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Tarrivëe de son mari sous quelque couditioa qu'il lui fut rendu, qu'elle acquiesça à tout^ et témoigna à sa bienfaitrice Pexcès de sa reconnaissance. L'histoire nous apprend que la Sarrasîne n'eut point d'enfans ^ et qu'elle aima d'amour maternel ceux de sa rivale. Quel dommage qu'elle ne donnât pas le jour à un être qui luiresLi»emblât!
On montre à Gieichen le lit où ces trois iiar.es individus dormaient ensemble. Ils furent enterrés dans le même tombeau chez les bénc> dictins de Fétersbourg ; et le comte qui survécut à' ses denx femmes y ordonna qu'on mit sur le sépulcre-^ qui fut ensuite le sien y cette épi*tapfae qu'il avait composée.
. «. Ci gisent denx femmes rivales^ qui s'ai-* f<w mèr^ntcommedas sœurs , et qui m'aimèrent €c également. L'une abandonna Mahomet pour « suivre son époux , et l'autre courut se jeter « dans les bra& de la rivale qui le lui rendait. « . Unis par les liens de l'amour et du mariage , (c nous n'avions qu'un lit nuptial pendant notre « vie*^ et la même pierre nous couvre après « notre mort. i> .
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SUR STERNE , ET SA rAMlLLt: ,
Écrits par bd^mimê.
l\ooEH Stéme^ petit -^fiU de l'arohevéqiM Slorae^ ôt lieutenaot au régiment (FHândasidc , so maria av«d A^oès , venve da capitaine lier-* bert. Son nom de famille était Nulle. Cette maison est à présent à Clonmel en Iriande^ où je naquis le 34 novembre lyiS^ quelques }oari après Tarrirée de ma more de Dunkerque. Ma naissance fui de mauvais augure pour mon pauvre père ; car il fut réformé avec quelques braves oiBcûri» pou de jours après son arrivée^ et jeté au liasard dans le monde^ avec sa feaune et deuK enfans. Ma sosur Marie était née à Lille en 1 7 r a . Elle fut bien nlalbeureuâe ; elle épousa un négociant de Dublin , qui la traita sans pitié y mangea son bien , fit banquerouie ^ et laissa ma pauvre sœur chercher des moyens pour vivre. Elle n'en eut pas besoin longtemps; car, s'élant réfugiée pendant quelques
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mois chez un ami généreux, -elle y mourut de douleur. Belle et aimable , elle méritait un meilletir sort!
Lé régiment de mon père a jant été réformé»
il quitta Tlrlande aussitôt que je pus être trans* portée et vint^ avec sa lanûlle, dans la maison paternelle, a Elvington^ auprès d'Yorck. Sa mère^ ûUe et héritière de sir Roger Jacques^ vivait encore. Nous j^ séjournâmes environ dix mois. Son régiment fut remis sur ^pied ^ et il nous fallut^ avec armes et bagages, partir pour Dublin. Un mois après notre arrivée^ il nous y laissa^ ayant été commandé pour Exeter : mat mère et se3 deux enfans Vy suivirent bientôt^ pendant la rigueur de l'hiver. Je ne te ferai, pas la triste description de ce voyage de Liverpool à Plûnouth , par terre ^ car j'aDligerais ton cœur.
Ud an après ^ on nous renvoya k Dublin.
Ma mère , avec trois. enfans ( elie ëtatt accou^» ahëc à Pliraouth* d'un garçon ) y s'embai*qoa à Bristol pour Dublin^ et son passage fat bien» désastreux : une vtiù d'eau fiiillit à abinter le vaisseau ; enfin , k travers mille périls et mille tounaeds, nous arrivâmes à Dubliii. Mon père y. prit un grand- logement , le kneubla ^ et y
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dépensa beaucoup d'argent, dans l'espace. d'ua an et demi.
A peine avait-il fini ses arrangemens , que son régiment eut ordre d'aller à File de Wight, et de s'y embarquer pour l'expédition de Vigo. Nous voilà à sa suite, jetés dans le port.de Milfort , obligés d^aller par terre à Bristol , de Bristol à Plimouth encore, et de Plimouth à l'tle de Wight.
