JESES-CI1R1ST. — PART. IV
circoncision de votre chair, Jésus - Christ vous a fait revivre avec lui, vous pardonnant tous vos péchés, ayant effacé la cédule qui nous était contraire, et l'ayant entièrement abolie, en l'attachant à sa croix. (Col. n, 3.) Cette cédule est la loi de Moïse. Ce qu'il y avait d'essentiel dans cette loi, était la loi naturelle qui est la loi commune et indispensable de tous les hommes. Par conséquent les malédictions portées contre les prévaricateurs, étaient communes à tous les hommes. Jésus-Christ nous en a déchargés, en se livrant pour nous aux anathèmes do la loi prononcés contre celui qui est suspendu au bois ; et il a cloué lui-même à sa croix et sous ses pieds la cédule qui nous chargeait de malédictions.
III. Nous ne pouvons donc douter que Jésus-Christ ne se soit rendu notre caution auprès de Dieu, en se chargeant de nos péchés, et en satisfaisant sa justice à notre place. Souhaitez-vous de nouvelles preuves? mon cher Eusèbe, en voici : Lorsque nous étions encore pécheurs, Jésus-Christ n'a pas laissé dans le temps de mourir pour nous. ( Rom. v, 8, 9. ) C'est lui-même qui a porté mes péchés dans son corps sur la croix, afin qu'étant morts au péché, nous vivions à la justice. C'est par ses meurtrissures et par ses plaies que vous avez été guéris. ( I Petr. n, 24.) Saint Pierre représente nos péchés comme un fardeau que Jésus-Christ avait porté sur lui jusque sur le bois de la croix, où il s'est offert comme notre victime, en répandant son sang pour nous guérir, pour être le prix de notre rançon, pour être le prix de la rédemption de tous, pour être notre médiateur et notre réconciliateur. (/. Tint, n, 6.)
IV. Il n'y a qu'un Dieu, ajoute saint Paul, et un médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s'est livré lui-même pour être le prix de la rédemption de tons. ( Ibid., 5; tlcbr. vi, 15. ) Tous ont péché, et n'ont rien dont ils se puissent glorifier devant Dieu ; étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qu'ils ont en Jésus-Christ, que Dieu a proposé pour être la victime de réconciliation par la foi en son sang, pour faire paraître sa justice, en pardonnant les péchés passés, qu'il avait soufferts avec tant de patience. (Rom. m, 23-26.) Saint Jean enseigne de même que Jésus- Christ s'est offert comme une victime, pour apaiser Dieu irrité contre nos péchés. C'est le sens des termes grecs dont il se sert avec saint Paul. C'est lui qui est h victime de propitiation pour nos péchés, et non-seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout te monde. (1 Joan. u, 2. )
Vr. Lorsque nous étions moît* par nos péchés, Dieu nous a rendu la vie en Jésus-Christ par la grâce duquel nous sommes sauvés. [Ephes. n, 5.) Lorsque nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son Fils. (Rom. v, 10.) Maintenant, ô gentils, voua êtes en Jcsus-Christ. Vous qui étiez autrefois éloignés de Dieu, vous êtes devenus proches de lui par le sang
de Jésus-Christ
car c'est lui qui est noire
paix, qui de deux peuples n'en a fait qu'un, qui a rompu en sa chair la muraille de séparation, l'inimitié qui les divisait, et qui a aboli la loi dont les commandements consistaient en décrets, on simples ordonnances, afin de former en soi-même un seul homme nouveau de ces deux peuples, en mettant la paix entre eux, et que les ayant réunis en un seul corps, il les réconciliât avec Dieu par sa croix, ayant détruit par elle l inimitié qui était entre eux. (Ephes. u, 13-16.)
Que veut dire saint Paul, par cette inimitié des Juifs et des gentils? Pourquoi était-il nécessaire que la loi fût abolie pour la réconciliation de ces deux peuples ? Pourquoi appelle-t-il la chair de Jésus-Christ la muraille de séparation qui divisait ces deux peuples? L'Apôtre n'entendrait-il point par l'inimitié des Juifs et des gentils, une op-
4)Osition fondée sur les décrets libres de )ieu , qui avait choisi le peuple juif pour son peuple particulier, par préférence à tous les autres peuples? La loi n'était-elle point un obstacle à la vocation des gentils , en ce qu'elle ordonnait la circoncision, la distinction des animaux purs et impurs, qui séparaient nécessairement les Juifs de la société des gentils ; et qu'elle bornait tout son culte à un seul tabernacle, à un seul autel, à un seul lieu? Si cela est, il est aisé de comprendre comment la chair de Jésus- Christ était un obstacle à la réconciliation des Juifs et des gentils , avant qu'elle fût sacrifiée. Car cette chair, durant la vie de Jésus-Christ, portait tous les caractères qui divisaient le Juif du gentil. Elle était née de la maison de David, marquée du sceau de la circoncision; en ma mot Jésus-Christ né sous la loi, en était le plus fidèle observateur. Ce n'était donc que par l'immolation, sur la croix, de cette chair offerte pour le Juif et pour le gentil, que pouvait cesser l'inimitié qui divisait ces deux peuples. Il fallait que Jésus- Christ Ut mourir ces deux peuples en mourant pour eux, qu'il en formât un nouveau par sa résurrection, eUque cet homme fût lui-même celui, qui devait à l'avenir être toutes choses en tous, en réduisant à son unité toutes les distinctions précédentes.
