DE LA VIE
OEAISON FUNÈBRE DE LEFËYRE.
« Vhanane ni delà femme est un iire de peu de jours , « plans de trouble. Il pousse comme une fleur y et il est « moissonné commme elle. Il vide comuneune ombre, et <c passe comme cffe. » Job. XIV. i , a.
XL y a quelque chose de si beau et de si vraiment sublime dans les réflexions du saint homme Job sur la brièveté et l'instabilité des choses humaines , qu^on pourrait défier les plus célèbres orateurs de l'antiquité de nous produire nne phrase si éloquente , si noble et si pathétique. Soit qu'on doive en attribuer l'ejOTet à la nature de ce sujet ^ ou à la magie de
Texpression orientale^ et du style exalté qui lui convient^ soit que les paroles appartiennent à cet être puissant qui inspira à Thomme sou langage^ ouvrit les lèvres du muet, et rendit éloquente la langue même de l'enfance; à laquelle de ces causes qu'on rapporte la subKmilé de ce passage , ainsi que d'une quantité d'autres épars dans les livres saints, jamais homme ne put mieux méditer sur la brièveté et les malheurs de cette vie, que ce saint patriarche. D avait si long-temps navigué sur cette mer orageuse, son passage avait élé tellement éclairé , tantôt par le soleil , tantôt par les feux de la foudre, qu'il atteignit aux extrémités et du bonheur et de l'infortune.
Le commencement de ses jours fut couronné de toute la splendeur que l'ambilion peut désirer. D était le plus puissant des hommes de l'orient. Il possédait des campagnes illimitées, et sans doute il jouissait de tous les plaisirs que la propriété peut donner. Vous me direz que l'on doit placer sa félicité sur une base plus sûre que celle d'une fortune immense qui s'échappe tout à coup ; de ces biens qui se font des ailes, et s'envolent à jamais; mais il avait encore l'avantage de la sécurité, caria main de la Providence qui l'avait élevé ^ le conduis
sait dans sa route; Dieu semblait s'être engagé à continuer ses bénédictions sur sa tête fortunée* H l'avait environné d'une haie , ainsi que ses possessions. Les ouvrages de ses mains étaient bénis ^ et chaque jour accroissait sa fortune. Bien plus ^ les richesses que possède celui qui n'a ni enfans ni frères^ au lieu d'être une consolation^ sont quelquefois un objet d'inquiétude et de vexations. L'esprit humain n'est pas toujours satisfait de la conscience de ses propres jouissances ; il regarde devant lui , comme s'il découvrait un vide imaginaire , comme s'il désirait un objet chéri pour le remplir ; souvent il s'inquiète et dit : pour qui travailiai-je? pour qui me privai- je du repos?
Dieu avait encore levé cette barrière devant le bonheur de Job^ en le bénissant d'une foule aimable de fils et de filles , héritiers apparens de sa félicité présente. Idée déUcieuse! les bénédictions de la Providence seront portées de main en main , et continuées sur les descen* dans de mes descendans I combien cette espérance diffère peu de la première jouissance dans le cœur d'un père tendre qui égare ses yeux sur le bonheur lointain de sa postérité^ comme s'il devait revivre avec elle !
Que manque-t-il à cette peinture d'un homme
74 «£EMOir Y.
bearenx ? rien ^ sûrement , sice n'est une dis* position vertueuse à jouir de tant d'avantages , et l'art d'en faire un bon usage : il l'avait aussi , car c^était un homme âroiti il craignait Dieu ; et évitait le mal.
Dans le cours de sa prospérité y aussi grande qu'il en peut jamais échoir dans le partage d'un mortel; pendant que tout souriait autour de lui^ et semblait lui promettre un surcroit de bonheur y s'il était possible y tout 4 coup cette scène paisible et aimable se changea en une scène de chagrin et de désespoir.
