DEVOIRS DE L'HOMME A L 'ÉGARD DE LUI-MÊME
Attachement à Jésus-Christ^ humilité, amour de la croix, fuite du plaisir, mépris du monde, horreur du péché, désintéressement, bonnes œuvres, pénitence, pureté du cœur efdu corps, discrétion dans les paroles, vigilance, persévérance, attente de Jésus-Christ.
Article I. — Attachement à Jésus-Christ.
Il n'y a point de salut par aucun autre que par Jésus-Christ, car nulautre nom sous le ciel n'a été donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés. (Act. iv, 12.) C'est par la grâce du Seigneur Jésus-Christ que nous serons sauvés. (Act. xv, 11.) Il est le Seigneur de tous, le Juge des vivants et des morts, le Prince et le Sauveur, l'auteur de la vie, le chef et la tête de tout homme, (Act. x , 42; v, 31 ; m, 15.) Soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes toujours au Seigneur. (I Cor. xi, 30.) Car c'est pour cela même que Jésus-Christ est mort et qu'il est ressuscité, afin d'avoir un empire souverain sur les morts et sur les vivants. (Rom. xiv, 8, 9.)
Il est la lumière du monde, la voie, latérite, la vie, la résurrection. Personne ne vient au Père que par lui . (Joan. vin, 12; xii, 46 ; xiv, 6; xi, 25, 26.) En lui parla foi en son nom, nous avons la liberté et la confiance d'approcher de Dieu (Ephes. m, 12), qui nous a donné la vie éternelle, et c'est en son Fils que se trouve cette vie. Celui qui a le Fils, a la vie : celui qui n'a point le Fils , n'a point la vie. (I Joan. v, 11, 12.) La mort est venue par un homme, la résurrection vient aussi par un homme. Car, comme tous meurent en Adam, tous revivront aussi en Jésus- Christ. Le premier homme est terrestre, formé de la terre , et le second homme est céleste venu du ciel. Comme le premier homme a été terrestre, ses enfants sont aussi terrestres ; et, comme le second homme est céleste, ses enfants sont aussi célestes. Comme c'est par le péché d'un seul que tous les hommes sont lombés'dans la condamnation (I Cor. xv, 21, 22, 47, 48) : ainsi, c'est par la justice d'un seul que tous les hommes reçoivent la justification de la vie. (Rom. v, 18.)
Il faut l'écouter. Celui-ci, dit Dieu, est mon Fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis toute mon affection; écoulez-le. (Matth. xvn, 5.) Il faut croire en lui. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi (Joan.xiw, 2j, dit Jésus-Christ. Il faut chercher en lui le repos et l'assurance. Je vous ai dit ces choses, afin que vous trouviez la paix en moi. Vous aurez bien des afflictions dans le monde : mais ayez confiance, j'ai vaincu le monde. (Joan. XYf, 33.)
Il faut lo préférer à tout. Celui qui aime son père et sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi. Celui qui aura perdu sa vie pour l'amour de moi, la retrouvera. (Mattk. x, 37, 39.) Il faut l'aimer. Demeurez dans mon amour. (Joan. xv, 9.) Il faut se revêtir de lui. Revêtez-vous de Notrc-Scigncur Jésus-Christ.
(Rom. xin, 14.) Il faut vivre en lui. Vivez en Jesus-Christ, étant attachés à lui comme à votre racine, et édifiés par lui comme sur votre fondement. [Col. h, G, 7.) Comme la branche ne saurait porter du fruit d'elle-même, et sans demeurer attachée au cep de la vigne, il en est ainsi de vous, sivous ne demeurez en moi, dit Jésus-Christ, je suis le cep de la vigne, et vous en êtes les branches. (Joan. xv, 4, 5.) Il faut ne vivre que pour lui. Jésus-Christ est mort pour tous, dit saint Paul, afin que ceux qui vivent, ne vivent plus pour eux-mêmes , mais pour celui qui est mort, et qui est ressuscité pour eux. (I Cor. v, 15.) En un mot, si quelqu'un n'aime point Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu'il soit anathème. (ICor. xvi, 22.) Quelles sont les suites de l'attachement à Jésus-Christ? Celui qui dit qu'il demeure en Jésus-Christ, doit marcher lui-même comme Jésus-Christ a marché. (I Joan. n, 6.) Soyez dans la même disposition et dans le même sentiment où a été Jésus-Christ. (Philip, n, 5.) Entrons en détail
Article II. — llumilité, amour de lu croix, faite du plaisir, mépris du monde, horreur du péché, désintéressement, bonnes œuvres, pénitence.
