‹ Œuvres complètes de Le FrançoisChapitre 53 sur 163 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les auteurs des livres du Nouveau Testament n'ont pu être trompés. — La nature des faits dont ils st disent témoinstrend impossible la supposition qu'ils aient été trompés.

I. Les écrivains du Nouveau Testament racontent un nombre infini de miracles opé-

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rés par Jésus-Christ, durant l'espace do plus de trois années; ils décrivent sa vie plus miraculeuse encore que ses miracles; ils

tnjblient sa doctrine, admirable par sa su- )limilé et par sa profondeur; ils rapportent «es promesses, ses prophéties, sa mort, sa résurrection, son ascension, l'effusion du Saint-Esprit sur eux, les miracles qu'ils font eux-mêmes, la conversion des gentils, les miracles que font ceux-ci après leur conversion. Ce sont là des faits dont les preuves sont extérieures et dépendantes des sens; il ne faut avoir que des yeux et des oreilles.

II. Si les apôtres sont trompés, ils ont donc cru voir des miracles de tout genre, des malades guéris, des possédés délivrés, des morts ressuscites, en un mot des miracles réitérés, variés multipliés pendant plus de|trois ans, et ils n'ont cependant rien vu? Ils ont cru entendre une doctrine sublime, des promesses magnifiques, des prophéties surprenantes, et ils n'ont entendu ni doctrine, ni promesses, ni prophéties? Etcependantils publient cette doctrine sublime par toute la terre ; et cependant les promesses magnifiques qu'ils mettent à la bouche de Jésus- Christ ont le plus parfait accomplissement; et cependant les prophéties surprenantes qu'ils lui prêtent sont exactement vérifiées? Poursuivons.

Ces hommes ont cru voir Jésus-Christ ressuscité, et ils l'ont cru après diverses épreuves pour surmonter'leur incrédulité; après l'avoir touché, après avoir porté leurs doigts à ses mains, à son côté, après avoir mangé, bu, conversé avec lui ; et ils n'ont rien vu? Ils ont cru voir Jésus-Christ montant au ciel ; ils ont cru entendre un ordre de sa bouche, de demeurer assemblés à Jérusalem pour y être revêtus de la force d'en haut; et ils n'ont rien vu, rien entendu? Assemblés en grand nombre, ils ont cru voir des langues de feu tomber sur eux, parler ensuite et entendre les langues diverses de toutes les nations; et ils n ont rien vu; et ils ne parlaient, ils n'entendaient que la langue de leur pays? Ils ont cru faire des prodiges, guérir les malades, chasser les démons, ressusciter les morts, ils ont cru voir leurs disciples opérant les mêmes prodiges, et ils l'ont cru jusqu'à leur prescrire des règles sur l'usage du don des miracles, et ils étaient eux et leurs disciples semblables aux autres hommes, aussi faibles, aussi peu maîtres de la nature, en un mot, dans une impuissance générale? Il n'y a jamais eu de tels visionnaires.

III. L'illusion est outrée ; elle n'est pas concevable dans un seul homme; il faut être sans yeux et sans oreilles pour en être capable. Comment donc concevoircet excès de stupidité et de folie dans un nombre d'hommes sensés, sages, vertueux? Il ne faut pas borner aux seuls premiers disciples de Jésus-Christ les titres do fous et de visionnaires d'une espèce aussi rare : il faut les prodiguer ces titres à tous les gentils, à tous Iqs Juif» qui ont écouté les apôtres. On leur dit sans casse qu'ils ont vu, qu'ils ont on-

lendu, qu'ils ont fait des miracles: ils croient ce qu'on leur dit, puisqu'ils embrassent la religion. Si cependant ils sont trompés ; ils n'ont point vu de miracles , ils n'en ont point fait, ils n'ont point entendu, ni parlé d'autres langues que celles qu'ils avaient apprises dans leur enfance. Quand on est capable, je ne dis pas de se persuader, cela est impossible; mais seulement de soupçonner que les premiers disciples de Jésus-Christ ont été trompés, on n'est pas visionnaire, on est quelque chose de moins, on a perdu tout sentiment, on veut se tromper soi-même. Les écrivains du Nouveau Testament ne sont pas trompés; mais ne seraient-ils pas trompeurs ?

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