Dieu y pour remplir les desseins de sa sagesse y se plut à renverser sa fortune^ il trancha l'espoir de sa postérité ^ et ce prince y dans un jour à jamais a'ffreux ^ se vit jeté de son palais sur un fumier. Ses troupeaux y qui faisaient s^s richesses ^ furent en partie consuma par le feu du ciel y et en partie égorgés par le glaive d'un ennemi. Ses fils et ses filles y qu'il avait instruits dans leurs devoirs^ et dans lesquels il plaçait la félicité de l'avenir y récompense bien naturelle pour les soins et les soucis que leur enfance avait coûtés y ses en&ns furent séparés de lui par un souffle désastreux y comme ils commençaient à devenir la consolation de sa vieillesse y alors que les esclaves aimés soute-
SERMON y. 75
Baient ses années débiles: les circoDstauccs mêmes qui ajoutent au malheur furent pour lui combinées; ils lui furent ravis au moment que sa faiblesse était incapable de supporter ce revers^ au moment où il devait le moins s*y attendre y quand il pouvait se flatter qu'ils étaient hors de la voie des dangers; « pendant qu'ils c( mangeaient et se réjouissaient dans la maison (4 de Tatné^ le vent impétueux du désert se<^ c< coua les quatre coins de Tédifice^ et le renn « versa sur eux. »
Un tel assemblage de calamités n'est pas le lot commun des honmies; il y en a cependaul qui ont soutenu des épreuves aussi sévères, et qui bravement leur ont résisté, peut-être par une force d'esprit naturelle, Taide puissante de la santé, et le secours affectueux de Tamitié. Que ne soutient-on pas avec de tels avantages? mais Job ne les ent pas. A peine avait- il été frappé de s^s accidens subits , qu une lèpre et* froyable le couvrit depuis le sommet de la tête jusqn'àla plante des pieds; ses amis dans lesquels il en pouvait trouver le remède, la femme même de son cœur, dont la main devait soute* nir sur sa tête le poids de son afflictioD, Tinsultèrent cruellement et soupçonnèrent sa pro* hilé. Oh! Dieu qu'est-ce que rbomme quand
^6 SBunoiv V.
tu l'accables ainsi ? quand tti appesantis le far deau à mesure que tu ôtes les forces? quand i* devient ainsi l'exemple des vicissitudes de la fortune? quand il se voit arracher toutes les bénédictions qu'un moment auparavant ta Providence accumulait sur sa tête ? quand , après avoir réfléchi sur la multitude des jouissances assemblées autour de lui ^ il les voit dans un jour enlevées jusqu'au niveau du sol ^ et s'évanouir comme la description d'un rêve enchanteur? quel est l'homme qui, venant d'éprouver une révolution si subite, eut fait les belles réflexions de Job , et dit avec lui? t< Que « l'homme né de la femme est un être de peu c< de jours, pleins d'amertumes, qu'il pousse c< comme une fleur, et est moissonné comme « elle, qu'il vole, et passe comme une ombre, n
Ces paroles expriment bien succinctement la vanité naturelle et morale de l'homme, et elles se divisent en deux propositions distinctes.
i^ L'homme est un être de peu de jours:
â*^. Les jours sont remplis d'amertumes. Je ferai quelques réflexions sur ces deux propositions.
C'est un être de peu de jours. La comparaison que Job en fait avec une fleur, est exlrémement belle, et mieux faite pour ce sujet que
la preuve la plus travaillée : il ne l'aurait pas comportée. La brièveté de la vie est un point si généralement débattu dans tous les siècles depuis le déluge ; il est si universellement senti et reconnu par tous les étres^ qu'il ne demande aucun argument qu'une comparaison juste. Elle ne sert pas à prouver le fait , mais elle le place sous un jour qui nous frappe^ et fait sur notre esprit une impression profonde.
L'homme^ dit Job^ pousse comme une fleur^ et est moissonné comme eUe ; il est envoyé dans le monde comme la plus noble et la plus belle portion de l'ouvrage de la divinité ; son image est faite d'après celle du créateur ; il est glorieux comme la fleur des champs; il surpasse en beauté la race végétale^ ainsi qu'il surpasse en raison la race des animaux.
