DEVOIRS DE L'HOMME A L'ÉG\RD DE DIEU
Aimer Dieu, croire cl espérer en lui, craindre sa juslice, respecter son nom, louer sa grandeur, avoir recours à sa miséricorde, ménager ses dons, être reconnaissant, étudier sa volonté, se soumettre à sa providence , observer sa loi , écouter sa parole, y conformer sa vie, désirer son règne et sa justice, aspirer à sa perfection, n'avoir en vue qui sa gloire.
Article I. — Aimer Dieu, croire el espérer en lui. I. Aimer Dieu. Le premier de tous les commandements est, selon Jésus-Christ : Ecoulez, Israël, le Seigneur voire Dieu est le seui Dieu : vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout
votre esprit et de toutes vos forces. Cest là le plus grand et le premier commandement.
Toute la loi et les prophètes en dépendent (Matth. xxn, 38, 40.) Tout tend là comme à sa fin : La fin des commandements, cest lu charité. (I Tim. i, 5; Joan. xvn, 26.) C'est
(jour faire aimer son Père que Jésus-Christ 'a fait connaître : Celui gui n'aime point ne connaît point Dieu : car Dieu est amour... il nous a aimés le premier (l'Joan. iv, 10), pour nous rendre ses enfants. Considérez quel amour le Père nous a témoigné, de vouloir que nous soyons appelés, et que nous soyons en effet enfants deDieu(IJoan. m, 1), nés de Dieu même (Joan. i, 13) pour nous faire ses héritiers, ses héritiers imprimés de son sceau. Parce que vous êtes enfants, Dieu a envoyé dansvos cœurs V esprit de son Fils, qui crie : Mon Père, mon Père; vous n'êtes donc plus le serviteur, mais V enfant. Que si vous êtes l'enfant, vous êtes aussi l'héritier de Dieu par Jésus-Christ. (Galat. iv, 6, 7.) Vous avez été scellés du sceau de V Esprit-Saint qui avait été promis, lequel est le gage et les arrhes de notre héritage, jusqu'à la parfaite délivrance du peuple que Jésus-Christ s'est acquis pour la louange de sa gl&ire. (Ephes. I, 13, 14.)
II. Aimons Dieu, conclut saint Jean, puisque c'est lui qui nous a aimés le premier. (I Joan. iv, 10.) Cet amour est nécessaire pour vivre : Faites cela, c'est-à-dire aimez Dieu, répond Jesus-Christ à un docteur de la loi, et vous vivrez. [Luc. x, 28.) Il est nécessaire pour être connu de Dieu. Si quelqu'un aime Dieu, il est connu et aimé de Dieu. (I Cor. vm, 3.) 11 est nécessaire pour demeurer en Dieu. Dieu est amour, et ainsi quiconque demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu en lui. (I Joan. iv, 26.) L'homme doit donc se conserver dans cet amour; l'avoir sur toutes choses, parce qu't'/ est le lien de la perfection. (Coloss. ni, 14.) On pourrait parler toutes les langues des hommes et des anges, avoir les lumières des prophéties, pénétrer les mystères, avoir la science de toutes choses, une foi capable de transporter les montagnes, distribuer tout son bien aux pauvres, livrer son corps aux flammes. Si l'on n'avait pas la charité, on ne serait que comme un airain sonnant; sans elle on n'est rien; rien ne sert; il n'y a qu'elle qui subsiste éternellement. (ICor. xin, 1, 2, 3, 8.)
III. Croire en Dieu. Il est impossible de plaire à Dieu sans la foi : car pour s'approcher de Dieu, il faut croire premièrement qu'il y a un Dieu, et qu'il récompensera ceux qui le cherchent. (Ilebr. xi, 6.) En vérité, envéritéje vous dis, c'est Jésus-Christ quf parle, que celui qui entend ma parole et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle, et il ne tombé point dans la condamnation. (Joan. v, 24.) Et encore : // faut que le Fils de l'homme soit élevé en haut, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point... (Joan. m, 14, 15.) Celui qui croit en lui n'est pas condamné ; mai., celai qui ne croit pas est déjà condamné, (Ihid., 18.) Celui qui croit au Fils, dit Jean- Baptiste, a la vie éternelle; celui qui ne croit
pas au Fils ne verra point la vie ; mais la colère de Dieu demeure sur lui. (Joan. i, 36.)
