TRISTRAM SHANDY
CioMKENT! voua Qç coqnaîssex pi^s
Tristram Shandyt...., Ce roman original j q\l Sterne f le RahelaUi de F Angleterre^ fait pv^*que l'histoire dç ^ famille (i) , où il se peiqt lui-même sous le nom de Yorîck} ce romaii dramatique 3 dont le héro9 Trisfrimi Shandjy plùlpsoplie aimable^ raconte ( d apré^ ^e mdn morial de son père ) tout ce qui a préce'dë sa naissance^ comme s'il j eut assisté.... La scène se passe datis la terre de M. Shandj, Fhommo le plus entêté dans ses opinions que )'aie jamais connu : argumentateur aussi minutieux quUnfaligable^ il ne se passait aucmi événemei^t qu'il ne lui fournit une hypotl^èae ^ et jamais personne au monde ^ je crois ^ ne crucifia la vérité comme lui I.... Au levé du rideau^ madame Shandy^ tout -à-fait bonne femme ^ s'occupant avec son mari du bonheur de se voir
(0 Ce qu'il ppusnppread daa^ses œuvres posthume?*
â64 FRAGMENS.
revivre dans un enfant digne d'eux, lui observe inopinément qu'il n'a point monté sa pendule , ce que le méthodique Shandy faisait ponctuellement tous les premiers de chaque mois, avant de réitérer à sa bonne moitié l'assurance de son amour conjugal (i). Vous jugez jusqu'à quel point cette interruption dut
émouvoir la bile de son époux Toutes les
observations qu'il fut à même de faire , ne lui prouvèrent que trop, par la suite, combien cette circonstance avait influé sur le caractère et la destinée de son enfant, comme il l'avait prévu, et le confirma dans l'idée que les malheurs de son Tristram avaient commencé
(i) Ce fut dans la nuit du dimanche au lundi, le i". mars 1718.
« Cette exactitude* dit Tristram Shandy^ était 8aB9 doute admirable y mais elle était accompagnée d*une espèce de fatalisme qui retombait nécessairement sur moi , et dont je ressentirai peut-être les effets jusqu'au tombeav.M.- Par une malheureuse association d'idées qui n*ont aucune liaison dans la nature, ma mère n'entendait point monter la pendule 1 qu'il ne lui vint inévitablement à l'esprit de penser à quelque autre chose; et ce qu'elle pensait, lui rappelait en même temps et la pendille » et ce qu'il j avait à j faire , etc. (Fieei opinions de Tristram Shandy,)
FRAGMENT sCS
neuf mois avant qiiil ne vtnt au monde
11 s'en était entretenu bien de fois avec son frère Tobie, le meilleur de hommes^ simple comme une colombe, pudibond comme une ■vierge ; à la sensibilité d'une femme , il joignait la naïveté d'un enfant- quelque différence qu'il y eût entre les deux frères, cependant on remarquait quelques rapports entre eux. La famille Shandy avait un caractère original^ les bommes s'entend, car les femmes n'en avaient point du tout, excepté la grande tante Dinah , qui s'était amourachée de l'un de ses gens^ ce qui faisait rougir ronc/e; Tobie toutes les fois qu'on en parlait, habitué cependant à prendre toutes les choses comme elles venaient, et aussi étranger aux argumens de M. Shandy que sa béquille, comme il le disait lui-même. Nommé capitaine au champ d'honneur, c'était par amour de l'humanité qu'il avait suivi la carrière des armes, afin de défendre le faible des entreprises de l'ambition... La bonne ame!... « Un jour qu'il dînait, « un moucheron semblait prendre à tâche de
a Timportuner par ses bourdonncmens il
c< était près de s'impatienter, lorsqu'aprés pluie sieurs tentatives, le saisissant enfin Il se
« lève aussitôt de table, et ouvre là fenêtre :
^66 9RÀGMENS.
