L'HUITRE, ET LES PLAIDEURS
;n jour deux Pclenns sur le sable rencnntreni lUne Huilrc que le flol y venoil d'apporter : ^Ils l'avalent des yeux, du doigt ils se la monlrenl; A l'égard de la dent il falut contester. L'un se baissoit déjà pour amasser la proye; L'autre le pousse, et dit : Il est bon de s^avoir
Qui de nous en aura la |ove.
Celuy qui le premier a pu i" En sera le gobeur; l'autre ■
Si par-là l'on luge l'attaire, Reprit son compagnon, j'ay l'œil bon, Dieu mercv.
Je ne l'ay pas mauvais aussi, Dit l'autre, et je I ay veué avant vous sur ma vie. Et bien, vous l'ave/ veué, et moy je l'ay sentie.
Pendant tout ce bel incident Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour |uge. Pcrrin fort gravement ouvre l'Huilre, et la gruge,
Nos dci Ce repas fait, . '^ •
Tenez, la Cour vous donne à chacun une écaille Sans dépens, et qu'en paix chacun c^ • '- v s'en aille. Mettez ce qu'il en coûte à plaider ai. . ;