IV. C'est la foi qui justifie. La justice de Dieu est répandue par la foi en Jésus-Christ en tous ceux et sur tous ceux qui croient en lui. {Rom. m, 22.) Sachez, dit saint Paul aux Juifs d'Antioche de Pisidie, que c'est pur Jésus-Christ que la rémission des péchés vous est annoncée, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes tes choses dont vous n'avez pu être justifiés par la loi de Moïse. (Act. xni, 38, 39; Gai. h, 16.) Elle rend enfant de Dieu. Vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ. (Gai. m, 26.) Elle sauve. Seigneur, demande un geôlier à Paul et à Silas, que faut-il que je fasse pour être sauvé? Croyez au Seigneur Jésus, lui répandent-ils, et vous serez sauvé, vous et votre famille. (Act. xvi, 30, 31.) Mais il ne suffît pas d'avoir la foi dans le cœur.
V. Elle doit éclater au dehors par les paroles et par les œuvres. Il faut croire de cœur pour être justifié, et confesser sa foi par ses paroles pour être sauvé. (Rom. x, 10.) Quiconque, dit Jésus-Christ, me confessera devant les hommes, le Fils de l'homme le confessera aussi devant les anges de Dieu. Mais si quelqu'un me renonce devant les hommes, je le renoncerai aussi devant les anges de Dieu. (Luc. xii, 8, 9.) En Jésus-Christ, ni la circoncision, ni l 'incirconcision ne servent de rien; mais la foi agissante par la charité. (Galat. v, 6.) Que servira-t-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a point les œuvres ? la foi le pourrat-elle sauver? ... Comme le corps est mort lorsqu'il est sans âme, ainsi la foi est morte lorsqu'elle est sans œuvres. (Jac. u, 14, 16.)
VI. Espérer en Dieu. On ne peut aimer Dieu sans espérer en lui. (7 Joan. iv, 17.) C'est en cela que consiste la perfection de notre amour envers Dieu, quelle nous fait avoir de la confiance pour le jour du jugement [Rom. xv, 13.) Comment aimer, sans espérance, le Dieu d'espérance? cette vertu est le terme de la foi. Le salut de nos âmes est la fin de notre foi, qui est le fondement des choses (I Pclr. i,9), ou qui rend présentes les choses que l'on doit espérer, et est une pleine conviction de celles qu'on ne voit point. (Ilebr. xi, 1.) L'espérance est la vie des apôtres. Nous nous glorifions, dit saint Paul, dans l'espérance de la gloire des enfants de Dieu.... Celte espérance n'est point trompeuse, parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. (Rom. v, 2, 5.) Nous soupirons et nous gémissons en nous-mêmes, attendant l'effet de l'adoption divine, la rédemption et la délivrance de nos corps. Car c'est en espérance que nous sommes sauvés. (Rom. vin, 23, 24.) L'objet de leurs désirs n'était pas sur la terre : Si nous n'avions d'espérance en Jésus-Christ, dit le môme Apôtre, que pour cette vie, nous serions les plus misérables de tous les hommes. (I Cor. xv, 19.) Us portaient plus loin leurs vues. Que le Pire de gloire.... éclaire les yeux de votre cœury pour vous faire savoir quelle est l'cspi ronce à laquelle il vous a appelés, ((utiles sont les ri-*
chesses et la gloire de l'héritage qu'il destine aux saints. (Ephes. i, 17, 18.) Béni soit le Dieu tt le Père de Notre-Scigneur Jésus- Christ, qui, selon la grandeur de sa miséricorde, nous a régénérés par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts, pour nous donner l'espérance de la vie et de cet héritage où rien ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni se flétrir, qui vous est réservé dans les deux. (I Pelr. i, 3, i.)
