‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 235 sur 333 · LE LOUP ET LE CHIEN MAIGRE · texte numérisé non relu

LE LOUP ET LE CHIEN MAIGRE

jutrefois Carpillon fretin ;Eut beau prêcher, il eut beau dire ; |0n le mit dans la poësle à frire*.

,ie fis voir que lâcher ce qu'on a dans

Sous espoir de grosse avanture, [la main

Est imprudence toute pure. Le Pêcheur eut raison ; Carpillon n'eut .pas tort. Chacun dit ce qu'il peut pour défendre sa vie.

Maintenant il faut que j'appuye Ce que j'avançay lors^ de quelque trait encor. Certain Loup aussi sot que le pêcheur fut sage,

Trouvant un Chien hors du village.

S'en alloit l'emporter ; le Chien représenta Sa maigreur. Jà ne plaise à vostre Seigneurie,

De me prendre en cet estat-là,

Attendez, mon maistre marie

Sa fille unique; Et vous jugez Qu'estant de nopce il faut mal-gré moy gue j'engraisse.

Le Loup le croit, le Loup le laisse;

Le Loup quelques jours écoulez Revient voir si son Chien n'est point meilleur à prendre.

Mais le drôle estoit au logis.

Il dit au Loup par un treillis :

Amy, je vais sortir ; Et, si tu veux attendre.

Le portier du logis et moy

Nous serons tout à l'heure à toy.

Ce portier du logis estoit un Chien énorme,

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