‹ Œuvres complètes de Lord Byron Don JuanChapitre 35 sur 98 · XLI · texte numérisé non relu

XLI

S'étanl avancé vers la table la plus rapprochée, il frappa sur Tépaule du premier convive qui lui tomba sous la main^ et, avec ua eertam:80UD»(iui« pour le dire en passamt, quoi qalil pùl expriiifeery ifanonçaH riaa de bon, il lui damMift

il s'adraadt^JMmoanpirofi en.tniQ pMir taria» lu qvBiiÉi da 9i«itiwDflitf».fes|itt

Et d'un air bachique, san» tourner sa téte facétiense, il lai

présenta par-dessus son épaule la coupe pleine jusqu'au bord en disant : « Ou s'altère k parler, je n'ai pas de temps à per'lre. » Un second ajouta av ec un lioquet : a Notre vieux maître est mort; adressez-vous \ notre maltresse, qui cfit soA héritière. » — a Notre maîtresse — ^£fifi\rU uuttroifiième. — « NotranutUessei — Bah! — TOUs Tooln dira QOtD» malUe,,— ]ion|>a&iUtiicteii,.iaai&kiumT«^ a

XLIT.

Ces ooqainfly étant nouyeaux Tenus» ne savaient pas à qui ils parlaient; — et le visage dé Lambro se ranbninit; — un nuage sombre passa momentanément sur son regard; mais

il réussit à réprimer poliment l'expression de ce qu'il éprouvait : et, s' efforçant de sourire, il demande à l'un d'eux de vouloir bien lui dire le nom et les qualités de son nouveau patron, qui, suivant les apparences, avait fait passer Haiidée à l'état d'épouse.

XLT.

c i'ignoie, dit le drôle, ^ il est et d'où il vient;— et je ne me soucie guère de ^le savoir; mais ce que je sais fort bien» cfest que voilà un thapoa* réii merveilleusenml gras, «I que

jamais meilleur vin n^arrosa aussi bonne* ekère; si'oela^BV

vous suffit pas, adressez vos questions à mon voisin ici près; il vous répondra tant bien que mal, car nul n'aime plus que lui à s'entendre parler. »

J'ai dit que Lambro était un homme patient , et certes» en celte circonstanee^ il fit pieuve d'auiwide saroûMrivxa

qu'aurait pu en montrer le plus poli des enfants de laFrancet cette perle des nations ; il supporta ces sarcasmes contre ses proches» dissimula ses inquiétudes et les plaies de son cœur^ et ne répondit rien aux in/suHes de tous ces gloutons serviles» qui» sans perdre un oov^ de deiit^ eontinwBient à manger leur moiitoiL

Or, dans un homme habitué à cire obéi, — à voir les gens aller et venir à son commandement, et ses ordres exécutés en un clin d'œil, pour infliger ou la mort ou les fers, il peut sembler étrange de trouver des manières si douces; ccpendant, ces choses-là se voient, bien que je ne puisse expliquer pourquoi : saoa doute celui qui a sur lui-même uu tel empire est propre à gouverner» — presque autant qu'un Guelfe''.

Non qu'il n'eût parfois ses moments de fiTadté; mab cela ne lui arrivait jamais dans les occasions graves : alors» calme, concentré, silencieux et lent, il restait replié sur lui-

même, comme un boa dans la forêt; chez lui le coup ne suivait pas la parole ; l'expression de colère une fois exhalée, il ne versait pas le sang; mais son silence était fatal,. eL son premier coup rendait un second peu nécessaire.

Il ne ûl pas d'autres questions» et s'avança vers la maison par un chemin dérobé; en sorte que le petit nombre de ceux qu'il rencontra ne firent pas attention à lui» tant ils s'attendaient peu à le voir ce jour-lli. Si l'amour paternel plaidait dans son cœur en faveur d'Haîdée, c'est plus que je ne saurais dire; mais, sans nul doute, h un homme réputé défunt» cette féle devail paraître uu smgulier deuil.