VI. De quelque manière qu'on entende cet endroit de saint Paul, il en résultera toujours que Jésus- Christ est notre paix et l'auteur de notre réconciliation. C'est ce qu'enseigne encore le même Apôtre dans son Epître aux Colossiens. Il a plu au Père que toute la plénitude résidât en Jésus-Christ, et de réconcilier toutes choses par lui-même et en lui-même, ayant pacifié par le sang qu'il a répandu sur la croix tant ce qui est en la terre, 'que ce qui est au ciel. Vous étiez vousmêmes autrefois éloignés de Dieu, et votre esprit abondonné à des œuvres criminelles vous rendait ses ennemis : mais maintenant Jésus-Christ vous a réconciliés par sa mort dans son corps mortel, pour vous rendre saints, purs et irrépréhensibles devant lui. (Col. i, 19-22.)!] n'est donc pas douteux que Jésus-
Christ ne soit notre caution, notre médiateur, notre réconciliateur. Mais toutes les preuves qui nous en assurent, montrent en même temps qu'il a rempli ces titres par sa mort. Il nous reste à découvrir en quelle qualité il l'a offerte à Dieu.
AB11CLE III. — Jésus-Christ a o(f<rl son sang pour lotis' les hommes comme /*'«»• ponlife, etjes u délivrés de leurs misères. — Foi de la société chrétienne.
I. Saint Paul emploie une partie de son Epître aux Hébreux pour établir cette vérité. Jésus établi Pontife éternel, selon l'ordre de Melchisédech, Pontife saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les deux ; n'est pas obligé comme les autres pontifes, à offrir tous les jours des victimes, premièrement pour ses propres péchés, et ensuite pour ceux dupeuple ; il l'a fait une fois en s' offrant lui-même. Ce Pontife des biens futurs, étant venu dans le monde, est entré une seule fois dans le vrai sanctuaire du ciel par le tabernacle de son humanité plus grand et plus excellent, que le tabernacle J udaïque, qui n'a point étéfaitde main d'homme ; et il y est entré non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle. Car, si le sang des boucs et des taureaux, et l'aspersion de la cendre d'une génisse, sanctifie ceux qui ont été souillés, en leur donnant une pureté extérieure et charnelle ; combien plus le sang de Jésus-Chrisif qui par le Saint-Esprit s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache, punfiera-t-il notre conscience des œuvres mortes, pour nous faire rendre un culte au Dieu vivant. (Hebr. vi, 20; v, 5 ; vu, 26, 27; ix, 11 seq.)
Saint Paul ajoute ce que nous avons déjà vu, que Jésus-Christ a souffert la mort pour expier les iniquités commises sous le premier Testament. (Hebr. ix, 15.) La'raison qu'il en donne est qu'»'/ est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. C'est pourquoi le Fils de Dieu entrant dans le monde, dit : Vous n'avez point voulu d'hostie, ni d'oblation, mais vous m'avez formé un corps. Vous n'avez point agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché. Alors, j'ai dit : Me voici., je viens pour faire, ô Dieu, votre volonté. Il abolit ces premiers sacrifices, pour établir le second. Et c'est cette volonté de Dieu qui nous a sanctifiés par foliation du corps de Jésus-Christ, qui a été faite une fois. Jésus-Christ ayant offert une hostie pour les péchés, est assis pour toujours à la droite de Dieu. Par une oblation unique, il a rendu parfaits pour toujours ceux qu'il a sanctifiés. (Hebr. x, '* seq.)
Jl . Vous comprenez, mon cher Eusèbe.comoienestjusteletitredonnéà Jésus-Christ, d Agneau de Dieu qui ôte les péchés dumonde(Joan. i,29); puisqu'il s'est livré lui-même à Dieu pour nous, comme une oblation et une victime d'agréable odeur (Ephes. v, 2) ; puisqu't/ a été livré à la mort pour nos péchés (Rom. îv,
23) ; puisqu'il nous a lavés de nos péchés dayis son sang. (Apoc. i, 5.) Joignons-nous à ces heureux vieillards, qui entourent le trône de F Agneau comme égorgé, et disons avec eux : fous êtes digne, Seigneur, de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, parce que vous avez été mis à mort, et que par votre sang vous nous avez rachetés pour Dieu, etc. (Apoc. v, 6, 9, 12.)