« Va-t-en, pauvre petit être, dit-il, Je ne te a ferai point de mal! Va, \c monde est assez « grand pour nous contenir tous deux.... » Ge trait peint inieux son coractcre que tout ce qu^on pourrait dire.... Une seule fois ^ dans sa •vie, il s'emporta.... « L'esprit accusateur^ dit (( Tristram , qui n)oIa à la chancellerie du « ciel y pour y porter le jurement de mon c( oncle TobiCf rougit en le déposant y et « l'ange qui tient les registres laissa tomber (( une larme sur le mot en t écrivant^ et il « FUT EFFACÉ POUR JAMAIS !.... » — Une mau* dite blessure que Tohie avait reçue dans Tainc, le força de quitter le service , et c'est au manoir de Shandj qu'il s'était retiré avec son fidèle serviteur, le caporal James Buttler^ auquel on avait donné le sobriquet de Trim. Un coup de feu qui lui avait fracassé le genou gauche , le mettait hors d'état de servir ; ses bons offices , sa soumission extrême auxordresdc sou officier supérieur , ses goûts militaires qui sympathisaient si bien avec ceux de Tobie ^ sa n^anie même de vouloir toujours raconter, le ren* daient inappréciable aux yeux de son capi** taine , auquel il servait tout à la fois de valet* de-chambre, de palefrenier, de barbier et d'ingénieur*. • Ils avaient choisi la terre de Shan4y
FRÀGUEMS. 367
pour leur retraite^ comme Fendre il le plus propre à dresser leurs plans de campagne.
( Tobie était le véritable D. Quichotte de Tart militaire. ) ce C'est -là qu'un bouliogrin fut « transformé en redoute^ en ville de guerre ; a M. Tobie Skandjr y sacrifiait toute sa for«u tune; et son ingénieur y le capordl Trim, M employait jusqu'à son dernier écu pour satis- « fiiire à cet égard toutes les fantaisies de son « maître.... U mit même tout le château à con-' « tribution , pour monter leur artillerie , qui , a dès la première campagne, était déjà formi- M dable : Trim avait rogné le bout des tuyaux f< de pompe, coupé les gouttières de plomb, « les contre-poids des châssis, fondu même son u plat à barbe, et monté, comme Louis XIV, ' M jusque sur les clochers pour épargner le trésor « publicl... Leur place forte était un véritable N protée^ tantôt c'était Drusen ou Hague^ •c itaii> 0$lende ou Menin, etc., etc. Leur « instruction et leurs dispositions étaient telles c( qu'ils pouvaient à chaque instant rendre un « compte exact aux curieux der tons les sièges ¥ possibles^ aussi -bien que de l'action où le « capitaine Tobie eut l'honneur d'être blessé à fc l'aine. Les gazettes ne parlaient pas d'un seul « événement miUtaire^ que nos deux chanw
268 FRÀSMENS.
« pions ne se missent aussitôt en campagne...*. H II fallait les voir à l'assaut de la contrescarpe « entre la porte Saint^André et le Lower- « deule, par la droite ; et par la gauche^ entre « la porte SaifUe-Magdeleinc et la rivière.
« Tobie y assista en grande tenue ^ et Trim y « fit des prodiges de valeur ! Aucune comte binaison de tout ce qu'il y a de bîsarre et de « grotesque dans la nature ne saurait en appro- « cher.... M Cette passion dominante de Tobie était ce que Sterne nommait son dada y sur lequel il était toujours à califourchon ; c« qu'Erasrne appelle marotte; ce que tout le monde connaît sous les noms de manier chimère ^ bisarrerie, coup de hache à la téte^ tic i Jolie f châteaux en Espagne ^ que saisje?.... O Tobie!... O Trim! guerriers immortels !... Comme Achille vous fûtes vaincus par l'amour... Voici l'ombre au tableau... Le myrte s'unit aux lauriers qui paraient le chapeau de Tobie et le bonnet militaire de Trim. Les colombes de Vénus se nichèrent dans le casqu» de Mars.... « C'est à Shandy même que Tobie « connut la veuve Wadman^ femme daHS ic toute l'étendue du mot^ et que Trim aima « Brigitte y sa suivante^ aussi fille dUEve^ que K sa maîtresse Avant que tous les prépara*
7RÀOME1CS. aGg
« tifs fussent faits au manoir de Shandy. pour ic y loger commodément toule la famille , le « capitaine Tohie fut obligé de demeurer «quelques jours chez mistriss ff^adtnan; u placé partout ailleurs , sa présence dans le ic village n^aurail rien signifié y même pour (I cette veuve ; une femme hors de chez elle , «peut, physiquement parlant^ regarder un u homme au grand jour, sans qu'il en résulte « quelque chose; mais habitent il sa maison, « elle ne peut s'empêcher de mêler à son idée « quelque chose de sa propre chevance^ de le a confondre pour ainsi dire avec son bien, « jusqu'à ce que par des actes réitérés de cette « dangereuseuse combinaison , elle le com-
tf prenne tout à fait dans son inventaire »
Tobie , en allant chez son frère , n'en fut pas moins poursuivi par la veuve ; le plan était dressé, il devait être suivi... Ils étaient voisins; le jardin de cette dame , aussi tendre que belle, était attenant à celui du brave Tobie ; ils pouvaient aller de l'un chez l'autre quand bon lear semblait Ce fut dans cette imprenable redoute^ faite par Trim, sous la direction de son capitaine, dans ce polygone, monument de gloire, que mistriss Wadman commença ses attaques « Tous les attirails de guerre
.770 fRAGMENS.
