‹ Œuvres complètes de Lord Byron Don JuanChapitre 12 sur 98 · LOT · texte numérisé non relu

LOT

Mia était en ne pe«t mieux anse dnaa Inei, je n'ai

jamais pu deviner pourquoi; — il n'y avait pas dans leurs goûts beaucoup de sympathie, car Julia n'^rvait de sa vie louché une plume ; certaines gens disent tout bas (mais, à coup sûr, ils mentent, car la médisance voit partout des motifs intéressés) qu'avant le mariage de don Ai£onso, doua Inez avait oublié avec lui sa haute prudence.

axvu.

On lyoute qif ayant eontimié à enlUver celte liaison, qui» arec le temps, avait pris un earaoière beaueoup plus ohasls^

24 OEUVRES DE LOEO BÏEON.

elle s'était également liée d'amitié avec sa femme ; c'était effeettf ement ce qu'elle avait de mieux à faire : sa sage proleclion ne pouvait que flaller dona Julia; en iTH*'me temps, c'élail un compliment adressé au bon goût dWlfonso; et si elle ne pouvait (qui le peut?) imposer un silence complet îi la médisance, en tout cas elle lui donnait par là beaucoup moins de prise.

le ne puis dire si Julia fut mise au fait par d'autres, ou si elle découvrit les choses par ses propres yeux ; mais nul ne pouvait s'en douter; du moins elle n'en laissa jamais rien

apercevoir : peut-être Tignora-l-elle, peut-être y fut-elle indifférente d'abord, ou le devint-elle plus lard. Je ne sais vraiment que dire ou penser h cet égard, tant elle gardait soigneusement son secret.

Elle vit Juan et le caressa : c'était un si joli enfant ! — Certes il n'y avait là aucun mal ; et rien n'était plus innocent, lorsqu'elle avait vingt ans et qu'il en avait treize; mais quand il en eut seize et elle vingt-trois, il n'est pas certain que celte vue m'eût fait sourire ; ce petit nombre d'années amène d'é-

tonnaïUcs modiQcalions, surtout chez les peuples brûlés du fiolail '

Quelle que fût la cause de ce changement, il est certain qu'ils n'étaient plus les mêmes ; la dame était devenue réservée, le jeune homme timide; lorsqu'ils s'abordaient, leurs yeux étaient baissés, leur bouche presque muette, et leurs regards exprimaient un grand embarras; à coup sûr, il en est qui ne douteront pas que Iulia ne connût fort bien la raison de tout ceci; mais quant k Juan, il ne soupçonnait pas plus ce qui en était que ne peut se former une idée de l'Océan celui qui ne Ta jamais vu.

Toutefois, Julia avait quelque chose de tendre jusque dans sa froideur; ce notait qu'avec un doux tremblement que sa petite main se dégageait de la siennCi lui laissant pour

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adieu une pression pénélranle, mais si légère cl si suave, qu'on eùl pu meltre en doute sa réalité ; mais jamais baguette de magicien, jamais la puissance d'Armide, n'opérèrent un changement pareil à celui que {uroduisil sur le cœur de don lu«A ce contact fugitif.

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