Si tous les morts pouvaient en ce moment revenir h. la vie (ce qu'à Dieu ne plaise!) ou quelques-uns, ou bien un grand y nombre, par exemple» on mari ou sa femme (les similitudes j conjugales ne sont pas plus mauvaises que d'autres) i nul doute que» quels qu'eussent été leurs premiers discords» le

128 CEUVACS OB I.ORO BTltO!!.

temps aclucl ne fill plus orageux encore. — Les larmes vcrs('es sur la tombe d'un mari ou d'une ('pouse accompagne» raieol très probablemcnl^ rcsurrcclioa.

Il entra dam la maison où il n'était plus cbex loi, épreuve doulonreiiae au cœur de Thomme, et plus rude peut-être à supporter que les tortures mentales du lit de mort : trouver la pierre de notre foyer transformée en pierre iumulaire, et, sur

ces dalles refroidies, voir dispersées et pâles les cendres de nos espérances ! c'est la une douleur profonde dont un célibataire n'a pas d'idée.

LU

11 entra dans la maison où il n'était plus diez lui ; car sans des cœurs qui nous aiment il n'est pas de chez soi ; — et en franchissant le seuil sans être accueilli par une voix amie, il

éprouva une sensation de solitude. Ici il avait habité longtemps; ici avait coulé le pelil nombre de ses jours tranquilles; ici son cœur abattu, ses yeux rusés, s'élaienl attendris sur l'innocence de celte douce enfant, unique et saint asile où s'était réfugié ce qui lui restait de sentiments purs.

LUI

C'était un homme d'un caractère étrange» doux dans ses manières, sauvage dans son humeur, modéré dans toutes ses habitudes, tempérant dans ses plaisirs comme dans ses repas , prompt k percevoir, ferme dans le malheur, et fait pour être, sinon entièrement bon, du moins quelque chose de mieux qu'il n'était : les injures de sa pairie cl son impuissance à la sauver Tavaient percé au cœur, et, d'esclave, \^ transformé en faiseur d'esclaves.

L'amour du pouvoir et le rapide aqcroîssement de ses ri« . . chesses, l'endurcissement produit par une longue habitude, la vie périlleuse dans laquelle il avait vieilli, les ingrats qu'avait souvent faits sa clémence, les spectacles auxquels il avait accoulumé ses yeux, les mers terribles et les faroucbes compagnons de ses croisières, avaient coùlé ix ses ennemis.

DON JUAN. CHANT lU, iâO

uu long repentir, rendu précieuse son amilié, et redoutable sa rencontre.

Mais un reste de l'anlique génie de la Grèce faisait luire en son âme quelques rayons de cet héroïsme qui jadis guida ses prédécesseurs en Colchide, à Ja conquête de la toison d'or : il est vrai qu'il n'était pas épris d'un ardent amour de la paix. — Hélas! sa patrie n'ofl'rait aucune route vers la gloire ; et, pour venger sa dégradation» il avait pris le monde en haine, et s'était mis en guerre avec toutes les nations.

Néanmoins, l'influence du climat avait versé sur son âme son élégance ionienne ; elle se manifestait fréquemment k son insu dans le goût qu'il avait mis au choix de sa demeure, dans l'amour de la musique et des scènes sublimes; et quand le calme venait rafraîchir ses espritis, il se plaisait au doux murmure du ruisseau dont le cristal coulait h ses pieds, et la vue des fleurs lui causait de la joie.

Mais tout ce qu'il avait d'amour était concentré sur celle fille bien-aiméej c'était l'unique objet qui avait tenu son cœur accessible aux sentiments tendres, au milieu des sanglants exploits dans lesquels il avait été acteur ou témoin; affection solitaire et pure, que rien ne venait contrarier; il ne manquait plus que la perte de ce lien pour tarir dans son cœur la dernière goutte du lait de l'humaine tendresse, et pour faire de lui un nouveau Polyphême, furieux de sa cécité.

La tigrcssc, furieuse de Tenlèvemenl de ses petits, est redoutable au berger et au troupeau; l'Océan, dans la guerre de ses vagues écumeuses, est effrayant pour le vaisseau voisin des écueils; mais leur fureur s'épuise elle-même dans son choc, et leur violence sera plutôt calmée que la colère inflexible, isolée, profonde, muette, d'un cœur d'homme ^ergique, et surtout dans un père.

nr. 0

idù OEinraBt m loê» bimii.

t uz.