On y campa quelque temps avant l'embarquement des troupes , et je perdis mon frère Joram dans la traversée*
Ma mère, ma sœur et moi demeurâmes 4 Wigbt pendant l'expédition de Vlgo , jusqu^ài ce que le régiment étant revenu k Wicklow , en Irlande, mon père nous y rappela. Pendant notre séjour à Wigbt, ma mère avait suppléé 1 la perte de Joram par utté petite fîUè nommée Anne. Ce tendre bouton tomba et pérît à Tâge de trois ans. Elle était , je m'en souviens^ d'un tempérament délicat et de peu de durée , ainsi que tous les enfans de mon père. Nous nous embarquâmes pour Dublin , et nous fà^ mes assaillis d'une violente tempête, qui allait nous submerger, lorsqu'à force d'intercessions et de prières , ma mère obtint du capitaine de retourner au pays de Galles. Après y avoir se-
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journëun mois^ nous partîmes pour Dublin^ d'où nous viiimes par terre à Wicklow. Mon père y avait annoncé ^ il y avait quelques semaines y notre mort.
Nous demeurâmes un an àWicklow^ et nous en partîmes pour aller passer six mois chez M. Fetlierston ^ ministre à Animo. Il connaissait ma mère ^ et il nous invita à venir dans son presbytère. Cest pendant notre séjour dans cette paroisse^ qu'il m'arriva l'incroyable Iiistoire dont toute l'Irlande fut instruite. Je me laissai tomber dans un moulin ^ pendant que toutes ses roues étaient en activité, et l'on m'en sortit sain et sauf. Toute la contrée s'assembla autour de moi comme autour d'un miracle.
Nous partîmes avec le régiment pour Dublin^ où nous logeâmes un an entier dans des baraques. J'y appris à écrire. On nous envoya de là à Càrrick-Fergus , dans le Nord de l'Irlande : c'était en 1722; mais en chemin des ordres nous arrêtèrent à Droghenda , d'où l'on nous expédia à MuUengar.
La providence nous y fît rencontrer le plus aimable des parens, un collatéral de l'archevêque Sterne. Il nous garda dans son château y et nous y entretint un an entier; puis il nous
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fit partir pour Carrick-Fergus^ comblés d^Iion- Détetés.
Âpres le vûyiige le plus ennuyeux et le plus pénible ^ nous arrivâmes à notre garnison , où je permis encore un frère, que ma mère remplaça bientôt par Susanne^ morte quelques jours après sa naissance. Mon père , l'automne suivante^ eut de son colonel la permission de me mettre à Técolé che£ un bon maître , à Uallifaz. Le régiment ajànt été commandé pour Londonderi^ j'y fis Tacquisition d^une siutre sœur y qui vit encore y mais qui malheureusement est étrangère pour moi^ par la niécliancelé de mon <)ncle et sa propre folie. De là, il t\it envoyé pour défendre Gibraltar assiéj^é. Mon père y reçut un coup d'épée à travers le corps y de la main du capitaine Philips. Ils se battirent pour rien , et je ne sais comment il survécut à cette blessure : sa faible constitution put à peine lui faire supporter le pasba«,'e à la Jamaïquie , où il fut envoyé.
Les fièvres habituelle d'e celte contrée commencèrent à aliéner son esprit ; il tomba presque dans Penfauce, et ne fitautte chose qu'errer conlinuL^Uement, un thois ou deui, sans se plaindre, jusqu^à ce que s'^etant assis dans un fauteuil, il y rendit le dernier soupir, au port
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d^Antoiiio^ vers le nord de Tile. Mon père était un petit homme , pétulant et actif au dernier degré : il supportait avec le plus vrai courage les fatigues et les malheurs dont la pro* vldence semblait avoir pris plaisir à le char-^ ger. Sous ce faix cruel ^ il était quelquefois impatient ; mais il était eà même temps si bon , si honnête^ ses intentions étaient si innocentes, qu'il n'avait jamais suspecté celles des autres. On l'aurait trompé dix fois par )out*^ si neuf n'eussent pas été bien suffisantes. Il mou« rut au mois de mars 1731.