VII. C'est à l'attente des biens futurs qu'ils exhortent sans cesse les fidèles. Attendez avec une espérance parfaite la grâce qui vous sera donnée à l'avènement de Jésus- Christ, (lbid., 13.) Ayant pour grand pontife Jésus Fils de Dieu , qui est monté au plu* haut des deux , demeurons fermes dans la foi dont nous avons fait profession... Allons donc nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce , afin d'y recevoir miséricorde, et d'y trouver le secours de sa grâce dans nos besoins. (Hebr. iv , 14-, 16.) Puisque nous avons la liberté d'entrer avec confiance dans le sanctuaire , c'est-à-dire dans le ciel , par le sang de Jésus-Christ.... demeurons fermes et inébranlables dans la profession que nous avons faite d'espérer ce qui nous a été promis ; car celui qui nous Va promis est trèsfidèle dans ses promesses. (Hebr. x, 19, 23.) Promesses immuables, confirmées par le serment. Dieu, voulant faire voir avec plus de certitude aux héritiers de la promesse , la fermeté immuable de sa résolution, a ajouté le serment à sa parole, afin qu étant appuyé sur ces deux choses inébranlables (sa parole et son serment) par lesquelles il est impossible que Dieu nous trompe , nous ayons une puissante consolation , nous qui avons mis notre refuge dans la recherche et l'acquisition des biens qui nous sont proposés par l'espérance, laquelle sert à notre âme comme d'une ancre ferme et assurée , et qui pénètre jusqu'au dedans du voile, c'est-à-dire, dans le ciel figuré par le sanctuaire, où Jésus comme précurseur est entré pour nous, ayant été établi pontife étemel selon l'ordre de Melchisédech [Uebr. vi, 17, 18, 19, 29), c'est-à-dire, pour en prendre possession , en noire nom, comme notre chef , et pour y offrir continuellement sa mort, pour nous en obtenir l'effet et l'application. Enfin , dit l'Apôtre, nous sommes la maison de Jésus-Christ, pourvu que nous conservions jusqu'à la fin une ferme confiance et une attente pleine de joie des biens que nous espérons. (Hebr. m, 6.) L'espérance est donc une condition nécessaire pour être à Jésus-Christ.
Article H. — Craindre la justice de Dieu, respecter ton nom, louer sa grandeur, implorer sa miséricorde, ménager ses dons, être reconnaissant.
l.Ne craignez point, dit Jésus-Christ à ses disciples, ceux qui tuent le corps, et qui après cela n'ont rien à vous faire davantage. Qui ne peuvent tuer l'âme. Craignez celui, gui après avoir ôté la vie, a le pouvoir de jeter dans l'enfer ; qui peut perdre et l'âme et le corps dans l'enfer . (Luc. xil, %, 5 ; Matth.
x, 28.) Oui, je vous le dis: Craignez celui-là; craignez Dieu. (J Petr. ni, 17; Col. ni, 22.) Qui ne vous craindra , 6 Seigneur , qui ne glorifiera votre nom! s'écrient les vainqueurs de la hôte dans l' Apocalypse, (xv, 4-.) Prenez garde de vous élever, tenez-vous dans la crainte; opérez votre salut avec crainte et tremblement. Car c'est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire, selon qu'il lui plaît. (Rom. xi, 20; Philip, il, 12, 13.)
II. Respecter son nom. Pour imprimer à ses disciples un respect plein de religion pour le saint nom de Dieu (Luc. i, 49), Jésus-Christ leur ordonne de demander à Dieu qu'il sanctifie son nom. (Matth. vi, (i.) Il n'est pas douteux que ce ne soit sur le même respect qu'il fonde la défense de jurer en aucune sorte , ni par le ciel ni par la terre. (Matth. v, 3, iseq.); voulant qu'on respecte ce nom jusque dans les effets de sa puissance. (Jac. v, 12.) La récompense des saints et des prophètes est pour ceux qui craignent le nom de Dieu. (Apoc. xi, 13.)
III. Louer sa grandeur. Vous êtes, dit saint Pierre aux Chrétiens, la race choisie, l'ordre des prêtres rois , la nation sainte, le peuple conquis: afin que vous publiiez les grandeurs de celui gui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. (I Petr. u, 9.) Offrons donc sans cesse à Dieu par Jésus- Christ «ne hostie de louange, c'est-à dire, le fruit des lèvres qui rendent gloire à son nom. (Hebr. xm, 15.) Remplissez-vous du Saint- Esprit , vous entretenant de psaumes, d'hymnes et de cantiques spirituels , chaulant et psalmodiant du fond de vos cœurs à la gloire du Seigneur. (Ephcs. v, 18, 19.) Instruisezvous et exhortez-vous les uns les autres par des psaumes , des hymnes et des cantiques, chantant de cœur avec édification les louanges du Seigneur. (Col m, 16.)