Il est dur, quoique ce ne soit pas rare, de voir nos enfants impatients de sï'loigncr de nous; — ceux en qui nous aimons h nous revoir reportés k nos jours les plus brillants, ces autres nous-mêmes, refaits d'une plus pure argile, au moment où la vieillesse s'avance , où des nuages viennenl obscurcir notre crépuscule, ils nous quittent oMigeammont, en nous laissant touiefois en bonne oomptgnift, — avec Ui govtta et la ^ieife»

Pourlanl c'est une belle chose qu'une belle famille (pourvu qu'on ne nous la présente pas après dîner); il est beau de voir une mère nourrir ses enfants (si toutefois cela ne la maigrit pas] ; comme des chérubins autour d'un autel, ils se groupent autour du foyer (spectacle capable de toucher même ua pécbeur).. Une mère de famille, accompagnée de ses ûlles on de ses nièces, brille comme une guinée entourée de pièces de sept scheUings»

Le vieux Lambro entra inaperçu par une porte secrète, et se trouva chez lui sur le soir; pendant ce temps, la dame et son amant étaient à table dans toute leur beauté et toute leur gloire; devant eux était une table incrustée d'ivoire , splendidement servie; et, tout autour, se tenaient rangées de belles esclaves; la vaisselle était d'or, d'argent et de pierreries; la partie la moins précieuse se composait de naere, de perles et de corail*

Le dîner comprenait une centaine de plats ; on y voyait de Tagnsau et des noix de pistadie» — enfin des mets de tonte sorte, -^et des soupes au safran, et des ris de veau; les poissons étaient les pèûs bceiiat ^ijamaîe aient été pna an filet» etaeeemmodésde menière ksatisiurelegoûlle plusdilâeiled'uasg^bariie; la boisson consistaît en divers sorbets de ss&BÎn, d'orange et de jus de grenade eiprnaé b travers Técorce, ce qui le rend plus, agréable à boire*

M» mà», ClANT m. 131

uni.

îous ces breuvages étaient rangés circulairement chacun dons son aiguière de cristal ; des fruits et des gâteaux de dalles terminèreiit le repas; alors la fève de Moka, tout ce que l'Arabie pouvait offrir de plus pur, fut servie dans des petites tasses de belle porcelaine de Chine, posées sur des soiicouycft àù filigrane d'or, pour empêcher la maia de se biàler; en avadt fait bouills éana le eaCé du eiau de giroAt, de la ceim^tt én saÉean^ce: ^ hmoa vm^ n'était propre

uarv.

LeftmtuRsde UiBette: éfaioit nm. tipismie kmée da pao» dtireloiiiB: d« teinte» diffifreiites» et oraé& de flms de

soie damassée ; tout autour régnait une bordure jaune ; celle du haut offrait, dans une riche et délicate broderie bleue, et en lettres lilas, de gracieuses devises persanes tirées des poêles, ou desjUiûrdJi^tes» ce qui vauLbeaucûup mieiis,

Ces ineoriptions orieiitakifrsnf kanuiceeeiit tiès ccHnmunés dans ca» eoDtrte; ee seiiftdes eepèeee de moniteur» dee-tiiiés k rappeler, eeiBmetle»lètei>deiBOfldAiiftleslM»(uetft de M emphis, les paroles mystérieuses qui épouYantèneai Balthasar dans la salle du festin, el lui ravirent son royaume; les sages umoA hem épMitly>r les trésev» de leur sagesse, Yons trouverez le^jours, en définttive, que le pins ausltoe des moralistes, c'est le plaisir.