I. Humilité. Apprenez de moi, dit Jésus- Christ, que je suis doux et humble de cœur. (Matth. xi, 29.) Je vous dis en vérité que si vous ne vous convertissez, et si vous ne devenez comme de petits enfants , vous n'entrerez point dans le royaume des deux. ( Matth. xviii, 1 seq.) Quiconque s'élève sera abaissé , et quiconque s'abaisse sera élevé. ( Luc. xiv, 11.) Tâchez toits de vous inspirer l'humilité les uns aux autres, parce que Dieu résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles. (I Pelr. v, 5, 6.) Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu. (Jac. iv, 6.) ^
De quoi s'élèverait un Chrétien? Si quelqu'un s'estime être quelque chose, il se trompe lui-même, parce qu'il n'est rien. (Gai. vi , 3.) Quavez-vous que vous n'ayez reçu? que si vous l'avez reçu, pourquoi vous en glorifiez-vous comme sivous ne l'aviez point reçu? (I Cor. iv, 7.) L'homme peut perdre à tout moment les dons qu'il a reçus : Que celui qui croit être ferme prenne bien garde à ne pas tomber. (I Cor. x, 12.) Faire de bonnes œuvres devant les hommes pour en être regardé, honoré, vu, c'est hypocrisie, c'est avoir reçu sa récompense. (Matth. vi , 1,2, 5, 16.) Mettre sa confiance en soimême , comme étant juste , c'est ne l'être plus. La vanité corrompt tout. L'amour de la gloire humaine est môme un obstacle à >a foi et à l'amour du prochain. Comment être humble sans l'amour des humiliations? (Luc. xviii, 9 ; Joan. v,44; Galat. v, 26.)
II. Amour de la croix. Si quelqu'un veut venir avec moi , dit Jésus-Christ , qu'il re-
nonce à soi-même, qu'il por te sa croix tout les jours, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, et celui qui aura perdu la'vie pour l'amour de moi la sauvera. Or que servirait-il à un homme de gagner tout le monde et de perdre son âme? (Matth. xvi, 24, 25, 26; Luc. îx, 11, 23, 24.) Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n'est pas digne de moi. (Matth. x, 38.) Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés. (Calât, vi, 24.) Jésus-Christ a souffert pour nous, vous laissant un exemple, afin que vous marchiez sur ses pas. (I Pelr. il, 21 .) Il fallait qu'il souffrît et qu'il entrât ainsi dans sa gloire. (Luc. xxiv, 26.) Le royaume des deux se prend par violence. (Matth. ix, 12.) C'est par beaucoup de peines et d'afflictions que nous devons entrer dans le royaume de Dieu. (Act. xiv, 21.)
Bienheureux ceux, dit Jésus-Christ , qui souffrent persécution pour la justice... Vous êtes heureux, lorsque les hommes vous chargeront de malédictions et qu'ils vous persécuteront, et qu'ils diront faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi. (Matth. y, 10.) Malheur à vous, lorsque les hommes diront du bien de vous. (Luc. vi, 26.) Le temps vient que quiconque vous fera mourir, dit-il à ses apôtres, croira faire une chose agréable à Dieu. (Joan. xvi, 17, 20, 23.) Tous ceux qui veulent vivre avec piété en Jésus-Christ, seront persécutés. (II Tim. m, 8.) C'est à quoi nous sommes destinés, dit saint Paul. (I Thess. m, 6.) La raison que donne Jésus-Christ à ses apôtres, de la nécessité de souffrir est générale et pour tous les temps. Si le monde vous hait, sachez, leur dit-il, qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui; mais parce que vous n'êtes point du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, c'est pour cela que le monde vous hait. (Joan. xv, 18, 19.)