IV. Implorer sa miséricorde. La vie d'un Chrétien est un désir , et un gémissement continuel. C'est l'idée qu'en donne Jésus- Christ. Il faut toujours prier, dit-il, et ne se lasser point de le faire. (Luc. xvm, 1.) Priez sans cesse (I Thess. v, 17.) , en tout temp.s. Invoquant Dieu en esprit dans tous les temps par toutes sortes de supplications et de prières, et vous employant avec une vigilance et une persévérance continuelle à prier tous les saints. (Ephcs. vi, 18.) En tout lieu. Que les hommes prient en tout lieu élevant des mains pures, sans colère et sans contention, (il Tim. n, 8.) Pour tous les hommes. Que l'on fasse des supplications , des prières , des vœux et des actions de grâces pour tous les hommes. (Ibid., 2, 1.) Au nom de Jésus- Christ. Quoi quevous demandiez à mon Père en mon nom, je le ferai. Si vous me demandez quelque chose en mon nom , je le ferai. (Joan. xiv, 13, 14-.)
Avec humilité. Pries votre Père dans le secret du cœur. (Matth. vi, 6.) Sans mettre sa confiance dans la multitude et l'arrangement des paroles. N'affectez pas de parler beaucoup dans vos prières, comme les païens, qui s'imaginent que c'est par la multitude des paroles qu'ils méritent d'être exaucés... votre
Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. {Ibid., 7, 8.) Dans un esprit de concorde et de paix. Lorsque vous votis présenterez pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnezlui, afin que votre Père qui est dans les deux vous pardonne aussi vos péchés. [Marc. xi, 25.)(>ue si vous ne pardonnez point , votre Père qui est dans les deux ne vous pardonnera point non plus vos péchés. (Matth. vi, 14.)
Avec une foi pleine en sa puissance, et une confiance entière en sa miséricorde. Quoi que ce soit que vous demandiez dans la prière , crogez que vous l'obtiendrez , et il vous sera accorde. (Marc. xi,24.) Que si quelqu'un de vous manque de sagesse , qu'il la demande â Dieu qui donne à tous libéralement sans reprocher ses dons, et la sagesse lui sera donnée. Mais qu'il la demande avec foi, sans aucun doute : car celui qui doute est semblable au flot de la mer agité et emporté ça et là par la violence du vent. Il ne faut donc pas que celui-là s'imagine qu'il obtiendra quelque chose du Seigneur. \[Jac. I, 5, 6, 7.) Enfin l'objet des prières d'un Chrétien doit être conforme à la volonté de Dieu. Vous demandez, et vous ne recevez point ; parce que vous demandez mal , pour avoir de quoi satisfaire à vos passions. (Jac. iv, 3.) Ce qui nous donne de la confiance envers Dieu, dit saint Jean, est qu'il nous exauce en tout ce que nous lui demandons qui est conforme à sa volonté. (Joan. v, 14.) Lisez la formule de prières que Jésus-Christ donne à ses disciples ; tout y est renfermé. (Matth. vi, 9; Luc. xi, 2.)
V. Ménager ses dons. Les dons de Dieu, soit qu'ils soient accordés à la prière , soit qu'ils la préviennent, doivent être ménagés. Nous vous exhortons de ne pas recevoir envain la grâce de Dieu . (I Cor. vi, l.J N'éteignez pas l'esprit: n'attristez pas l'Esprit-Saint de Dieu. (IThess. v, 19.) Comme si saint Paul disait (Ephes. iv, 30) : N'étouffez pas ses dons et ses grâces; ne lui donnez pas sujet par vos péchés d'abandonner votre âme. Jésus-Christ fait de grands reproches aux villes, où il avait opéré des miracles, de ce qu'elles avaient négligé d'en profiter et de faire pénitence. (Matth. xi, 20 seq.) On redemandera beaucoup, dit-il encore, à celui à qui on aura beaucoup donné, et on fera rendre un plus grand compte à celui à qui on aura confié plus de choses. (Luc. xn, 48.)