Une beauté devenue élique à la fin de la saison des baîs, un grand génie mort d'un excès de boisson, un libertin se fîMfiai^niéthûdisieou éclectique (caf c'est le nom sons lequel ils aiment à prier), mais surtout un aldemuMi tarifé dV poplexie, ce sont là des exem^es qui vous suffoquent et démnlmt que des wUeUeep pielrâgées, le vin et rattonr, n'fiftent pa» neme de dÉBgaBi qiie k table.

azvH»

Bftidée etfcaa posaient leurs pieds sur un tapis de salin cramoisi, bordé de bleu pâle ^ leur sofa occupait trois côtés

i32 CBOTAES DB LOAA BTaOM.

entiers de rap[>artemeiit» et ptraissaîttout neuf; les coussins (qui n'auraient point déparé un trône) étaient en tdonrs ecarlate; de leur centre éblouissant, un soleil d'or, relefé en

bosse , faisait jaillir, comme en plein midi , ses rayons de

soie et de lumière.

Le cristal et le marbre, la vaisselle d*or et de porcelaine, (étalaient parlout leur splendeur; des nattes indiennes et des tapis de Perse couvraient le carreau; le pied ne pouvait les salir sans que le cœur saignât; des gazelles etdes cliats, des nains et des noirs, et telles autres créatures gagnant leur • pain ei\ qualité de ministres et de làToris —(c'est-à-dire en se dégradant), — abondaient là» aussi nombreux qfk% la cour ou à la foire.

On n'avait pas épargné les belles glaces; la plupart des tables étaient d'ébène incrusté de nacre, de perles ou d'i- V voire ; il y en avait qui étaient faites d'écaillé de tortue, ou des bois les plus rares, ornées de ciselures d'or ou d'argent ; par ordre, presque toutes étaient couvertes de mets, de sorbets glacés et de vins— tenus prêts à toute heure pour tous les arrivants.

LZX.

Entre tous les costumes, je décrirai celui d'Hàldée : die portait deux jélicl^B ; l'un était d'un jaune pâle ; sous sa che- . mise, nuancée d'azur, de rose et de blanc, son sein se soulevait comme une pelile vague ; son second jélick, qui avait pour boutons des perles grosses comme des pois, élincelait d'or et de pourpre ; et la gaze blanche rayée qui formait sa ceinture flottait autour d'elle comme un nuage diaphane au* tour de la lune.

Un large bracelet d'or sans fermoir pressait chacun de ses bras charmants; le métal en était si pur et si flexible, que la main l'élargissait sans eifort, et qu'il s'adaptait de lui-même au bras qui lui servait de moule; il adhérait h ces contours ravissants comme s'il eût craint de s'ien séparer^

DON lUAN. CHAUT llf. 133

et jamais on ne vit un mêlai pius pur enciore une peau plus bianclie.. ^

Comme souveraine du lerriloire de son père, une pareille plaque d'or, fixée autour de son coude-pied, annonçait sa dignité; douze anneaux brillaient à ses doigts; des pierreries étoilaient sa cherelure ; le ûn tissu de son voile était retenu au-dessous de son sein par une boucle de perles d'une valeur presque Inestimable, et la soie orange de son pantalon turc ilottait sur la plus jolie cheville du monde.

Les vagues dé ses longs cheveux difttains ondoyaient jusqu'à ses talons, comme un torrent des Alpes que le soleil teint de sa lueur matinale ; — s'ils n'claicnl comprimés ils cacheraient entièrement sa personne, et maintenant on dirait qu'ils s'indignent contre le filet de soie qui les relient, et cherchent à briser leurs entraves k chaque zépli^r qui vient lui olliir ses jeunes ailes pour éventail.

EQe créait autour d'elle une atmosphère dévie; Fair même, édairé par ses regards, semblait plas léger, tant ils étaient • suaves et beaux, pleins de tout ce que nous pouvons nous figurer de pius céleste, purs comme Psyché avant qu'elle de^ vint femme, — trop purs même pour les liens terrestres les plus purs; en son irrésistible présence, on sentait qu'on pouvait s'agenouiller sans idolâtrie.

Ses cils, bien qu'aussi noirs que la nuit, étaient teints, selon la coutume du pays, mais inulilemenl : car ses grands yeux noirs, sous leur noire frange, msultaient, brillants rebelles, à cette teinte impuissante, et s'en vengeaient en se complaisant dans leur beauté native; ses ongles étaient colorés par le henna, qui n'avait rien pu ajouter à leur belle couleur rose; et ici encore Tart avait vu échouer sa puissance.