Quelles promesses sont faites à ceux qui souffrent pour Jésus-Christ? Le royaume des deux est à eux. Une grande récompense leur est réservée dans le ciel. (Matth. v, 10, 12.) Ils sont dignes du royaume de Dieu, (II Thess. i, 5.) C'est une vérité très-assurée, que si nous mourons avec Jésus-Christ, nous vivrons aussi avec lui. Si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui. (Il Tim. n, 11, 12.) De quoi n'est-on pas capaule avec de si magnifiques promesses? Ce qui nous porte à souffrir, dit saint Paul, tous les maux et toutes les malédictions dont on nous charge, c'est que nous espérons au Dieu vivant. (I Tim. îv , 10.) Faites toute votre joie des diverses afflictions qui vous arrivent, sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience; or, la couronne de vie est promise à la vertu éprouvée. (Jac. i, 2, 3, 12.) Le salut qui doit être montré à découvert à la fin des temps doit vous transporter de joie , lors même que Dieu permet que pendant cette vie qui est si courte , vous soyez affligés de plusieurs maux. (I Pelr. i, 5, 6.) Mes chers frères, dit encore saint Pierre, ne soyez point surpris
lorsque Dieu vous afflige par le feu des afflictions, comme si quelque chose d'extraordinaire vous arrivait, mais réjouissez-vous plutôt de ce que vous participez aux souffrances de Jésus-Christ, afin que vous soyez uussi comblés de joie dans la manifestation de sa gloire... mais que nul de vous ne souffre comme coupable de crimes. Que s'il souffre comme Chrétien, qu'il n'en ait point de honte, mais qu'il en glorifie Dieu. (1 Petr. iv, 12 seq.)
III. Fuite du plaisir. Un Chrétien jetant les yeux sur Jésus , comme sur l'auteur et le consommateur de la foi , qui , au lieu de la vie tranquille et heureuse dont il pouvait jouir, a souffert la croix ; un Chrétien persuadé que le Seigneur châtie celui qu'il aime, et qu't'/ frappe de verges tous ceux qu'il reçoit au nombre de ses enfants , ne craint que les plaisirs des sens , ne travaille qu'd dépouiller le vieil homme... qui se corrompt en suivant l'illusion de ses passions , et à se revêtir de Vhomme nouveau, qui est créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritable^ (Ilebr. xn, 2, 6 ; Ephes. iv, 22, 24.) Il a toujours devant les yeux ces leçons : Faites mourir les membres de l'homme terrestre, qui est en vous , la fornication , l'impureté , les abominations, les mauvais désirs et l'avarice, puisque ce sont ces excès qui font tomber la colère de Dieu sur les hommes rebelles à la vérité... quittez tous ces péchés , la colère, l'aigreur, la malice, la médisance... dépouillez le vieil homme avec ses œuvres , revêtezvous du nouveau, qui se renouvelle pour connaître Dieu seion l'image de celui qui l'a créé. (Col. ni, 5 seq.)
Un Chrétien n'est occupé qu'à résister aux pernicieux attraits qu'il éprouve en luimême; saint Jacques les appelle concupiscence, et saint Paul la chair. Que nul ne dise, lorsqu'il est tenté, que c'est Dieu qui le tente : car Dieu est incapable de tenter et de pousser au mal. Mais chacun est tenté par sa propre concupiscence qui l'emporte et l'attire dans le mal. (Jac. i , 13, 14.) La chair a des désirs contraires à ceux de l'esprit, l'esprit en a de contraires à ceux de la chair, et ils sont opposés l'un à l'autre : de sorte que vous ne faites pas les choses que vous voudriez. (Galat. v, 17.) La chair est la source de tous les crimes, comme l'esprit est le principe de toutes les vertus. La mort est la peine de ceux qui font les œuvres de la chair; la vie est Ja récompense de ceux qui vivent selon l'esprit. Ceux qui sont charnels aiment et goûtent les choses de la chair, et ceux qui «ont spirituels aiment et goûtent les choses de l'esprit. Or, cet amour des choses de la chair est une mort, au lieu que l'amour des choses de l'esprit est la vie et la paix; car cet amour des choses de la chair est ennemi de Dieu, parce qu'il n'est point soumis à la loi de Dieu, et ne le peut être. Ceux donc qui vivent selon la chair ne peuvent plaire a Dieu... Que si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si vous faites mourir par l'esprit les œuvres de la chair, vous vivrez.
