‹ Œuvres complètes de Le FrançoisChapitre 108 sur 163 · BU · texte numérisé non relu

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ŒEVHES COMPLETE

maison de Dieu , qui est l'Eglise du Dieu virant, la colonne et la base de la vérité. (1 Jim. ni, 15.) S'il y établit des apôtres, c'est

leurs des mystères de Dieu. (1 Cor. îv, 1.) Ces ministres ne peuvent rien contre la vérité , mais seulement pour la vérité. Leur puissance est pour édifier, et non pour détruire. (Il Cor. xiii, 8.) Elle n'est pas moins grande, pour être plus parfaite. Je vous donnerai, dit Jésus-Christ spécialement à saint Pierre, les clefs du royaume des deux, et tout ce que vous lierez sur la terre sera aussi lié dans les deux, et tout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans les deux. (Mallh. xvi, 19.) 11. parle ensuite à ses autres disciples : Je vous dis en vérité , que tout ce que vous lierez sur la terre sera aussi lié dans le ciel. (Matlh. xviii, 18.) Après sa résurrection , il confirme sa promesse en l'exécutant, et y en ajoute une nouvelle. Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie aussi de même. Ayant dit ces mots , il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez , et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. (Joan. xx, 21, 22, 23.) Assurez-vous que je serai toujours avec vous jusqu'à la consommation des siècles. (Marc, xxvm, 20.)

IV. Les apôtres, revêtus de l'autorité de Jésus-Christ et fondés sur ses promesses immuables, publient non-seulement son Evangile par toute la terre, mais ils se donnent des successeurs pour perpétuer leur ministère , et ils les regardent comme établis par le Saint-Esprit. L'apôtre saint Paul étant à Milet , envoya à Ephèse , pour faire venir les prêtres de cette Eglise (Act. xx , 17, 18) , leur rendit compte de sa conduite , et termina ainsi son discours : Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel le Suint-Esprit vous a établis évêques pour gouverner l Eglise de Dieu , qu'il a acquise par son propre sang. Saint Pierre exhorte de même les prêtres , étant prêtre comme eux, de paître le troupeau de Dieu, dont ils sont chargés. (/ Petr. v, 1, 2, ,3.) Les Epîtres à Timothée et à Tite sont pleines d'instructions sur les devoirs attachés à l'épiscopat, et sur les conditions requises pour être élevé à ce ministère. Ne négligez pas, dit saint Paul à Timothée , la grâce qui est en vous, qui vous a été donnée , suivant une révélation prophétique , par l'imposition des mains des prêtres. (I Tim. iv , 14.) Je vous ai laissé à Crète , dit-il à Tite , o,fin que vous y régliez tout ce qui reste à régler, et que vous établissiez des prêtres en chaque ville , selon l'ordre que je vous en ai donné, {lit. i, 5.)

V. L'homme entre dans l'Eglise par le baptême. Allez, dit Jésus-Christ à ses apôtres, et instruisez tous les peuples, les baptisant au nom du Père, et du Eils, et du Suint- Esprit. (Matlh. xxvm, 19.) 11 faut nécessairement renaître de l'eau et de l'esprit, pour pouvoir entrer dans le royaume de Dieu. (Joan. m, 5.) L'Eglise est purifiée dans le baptême de l'eau pur la parole de vie pour

devenir sainte et irrépréhensible. (Ephes. '* y, 25.) Il faut que l'homme soit plongé dans le sang qui l'a lavé, qu'il meure, qu'il soit enseveli avec Jésus-Christ. Ne savez-vous pas , dit saint Paul , que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ , nous avons été baptisés en sa mort ? Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour mourir (Rom. vi, 3, 4.), c'est-à-dire pour participer à sa mort , en mourant au péché. Ce bienfait donne droit à plusieurs autres. Les baptisés reçoivent le Saint-Esprit. Samarie convertie et baptisée par Philippe , les apôtres y envoient aussitôt Pierre et Jean, qui étant venus, firent des prières pour ces néophytes, afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit... leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint- Esprit. (Act. vin, 15, 17.) Les baptisés sont nourris du corps et du sang de Jésus-Christ. Nous ne sommes tous ensemble , dit saint Paul, qu'un seul pain et un seul corps, parce que nous participons tous à un même pain, qui est la communion du corps du Seigneur, et au calice de bénédiction , qui est la communion du sang de Jésus-Christ. (I Cor. x, 16, 17.) S'il leur arrive de prêcher : nous venons de voir la ressource qui leur est préparée dans la puissance que Jésus-Christ donne à ses ministres de remettre et de retenir les péchés. Ils trouvent même dans l'Eglise un remède pour leurs maladies.

