La Providence est à ma porie.

Dans le monde , vous êtes sujet aux caprices de chaque extravagant : dans votre bibUothèque, vous soumettez les hommes célèbres aux vôtres.

Une bonne comparaison doit être aussi courte et aussi concise que la déclaration d'amour que (ait un roL

J'ai .connu un brave soldat, qui me confiait le secret de son courage en ces termes : Dans un combat , au premier feu , )e me figurais être un homme mort; je combattais, tout le long du jour, dans cette idée, sans apercevoir seu* lement le danger. Mon illusion ne cessait que

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quand je rentrais dans ma tente : je revenais des limbes^ je vis encore, me disais- je !

J'admire la philosophie de celui qui pardonne ; mais j'aime le caractère de celui qui sent.

Au commencement du seizième siècle^ un prêtre ayant trouvé dans un auteur grec y ce passage : cnti trrw eivXoçy Came est immaié'^ rielle, et aj^ant vu dans son lexicon que avXoç signifiait ^u^^^ il eomposa^ dans un es^rcice académique ^ quinze argiHnens , tout au moins , pour prouver que Tame élait un sifflet.

Les Jui& envoyèrent des ambassadeurs k Gromwel^ pour savoir s'il n'était pas le vrai Messie.

Le pape Jules II lisait la Bible quand on lui apprit la défaite de son armée par lesFrautçais : il la jeta par terre pour témoignera Dieu son ressentissent.

L'ancienne Rome se rendit la ma/iresse, ( ce mot est pire que celui de ma(tre ) de l'univers y sous ses consnls ^ par la même méthode que la nouvelle a continué d'employer ^us ses pontifes. Le bien de la république élait le prétexte de Rome ancienne; le bien de l'Eglise est celui de la moderne: D'après ee principe^ auquel ks autres sont subordonnés^ tous les

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Ticeâ^ l'oppression et la &iis8et^^ quand i}s favorisent la domination^ deviennent on des vertus publiques ou des fraudes pieuses.

Par un des canons , si l'on accose un cardinal de fornication ^ il faut produire soixante^ dix témoins : à ce compte , il doit caresser une un &ie en plein marché^ pour être convaincu.

Combien le système de l'amour platonique serait beau^ s'il pouvait se réaliser! que ses extases seraient pures et sérapbtques ^ deux cœurs fidèles , douoement agités dans la même sphère d'attraction , le même sîsiole y le même diastole^ sujets au même ilux et reflux , et se rapprochant toujours plus près l'un de l'autre^ par la compubion la plus agréablement insen^ sible^ comme les asymptotes d'une^hyperbole , sans jamais coïncider ensemble et rencontrer fe point de contact !

Rien ne rappelle si puissamment notre ame que l'infortune. Les fibres tendues se rel&d^nt; alors l'ame égarée se retire en elle-même ^ s'assied toute pensive^ et admet en silence la salubrité des réfle(xions. Si nous avons un ami , nous pensons ausiiit6t à lui j si nous avons. un bienfaiteur , ses bontés pressent alors sur notre cœur. Grand Dieu ! n'est-ce pas par cette saison , que ceux- qui t'ont oublié dans leur

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prospérité^ teviennenià toi dans leurs chagrin»? quajid ils abattent nos esprits affligés^ à qui pouvons -nous plus sûrement recourir qu'a toi ^ qui connais nos besoins^ qui tiens en dëpât nos larmes dans, ton sein , qui vois nos moindres pensées^ et qui entends chaque soupir mëlaurcolique qui échappe à notre découragement.

Vers le milieu du treizième siècle , et sous le pontificat de Grégoire IX , il arriva un singulier événement. Le comte de Gleichen fut fiiit prisonnier dans un combat contre les Sarrasins ^ et condamné à l'esclavage. Comnie il fut employé aux travaux dea jardins du sérail , la fille du sultan le remarqua. Elle jugea qu'il était honune de qualité^ conçut de l'amour pour lui , et lui offrit de favoriser son évasion s'il voulait l'épouser. Il lui fit répondre qu'il était marié ; ce qui ne donna pas le moindre scrupule à la princesse accoutumée au vit de la pluralité des femmes. Us furent bientôt d'accord y cinglèrent et abordèrent à Venise. Le comte alla à Rome^ et raconta à Grégoire IX chaque particularité de son histoire. Le Pape , sur la promesse qu'il lui fit de converltrla Sarrasine^ lui donna des dispenses pour garder ses deux femmes.

La première fut si transportée de joie à

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