‹ Œuvres complètes de Lord Byron Don JuanChapitre 32 sur 98 · II · texte numérisé non relu

II

Les hommes deviennent tout honteux de leur tendresse; et puis, ils se lassei^t quelquefois un peu (mais, comme de raison, ce cas est fort rare); et alors il y a du relâchement

de leur part; les mêmes clioscs ne peuvent être toujours admirées, et pourtant il est dit expressément dans le contrat que tous deux sont liés jusqu'à la mort de l'un des conjoints. Désolante pensée ! perdre l'épouse qui était l'ornement de notre vie, et faire porter le deuil ^ notre livrée !

n làut convenir aussi qu'il y a, dans la vie domestique, eertaines choses qui forment antithèse au véritable amour: les romans nous donnent le portrait en pied de toute la

kyrielle des amours, mais ils ne nous représentent les mariages qu'en buste; car nul ne prend intérêt aux tendresses matrimoniales^ il n'y a rien de répréhensible dans un baiser

iiS OEinrRES DE LOftD BTAQM.

conjugal : «reyeB-v«us que si.Laïuce eût été laieflune da Pétrarque, il^t passé sa à écriie des sflDnets?

Toutes les tragédies se terokïAent par une mort} toutes les ceasédies fiaiisent par «a mariage.; les auteurs» dans Vm €l F«atre oaSy atendoBiieni le surplus k la.£oi des spectaleurs» dans la ciaiAte que leurs desctiplioiis .ae dionneat melMissa idée ou ae restent «u*desaous de ces deux exislenoes uttérienies, dui, du caste, pouiraient . plus tard les punir de leur faute ; laissant donc à ehacune son prêtre et sou livre de me&sc, ils ne ^aiiunt.plus la murl ui de la dame *.

.Les seuls auteurs, autant qu'il -m'en souvienne, qui aient chanté le ciel et i'enfèr, ou le mariage* sont le Danle ' et imum ^; tous deuxinseat malheuieux dans leurs affections aoojugalea; quelque divergence de conduite ou de caractère détniiait^lettr union (il iàut souvent bien peu de chose pour annar.ae.résultat); mais vous concevez que la BéaMeeéa. Dante et VÈve de Miilon n'ont pas été peintes d'iyprès leurs moitiés

U y a des^gens qui prétendent que, sous se nom de Béatiioi^ le Jkate'a.Toulu désigner la théologie, et non pas sa natteesse. Pour moit at je prie qu'on veuille bien me,pardonaer mon opinion, je crois que cîest une vision du cornmentalaur; à moins^gu'il n'eût la certitude de ce quMl disait» et n'appuyât sou dire de bonnes raisons, je suis d'avis que, dans ses plus mystiques abslraclious^ ie.l)aate a voulu j^r* sonniiier les mathématiques.

iHaidée et Juan n'étaient .pas .mariés^ mais c^était '.leur âuil9, non Ja.aîeniie;/il ne .serait doncpas juste, chaste leeleur, de jeter le blâme «ir jnoi, à moins que vous n'-eussiaz ^préféré les voir unis par le sacvement; auquel cas, veuillez

fermer le livre où il est y^ucslion de ce couple égaré, avant

DON JUâN. chant IU, il0

que les conséquences ne dovieiMiiit 4iop^teaVQiM.;'il'«st dangereux de lire d'illégitimes amours.

xm.

Pourtant, ils étaient heareux, — heureux dans rîllicile satisfaction de leurs désirs innocents; mais, redoublant d'imprudence a chaque visite nouvelle, Haïdée oubliait que l'île appartenait à son père : quand nous avons ce que nous aimons il nous est dur d'y renoncer ; du moins au commencement, avant que la satiété soit venue ; elle faisait donc à Jiiaa de Êréquen tes visites et mettttl le temps- à |folky pendant qne^oB père» le pitalyéHit en cmnièst,

wr.

Qu'on ne trouve point trop étrange sa manière de lever des fonds, bien qu'il fit main basse sur tous les pavillons; car, changez son titre en celui de premier ministre, et ses déprédations prendront le nom d'impôt; mais lui, plus modeste , menait un genre de vie plus humble^ il faisait un plus honnête métier» et, poursuivant sur mer ses excursions, se bornait à exercer les fonctions de procnreur nmritime.

Le bon vieux gentilhomme avait été retenu par les vents et les vagues, ainsi que par quelques captures importantes; dans l'espoir d'en faire d'autres, il était resté en mer, bien iqu'une ou deux caikles eussent tempéré sa joie en faisant sombrer Tune de ses prises; il avait enchaîné ses captifs^ les avait divisés en lots et numérotés comme les chapitres d'un livre ; tous portaient des menottes et des colliers» et valaient de dix à cent dollars par tête»

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