CtëCYKES COMPL. DE LE FRANÇOIS. Il
(Rom. vin, 5 seq.) Un Chrétien ennemi du plaisir peut-il aimer le monde?
IV. Mépris du monde. La corruption de la concupiscence règne dans le monde. (II Petr. i, 4.) Tout ce qui y est , est ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie (I Joan. h , 16), c'est-à-dire tout se réduit dans le monde à l'amour des plaisirs des sens , au désir insatiable des richesses, à une vaine curiosité, à l'amour de sa propre excellence, des louanges, des honneurs Le monde est tout entier sous l'empire du malin esprit. (I Joan. v, 19.) Jésus-Christ déclare que ses disciples n'en sont pas. Ils ne sont point du monde, comme je ne suis point moi-même du monde. (Joan. xvu, 16, 19.) Je ne prie point pour le monde. Malheur au monde à cause des scandales. (Mat th. xvm, 7.) Ne vous conformez point au siècle présent. (Rom. xn, 2.) N'aimez ni le monde, ni rien de ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui. (1 Joan. h, 15.) L'amour du monde est une inimitié contre Dieu; et par conséquent quiconque voudra être ami de ce monde se rend ennemi de Dieu. (Jac. iv, 4.) La religion et la piété pure et sans tache aux yeux de Dieu notre Père consiste à visiter les orphelins et les veuvei dans leur affliction , et à se conserver pur do la corruption du siècle présent. (Jac. i , 27.) Le monde est donc pour un Chrétien un lieu où il ne voit que des pièges tendus à son innocence, où tout respire le péché qu'il doit avoir en horreur.
V. Horreur du péché. Ayez le mal en horreur. Gardez-vous du péché. Que quiconque invoque le nom de Jésus-Christ s'éloigne de l'iniquité. (Rom. xn, 9; 1 Cor. xv, 34; // Tim. ii, 19.) Quiconque demeure en Jésus- Christ ne pèche point , et quiconque pèche ne Va point connu et ne l'a point vu. Quiconque est né de Dieu ne commet point de péché , parce que la semence de Dieu demeure en lui. (I Joan. h, 6.) Abstenez-vous de tout ce qui a quelque apparence de mal. (I Thess. v, 12.) Il faut se séparer de tout ce qui peut être une occasion de chute , quand môme cet objet serait aussi nécessaire que les yeu^ , les mains et les pieds. Si votre main vous est un sujet de scandale , dit Jésus-Christ , coupez-la. Jl vaut mieux pour vous que vous entriez dans la vie n'ayant qu'une main , que d'en avoir deux et aller en enfer. (Marc, ix , 42 seq.)
VI. Désintéressement. Heureux les pauvres d'esprit, de cœur et d'affection, dit Jésus-Christ, parce que le royaume des deux est à eux. (Matth. v, 3.) Mais malheur à vous, riches, parce que vous avez votre consolation. (Luc. vi, 24.) Qu'il est difficile que ceux qui ont des richesses, entrent dans le royaume de Dieu! Il est pltis aisé à un chameau de passer par le trou d'une aiguille, qu'à un riche d entrer dans le royaume de Dieu.... Cela est impossible aux hommes, mais non pas à Dieu; car toutes choses sont possibles à Dieu. (Marc, x, 23, 25, 27.)
