LXXX
Alors, son équipage féminin étant au grand complet avec quelque léger secours des ciseaux, du fard et du fèr k friser, il eut, sous presque tous les rapports, Tair d'une jeune fille, et Baba s'écria en souriant : « Vous voyez, messieurs, qu'une transformation complète s'est effectuée; et maintenant tous allez me suivre, messieurs; c'est-îi-dire — la dame. » Ce disant, il frappa des malus deux fois, et tout à coup quatre noirs se présentèrent. »
a Vous, monsieur, » dit Baba en faisant signe au compagnon de Juan, « tous allez accompagner ces messieurs à table; mais vous, digne nonne chrétienne, tous allez me suiTre. Point de plaisanterie, monsieur; quand je dis une chose, il faut qu'à l'instant elle se iàsse. Que craignez-vous ? Croyez-Tous être dans la tanière d'un lion? tous êtes dans un palais où le Tr^i $a|[e peut prendre un aTant-goùt du paradis du Prophète.
ttffVRBS M LM^ If Mil.
a Allons donc, les hôtes de céans ne tous Teulent point faire de mal, yous dis-je. » — a Tant mieux pour eux, » dit Iusb; < anCrement iBi sentiront le poids de mon bras, qai n'est pas tanssi léger que vous pourriez le croire. Je veux bien tous suivre; mais j'aurais bientM rompu le charme si quelqu'un s'avisait de me prendre pour ce que je parais; j'espère, dans f intérêt de vos gens, que ce déguisement ne donnera lieu à aucune méprise. »
LXXXII I
— « Téle obstinée 1 venez» et vous verrez, » dit Baba. Don Juan se tourna alors vers son camarade, qui, bien qu'un peu chagrin, ne pouvait s empêcher de sourire à la vue de cette métamorphosa. < Adieu! » s'écrièrent-ils simultanément; € ce pays semble fertile en aventures étranges et tout h ilKit neuves; Tunde nous est & demi transformé en musulman, Taulre en jtiine fille, parla puissance de ce vieux magicien noir que nous n'avions pas cherché. »
LZXXI.V.
^ € Adieu !» répéta luan; cdans le cas Qè nous me devrions plus BOUS revoie, le voua seuhaHe um bon iqipétil. » ---c Adien! » répondit l^aulie; c quelque deuloiireu^ ioit eette séparation, quand nous nous levenens, nous aor rons bien des choses h nous dire. Quand le Destin lève Faacre, force nous est de le suivre. Conservez votre honneur inlact, bien qu'Ève elle-même ait succombé. » — « Soyez tranquille, » s'écria la jeune fille, «le sultan lui-même ne m'enlèvera pas, h moins que Sa Hautesse ne promette de s'épouser. » / »
Et ainsi ils se séparèrent» en .sortant dlaeun par une porte différente. Baba conduisit km de chambre en chan»» bre, en lui faisant traverser des galeries resplendissantes, et marcher sur des carreaux de mailffe, jusqu'à ce qu'enfin ils arrivèrent à un portail gigantesque qui élevait de loin, dans l'ombre, sa .masse hardie cl colossale ^ l'air était em-
DON JUAN. CHANT V. f95
bansiéde padlnit âéUeieax; en eût dil qu^ito approchaient d'ua liea saint» car tout était vaste» calme, odcrait «t dSnn,
Lm?f.
La f»rlo gigaito^pN> Hait fanfi^ MItate et Brate» en Itoiw éoré, et covreito âe sevlptures eorieuses; on y
voyait des guerriers comballre avec acharnement : ici le vainqueur s'avance avec fierté; la est é(endu le vaincu ; ici des captifs, les yeux baissés, snivcnl le cortège triomphal, et de Iwn on voit s'enfuir de nombreux escadrons; ce travail paraît appartenir à une époque antérieure ii celle oîi la race impériale, transplantée é» Kome» succomba avec le dernier GonsUnAin.
Le potkaîl massi£ s'éLmii àrailrtmité d'user mte aalla; de chaqiae gAI6 étaientassis deux petila naîisi» lea phia pe* tits ^*oa paisse imaginer, Cee hideaxdiaUetîAa smoblaionA avoir été misUipoiir faii ressortir, pat le ndicnli^ la.peEfte énorme dont Torgucil pyramidal piajuik an-deiaiis d'eto. Cette porte déployait dans tous ses traits une telle splendeur, que vous n'aperceviez point ces petites créatures,
txxxvni.
Si ce n'est au moment de marcher sur eux ; et alors vous reculiez d'horreur en voyant TétoDuante laideur de ces petits hommes» dont la couleur n'était ni noire, ni blanche» ni grise, — mais un mélange insolite qu^aucune pUune na aaiftrait décrire» et cpie le pinceau pourrait seul peut-être retracer. C'étaient de difformes pygmées» souda et muets» de vrais monstres qui «raient eeûté des sommes mon» slrueuses comme eux.