Le henua doit avoir une teinte foncée pour faire ressortir

Dipitizedby Gopgle

iZé CMIVUS IMS tOAO BUOlf.

lablaBoheor 4t U ipaAia. Celle d'HMéê A'mit pas besoio

de ce secoure : jamais Tauiore n*éclaira des ^dnei é'im blanc plus céleste. En la yf^aal, l'œil pouTait douter s'il était

bien éveillé, tant elle avait Tair d'une Wsion. Je pots me Iroinper, mais Shakspcare aussi dil qu'il y a folie k vouloir dorer l'or rafjiné ou jpeindre le lis,

Juan avait im châle noir et or, un barracan blanc d'im tissu si transparent qu'on pouvait voir, k travers, briller les pierreries étinceiantes comme les poftiles étoiles de la «oie Jactée; un turban roulé en plis gracieux ceignait sa téte, où une aigrette d'émeraude aiec des cheveux dlfiaiéée surmontait un croissant ^radieux c|m jetait ■nateaîèitiMai»sante et mobile.

IXXTUU

Gnoeasomciit, ilsétaîent4ifirtia par léar saie ; e^éiiiit

des nains, de jeunes danseuses, des eunuques noirs, et un poêle qui complétait leur nouvel élablissement. Ce dernier avait beaucoup de c(^lébrilé, et aimait à en faire parade. Il était rare que ses vers n'eussent pas le nombre de pieds nécessaire ; il se tenait habituellement k la hauteur des sujets qu'il traitait, et, payé pour satiriser ou pour aduler, «là tarait parti delà matièia, » oone dit le psalmiata.

U amit d'abord loué Is présent et i^iirîé le pMié« a»trairement à l'excellente coutume des vieux lm#s? û anil

fini par devenir un véritable anti-jacobin oriental, préférant du pouding k Tabsence de toute adulaticm'. Pendant quelques années, alors que ses chants paraissaient empreints d'indépendance, sa destinée avait été sombre; mais alors il chantait le sultan et le pacha avec la juaoérAté de ^uU^^ Cl dans le st^le de Grasbaw.

C'était un homme f«i avait vu ie lambneux changements» et qui changeait tot^oun avec l'exactitude «he l'aiguille aimantée. Son étoile polaire étant, non une étoile fixe» mais de celles qui ae d^pUeonl, -—M savait l'aist da ca*

mm mw. cbaiit m. i35

joler ; sa bassesse môme l'avait fait échapper h la vengeance ; et comme il avait le talent facile, excepté lorsqa'oB le payait mal, il mentait avec une telle ferveur d'inteotiOB, — que, sans tuiléMte» U anitbiai gagné jafwiMifMi de poflle laoïéat.

Lxxn.

Miii il da gâmeu^i^iiaftd vu poSk girouette cb le #rlteb0fi9 a ijnoMl «M qn'il se se pitae mt hum oosplèle bus qu'on .paiMe loi. LlionnétehoiMK

lui-même n'€st pas fàdié de ^ee iranr VoÏQ^à de l'atAenlieii

publique. Mais, pour revenir à. mon sujet, — voyons, — où en étais-je? — Ah! — au troisième chant, — au couple charmant, — h, leurs amours, leurs fêtes, leur maison, leur costume et leur manière de vivre dans leur insulaire s^our.

C'était un caméléon ûeSé que leur poëte; maïs en compagnie ce n*en était pas moins un dr61e fort agréable. 11 ,8'était TU choyé à flus d'une table d'hommes» où il faisait des harangues étant entre deux vins; et, bien que rarement les oonvives comprissrat ce qu'il Touîalt dire, ils daignaient cependant loi décerner, avec accompagnement de hoquets, ou lui beugler oe tribut glorieux des applaudissements populaires, dont la cause première n'a jamais connu la seconde.