D'où vient qu'il est si ciillicile à un riche
de se sauver? C'est qu'il est difficile de so bornera coque l'on a. Or, dit saint Paul, ceux qui veulent devenir riches, tombent dans la tentation et dans le piège du diable, et en divers désirs inutiles et pernicieux, qui précipitent les hommes dans V abîme de la perdition et de la damnation. Car la passion pour les biens est la racine de totis les maux. (I Tim. vi, 9, 10.) Il est difficile de ne pas s'attacher à ses richesses. Or, dit Jésus- Christ, ayez soin de vous bien garder de toute avarice. (Luc. xii, 15.) Vous ne pouvez servir tout ensemble Dieu et l'argent. (Luc. xvi, 13.) Il est diflicile de ne pas s'élever île ses richesses. Or, selon saint Paul, il est défendu aux riches d'être orgueilleux, et de mettre leur confiance dans les richesses incertaines et périssables. (I Tim. vi, 17.*) 11 est encore plus difficile de ne pas en jouir : or, 'saint Jacques dit aux riches voluptueux : Vous avez vécu sur la terre dans les délices et dans le luxe, vous vous êtes engraissés comme des victimes préparées pour le jour du sacrifice. (Jac. \, 5.)
La grande richesse d'un Chrétien est la piété qui se contente de ce qui suffit. Nous n'avons rien apporté en ce monde, et il est sans doute que nous n'en pouvons aussi rien emporter. Ayant donc de quoi nous nourrir et de quoi nous couvrir, nous devons être contents. (L Tim. vi, 6, 7, 8.) De quel usage peuvent donc être les richesses quand Dieu les donne? Employez, dit Jésus-Christ, les richesses injustes, c'est-à-dire, fausses et trompeuses, à vous faire des amis des pauvres ; afin que, lorsque vous viendrez à manquer, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels. (Luc. xvm, 9.) Donnez pour maximes aux riches de ce monde, dit saint Paul à Timothée, ... d'être charitables ot bienfaisants ; de se rendre riches en bonnes œuvres; de donner l'aumône de bon cœur; de faire part de leurs biens ; de se faire un trésor et un fondement solides pour l'avenir, afin d'arriver à la véritable vie. (I Tim. vi, 18.) Voilà l'unique usage que nous .devons faire des richesses.
VII. Un disciple de Jésus-Christ ne s'occupe que de bonnes œuvres. Le temps est
court que ceux qui usent de ce monde,
soient comme n'en usant point : car la figure de ce inonde passe. (I Cor. vu, 29, 31.) Ne nous lassons point de faire le bien, puisque, si nous ne perdons point courage, nous en recueillerons le finit en son temps. C'est pourquoi, pendant que nous en avons le temps, faisons du bien à tous. (Galat. vi, 9, 10.) Vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière en Notre-Scigneur. Marchez comme des enfants de lumière. Or le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. (Ephcs. v, 8, 9, 10.) Je vous exhorte, dit le même saint Paul, de vous étudier à vivre en repos; de vous appliquer chacun à ce que vous avez â faire ; de' travailler de vos propres mains, ainsi que nous vous l'avons ordonné. (I Thess. iv, 10, 11.) Que celui qui ne veut point travailler ne mange point. {II Thess. m, 10.)
Un disciple de Jésus-Christ regarde le travail, comme une partie de la pénitence à laquelle il est condamné.
VIII. Pénitence. Si vous ne faites pénitence, dit Jésus-Christ, vous périrez tous. (Luc. xiii, 3.) Nous faisons tous beaucoup defautes. (Jac. m, 2,) Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous. (IJoan. i,8.) Nul autre remède à de tels maux que de se convertir à Dieu en faisant de dignes œuvres de pénitence. (Act. xxvi, 20.) On n'obtient miséricorde qu en gémissant d'avoir offensé Dieu, en ranimant son amour pour lui, en confessant ses péchés, en mettant sa confiance en Jésus-Christ. La tristesse qui est selon Dieu, produit, pour le salut une pénitence stable ; mais la tristesse de ce monde produit la mort. (II Cor.xu , 19 ) Vous vous êtes relâché de votre première charité. Souvenez-vous donc de l'état d'où vous êtes déchu, et faites-en pénitence, et rentrez dons la pratique de vos premières œuvres. (Apoc. n, k, 5.) Beaucoup de péchés sont remis à une femme pécheresse, purce qu'elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on remet moins, aime moins. (Luc. vu, Î7.) Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les remettre et pour nous purifier de toute iniquité. (I Joan. i, 9.) Si quelqu'un pèche, nous avons pour avocat envers le Père, Jésus-Christ le juste ; car c'est lui qui est la victime de propitiation pour nos péchés. (/ Joan. n, 1, 2.)