Malheur à nous, si nous hésitions d'unir notre voix à la leur, et de célébrer l'amour de Jésus-Chrisl, qui, è notre place, a souffert une fois la mort pour nos péchés, le juste pour les injustes, afin qu'il nous pût à Dieu, étant mort en sa chair. (I Pelr. ni, 18.) Lorsque nous étions encore dans les langueurs du péché, Jésus-Christ est mort pour les impies dans le temps destiné de Dieu. Et certes à peine quelqu'un voudrait-il mourir pour un juste : peut-être néanmoins que quelqu'un aurait la force de donner sa vie pour un homme de bien. Mais ce qui fait étlatcr davantage V amour de Dieu envers nous, c'est que lors même que nous étions encore pécheurs, Jésus- Christ n a pas laissé dans le temps de mourir fyournous. (Rom. v, G, 9.) Qu'elle estgrande a miséricorde de Dieu, qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré à ta mort pour nous tous (Rom. vin, 32) ; qui a voulu par sa bonté qu'il mourût pour tous (Hebr. n, 9), comme une victime de propitiation pour les péchés de tout le monde (I Joan. u, 2), pour la rédemption de tous! (11 Tim, H, 6.)
111. Nous sommes délivrés de nos misères. (Rom. iii,24.) Cette dernière proposition est une conséquence des précédentes. Nous étions pécheurs, esclaves du péché; car quiconque commet le péché est esclave du péché (II Petr. n, 19) ; esclaves de la corruption et des démons ; morts par nos crimes, condamnés à la mort, redevables à la justice divine, accablés de dettes, ennemisfdeDieu, et dignes de shs vengeances éternelles.
(Ephes. vi, 12; Matth. VI, 12.) Or Jésus- Christ s'est livré lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de nous purifier. (Tit. Il, 14.) lia souffert pour sanctifier le peuple par son propre sang (Hebr. xiii, 12); qui nous purifie de tout péché. (I Joan. I, 7.) // a pris noire nature composée de chair et de sang, afin de détruire par sa mort, celui qui était le prince de la mort, c'est-àdire, le diable. (Hebr. n, 14.) Ayant désarmé on dépouillé les principautés et les puissances,il les a menées hautement comme en triomphe, après les avoir vaincues par la croix. (Col. n, 15.) Lorsque nous étions morts par nos dérèglements et par nos péchés; Dieu qui est riche en miséricorde, poussé par l'a mour extrême dont il nous a aimes, nous a rendu la vie en Jésus-Christ, par la grâce duquel nous sommes sauvés ; et il nous a ressuscites avec lui, et nous a fait asseoir dans le ciel en Jésus-Christ. (Ephes. il, 1,4, 6.) Ainsi avons-nous été mis en liberté par la mort de Jésus-Christ, nous que la crainte de la mort tenait dans une continuelle servitude, (llcbr. u, 15.) Comme le péché avait régné
dans le monde en donnant la mort à tous les hommes, la grâce de même règne par lajuslice en donnant la vie éternelle par Jésus- Christ Notre-Seigneur (Rom. v, 21), en qui nous trouvons nos dettes acquittées, la rédemption par son sang, la rémission de nos péchés. (Ephes. i, 7.) Le terme grec rendu par rédemption signifie une rançon, un prix. Aussi saint Paul dit aux Corinthiens, qu'ils ne sont plus à eux-mêmes mais à Jésus- Christ qui les a achetés d'un grand prix. (/ Cor. vi, 20; vu, 23.) Ce n'a point été, dit saint Pierre , par des choses corruptiblest comme l'or ou l'argent, que vous avez été rachetés de l'illusion, oùvous viviez à l'exemple de vos pères, mais par le précieux sang de Jésus-Christ, comme de l'Agneau sans tache et sans défaut. (I Petr, i, 19, 16.) Enfin, étant maintenant justifiées par le sang de cette victime de propitiation offerte pour apaiser Dieu, selon la force du grec, nous serons à plus forte raison délivrés par lui delà colère. Car, si lorsque nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son Fils, à plus forte raison étant maintenant réconciliés, serons-nous sauvés par la vie de ce même Fils ressuscité, assis à la droite de Dieu, où il intercède pour nous. (Rom. v, 9, 10; ni, 25: vin, 24; Hebr. vu, 25.)
IV. Jésus-Christ a pris sur lui nos pécnes, s'est rendu notre caution, avoulu être notre médiateur et notre réconciliateur, a offert son sang comme notre Pontife, pour nous délivrer de nos péchés et des supplices quo nous méritions : ici nous avons encore pour nous la société chrétienne. Depuis son origine jusqu'au moment que nous lisons ses livres, elle n'est occupée qu'à célébrer la bonté de Jésus-Christ, comme de sa caution, de son médiateur, de sa paix, de son Pontife, de son Sauveur. Sa foi et sa reconnaissance nous sont une preuve invincible que nous ne nous trompons cas dans l'intelligence ds ses titres.