tt imaginables n'auraient pas aussi bien servi a (( ses desseins^ que Texpédient que le hasard^ « joint à l'invention du capitaine^ avait mis a sous sa main.*. Tobie ne manquait jamais de u placer dans la guërite le plan de la ville dont (( il voulait faire le sidge : cette carte était a c< sa gauche > et fixée par en haut avec deux te épingles 5 1« reste flottait par en bas^ afin de ({ donner la facilité de l'approcher des ypux \{ pour l'examiner.... Dès que la veuve saisissait «( le plmn^ Tobie prenait feu tout à coup ; sa « passion favorite se réveillait; il se h&tait de a prendre l'autre coin de la carte avec la main m gauche ; et du bout de sa pipe qu'il tenait u dans sa main droite, il entamait une démons- ^ traiion»..* Sitôt que l'action était aiusi enga- « gée, mistriss Wadman^ en général habile^ « et par une seconde manœuvre dont tout le M monde sentira les raisons , faisant tomber la K pipe de la maib de Tobie, alors il était obligé
«c de faire usage de son premier doigt , et
« voyet la dififérence qui en résultait pour l'as-
« saillant! le bout de sa pipe n'avait ni ar-
K tère y ni chaleur vitale; il n'était susceptible u d'aucune sensation , et ne pouvait eommunic( quer la chaleur par attouchement, ni la re- (^ CL'Yoir par sympathie } tout se passait eu
fhagmens. ■271
n fumée...» Mais avec le doigt du capitaine^ « tout changeait de face... La veuve le suivait c< de près avec le sien> à travers tous les petits (c détours et les zigzags des ouvrages^ le tou- «f cliait de temps en temps par côté , passant tf quelquefois sur l'ongle , le rencontrant tan- « tôt à droite ^ tantôt à gauche , enJGin le har- (( celant sans cesse... la veuve ne pouvait man- « quer d'exciter un certain je ne sais quoi. » Ces escarmouches produisirent tant d'effet sur Tobie^ que quelques Lcuips après il se disposa a lui demander sa main; mais certains scru»
pules arrêtèrent la veuve. Peut-être saurons-» nous quelque jour la fin de ces amours Cervan^ tiques!.... On doit senlir, d'après le caractère de Tobie ^ dont tous ces faits démontrent l'excellence , combien il devait être chéri de son frère ^ quand ce n'eut été qu'à cause de sa pa<ûence à l'écouter (i). Jamais M. Shandjr ne la mit autant à l'épreuve que dans sa dissertation 6ur l'inÛuence des prénoms^ et sur les moyens, de baptiser son (ils dans le sein même de sa mère. Sans le trouble qu'excita dans toute la
(1) Pardoflucx'-ttléî^ lui dballM.Shandy, mes accès d*litttti6ur} ib ne yieft^etit pas de moi > je Içs tiens de ih» «ère. ( Ttisttani Skanufy),
^7^ FRAGMEIfS.
