IV. !X
S36 rRAOMEHS-
— Dfèu fasse paix à son amel.... dit mon oncle Tobie.
*-^ Tihire bisaïeule ou pour parler avec
plus de certitude..... il est possible , en efFet, Tobxe^ ti^ue nous ne sachions pas précisément
tjuelle fut n<Mre bisaïeule car notre tante
Dinah ayant fait , à cette époque , un fau:t» pas dans ce inonde cet accident a pu dénaturer }t principe dans quelqu'autre branche de la famille
Le visage de mon oncle Tobie se couvrit d'une rM^eur excessive.
— Pour parler , difi-)e , avec plus de certitude , botte bisaïeule fut la cause qni prodtdsit ncflTe fiSede
.^ Cela du «urâis n'a pu se faire sans le concours de notre àÂsaïeuL.... observa mon oncle.
— U ^otmtihuni^ua incontesiablement le moui^emerUy ajouta Yorick, avec gravité.
— Netne aïeule, d'e£Bst qu'elle étast, eonti-
nuamiovi père, devint cause et notre mère
apparut en ce monde.^..
«-^Ek'oetie dhaine ininterrompue, observa Yorick^ Tésubetde ia^onnexité des choses , et de leurs rapporis entr^etles.
—Et notre mère, reprit mon père ^ qui était effèc, devint cause à son tour C'est «insi
^ue successlvemeiit eUe engendra vons et moi^ frère Tobie.....
— Cela est ^rès-^-dair ^ répondit mon oncle ^ frappé de cet argiun^^nt , dont enfin k première parÛ9 ^ portée sgrj^ Ailes du «ooyenir^ tra-*> versa inopinément son cerveau.
— Pe grape^ frère ^ ajouta-t-il^ en le regar^ dant avec anxiété , tout cela prouvet-t-il qu'un boni me ait le droit d'assassiner son plus proche parent?
— Non qertaineixient y Tobiç y répondit mon père ; mais c'est une conséquence naturelle et inévitable des loi^ qui produisent les effets que nous ven<;ms d'énumérer ; et ces lois , frère , ré* gissçpt toutç la nature , depuis le mouvement îy^^e roue jusqu'à la rotation du globe autour de $on a:(e.
Cette solution passait les bornes de l'enten-^ 4emept de mon onde.
— Hé quoi! frère, s'écria*t-il , l'impulsion qui nous poi^e à faire des enfiems, et à assas* siner notre père, est la même que celle qui im^-. prime le mouvement à une roue, comine à la*
terre ?o.f
Yorick avait prêté l'attention la plus soute-» Bue aux argumens de mon père. L'honnête simplicité de mon oncle avait souvent excité ew
S4o JF'HAGMBlfS.
lui ce sonrire du cœur^ ué de Tamitié la ploi pure et la plus indulgente.......
Bonce simplicité! dis-moi par quelle secrète magie^ tu captives nossentioiens et commandes à-nos sensations avec tant d'empire!...; victimes sans cesse de l'envie et de la duplicité , nous devons peut--étre attribuer le charme (pe tu nous fais goûter^ au bonheur si rare , que nous éprouvons en contemplant la nature toujours bienfaisante^ se recueillant dans le cœur de l'homme bon , comme dans le temple qu'elle choisit pour son dernier asile
— Il est une vérité dont chaque jour déniontre l'évidence^ M. Shandjr^ reprit Yorick, c'est la nécessité de l'éducation : il est de la sagesse^ de l'intérêt^ comme du devoir d'un gouvernement , d'étendre les bienfaits des institutions^ jusque sur les points les plus reculés de l'empire qu'il régit. Si nous passons en revue cette' multitude d'infortunés qui sont tombés sous l'inâexiUe châtiment des lois ^ nous recon. naîtrons dans la plupart d'entr'eux les habitués de ces tripots de la métropole^ véritables égoûts
de l'immoralité la plus crapuleuse antres
ténébreux du brigandage le plus effréné!
privés dès leur berceau de l'avantage de l'édacation, cette unique réformatrice delà nature^
FRAGHKliS. S^l
les leçons funestes qu'ils ont reçues dès leur , tendre jeunesse les ont conduits pas à pas jus* qu'à récliafaùd... cet enfant né dans le sein du besoin^ qui presse de ses petites lèvres encore innocentes la mamelle qui le nourrit^ hé bien! sa mère a peut-être dérobé le vêtement qui le couvre I... les exemples qu'on lui donne l'habitueront aussi au vol^ et l'habitude est une seconde nature. Un père est-il audacieux et féroce? son enfant devient l'un. et l'autre; les affreuses leçons qu'on lui donne se gravent dans sa tête en caractères inelTaçables^ et le petit misérable apprendra bientôt quelles lois de son pays il doit redouter^ par quels moyens on peut s'y soustraire y et jusqu'à quel point il peut côtoyer les bords du gouffre sans y être entraîné ^i comment enfin , il lui est possible de mériter mille fois la mort^ et de l'éluder toujours..... accoutumé au crime , la vie n'est plus pour lui qu'un coup de dé dont il se joue sans remords* Gomme le n^atelot qui s'abandonne au formi^ dable Océan et le soldat qui se précipite aveuglement dans les rangs ennemis.^ cet intrépide scélérat^ du fond de sa caverne^ saisissant la^ minute propice^ s'élance sur sa proie ^ et selon le moment la dérobe ou Tenvahit.^..