Ils avaient pour fondions, — car ils étaient forts, tout petits qu'ils semblaient, et rendaient parfois des services qui exigeaient de la vigueur; — ils avaient, dis-je, pour fondions d'ouvrir cette porte, ce qui leur était facile, car les gonds en étaient aussi doux que les vers de Rogers; ils avaient aussi mission, par-ci, par4à» selon Fa coutume de rorient» de donner k quelque pacba rebelle la corde d'un
arc pour cravate ; car ce sont» eu général^ des muets qu'on emploie k cet ofûce.
Ils parlaient par signes, ^ <f es(-à-dire qu'ils ne parlaient pas du tout; pareils à deux incubes» leurs yeux étuioelèrent quand Baba, les touchant du doigt, leur fit ouvrir les battants de la porte; Juan éprouva un mouvenent d'effiroi lorsqu'il vit ces deux petits hommes diriger vers lui leurs yeux de serpent ; on eût dit que leur regard pouvait empoisonner ou fasciner tous ceux sur qui ils s'arrêtaient.
XGI.
Avant d'entrer, Baba s'arrèla pour donner à luan, en sa qualité de guide, quelques légers avis : « Si vous pouviez, lui dit-il, modifier un peu cette démarche mAle et majestueuse, vous feriei tout aussi bien; tâches aussi ( quoique ce ne soit
pas grand'chose ) — de vous balancer un peu moins à droite et h. gauche, ce qui produit parfois un effet des plus bizarres ^ enûn, si vous pouviez prendre un air un peu mo- . deste,
XGII.
«Ce serait chose convenable; car les yeux de ces muets sont comme des aiguilles, et pourraient pénétrer à travers ees jupons. S'ils venaient à découvrir votre déguisement, vous savei que le Bosphore est profond et n'est pas loin d'ici, et il pourrait advenir que vous et moi, avant le lever de l'aurore, nous arrivassions dans la mer de Hannara, sans bateau, et cousus dans des sacs, mode de navigation dont on ne se fait pas faute ici à l'occasion. »
Après cet encouragement, il l'introduisit dans u^e pièce plus magnifique encore que la dernière; le luxe y était entassé avec une telle profiision, que roeii ne pouvait saisir aucun objet distinct, tant if était ébloui de l'éclat qui surgissait de toutes parts; c'était une masse étinoelante de pierreries et d'or, pleine de Confusion dans sa magnificence.
MJH JDAII* CHART T. 197 XCIT.
La ridiesse «tait iiBdt des iiikadet;--Ie goût, pea de choses : cTest ce qai arrive dans les palais de l'Orient» et même dans les demeures plus modestes des rois de POcci-
dent; j'en ai vu six ou sept : For et les diamants n*y jettent pas grand lustre, cl on y trouve beaucoup à reprendre : des groupes de mauvaises statues, des tables, des chaises, des tableaux, que je pourrais critiquer si j'en avais le temps.
Dans ce salon impérial, à quelque distance, à demi couchée sous un dais, avec toute Tassurance d'une reine, reposait une dame. Baba s'arrêta, et, s*agenouillant, fit signe à Juan, qui, bien que peu habitué h prier, fléchit instinctivement le genou, se demandant à lui-même ce que tout cda signifiait; cependant Baba continua à saluer et h incliner la tête, jusqu'à ce que le cérémonial fût terminé.
La dame alors, se levant avec l'air qu'avait Vénus quand • elle sortit des flots, fixa sur eux, comme une gazelle, deux yeux pareils h ceux de la déesse de Paphos, et dont l'éclat édipsa toutes les pierreries qui Tentouraient; puis, levant un bras aussi blanc que les rayons de la lune, elle fit signe à Baba : celui-ci, après avoir baisé le bord de sa robe de pourpre, lui parla tout bas en montrant Juan, resté h quelques pas en arrière.
XCTIf.
Son aspect était aussi imposant que son rang; sa beauté était de cette espèce écrasante qui ne pourrait que perdre à
être décrite : j'aime mieux laisser votre imagination faire tous les frais de cette description que de l'afTaiblir par ce que je pourrais dire de ses formes et de ses traits; vous seriez frappé d'aveuglement si je pouvais faire convenablement ressortir tous les détails; il est donc fort heureux, et pour VOUS et pour moi, que l'expression me manque.
xcvin.