Maintenant, admis dans la haute société, ayant glané et là, dans ses voyages, des idées de liberté, il pensa que, dans cette Ue solitaire, avec des anus, il pouvait, sans avoir à craindre une émeute, se dédommager de ses mensonges prolongés, chanter comne il avait chairté dans sa jeunesse dialeureuse, et conclure un court amuatice avec la mérité*

LXXXIT.

n avait voyagé parmi les Arabes, les Turcs et les Frandcs, et connaissait la vanité nationale des différents peuples. Comme il avait vécu avec des personnes de tous les rangs, il avait pour toutes les occasions quelque chose de prêt; ce qui lui avait valu parfois des cadeaux et des remerciements. U savait varier habilement ses aduiatious. « Faire à Rome

136 €EinrRE8 W tORD BTROH

comme les Romains » élail une règle de conduite qu'il obser- Yail en Grèce.

Aussi, quand on lui demandait de chanter, il donnait à chaque nation quelque chose de national. Peu lui importait que ce fût God save the King ou Ça ira : il ne eoasultait que Tà-propos; sa muse faisait profit de tout» depuis le plus lyrique effort jusqu'aux plus prosaïques argumenta. Pindare diantait bien des courses de chevaux : qui empêchait qu'il n'eût un génie aussi souple que celui de Pindare ?

Par exemple, en France il eût écrit une chanson j en Angleterre, une légende in-quarto en six chanta; en Espagne, il eût fait une ballade ou un romaneero sur la dernière gueire;— de même en Portugal; en Allemagne, il se fût pavané sur le Pégase du vieux Goethe (voyez ce qu'en dit madame de Staël); en ItaUe, il eût singé les trêemHgti; en Grèce, il vous eût chanté un hymne dans le genre de celui-ci :

o Iles de la Grèce, îles de la Grèce, où aima et chanta la brûlante Sapho, où fleurirent les arts de la guerre et de la paix,— >oû s'éleva Mos, où naquit Phébus, un étemel été TOUS dore toiyours; mais il ne vous reste rien, rien que votre soleil!

a La muse de Scio et celle de Théos, la harpe du héros, le luth de Tamant, ont trouvé la gloire que refusent vos rivages; leur terre natale est seule muette pour des chants que répètent les échos de l'Occident par-del^ les îles For^ tunées de vos pères ^!

« Du haut des montagnes, ou voit Marathon; de Marathon on voit la mer. C'est Ib que, rêvant seul un jour, je me disais que la Grèce pourrait être libre encore : car, debout sur les lombes des Persans, je ne pouvais me croire esclave.

DON JUAN. CUANT Illr 137

« Un roi était assis sur le rocher dominant Salamine, la fille de la mer. Au-dessous de lui étaient des milliers de Taisseaux et des nations entières de gaecrien...-«Tout cela était à lui ! 11 les compta au point dajonr... «—An eonehec da soleil» où étaient-ils?

c El où sont-Us? et oùes-tu,d ma patrie? Sut ton site»»

cîeux rivage, Thymne héroïque ne résonne plus: — le cœur des héros a cessé de battre ! Faut-il que ta lyre, si longtemps divine, se ravale en des mains conune les miennes!

« Bien qu'enchaîné au milieu d'une race esclave , c'est quelque chose eneorOf dans eetta disette de gloire, que.de sentir, pendant que je chante, une patriotique rougeur me monter au Tisage : car, ici, que reste-t-il à faire au poëte? A rougir sur les €recs, k pleurer sur la Grèce.

c Suffitrilde pleurer sur des jours plus heureux? suffii-il de rougir?...— Nos pères ont répandu leur sang. Terre,

ouYre-toi, et rends-nous un reste de nos Spartiates moitsL Oh ! sur les trois cents, accorde-nous-en seulement trois, et nous te promettons de nouvelles Thermopyles!

« Eh quoi ! encore le silence ! le silence partout ! Oh ! non, les voix des morts retentissent comme le bruit d'un torrent lointain, et me répondent: «Qu'une seule tète vivante se lève! une seule! —et nous ratons, nous yenons! » Les vi- Tants seuls sont muets !

< C'est en vain! c^t en rain! flulsons résonner d'autres cordes. TerscE-nous du vin de Samos ! Laissez les combats aux hordes turques ! ne faites couler d'autre sang que celui des vignes de Scio! Entendez-vous répondre à cet ignoble appel les turbulentes bacchanales?

iO.