Article IîF. — Pureté du cœur , pureté du corps; discrétion dam les paroles, vigilance, persévérance, attente de Jésus-Christ.
I. Pureté du cœur. La ressource qu'un disciple de Jésus-Christ trouve dans la pénitence, n'est pas pour lui un attrait au mal; elle ne le rend que plus vigilant sur son cœur, pour le conserver pur et sans tache. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. (Malth. v, 8.) Le cœur est la source du bien, comme il est la source du mal. L'homme de bien, dit encore Jésus- Christ, tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur ; et le méchant en tire de mauvaises du mauvais trésor de son cœur : car la bouche parle de la plénitude du cœur. (Luc. vi, h, 5.) Et encore : Ce qui souille l'homme, c'est ce qui sort de l'homme : car c'est du dedans du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les homicides, les faux témoignages, les larcins, l'avarice, les méchancetés, la fourberie, la dissolution, l'œil malin et envieux, les médisances, l'orgueil, la folie et le dérégie ment de l'esprit. [Marc, vu, 20 seq.) il est donc d'une extrême conséquence d'être attentif à tous les mouvements du cœur. S'il est réglé, il n'est pas possible que l'ordre ne règne dans le corps.
IL Pureté du corps. Ne savez-vous pas, dit saint Paul, que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu'un profane le temple de Dieu, Dieu le
perdra. Car le temple de Dieu est saint, et c'est vous gui êtes ce temple. (1 Cor. ni, 16.) Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres de Jésus-Christ? Arracherais-jedonc à Jésus-Christ ses propres membres, pour les faire devenir les membres d'une prostituée ? à Dieu ne plaise ! Fuyez la fornication. Quelque autre péché que l'homme commette, il est hors du corps ; mais celui qui commet une fornication, pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit, qui réside en vous, et qui vous a été donné de Dieu, et que voxis n'êtes plus à vous-mêmes '( car vous avez été achetés d'un grand prix. Glorifiez donc , et portez Dieu clans votre corps et dans votre esprit. (1 Cor. vi, 15, 18, 19, 20.) Purifionsnous de tout ce qui souille le corps ou l'esprit, achevant /'œuvre de notre sanctification, dans la crainte deDieu ; veillant jusque sur nos regards. (Il Cor. vu, \.)Moi je vous dis, c'est Jésus-Christ qui parle, que quiconque aura regardé une femme avec un mauvais désir pour elle, a déjà eommis Tadultère dans son cœur. (Matth. v, 28.)
III. Discrétion dans les paroles. Qu'on n'entende pas seulement parler parmi vous, ni de fornication, ni de quelque impuretéque ce soit, ni d'avarice, comme on n'en doit point ouïr parler parmi les saints; qu'on n'y entende point de paroles déshonnéles, ni de folles, ni de bouffonnes, ce qui ne convient pas à votre vocation. (Ephes. v, 3, 4.) Que nul mauvais discours ne sorte de votre bouche , mais qu'il n'en sorte que de bons et de propres à nourrir la foi, afin qu'ils inspirent la piété à ceux qui les écoutent. (Ephes. iv, 29.) Que tout ce qui est véritable et sincère, tout ce qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, tout ce qui peut vous rendre aimables, tout ce qui est d'édification et de bonne odeur, tout ce qui est vertueux, et tout ce qui est louable dans le règlement des mœurs, soit l'entretien de vos pensées. (Philip, iv, 8.) Que votre entretien étant toujours accompagné d'une douceur édifiante, soit assaisonné du sel de la discrétion. (Col. vi, 6.) Si quelqu'un d'entre vous se croit être religieux, et ne retient pas sa langue comme avec un frein, mais séduit lui-même son cœur, sa religion est vaine et infructueuse. (Jac. i, 2C.)Quellodoit être la vigilance d'un Chrétien ?