J'ijouterai cependant que son Age était mûr ; elle pouvait être dans son vingt-sixième printemps; mais il est des
beautés auxquelles le temps s'abstient de toucher, détournant sa fauiL sur de vulgaires objets. Telle fut Marie, reine d'£cosse; il est vrai que les larnieft et TamoiAT sont des eboses qui détruisoiti la douleur qui nous mine enlève sa magie à fins d'une enckaatesesse ; (MMurtant il en est qui ne deTjemwptJeoMiis laides : témoin I^inoa de Lenclos*
xciz.
Elle Adressa quelques mots à ses suivantes» qui fonuaient
un chœur de dix ou douze jeunes filles, toutes vêtues de la
mcinc manière, et comme Juan, à qui Baba avait fait prendre leur uniforme; on les eût prises pour une troupe de nj mphes, et elles auraient pu traiter de cousines les compagnes de Diane, du moins pour ce qui est de l'extérieur^ au delà, ie ne voudrais rien garantir. ^
Elles firent leurs révérences et s'éloignèrent, mais par une autre porte que celle par laquelle Baba et Juan étaient entrés. Ce derâier étail immobile à quelque distance, admirant tout ce qu'il voyaitdans cet étrange salon, bien fait pour inspirer la suiprise et l'admiration ; car nous les éprouvons toutes deux, ou pomt du tout; et je dois dire que je n'ai jamais compris le bonlieur qu'il pouvait y avoir dans le <& nil admirari. »
m N'admirer rien, c'est là le secret du bonheur: Ce sont les propres mots de Creecb le inutucteur.-
La vérité, simple et facile, Va pas beacflD, Marray, des ornements da «tyle. •
Ainsi disait Horace, û y a longtemps, comme nous le savons tons; ainsi Pope rcyproduit son précepte en le traduisant; maissi penannen'«oot'f odfntrtf. Pope ausaît-il chanté ? Horace cûtrîl tiouvé des Inspirations?
CH
Quand toutes ces demoiselles fiirent sorties» Baba fil signe
à Juan d'approcher, et lui ordonna pour la seconde fois de se mettre à genoux, et de baiser le pied de la dame. Quand iuan entendit cet ordre» il se leva de toute sa hauteur» et dit
DON JUAN. CUANT V. 109
a qu*U était bien fâché, mais qu'il ne baiserait jamais d'autre obauisiiie 4|iie eeUi du »
an.
Baba» iadigaé Recette fierté déi^acée» krf fil de fertee Ter moBtrancesi ille mam^ iBâDe(aaaîs tout bas)da £ilal * laeet;— totttlét inirtile : Inan n'était pas iieiiimelts*huflii»
lier, même devant l'épouse de Mahomet. Il n'y a rien au monde comme Téliquetle dans les appartements royaux ou impériaux, de même qu'aux courses de chevaux el aux bals de province.
n restait immobile oeMBe AUas, avec un monde de pannes résonnant à ses^ffeiUes» et ftéanmoina iefiusaat de flécbir; il sentait bouilionner dans ees mefnes le aang de tous ses aaeétres «aatiltana; phitftt que de cendeseemife b déshonorer sa race, il eût préféré Toir mille ^^ves lui arfacher mille fois la vie; enfin, voyant qu'il était inutile d'insister à Tégard du « jMad, » fii^ lui proposa 4e Mser la main.
C'était là un honorable compromis, un lieu mitoyen de repos diplomatique, où l'on pouvait s'aboucher- sur un pied plus pacifique. Juan déclara qu'il était prêt k s'acquitter de toutes les courtoisies convenables, ajoutant que celle-ci était la plus usitée et la meilleure^ car, dans les pays du Midi, la coutume fait encore aux messieurs un devoir de baiser la fu^in des dames»
Il sVança donc» quoique d'assez mauvaise grâce; et pourtant jamais les lèvres ne laissèrent leur impression pas* sagère sur des doigts mieux né$ ou plus beaux : de tels
doigts la lèvre ne se détache qu à regret; et au lieu d'un baiser elle voudrait en imprimer deux, comme vous vous en convaincrez si la main de celle qui vous est chère se met en contact avec votre bouche; que dis-je! il suffit souvent de la main d'une belle étrangère pour mettre en pécil 4me année deconstance^
(£UVR£S DE LORD BYEOM
Après avoir considéré liian de la téle aux pieds, la dame dità Baba de se retirery ordre que ce dernier ezéeuta dans la perfection» en homme habitué h battre en retraite, enten« dant les choses h demî-mol ; il dît tout bas à Juan de ne rien craindre, le regarda en souriant, et prit congé, le contentement peint sur sa figure, comme un hcnume qui venait de faire une bonne action.