< Vous avez encore U danse pyrrhique : où est la pyr-

f 3S €BinPltM ME LM» MllOlf.

rhique phalange? De ces deux leçons, pourquoi oublier la |»lus noble et la plus mâle? Vous avez les lettres deCadmiis; «— CBogftt-TOUft 9à'il les destinait à 4es esdavei» ?

€ WtmÊ'WÊm da vin de Samos! oons se Tenions jim penserà ces choses. Ce Tin divinisa les diMto élàmiuaétÊL, Anacrèonserfit,— maisilseRitPolycrate»— an fyran, sans 4oiitt; «aii «loiSy dtt tinn, mê MrsUfes étsiwt aos «cim" patriolci.

If.

« La liberté n*eut point d'ami plus fidèle et plus brm que le tyran de la Chersonèse : ce tyran était Miltiade. Oh! que n'ayons-nous encore un tyran comme lui!...ËUcs selaieot indisBaliibles» les chaînes d'an lel aaUssI

€ ?0m»4Niis4« tîB de Shbos! Sor les iMim de SsaW, sur les riYesdif«ria,«mla8t «Mise to débris d^MMAa

pareille h celle que portaient dans leurs flancs les mères de la Dnide-, et peaHMre y a-l-él Jhmefenence^IQe m dfsa*>

vouerait pas le sang des Mérackides.

« Ne comptez pas sur les Franks pour votre délivrance : — ils ont un roi qui achète et vend. C'est dans le glaive des Grecs, dans les rangs des Grecs, que le courage doit placer toute son espérance : la force tintiae et laftande latine bri* semienl tcSre houdier, quelque large quH IQt*

< Versez-nous du vin de Samos! vos vierges dansent sous Tombrage. — Je vois briller leurs beaux yeux noirs; mais, h la vue de ces beautés charmantes, je sens ks miens se rem* pLirde lames brûlantes^ en pensant que de tels seins allaitecontdesesdaTea.

a Placez-moi sur le promontoire de marbre de Sunium. Là, les vagues et moi, nous mêlerons sans témoins nos gémis- «ments. €oaune le «^ygne, ^'on me laisse dianler et mou*

rir! Une patrie d'esclayes ne sera jamais la mienne, «—lelil parteireifotreooape de-rm de Samosi »

LXX3EVII.

Ainsi chanta, on dn moins tinsi aurait ymln^ on pn, on éà oiMnlar m mn passaMas adiré «odeoie sans

égaler Orphée, alors que la €rèoe était jeone encoce; on eât

pu dans nos temps faire beaucoup plus mal. Bons ou mauvais, ses vers témoignaient une certaine sensibilité; et la sensibilité, dans un poëte, est la source où d'autres vont puiser la leur. Mais ce sont de si grands menteurs que ces poètes ! Us révélé tantes ies couLewa, cofome ikes mains des teinturiers.

LXXXTUt

Mais JfismoIsMii des choses» et il suffît d'une goutte d'<eacDe tombée nomme la rosée sur une pensée^ pour pro^ dnire oe qoi fera penser des milliera, peut-ôtre des mil^ d'immmes. Chose étsaqgeJ quelques paroles écrites^, au lieu d'être prmioneées de me foix, peuvent devenir un anneau durable dans la cbaîne des âges. A quelles cbétives proportions le temps réduit l'bomme fragile, pendant qu'un morceau de papier, — un chiffon comme celui-ci, par exemple, lui sunrit à lui-même, à sa tombe, et h tout ce qui est à lui!

LXXXTX.

El quand ses os sont devenus poussière, que sa tombe a disparu, que son sang, sa génération, sa nation même, ne sont plus qu'une date ayant pris place dans les souvenirs chronologiques, un lourd manuscrit depuis longtranps odAié, ou une inscription lapidaire trourée dans remplacement d'une caserne en creusant les fondations d'une fosse d'aisance, peuvent tout à coup révéler son nom et en itire im monument précieux.

