MYSTÈRE I)E L'INCARNATION
Le Fils dé Dieu s'est fait homme, en prenant un corps et une unie, et en tes unissant à sa personne, — Foi do la société chrétienne.
Article I. — Le Fils de Dieu s'est fait homme, en prenant un corps et une âme.
I. Le Verbe qui était au commencement avant le temps, de toute éternilé, en Lieu, IHcu lui -môme, par qui toutes choses ont été faites, (a vie essentielle, la source de toute vie, la lumière des hommes, a été fait chair, c'est-à-dire s'est frit (homme. ( Joan. 1 , 1-3, 4, 14.) Ayant la forme et la nature de Dieu égal à Dieu; il s'est anéanti luimême en prenant la Jormc et la nature de servitcur, en se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme (Philip, n, 6, 7) par tout ce qui a paru de lui au dehors. Comme les hommes ses enfants sont d'une nature composée de chair et de sang, c'est pour cela que lui-même a pris aussi cette même nature, (.ffebr. xi, 14.) En sorte qu'il est vraiment homme, fils de l'homme, formé d'une femme, fils de David, en tout semblable aux hommes ses frères, en èinldecompatirùleurs faiblesses, ayant été tenté c[ éprouvé en toutes choses, leur étant semblable, mais sans aucun péché. (Act. n, 22: 1 Tim. u, 5; Joan. vm, 28; Ualat. îv, 4; Matth. i, 1; Luc. ni, 31; Hebr. n, 17; iv, 15.)
M. Kn effet, ayant ieûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. (Matth. iv, 2.) Sur Ja croix, il dit : J ai soif. (Joan. xix, 28.) Un jour étant monté sur une barque... il s'endormit. (Luc. vin, 22.) Etant fatigué du chemin, il s'assit. (Joan. iv, 6.) Il est triste. (Matth. xxvi, 38.) 1! pleure. (Luc. xxn, 41 seq. ; xix, 41 ; Joan. xi, 35.) Affligé de l'aveuglement des pharisiens, il les regarde avec colère. (Marc, m, 5.) // admire l'incrédulité des habitants de Nazareth. (Marc. vi, G.) J1 'jette un soupir du fond du cœur. (Marc. VIU, 12.) // tressaillit de joie dans un mouvement du Saint-Esprit. (Luc. x, 21.) Il frémit en son esprit (Joan. xi, 39), et se trouble lui-même. (Ibid., 38.] Il est soumis à Joseph et à Marie. (Luc. n, 51.) Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort. (Philip, n, 8.) Il meurt; jetant un grand cri, il rendit l'esprit. (Matth. xxvn, 50.) 11 est mis dans un sépulcre. (Ibid., GO.) U ressuscite. (Matth. xxvin, 6.) Il se montre à ses disciples, leur fait toucher sa chair et ses os, mange devant eux. (Luc. xxiv, 39, 42; Act. 1, 4, 9), et avec eux, s'élève en
haut et monte au ciel. (Luc. xxiv, 51.) K est donc clair que le Fils de Dieu s'est fait homme.
III. Sans le corps et l'âme, il n'y a ni homme, ni faim, ni soif, ni sommeil, ni faligue, ni larmes, ni soupirs, ni frémissement, ni trouble, ni mort, etc. Donc puisque le Fils de Dieu s'est fait homme, et qu'il s'est assujetti à tant de misères, il est évident qu'il a pris un corps et une âme. Jésus- Christ s'explique là-dessus clairement : Sa/si'e de frayeur, mon âme, dit-il à ses disciples, est triste jusqu'à la mort. (Matth. xxvi, 38; Marc, xiv, 33.) Il frémit dans son esprit. (Joan. xi, 33.) Que ma volonté ne s'accomplisse pas, mais la vôtre, dit-il à son Père. (Matth. xxvi, 39.) Il croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes (Luc. n, 52) ; c'est-à-dire qu'à mesure qu'il croissait en âge, if faisait paraître de nouveaux rayons de la sagesse et de la grâce dont la source était en lui-même renfermant tous les trésors delà sagesse et de la science. (Col. n, 3.)
Entrant dans le monde, il dit à son Père : Vous n'avez point voulu d'hostie, ni d'oblation , mais vous m'avez formé un corps. (Hebr. x, 5.) Dans son corps mortel il nous a réconciliés par sa mort. (Col. i, 22.) 77 a porté nos péchés dans son corps sur la croix. (/ Petr. n, 24.) Après sa résurrection il montre à ses 'disciples ses mains et ses pieds. (Luc. xxiv, 40.) Il conserve même son corps dans le ciel. // transformera le nôtre., dit saint Paul (Philip, m, 21), tout vil et abject qu'il est, afin de le rendre conforme à son corps glorieux, conçu dans le sein d'une Vierge, et enfanté par elle. (Matth. i, 21, 23; Luc. i,31; n, 7; Galat. iv, 4.)
