‹ Œuvres complètes de Le FrançoisChapitre 89 sur 163 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ySTÈUE DE LA RÉDEMPTION.

Jésus-Christ est venu pour sauver lo:is les hommes qui étaient dans un état misérable. — Il s'est rendu leur caution, en se chargeant de leurs péchés, pour être, leur médiateur et pour les réconcilier avec Dieu. — Il a offert son sancj pour eux comme leur pontife, pour les délivrer de leurs misères. — Foi de la société chrtitieiine.

Article 1. — Jésus-Christ est venu pour sauver tous les hommes. '— Leur état misérable.

}. Jésus-Christ n'est pas encore né, et déjà il a fait dire à Joseph par un de ses ministres : Joseph fils de David, ne craignes point de prendre avec vous Marie votre femme ; car ce qui est ne dans elle, a été formé par le

Saint-F'sprU :■ et elle enfantera un Fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus; parce que et sera lui qui sauvera son peuple de ses péchés. ( Màtth. i, 20, ii. ) Il vient de naître ; il est couché dans une crèche ; il fait annoncer sa naissance à des bergers en ces termes -.Aujourd'hui dans la ville de David il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Au jour de la Circoncision, il est nommé Jésus, Siméon le voit de ses xjeux; il a vu son Sauveur. (Luc. il, 10, 11, 21, 30. ) Tous les désirs du saint vieillard sont remplis; il ne demande plus que de mourir.

II. Jésus-Christ dit lui-même : Je ne suis pas venu appeler les jus tes, mais les pécheurs, (Matth. ix, 13.) Le Fils de C Homme est venu sauver ce qui était perdu. (Matth. xvm, 11.) Il n'est pas venu pour perdre les hommes, mais pour les sauver. ( Luc. ix, 56. ) Je suis venu, afin que les brebis aient la vie, et qu elles l'aient abondamment. ( Joan. x, 10; / Jonn. iv, 9.) Dieu a tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique... afin que le monde soit sauvé par lui. (Joan. m, 16.) C'est une vérité certaine, dit saint Paid, et digne d'être reçue avec une parfaite soumission , que Jésus-Christ est venu dans le monde sauver les pécheurs, entre lesquels je suis le pre-, mier. ( I Tim. i, 15. ) Quel était donc l'état des hommes?

III. Le péché, dit saint Paul, est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché ; et ainsi la mort est passée dans tous les hommes, tous ayant péché dans un seul. A cause du péché d un seul, la mort a régné par un seul homme. Par le péché d'un seul, tous les hommes sont tombés dans la condamnation. [Rom. v, 12, 17,18.) Vous étiez morts, dit le même Apôtre aux Ephésiens, par vos dérèglements et par vos péchés, dans lesquels vous avez vécu selon la coutume de ce monde, Nous avons tous été dans les désordres des incrédules et des rebelles, vivant selon nos passions charnelles, nous abandonnant aux désirs de la chair et de notre esprit; et par la corruption de notre nature, nous étions qussi bien que les autres, enfants de colère (Epjies. ii, 1,-3), c'est-à-dire dignes, de la colère de Dieu.

IV. Dieu est saint et juste, ennemi de l'injustice : sa colère éclatera du ciel contre toute l'impiété et l'injustice des hommes. Il condamne, selon sa vérité, ceux qui commettent des actions mauvaises. Par votre dureté, dit saint Paul aux Juifs, et par l'impénitence de votre cœur, vous vous amassez un trésor de colère pour le jour de la colère, et de la manifestation du juste jugement de Dieu qui rendra â chacun selon ses œuvres ( Rom. i, 18; ii, 2, 5 9 ), etc. Que personne ne vous séduise, dit-il aux Ephésiens, par de vains discours , car c'est pour ces choses , les crimes, dont il venait de parler, que lacolère de Dieu tombe sur les hommes rebelles à la vérité. Selon Injustice ds Dieu, ceux qui sont coupables de crimes, sont dignes de mort. (Rom. r, 32.) La mort est la solde et le payement du péché. ( Rom. vi, 23. ) La colère d-t Dieu demeure sur celui qui ne croit pas au

Fils de Dieu. [ Joan. m, 36. ) En voilà assez pour donner une idée de l'état des hommes. Ils étaient tous pécheurs, tous dans la condamnation, tous morts, tous enfants de colère par leur naissance, tous destinés à être les tristes victimes d'une justice éternelle. Voyons ce qu'a fait Jésus-Christ pour les hrer de cetétat misérable.

Article lî. — Jésus-Christ s'est rendu la caution des hommes, en se chargeant de leurs péchés, pour â.lre leur médiateur et pour les réconcilier avec Dieu.

I. Après diverses preuves de la supériorité et de l'excellence de la nouvelle alliance que Dieu a voulu contracter avec les hommes par Jésus-Christ, au-dessus de l'ancienne faite avec les Israélites, l'Apôtre conclut : Tant il est vrai que l'alliance dont Jésus est la caution, est plus parfaite que la première. (Hebr. vu, 22.) Or, saint Paul appelle Jésus-Christ la caution de la nouvelle alliance, non-seulement parce qu'il l'est, et de la part de son Père, en nous assurant de la vérité de ses promesses, et de la part des hommes en se chargeant de leurs péchés, afin de les rendre fidèles à l'alliance; mais encore parce qu'il l'est en satisfaisant à Dieu pour les hommes. Il est le médiateur, dit x Apôtre, du Testament Nouveau, afin que par la mort qu'il a soufferte pour expier les iniquités qui se commettaient sous le premier testament, ceux qui sont appelés de Dieu, reçoivent l'héritage éternel qu'il leur a promis. ( Hebr. ix, 15. ) En un mot, parce que Jésus-Christ était chargé des péchés des hommes : Dieu a envoyé son propre Fils revêtu d'une chair semblable à celle du péché, et par le péché, c'est-à-dire par la chair de Jésus-Christ, semblable à celle des pécheurs, il a condamné le péché dans sa chair, afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon Vesprit. ( Rom. vin, 3, 4. ) Les expressions sont encore plus fortes et plus énergiques dans la IIe Èpître aux Corinthiens. Nous vous conjurons , au nom de Jésus-Christ de vous réconcilier avec Dieu: puisque pour l'amour de nous il a traité celui qui ne connaissait point le péché, comme le péché même, afin qu'en lui nous devinssions la justice de Dieu. ( 11 Cor. v, 20, 21. ) Saint Paul pouvait-il dire plus clairement que Jésus-Christ, a pris notre place, qu'il réunissait en lui tous les pécheurs, et qu'il représentait dans sa chair, tous les crimes commis depuis que dans Adam elle était devenue criminelle ?

II. Ce qu'il écrit aux Calâtes n'est pas moins évident. Jésus-Ch'rist nous a rachetés de la malédiction de la loi, s'étant rendu luimême malédiction pour nous, selon qu'il est écrit: maudit est celui qui est pendu au bois. (Galat. m, 15.) C'est donc en se soumettant aux malédictions prononcées contre nous, que Jésus-Christ les a épuisées, et qu'il a fait couler sur nous les bénédictions dont il est la source. L'Apôtre répète la môme chose dans son Epi Ire aux Colossiens. Lorsque vous étiez morts par vos péchés, et pur l'iu-

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