La fleur arrive au temps de sa perfection^ si quelque accident ne la détruit dans son bourgeon ; il lui est permis de triompher quelques instans^ et elle est coupée sur sa racine au milieu de l'orgueil et de la pompe de sa végétation ; si elle échappe à la main de la violence ^ elle est flétrie en peu de jours ^ et se penche morte sur sa tige. •
Ainsi, l'homme éprouve dans son accroissement et son déclin la même période ^ quoique
78 SEKWON V.
Tun soit plus haut^ et que sa durée sort plus longue.
SU échappe aux dangers qui menacent sa tendre enfance^ il atteint la maturité de la vie, et s^il est assez heureux pour ne pas succomber sous quelque accident occasionné par sa folie et son intempérance, il décline insensiblement; enfin un terme arrive au delà duquel il ne peut plus vivre. Ainsi que la fleur ou le fruit qui n'ayant pas été coupés avant leur maturité n'ontre-passent pas la période à laquelle ils se fa* nent et tombent , ainsi quand le temps est arrivé) la main de la nature moissonne Thomme sur la terre qui le porte. L'art du botaniste ou celui de la médecine ne les préserve ni l'un ni l'autre de cette nécessité cruelle. Dieu a donné ces lois immuables aux végétaux, il les a données aux hommes, ainsi qu'à toutes les créatures vivantes, après avoir inséré dans leurs élémens la puissance de l'accroissement, de la durée et de l'extinction. Quand les évolutions sont finies, la créature expire et périt , tandis que le fruit mur tombe de l'arbre, et que la fleur se dessèche sur sa tige
C'en estasses sur cette comparaisan poétique et sublime du saint homme Job.
« n vole et s'échappe comme un ombre. »
Ceile-ci u'est pas moins une magnifique représentation de la brièveté de la vie humaine ; on ne peut en sentir la vérité qu'en rapprochant le tableau de l'original d'après lequel il a été copié. Avec quelle vitesse en effet passent sur notre tête les jours , les mois , les années? n'estce pas comme une ombre qui vole ^et laisse k peine une impression légère sur nous? lorsque nous nous efforçons de les rappeler par la réflexion j et de concevoir comment ils se sont écoulés , quel est celui de nous qui peut s'en rendre un compte satisfaisant? oui y sans quelques événemens remarquables qui ont distingué quelques époques de cette durée , nous la regarderions comme Nabuchodonosor regardait a son réveil le rêve qui l'avait occupé pendant la nuit : il savait que quelque chose avait passé et l'avait troublé ; mais cela avait passé si légèrement et si vite, qu'il ne pouvait pas trouver la trace sur laquelle il pût le chercher. Oh ! que le tableau de la vie humaine est mélancolique ! elle s'écoulede telle manière qu'on peut à peine réfléchir comment elle s'écoule.
Nos premières années glissent sur les plaisirs innocens de l'enfance, et nous ne pouvons pas méditer sur elles. Une jeunesse insouciante leur succède^ et nous ne voulons pas réfléchir : ar-
8o seumon v<
dens à la poursuite des plaisirs , avods-noutf le lemps de nous arrêter pour les consi* dérer?
Quand nous atteignons un âge plus grave et plus sensé, et que nous commençons à réformer nos mœurs et notre conduite, alors les affaires et l^s intérêts de ce monde , les projets et la manière de les exécuter nous occupent tellement , qu'ils ne nous laissent pas le temps de penser à ce qui n'est pas eux. A mesure que notre famille s'accroît , nos affections augmentent y et avec elle se multiplient les soins et les soucis que nous donne l'établissement de nos enfans. Ces soins nous assaillent si secrètement, ils s emparent de nous si long-temps , que nous sommes surpris par des cheveux blancs , avant que d'avoir trouvé le loisir de réfléchir sur le temps qui s'est écoulé, les actions qui vn ont rempli la durée , et le dessein pour lequel Dieu nous a envoyés dans ce monde. On peut donc dire, avec raison , que l'homme est un être de peu de jours, quand on le rapproche delà succession hâtive des choses qui le pousse vers le déclin de sa vie; on peut dire encore qu'il vole et s'échappe comme une ombre, quand on le compare aux autres ouvrages de la divinité, à ceux même que ses mains ont faits , et
SERMON V. * 8l
qui survivenl à plusieurs générations ; taudis que la sienne tombe comme les feuilles que d'autres bourgeons remplacent^ pour s'épanouir ^ tomber et être emportés par le vent.