Article II. — Le Fils de Dieu a la nulure humaine qu'il a prise, ciété ciirêtienne
uni a sa persontu — Foi de la so-
I. Ce qui est propre à Dieu, ne peut convenir à l'homme ; et ce qui est propre à l'homme, ne peut convenir à Dieu. Ce principe est évident, car y a-t-il quelque proportion entre le néant et l'être? Ainsi pour juger de l'union du Fils de Dieu avec l'homme, nous n'avons qu'à examiner si le Fils de Dieu en s'unissant la nature humaine, se l'est rendue tellement propre, qu'il s'attribue ce qui convient à l'homme, et qu'il attribue à l'homme ce qui convient à Dieu. Dès là même il sera manifeste qu'il a uni à sa personne la nature humaine qu'il a prise; ou ce qui est la même chose qu'il n'y a en Jésus-Christ, dans l'union ineffable de la divinité et de l'humanité, qu'une seule personne, qui est celle du Verbe.
IL Nous avons vu que le Verbe a été fait chair (Joan. i, 14) ; qu'ayant la forme et la nature de Dieu... il s'est anéanti en prenant la forme et la nature de serviteur; qu'il s'est rabaissé se rendant obéissant jusqu'à la mort. (Philip, n, 0-8.) Que Dieu au-dessus de tout; et béni dans tous les siècles, est sorti selon la chair des patriarches. (Rom. ix, 5.J
Que lé Seigneur de la gloire a été crucifié^ {I Cor. il, 8.) Que Dieu a acquis l'Eglise par son propre sang. (Act. xx, 28.) 11 saute aux yeux que c'est le même, la môme personne, le Christ homme qui s'anéantit* qui s'abaisse, qui se rend obéissant, qui sort des patriarches, qui est crucifié, et qui a la nature de Dieu, qui est le Dieu au-dessus de tout* béni dans tous les siècles, le Seigneur de la gloire. C'est aussi le même, la même personne que saint Thomas appeHe son Seigneur et son Dieu. (Joan. xx , 28.) Mais revenons au principe que nous avons posé. Il est manifeste qu'il ne convient qu'à l'homme d'être fait, d'être obéissant, de mourir, de sortir des patriarches, d'être crucifie'i d'avoir du sang. Toutes ces choses sont attribuées au Verbe, sont affirmées de Dieu. 11 est donc évident qu'en Jésus-Christ il n'y a qu'une seule personne* qui est celle dd Verbe.
III. Voyons si ce qtii ne convient qu'a Dieu est attribué à l'homme. Personne n'est monté du ciel, dit Jésus-Christ parlant de lui-même, que celui qui est descendu du ciel, savoir le Fils de l'homme qui est dans le cieL (Joan. m, 13.) Il dit encore, parlant du fils de l'homme, je suis avant qu Abraham fût au inonde. (Joan. vin, 28, 58.) L'immensité et l'éternité ne conviennent qu'à Dieu; elles r.e sont donc attribuées au Fils de l'homme, que parce qu'en Jésus-Christ il n'y a qu'une personne qui est celle du Verbe. Il s'ensuit que la Mère de Jésus-Christ est la Mère de Dieu. C'est aussi un tel honneur que lui annonce l'ange Gabriel Vous concevrez dans votre sein, dit-il à Marie, et vous enfanterez un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très- Haut. (Luc. i, 31, 32.) Otj tout cela se fit, remarque saint Matthieu* pour accomplir ce que le Seigneur avait dit par le prophète Jsaïe (vu, ik) en ces termes : Une Vierge concevra, et elle enfantera un fils â qui on donnera le nom d'Emmanuel, c est-a-dire Dieu avec nous. (Matth. i, 22, 23.) La preuve de l'unité de personnes en Jésus-Christ ne peut être plus claire. La Vierge serait-elle mère du Fils de Dieu, de Dieu avec nous, s'il y avait en Jésus-Christ une autre personne que celle du Verbe ?
IV. Il est donc visible que le Fils de Dieu s'est fait homme, en prenant un corps et Une âme, en les unissant à sa personne divine. lUi'n n'est plus clair que les discours de Jésus -Christ sur ce point. Cependant combien d'hommes ont donné à ces discours Un sens tout contraire 1 Les uns ont nié en Jésus-Christ le corps, les autres l'âme ; les uns l'entendement, les autres la volonté, les uns l'unité de personne, les autres I<1 distinction de natures. L'esprit humain peut- il être capable de tant d'excès. Nous sommes sur de bien entendre les leçons de Jésus- Christ sur le mystère de son Incarnation; nous les entendons dans le sens que la société chrétienne leur a toujours donné ; or il fl'esl pas possible que cette société, qui a eu les apôtrj&s pour maîtres, se soit jamais mé-
JESUS-CIIltlST. — PAKT. IV. 526
prise dans l'intelligence' de leurs ouvrages.