IV. Vigilance. Un Chrétien doit veiller sur tous ses devoirs envers Dieu, envers le prochain, envers lui-même, pour s'enacquitter fidèlement. Il doit veiller sur sa conscience ; car tout ce qui ne se fait point selon ses mouvements, est péché. (Rom, xiv, 23.) Il doit veiller sur sa propre faiblesse: Veillez et priez, afin que vous ne tombiez point dans la tentation, l'esprit est prompt, mais la chair est faible. (Matth. xxvi, 31.) 11 doit veiller sur les embûches que lui dressent des ennemis invisibles -.Soyez sobres, et veillez: car le démon votre ennemi tourne autour de vous comme unlion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer. ( IPetr. v, 8) Veillons, dit saint Paul, et armons-nous en prenant pyur cuirasse la foi et la charité, et pour
casque l'espérance du salut. (1 Thess. v, G, 8.) Afin de combattre avec un courage quu les obstacles animent; car la récompense n'est promise qu'à la persévérance.
V. Persévérance. Celui-là sera sauvé qui persévérera jusqu'à la fin. (Matlh. x, 22, 24.) Soyez vigilants, demeurez fermes dans la foi ; agissez courageusement ; soyezpleins de force. (ï Cor. xvi, 13.) Demeurez fermes et inébranlables, et travaillez sans cesse de plus en plus à l'œuvre de Dieu, sachant que votre travail ne sera pas sans récompense en Notre-Seigneur. (I Cor. xv, 58.) Ne nous lassons point de faire le bien, puisque si nous ne perdons point courage, nous en recueillerons le fruit en son temps. (Galat. vi, 9.) Il est vrai que nous sommes entrés dans la participation de Jésus-Christ, à condition toutefois de conserver inviolablement jusqu'à la fin le commencement de l'être nouveau qu'il a mis en nous. (Hebr. m, 14.) Un disciple de Jésus- Christ dit : Oubliant ce qui est derrière moi, et m'avançant vers ce qui est devant moi, je cours incessamment vers le bout de la carrière pour remporter le prix de la félicité du ciel, a laquelle Dieu nous a appelés par Jésus- Christ. (Philip, m, 13, 14.)
VI. Attente de Jésus-Christ. Rechercher ce ui est dans le ciel, où Jésus-Christ est assis
la droite de Dieu. [Col. ni. 1.) Attendant et comme hâtant par vos désirs l'avènement du jour du Seigneur. (II Pelr. ni, 12.) Vous vous êtes convertis à Dieupour servir le Dieu vivant et véritable, et pour attendre du ciel son Fils Jésus qu'il a ressuscité d'entre les morts, et qui nous a délivrés de la colère à venir. (I Thess. ï, 9, 10.) Pour nous, dit saint Paul, nous vivons déjà dans le ciel; et t'est de là aussi que nous attendons le Sauveur Notre-Seigneur Jesus-Christ. (Philip, m, 20.) Un Chrétien se réjouit que cet avènement approche : Réjouissez-vous sans cesse en
Nôtre-Seigneur réjouissez-vous le
Seigneur est proche. (Philip, iv, 4, 5.) 11 entend la voix qui lui crie : Je m'en vais venir bientôt, et j'ai ma récompense avec moi pour rendre à chacun selon ses œuvres. (Apoc. xxn, 12.) Il s'unit à. l'esprit et à l'épouse qui disent: Vencz,venez, Seigneur Jésus. (Ibid.,
Je ne vous présente qu'un abrégé de lu morale de Jésus-Christ. Vous êtes maître de puiser à la source. Permettez-moi d'ajouter quelques réflexions pour vous aider à sentir l'évidence, la beauté, la sagesse, la divinité de cette morale.