VI. Etre reconnaissant. Ce que Dieu exige surtout pour ses bienfaits , c'est la reconnaissance. Rendez grâces à Dieu en toutes choses : car c'est là ce que Dieu veut que vous fassiez tous en Jésus-Christ. Remplissez-vous du Saint-Esprit... (IThess. v, 18) rendant grâces en tout temps, et pour toutes choses à Dieu le Père au nom de Notrc-Scigneur Jésus- Christ. (Ephes. v, 10, 20.) Le grand crime et la source du malheur des philosophes païens, c'est qu'ayant reçu de Dieu sa connaissance , ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces. (Rom. I, 2, 10.)
Article III. — Etudier la volonté de Dieu, se soumettre à sa providence, observer sa loi, écouter sa parole, y conformer sa vie.
I. Etudier sa volonté. Ne soyez pas indiscrets, mais sachez discerner quelle est la volonté du Seigneur. Recherchez avec soin ce qui est agréable à Dieu. (Ephes. v,*17, 10.) Qu'il se fasse en vous une transformation par le renouvellement de voire esprit, afin que vous reconnaissiez quelle est la volonté de Dieu , ce qui est bon , ce qui est agréable à ses yeux, et ce qui est parfait. (Rom. xn, 21.) Quiconque, dit Jésus-Christ, fait la volonté de mon Père qui est dans les deux, celui-là est mon frère , ma sœur et ma mère. (Matth. xn, 50.) Celui-là entrera dans le royaume des cieux qui fait la volonté démon Père. (Matth. vu, 21.)
H. Se soumettre à sa providence. La volonté de Dieu est non-seulement la règle des actions de l'homme, mais encore la cause universelle qui demande toute sa soumission et toute sa confiance. Uumiliez-vous sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève dans le temps de sa visite, jetant dans son sein toutes vos inquiétudes, parce qu'il a soin de vous. (I Petr. v, 6, 7.) // a fait le monde et tout ce qui est dans le monde, étant le Seigneur du ciel et de la terre... il donne à tous la vie , la respiration et toutes choses. C'est en lui gue nous avons la vie, le mouvement et l'être. (Act. xvn, 24, 23, 28.) Ne vous inquiétez de rien; mais en quelque état que vous soyez , présentez à Dieu vos demandes par des supplications et vos prières accompagnées d'actions de grâces , et la paix de Dieu qui surpasse tout esprit, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. (Philip. iv, G, 7.) Saint Pierre et saint Paul ne font que répéter les leçons de Jésus-Christ, qui eondamne comme inutiles et contraires à sa bonté l'empressement, l'inquiétude pour les choses de la vie. Ne vous inquiétez point , dit-il à ses disciples, où vous trouverez de quoi manger... ni d'où vous aurez des vêtements... votre Père céleste nourrit les oiseaux du ciel. Il vêtit les lis des champs. (Matth. Vi, 25, 26, 28, 30.) Il ne tombe aucun passereau sur la terre sans sa volonté. Les cheveux même de votre tête sont tous comptés. (Matth. x, 29, 30.) A quoi se termineront vos inquiétudes ? qui est celui d'entre vous qui puisse avec tous ses soins ajouter à sa taille la hauteur d'une coudée? (Matth. vi, 27.) comme s'il leur disait: Vous ne pouvez avec tous vos soins, faire croître votre corps; vous ne pouvez de même, avec toutes vos inquiétudes , vous assurer voire nourriture.
III. Observer sa loi. Si vous m'aimez , dit Jésus-Christ à ses disciples, gardez mes commandements. Et encore : Celui qui a mes commandements, et qui les garde, c'est celuilà qui m'aime. (Joan. xiv, 15, 21.) Le péché est le violentent de la loi (I Joan. m, 4), comme la justice consiste au contraire 5 l'observer. Ce ne sont point ceux qui écoulent la loi, qui sont justes devant Dieu : mais ce
snnt ceux qui gardent la loi qui seront justifiés. (Rom. ii, 13.)
IV. Ecouter sa'parole et la pratiquer. Pour être fidèle à la loi, il faut la connaître. Pour la connaître, il faut écouter la parole de Dieu et la pratiquer. Jésus-Christ, comme le suprême législateur, remet devant les yeux de ses disciples et d'une foule de peuple la loi donnée à leurs pères (Mat th. v, 6, 7); il y ajoute, il l'élend et la perfectionne, et conclut ainsi son discours: Quiconque entend donc ces paroles que je dis, et les pratique, sera comparé à un homme sage.