12 aison Véiixt critique de madame Shandy , on n'aurait pu déterminer l'époque où cette savante discussiou aurait été terminée. Déjà la femmede-cliambre courait chercher la sage-femme i lorsque M. Shandy en apprit la cause, il en témoigna sou mécontentement , ne voulant même pas de celle qui avait été élevée par le curé de sa paroisse , son intime ami. Le gai et bon Yorick
( c'est-à-dire Sterne)^ si compatissant pour tout le monde ^ et toujours dupe même de lui, malgré tout son esprit, un peu trop malin, comme lui reprochait souvent le cher Eugène (i). M. Shandy accordait toute sa confiance au docteur Slop, en fait d'accouchément; aussi dépêcha-t-il sur-le-champ Otfldiah pour Taller chercher au village voisin.... a Comme vous n'avez pas vu plus que moi le (( docteur Slop , il faut que votre imagination « 'prenne la peine de suppléer à sa présence.... <c Figurez- vous donc une masse de chair de ff quatre pieds et demi de haut, trapue, raboute grie, avec un dos de deux pieds et demi de « large, et le ventre sesquilatéral de Silène,,. »
( 1 ) Nommé son exécuteur testamentaire : c>st lui qui fit mettre sur sa tombe cette épitapbe » expression de nos communs regrets : H^i^as! PauVRb YorickI.*.**
U paraît y par les fragoiens iqui suivent ^ qu'il avait une loupe au front ^ et j'avoue que Sterne cCen iait.pas mention. Après un trèjs-gvand nombce.de. recherches, j'ai trouté une description de: toute sa personne^ mais ce manuscrit ayant été endommagé par les rats, et l'endroit où il est question du front du docteur étant dévoré par ces animaux malfaisans, je n'ai pu iixermoQ incertitude $urre]eistence ou la nonexistence de cette loupe ; cependant j'ai lu, dans les notes ^^., squ barbier a laissées après sa mort, que le docteur Slop lui recommandait toujours de Giire les toupe.ts.de ses perruques extrêmement élevés, et. remarquez bien ceci , qu'il n'avait jftmais voulu qu'on lui posât sa
perruque D'après^ ces données, il est évi*
dent que le ^oc^ur 5/0/» avait .une loupe qu'il cachait sous, spn toupet«.,.. « Le vojez-voua « arrivant. sur son petit bidet, dont les vertèir bres plient sous le faix, trotillant à travers la «( boue, suivi d'OÂoJiia juché, sur un gros # cheval de carosse, piq\iant de l'éperon et M bravant.lto fondrières au grand galop?... A, «c cinquante toises de Slumdjr, et presqu'à l'en- « coignure d'un angle qui était formé par le c< mur du jardin , Ohadiah et son gros cheval, i< tournant le coin subitement et courant avec IV. 18
274 FRACHEN5*
« touto la vitesse imaginable ^ siirviureut iuo- « pînëmeqt sur* le; pauvre docteur et son bi- « det,... U n'ëtaît pas possible de* faire ane (( rencontre plus fniie$te...'. Le bidét du doctf teur et le docteur lui-méitié ny étaient pas « plus prépares Pun que l'autre..... Slop laisse
w échapper son fôuel; il vieut le rattVapper u entre son g^nott et la selle.... y il perd l'équi-
(( libre ; et dan^ k multitude ' de • ses peiles ^ « perdant la préseuëé d'esprii , sans attendre « même le choc d'Oba<liah> il afoeindonne le t( bidet k son des^ ^ Voule diagonaleo^ent du % &ite dé sa monture et tombe... .. Obadiah
Xi veut le secourir; mais ce fut aiec- une telle it explosion de 'lidu^> qu'il aurait, infiniment u mieux Talû quSl n^j^'è'it^îamfeis songé.,. Il en U fut si horribléffaent ouvert y c[Ue {^màis doc-^ \t ie\xt n'a été si^crott^ dépuis quHt jp a de la c( boUe et des 'do'cteurs dan^ te ttionde....... »