(Joan. xx , 23.) Quelqu'un parmi vous , dit saint Jacques, est-il malade/ qu'il appelle les prêtres de l'Eglise, et qu'ils prient pour lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur. Et la prière de la foi sauvera le malade, le Seigneur le soulagera; s'il a commis des péchés, ils lui seront remis. (Jac. v, 14, 15.)

VI. Tout paraît se faire, dans l'Eglise, par les hommes : ils plantent, ils arrosent; mais celui qui plante n'est rien, ni celui qui arrose : tout vient de Dieu qui donne l'accroissement. (I Cor. m, 7.) Les ministres de Jésus-Christ parlent aux oreilles ; mais ie Maître intérieur qui parle aux cœurs, c'est Jésus-Christ lui-même. Vous êtes la lettre de Jésus-Christ , dit saint Pau! aux Corinthiens, dont nous n'avons été que les secrétaires, et qui est écrite non avec de l'encre , mais avec l'esprit du Dieu vivant; non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair qui sont vos cœurs. ( // Cor. m , 3.) L'onction du Saint, du Fils de Dieu enseigne toutes choses. (1 Joan. n, 27.) En un mot, Jésus-Christ est le chef et la tête : et c'est de lui que tout le corps , dont les parties sont jointes et unies ensemble avec une si juste proportion , reçoit par tous les vaisseaux et toutes les liaisons qui portent l'esprit et la vie, l'accroissement qu'il lui communique par une influence proportionnée à chacun des membres, afin qu'il se forme ainsi et s'édifie dans la charité. (Ephes. iv, 15, 16 ; Col. n, 19.)

Y 11. Dans l'Eglise tous ne sont pas élus , puisqu'il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus; et que Jésus-Christ compare le royaume des deux, c'est-à-dire l'Eglise, à un filet jeté dans la mer qui prend toutes sortes de pois-

sons (Matth. xm, kl seq.), bons et mauvais, pour figurer les bons et les méchants dont la séparation se fera par les anges à la fin du monde. Dès le temps des apôtres , ceux qui embrassaient la foi ne conservaient pas tous la justice reçue dans le baptême. «Les Epîtres de saint Paul en fournissent de tristes preuves. Ce grand Apôtre s'en plaint, en gémit, fait des reproches et des menaces, punit même, et prescrit aux justes la conduite qu'ils doivent tenir à l'égard de leurs frères corrompus et déréglés. Il les regardait donc, ces pécheurs, comme étant encore dans l'Eglise : car c'est un principe chez lui de ne point juger ceux qui sont hors de l'Eglise, mais ceux qui sont dans l'Eglise, en abandonnant à Dieu le jugement des infidèles. (/ Cor. v, 12, 13.)

VIII. Malgré ce mélange , l'unité est le propre caractère de l'Eglise. C'est une bergerie, un troupeau, un peuple, une maison, un édifice, un temple, un corps : un même esprit, une même espérance , un même Seigneur, une même foi, un même baptême , un Dieu Père de tous servent à en former les liens. (Ephes. iv, k, 5, 6.) La charité en est l'âme ; le schisme en doit être banni. Je vous conjure, mes frères, par le nom de Jésus- Christ Notre-Seigneur, dit saint Paul aux Corinthiens, d'avoir tous un même langage , et de ne point souffrir parmi vous de divisions ni de schismes , mais d'être tous unis ensemble dans un même esprit et dans un même sentiment. (I Cor. i, 10.) Le même Apôtre exhorte les Romains de prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales contre la doctrine qu'ils' ont apprise , et d'éviter leur compagnie. (Rom. \\i, 17.) Si quelqu'un vous annonce, dit-il aux Calâtes, un Evangile différent de celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème. (Galat. i , 9.) Quiconque, dit saint Jean, ne demeure point dans la doctrine de Jésus-Christ , mais s'en éloigne, ne possède point Dieu... Si quelqu'un vient vers vous , et ne fait point profession de cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne le saluez point. (II Joan. 9, 10.) Jésus-Christ veut qu'on regarde comme infidèle celui qui n'écoute pas l'Eglise. (Matth. xvm, 17.) Voici la règle donnée à Tite : Evitez celui qui est hérétique , après l'avoir averti une première et une seconde fois , sachant que quiconque est en cet état est perverti , et qu'il pèche comme un homme qui se condamne lui-même par son propre jugement. [TU. ni, 10, 11; I Tim. vi, 3, k, 5.)

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