Mais^ lorsque nous considérons la brièveté de ses années dansle jour qu'elles se montrent, à toi^ grand Dieu^ à toi à qui mille ans ne paraissent que comme le jour d'hier ^ quand noua . considérons cette poignée de vie qui nous a été mesurée sur l'étendue de l'éternité pour laquelle nous sommes créés : ah I comme cet espace doit être limité I et sommes-nous encore sûrs de jouir de sa plénitude? mille accidens divers peuvent couper la trame Légère de la vie humaine long- temps avant qu'elle touche à son dernier point d'extension. Le nouveau né^ proie aisée pour la mort , tombe et se résout en poussière comme le . bouton nouv tellement éclos. La jeunesse qui promet davantage voit s'éteindre eo. elle la beauté delà vie ^ une maladie cruelle ou un accident désastreux l'ont couchée sur la terr^^ coijpme là fleur, vivace qu'une vapeur maligne dessèich&. Le germe des maladies occasionnées par l'intempérance ou la négligence multiplie les événemens dans cet acte intéressant de notre vie. Les maux infects agravent IV. 6
leur rage quand ils se méleot à un sang fort et agité ^ le succès devient douteux, et Ton nous dit partout que la moitié des hommes meurt dans les premiers dix * sept ans de sa
vie.
J'en ai dit assez pour confirmer la réflexion de Job, que Thomme est une créature de peu de jours : hélas ! ces jours sont encore remplis de trouble et d'amertume. Ne nous attadions pas pour en avoir des preuves au côté flatteur que nous présentent les choses humaines. £lles sont revêtues d'une apparence trop brillante , surtout dans le monde , que Ton appelle grand. Nous ne les prendrons pas encore auprès de ces hommes gais et apathiques qui, placés au mi* lieu des jouissances ^ réfléchissent peu sur les privations, et qui , n'ayant point encore touché leur porlion héréditaire des peines du monde, s'imaginent ne pas avoir un lot dans le malheur général. Nous ne recourrons pas enfin à ces récits illusoires de quelques passagers heureux qui ont navigué sans dangers et franchi tous les écueilsj mais un coup d'œil sur la vie humaine, et sur la face réelle des choses, dénué de tout ce qui peut les pallier ou les dorer , nous servira de points de comparaison. Nous écouterons les plaintes de tous les-siécles , de tous
SERMON y. 85
lésâmes; nous lirons Tliistoire du genre liu* main. Eb bien ^ que contient-elie ? un récit des voyageurs qui ont erré dans ce monde si lamentable, que Thomme sensible ne peut finir sa lecture sans avoir le cœur oppressé par la douleur
Voyez TefFrayante succession de la guerre d'une partie de la terre vers 1 autre: elle est perpétuée d'un siècle à l'autre avec si peu do relâche ^ que le genre humain à ptûne a eu le temps de respirer depuis que rambitlon vint s'emparer du monde; voyez ses horribles eflets écrits sur les ruines du globe : ici , des nations entières ont été passées au fil de l'épée ; là , d'autres ont été réduites à la fiimine pour faire place à de nouveaux colons. Voyez combien d'hommes, depuis les premiers siècles jusqu'au nôtre y ont été foulés sous les pieds d'un tyran cruel et capricieux qui n'a jamais écouté leurs cris, ou paru sensible à leur détresse. Voyez l'esclavage, quelle coupe amère! combien de millions d'hommes en sont abreuvés tous les jours. :S'il empoisonne le bonheur , quand on Texerce sur nos corps, que doit-il être quan4 il pèse également sur nos corps et sur nos âmes. •
Jetez un coup d*œil sur l'histoire des reli^
gions , sur leurs tyrans ? que dis- je , leurs bourreaux qui se soûlent du plaisir de voir les tourmens et les convulsions de leurs frères. Voilà l'inquisition : écoutez les sons mélancoliques dont retentit chaque cacbot^ considérez la cruauté de ses juges , et les tortures recherchées qu'ils vont infliger sans merci à Tinfortuné. Son ame , dans ces angoisses douloureuses , veut s'échapper de son corps disloqué ; on ne veut pas. 11 faut qu'il soit arraché de ce chevalet sanglant pour aller perdre la vie au milieu des flammes que lui prépare la superstition.