~ Slop arriva cependant et se rendit auprès de madame Shârfdy Jamais ce fut pour mufiler avec son fotcëps^éiiûz <|u pauvrepetit Sliandj^j qui fut enfin mis flîù monde tel «fiieh.;. Grande colère du père^ grutniè dispute sui* le nom qu'il tlonnerali sdn'lHs'; bl^f, il est' arrCt^ qu'on le
nommera.... lYièthé'giste'i mais par Une fata-^ mé attachée à là' deitiûéedé=i*tçriÛnt, Su-
If Anna qui s'ctall t:kargée de rapporter ce nom au vicaire d' Koric^^ ne. pouyaçt se rappeler que la moitié' du ipot , et le vicaire se Dommaut Tristrapi , crut qu'on voulait le nommer comme lui^ il se hâta de h bapti^f^^r ^us le nom do Tristram Shandy.... L'enfapt n/en grandit pas moins à vqç. d'œil ; m^lg^é jp^us d'un événe^ ment fâcheux ^ il promettait beaucoup^ peut^ être mémo deyait-on eQ , afktepdre des mer-* yrillpsl.,,. Qu^. disf je?^„i il pouvait mourir comme 3qn frère , sans repoiii^^^e:; car^ comme disait Téloq^qt T/i|^ en:p£(^lai;iVde cette mort et frappaMtpe^pei^wliçul^iv0|n(?Dt.le plancher du bout de sa p^nne , poi^r d<;^x^er une idée de sta-* bilité et de forcq... « NousjfVQilà tous ici, et a en un (nomenL^Qixvv'ànl la ipaija et laissant V tomber d'aplomb son cbppeau, en un mo-* u ment nous ize sommes pl^s .^^ ^ 11 ne tient maintenant qu'àk y ous^ à mpioxx k tout autre> d'achevjqf,7ff /i^ €î^ les opi^ion^ de Tristram Shan^j'çiA'^lo^xier au^.q.upijti'4 volumes quô nous avons déjà , en reflaetta^t. iîn scène les (lifierensjp^rsopqagea de ce rqnia<^i.^ le cb^mp
est assezi.vastev^,. La bontç de /ÇP^"^ > mise. en pppositiqA ^^yçc )q caractère opiniâtre de mon- $ie\iTShandxiV/à^ri% et la gaieté àkVQrickweQ l'entél^nKff^tj^tiiigide de Siiop, fQurairaicynl
^jG PRAGMEKS.
encore plus d'une conversation plaisante; la perfidie de làfemmeji'Yorick'y et de son Wcairc justement puni par le ciel , offrirait des
situations fortes On pourrait terminer les
amours de la veuve TVàdman avec Voncle Tobic; peindre Trim partagé entre ^affection qu'il a pour mademoiselle i?r/g'///tf^ et la reconnaissance qu'il doit à mafdemoiselle Su- %anne ; Obadiah et Jonathan venant a lai traverse. On ferait parcourir le'monde à Trijtramavcc son père^ dont l'esprit faux l'entraînerait dans mille erreurs; on verrait cet intéressant jeune homme cherchant sans cesse à conciUerson amo«ip pour la vérité^ avec la tendresse qu'il a peur l'auteur de ses jours... Il rencontrerait la pauvre Marie y assisterait à ses
funérailles champêtres Il retrouverait sa
chère Fanny \ qu'il - épouserait ^ ferait connaissance avec le sage Eugène, qui devien-
drait son mentor : il appellerait auprès de lui le fils de ce bravé et malheureux Le Fèvre, tué à' l'armée^ sous sa tente; avec sa femme. Le jeune Le Fèvrè , devenu son rival , finirait par épouser la jeune nopice du couvent des 'Andouillettes y reconnue pour être' la fille de Vahbesse^ et enfin^ madame Shandy s*étant oubUée ^ à l'exemple de-la graade^tantc Dùiah,
FEAGVEICS. 1277
céderait machicalement à la passion du dooieurSlopy que M. Shandj avant son départ aurait chargé du soin de sa pendule^ et le docteur finirait sa vie par une indigestion ; on ramènerait toute la famille au manoir hérédi-* taire ^ où M. Shandy se consolerait de l'infidé* lité de son épouse^ en contemplant a chaque minute la félicité des siens et de ses amis^ dont il serait environné
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