Et il y a longtemps que la gloire fait sourire les sages; c'est quelque chose, et ce n*est rien : des paroles, une illusion , un souffle , dépendant plus du style de l'historien que du nom qu'un individu laisse après lui : Troie doit à Homère ce que le whist doit à Eùjfte. Lie siècle actuel oem*

140 CEUVREt AB LORD ITROH.

mençait à oublifr le talent da grand Marlborough pour assommer les gens, lorsque heureusemeoi sa vie a élé publiée par l'archidiacre Goxe.

Ifilton €il le prince des poStes,— ditons-notu; tu peu lourd, mais sans être moins difin; homme ind^tendant en son temps, instrait, pieux, sobre en amour et à table; mab

le soin d'écrire sa vie étant échu k Johnson, voilà qu'on

nous apprend que ce grand-prêtre des neuf Sœurs reeut le fouet au collège, — fut un père très dur, — un médiocre époux; car la première mislriss Milton déserta le logis.

Certes, ce sont là des fidts intéressants, comme le braconnage de Shakspeare, la Ténalité de lord Bacon; comme ht jeunesse de Titus et les premières prouesses de César; «

comme Burns (que le docteur Gunrie nous décrit si bien) ;

comme les fredaines de Cromwell ; — mais, bien que la vérité impose aux écrivains la nécessité de ces descriptions aimables, comme essentielles à l'histoire de leur héros, elles ne contribuent guère à sa gloire.

Tout le monde n'est pas moraliste comme South^, alors qu'il déblatérait sur la PantisonnUie ; ou Wordsworth, qui, avant d'être dans l'excise et salarié, assaisonnait de démocratie ses poésies de colporteur; ou Cleridge, longtemps avant que sa plume volage mît son aristocratie au service du Morning-Post, alors que lui et Soulhey, marchant dans la même voie, épousaient les deux associées (marchandes de modes à Bath).

xcnr.

Ces noms-là, maintenant, figurent comme des condamnés au pilori, véritable Botany-Bay en géogri^bie morale; leur loyale trahison, leur rigueur de renégat, serviront d'excellent ftimter à leur biographie un peu stérile. Soit dit en passant, le dernier in-quarto de Wordsworth est le plus gros qui ait encore paru depuis la naissance de la typographie ;

c'est un po6me somnifère et cflacial, intitulé (^ExeurHon^ écrit d'un style que j'ai en «tersion.

Là, il élère une digue formidable entre son intelligence et celle des autres ; mais les poëmes de Wordsworth et de

ses sectateurs, comme le Sliiloh de Joanna Southcote et de secte, sont choses qui, dans ce siècle, ne frappent pas rallcntion publique, — tant est petit le nombre des élus; leurs deux virginités surannées, au lieu de mettre au jour des divinités, n'étaient grosses que d'iiydropisie.

Hais revenons & mon histoire : j'avoue que si j'ai un défaut, c'est la manie des digressions ; — il m'arriTO de laisser mon lecteur marcher tout seul, pendant qué moi je me livre à des monologues sans fin; mais ce sont là mes diseows du trâne qui lyoument les affaires à la prochaine session, oubliant que chacune de mes omissions est une perte pour le monde, moins grande, cependant, que s'il s'agisbuit de l'Arioste.

XCVIf.

Je sais que ce que nos voisins appellent longueurs (nous n'avons pas le mot, mais nous avons la chose dans une rare perfection, assurés que nous sommes d'un poème épique de Robert South^ tous les printemps); je sais, dis-je, que ce n'est pas précisément ce qn'il y a de plus propre à allécher le lecteur; mais il ne me serait pas dilQcilede prouver, par quelques beaux exemples, que le principal ingrédient de l'épopée, c'est Vênmi.

XGYIII.

Nous savons, par Horace, a qu'Homère dort quelquefois ; » nous savons, sans lui, que Wordsworlh quelquefois veille,

— pour montrer avec quelle complaisance il se traîne autour de ses lacs, avec ses chers voituriers 11 demande un bateau pour naviguer sur les abîmes... de l'Océan?

— non, mais de l'air; et puis il implore de nouveau « une petite nacelle, » et dépense une mer de salive pour la mettre h flot.

CEOVIBS M t<lll» BIMir.

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