CHAPITRE XL
CONCLUSION DE l'OEVRAGE.
Evidence des principes qui servent d'appui à la religion révélée. — Vaines défuites des déistes. — liaisons de se défier de leur zèle pour la loi naturelle. — Prétextes frivoles dont ils couvrent leur désertion.
I. Il existe un Etre souverainement parfait. C'est une vérité, mon cher Eusèbe, dont vous avez de votre aveu le sentiment le plus intime, parce que vous senlez qu'il est une cause qui vous modifie, qui vous éclaire, qui vous pénètre, qui vous meut, qui vous rend libre; que, par conséquent, cette cause vous connaît et vous a lait par l'efiieaco de sa volonté : que, par conséquent, celle cause est une intelligence toute puissante, qui existe par elle-même dans une perfection infinie. Vous êtes aussi convaincu de l'existence de cet Etre que vous l'êtes de la vôtre propre, et vous ne concevez pas qu'il soit possible à un homme attentif à ce qui se passe en lui-même de n'en être pas également convaincu. Quel homme en effet peut réfléchir sur lui-même et douter si son être pensant est un, simple, immatériel ; et s'il reçoit d'une cause qui n'est pas lui, les sensavions dont il est alfccté et les connaissances qu'il a des objets sensibles? Or quelle est cette cause? Ce ne peuvent être les corps : ils ne sentent, ni ne connaissent ; et quand ils sentiraient et qu'ils connaîtraient, quelle prise pourraient-ils avoir sur un être simple et immatériel, tel qu'est l'être pensant, qui n'a ni surface, ni côtés, ni partie supérieure, ni partie inférieure? La cause suprême de nos sensations et de nos connaissances est donc nécessairement un êlre simple, une intelligence toute-puissante, qui agit sur nous par sa volonté, et qui réalise tout ce qu'il veut.
II. Vous ne pouvez vous croire dispensé de lui rendre des hommages. L'obligation de lui en rendre est une conséquence nécessaire qui coule naturellement de l'idée qu'il nous a donnée de lui-même. Tous les rapports qui fondent les devoirs d'un fils envers son père, d'un sujet envers son souverain,