Si les détails des causes publiques des misères de l'homme ne suffisent pas , considéronS- Ic luttant contre des infortunes particuhères. Il est encore plein de troubles^ il est né pour le malheur.
Si nous le regardons exposé à tous les be-soins réels ou imaginaires auxquels il ne peut subvenir , quelle suite de vexations , de dépendances dérivent de cette nécessité, et le rendent infortuné ? combien d'obstacles se hérissent devant lui quand il veut faire son chemin dans la société? combien de fois est-il forcé dé rétrograder ou de rester à la même plad<î? que de soucis lui donne seulement le seul besoin d^avpir du pain { il en est tant qui n'atteignent
SEKMON V. 85
jamais à ce but^ il en est tant qui le mangent dans la douleur.
Tirons le rideau sur ceux-ci , et regardons en haut vers ceux qui semblent placés au-dessus de ces soucis : eh bien ! ils sont exposés à d'au* très. Tous les rangs ^ toutes les conditions rencontrent des calamités relatives qui pèsent sur la vie des grands^ et les accablent dans leur marche.
Ceux-ci sont atteints d'infirmités qui les
privent le jour et la nuit du repos; ceux-là, dévorés par l'ambition, sont menacés des disgrâces, et mille d'entre eux, rongés par des inquiétudes secrètes, s^éteignent en silence, et doivent leur trépas au chagrin et à l'abattement de leur cœur.
Descendons quelques étages plus bas. Un million de nos frères nés pour n'hériter que de la pauvreté et des troubles, sont forcés par la nécessité à la bassesse et à la peine des plus vils emplois, et encore peuvent-ils à peine sustenter leur famille.
C'est ainsi qu'après avoir passé en revue toutes les conditions et tous les états , et leur avoir accordé par grâce quelques plaisirs fugitifs, nous en revenons toujours à la descrip*
tion que nous a donnée Job; et nous y découvrons quelques caractères lisibles de ces mois dont Dieu nous menaça jadis : Tu mangeras ton pain dans la douleur jusques à ce que tii retournes à la terre dont je £ai tiré.
Quelqu'un me dira peut-être pourquoi me faites-vous haïr la vie ? pourquoi exposezi-vous ce tableau funeste ; me'parlez-vous de ces infirmités naturelles qu'il n'est pas en notre pouvoir de corriger?
A cela^ je réponds que le sujet est de la plus grande importance, et qu'il faut que chaque homme ait une idée de sa nature , pour que son esprit fasse des projets convenables à sa condition. Cette revue impartiale , ce miroir que je tiens élevé pour lui montrer ses infirmités , tend a guérir son orgueil et a le revêtir de l'humilité^ seul vêtement qui convienne à un être aussi faible et aussi misérable. La considération sur la brièveté de sa vie doit le convaincre qu'il est sage de consacrer cette petite portion au grand projet de l'éternité.
Enfin ^ quand on réfléchit que cette mesure si courte est encore remplie de tant de trou* blés, que rien n'y (St produiti et n'y exista ^ans un mélange de peines, combien celle
pensée ne doit-elle pas nous engagera détourner nos jeux et nos affections de cette perspective . obscure ^ et à les fixer sur cette contrée plus heureuse , où Dieu essuiera à jamais les pleurs qui coulent sur nos joues? Ainsi soit-ill
%Mammammwmm%«vmmm%w«vvw«wimmmammimmiwimm%m%mmmiw«mm«mmm«mam«