?ui a bâti sa maison sur la terre, etc. Un i.tel ondement rend la maison inébranlable.
Mais quiconque entend ces paroles que je vous dis, et ne les pratique point, est semblable à un homme insensé, qui a bâti sa maison sur le sable. (Matth. vu, 24 seq.) Le moindre accident la renverse. Recevez avec docilité la parole qui a été entée en vous, et qui peut sauver vos âmes. Ayez soin d'observer cette parole , et ne vous contentez pas de l'écouter en vous séduisant vous-mêmes. Car celui qui n'est qu'auditeur et non observateur de la parole , est semblable à un homme qui jette les yeux sur son visage naturel, qu'il voit dans un miroir, et qui après y avoir jeté les yeux , s'en va, et oublie à l'heure même quel il était (Jac. i, 21 seq.)
Celui qui est de Dieu , entend les paroles de Dieu. C'est pour cela que vous ne les entendez point, dit Jésus-Christ aux Juifs, parce que vous n'êtes point de Dieu. (Joan. vin, 47.) Son commandement est la vie éternelle. (Joan. xn, 50.) En vérité, en vérité je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne mourra jamais. Si vous demeurez dans l'observation de ma parole , vous serez véritablement mes disciples, et vous connaîtrez la vérité , et la vérité vous rendra libres. (Joan. vin, 51, 31, 32.) Celui qui me méprise, et qui ne reçoit point mes paroles , a pour juge la parole même que j'ai annoncée : ce sera elle qui le jugera au dernier jour. (Joan. xn, 48.)
Article IV. — Désirer le règne de Dieu el sa justice, aspirer à su perfection, iéuvoir en vue que sa gloire.
I. Désirer son règne et sa justice. Jésus- Christ, après avoir défendu toute inquiétude pour les besoins de la vie, conclut : Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses nécessaires à la vie vous seront données. (Matth. vi, 33.) H avait déjà dit : Ne vous faites point de trésors
dans la terre mais faites-vous des trésors
dans le ciel; où ni la rouille, ni les vers ne les mangent point, et où il n'y a point de voleurs qui les déterrent, et qui les dérobent. Car là où est votre trésor, là aussi est votre cœur. (Ibid., 19, 20, 21.) C'est l'avènement du règne de Dieu qui doit être l'objet de nos vœux. (Ibid., 10.) Heureux ceux qui sont, affamés et altérés de la justice. (Matth. v, 6.) Malheur à vous qui êtes rassasiés. (Luc. vi, 25.) Travaillez, pour avoir non la nourri-
ture qui périt, mais celle qui demeure par la vie éternelle. (Joan. vi, 27.)
II. Aspirer à sa perfection. Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. (Matth. v, 48.) Soyez saints en toute la conduite de votre vie, comme celui qui vous a appelés est saint, selon qu'il est écrit : Soyez saints, parce que je suis saint. (I Petr. i, 15, 10.) Soyez les imitateurs de Dieu, comme étant ses enfants bien-aimés. (Ephes. v, 1.)
III. N'avoir en vue que sa gloire. Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les deux. (Matth. v, 10.) Je vous conjure, mes frères, dit saint Paul, par la miséricorde de Dieu, de lui offrir vos corps comme une hostie vivante, sainte, et agréable à ses yeux, pour lui rendre un culte raisonnable. Conservezvous dans la ferveur de l'esprit. (Rom. xn, 1.) Souvenez-vous que c'est le Seigneur que vous servez. Soit donc que vous mangiez o%» que vous buviez, et quelque chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. (I Cor. x, 31.) Quoi que vous fassiez, ou en parlant, ou en agissant, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par lui à Dieu le Père. (Col. m, 17.) Faites avec amour tout ce que vous faites. (/ Cor. xvi, 14.) Sans cette vue de la gloire de Dieu, on perd tout. Prenez garde de ne pas faire vos bonneé œuvres devant les hommes pour en être regardés, c'est-à-dire, pour attirer leur estime : autrement vous n'en recevrez point la récompense de votre Père qui est dans les deux. (Matth. vi, 3.) Cette vue sanctifie tout. Quiconque vous donnera à boire seulement un verre d'eau en mon nom, parce que vous appartenez au Christ, je vous dis en vérité qu'il ne perdra point sa récompense. (Marc, ix, 40; Matth. x, 42.)