Je demeurai à Uallifax le reste de cette an^ née , et je ne veux pas omettre ce |qui se passa entre mon maître et moi. H venait de faire re-» tblancUir le plafond de la classe; l'échelle y était encore ; je l'escaladai un malheureux jour, et j'y écrivis avec un pinceau, en lettres majuscules : LAURENT STERNE. Le maçon me doftna vigoureusement le fouet. Mon maître se mit fort en colère contre lui , et lui dit devant moi qu'il n'aurait jamais dû efiacer ce nom , qu'il serait un jour fameux , que j'étais un enfant d'esprit, et qu'il était certain que je m'avancerais. Ces mots me firent oublier le fouet , et ils m'ont fait faire bien des sottises. Mon cousin m'envoya, en 173:)^ à l'univer-
s6o MÉHOIRBS.
sité^ où je restai quelque temps , et je fis COU'naissance avec M. H.... : notre amitié a toujours duré de part et d'autre. Je vins ensuite à Yorck, où mon oncle me donna un petit bénéfice^ et j'y fis connaissance avec ta mère. Je lui fis la cour deux ans de suite : elle m'avoua qu'elle m'aimait ^ mais qu'elle n'était pas assez riche et moi trop pauvre pour nous marier. Sa sœur l'appela à S...., et je lui écrivais souvent. Je crois qu'elle était bien déterminée à m'épouser^ mais qu'elle ne voulait pas le dire. A son retour^ elle tomba dans la consomption; et un âoir que j'étais assis à ses côtés ^ dans la douleur de la voir si malade^ elle me dit : mon cher Laurent je ne serai jamais à vous^ car je n'ai pas long-temps à vivre ; mais je vous ai laissé jusqu'à mon dernier schelling. £lle me montra aussitôt son testament ^ et sa générosité m'enthousiasma. Il plut à Dieu de la rappeler à la viC; et nous nous mariâmes en 1741*
J'étais alors fort bien avec mon oncle. Aa moyen de quelques phrases que je lui donnais^ il me fit prébendier à Yorck ; mais il me chercha noise bientôt après ^ parce que je ne voulais pas insérer un paragraphe dans les papiers publics. U était politique et ministériel : je ne l'étais pas^ et je détestais sincèrement les pam-
plilets adulateurs : ils me semblaient être aude&sous de moi. Dès cette époque^ mon oncle devint mon plus cruel ennemi.
Je \ivais avec les sœurs de ma femme.à Stillington. Un de ses amis lui avait promis de lui donner une cure si elle se mariait avec un ecclésiastique d'Yorck-Shire : je restai vingt ans à Sutton^ desservant à la fois mes deux bénéfices^ et jouissant de la plus brillante santé. Les livres^ la peinture , le violon et la chasse étaient mes amusemens. Je n'étais pas fort bien avec le seigneur du lieu^ mais à Stillingthon la
famille C me témoigna de Tamitié. U était
bien agréable pour nous d'être à un mille et demi de cette maison charmante ^ où Ton nous comblait d'honnêtetés !
En 1 760 , je pris nne maison à Yorck pour ta mère et pour moi^ et j'j publiai mes deux premiers volumes de Tristram Shand y. Le lord F... me présenta à la cure de Coxwould, agréable rétraite en comparaison de Sutton.
En 1761 , je partis pour la France ^ avant la conclusion de la paix ^ et vous m'y suivîtes. Je vous y laissai y et deux ans après je fus en Italie pour y rétablir ma santé. A mon retour^ je te priai d'engager ta mère à venir me joindre en Angleterre avec toi. Vous y vîntes enfin ^ et
d63 UÉMOIRES.
j'eus le plaisir inexprimable de voir , d'em* ' brasser ma fiUe , et de trouver en elle toutes les qualités et les vertus que je lui avais sou* haitées.
J'ai écrit pour toi^ ma Lydia , ces particu*làrités relatives k ma famille et à ton père. Tu auras peut-^tre un jour la curiosité ou un mo«tif plus doux encore^ de les connaître.
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