Dès qu'il fut sorti, il se fit un changement soudain : je ne sais quelles pensées occupaient la dame, mais sur son front brillant rayonna une émotion étrange; le sang, montant k sa joue transparente, la colora d'un rouge vif, comme ces nuages qu'on ?oit à l'horizon dans un ciel d'été; et dans ses grands yeux se peignit un mélange de sensations moitié de Tolupté, moitié d'orgueil.
Sa taille avait toute la souple élégance de êon sexe; ses traits, toute la douceur de ceux du diable quand il prit la
forme d'un chérubin pour tenter Ève, et nous fraya (Dieu sait comment! ) le chemin du mal ; l'œil ne pouvait pas plus reprendre des défauts dans sa beauté que découvrir des taches dans le soleil; et pourtant on y sentait l'absence d'un je ne sais quoi ; on eût dit qu'elle ordotmait plutôt qu'elle n'accordait, •
ex.
Quelque chose d'impérial, ou d'impérieux, jetait, pour amsi dire, une chahie sur tout ce qu'elle fidsai^ ou pluû^t, à son ^»proche vous sentiez comme une chaîne peser sur vous; or, pour peu que le despotisme se montre» le bonheur le plus enivrant semble presque une peine; l'âme au moins est libre; en vain nous voudrions, contre son gré, faire obéir les sens ; l'esprit ûnil toujours par faire prévaloir sa volonté.
Son sourire même, si doux qu'il fût, était hautain ; sa tôle saluait sans qu'on la vit s'incliner ; une volonté despotique
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DON JCÀN. CHINT V. SOI
perçait jtuqae dans ses petits pie<fs ; oa eût dit qu'ils avaient la eonsdeoee desonrattg, eiquIU ne mafGhaient que sur des têtes prosternées; enfin» ponrcomplélerson air imposant, un poignard (c'est la coutume de sa nation) brillait k sa ceinture, et annonçait en ^ F^KHise du sultan (et non la mienne^ Diea merci !).
cxn.
a Entendre et obiir, » telle avait été, depuis le berceau, la loi suprême de tout ce qui l'entourait ; satisfaire toutes ses fantaisies, pour Tamuserou lui plaire, tels avaient éié sa volonté et le principal emploi de ses esclaves; son sang était illustre, sa beauté k peine terrestre ; jugez alors s'il devait y avoir un frein h ses caprices -, si elle avait été chrétienne, je crois, ma foi, que nous aurions enfin trouvé le € mouvement perpétuel. »
cxni.
Tout ce qu'elle voyait et désirait lui était présenté} tout ce que, sans le voir» die supposait exister» était cherdié avec diligence, et quand on l'avait trouvé, on rachetait à tout
prix; innombrables étaient les emplettes qu'elle avait faites et les embarras que ses caprices avaient causés ; néanmoins, il y avait tant de grâce dans sa tyrannie, que les femmes lui pardomxaieut tout, hormis son visage.
Juan, le dernier de ses caprices, avait été aperçu par elle en se rendant au marché. Elle avait sur-le-champ donné ordre de Tacheter, et Baba, qu'on trouvait toujours prêt quand il s'agissait d'un mauvais tour, savait parfaitemerit mener à fin ces sortes de transactions; elle manquait de pni* dence, mais lui il en avait; c^est ce qui explique lé costume que Juan avait eu tant de répugnance à levélir,
CXT.
Sa jeunesse et ses traits favorisèrent le déguisement; et si vous me demandez comment l'épouse du sultan pouvait hasarder ou combiner des fantaisies aussi étranges, je laisserai aux sultanes k décider la question : les empereurs ne sont que des maris aux jfeux de leurs femmes» et les rois» aussi
202 OEUVRES DE lORD BYRON.
bien que les reiiies,soDl souvent mystiûés, comme nous pou* vous tous le coBstater avec une rigoureuse pt^cisioikp les uns p«r «i^âneiwe» ies «utoesiw ttadki^
cm.
lim tmmm è vitreflèjet priadiiaL — Elle jugea aloit que tous les obstacles étaient vaincus» et crut témcNgner beaucoup de condescendance «uvers cet esclave devenu enfin €ii pro(>ri^, lorsque, sans plus de préface, elle abaissa sur
lui ses yeux bleus, où se mêlaient la passion etraulorité, et se contenta de lui dire : a Chrétien, vsais-lu aimer?» s'ima- ^ giaant que, pour l'émouvoir, ce peu de moU sufiisaieni.
Et cela eût sufQ, en effet, en temps et lieux convenables; nais Juan, l'âne encore fMAo4'Haïdéejetde«on Ue, et de sa , figure ionienne, sentit le sang chaleureux qui ooloiiit sua mage refluer jusqu'à son ciBor, et laisser sur ses joues la ptfeor de U Mige. Ces pamiies la pensèvent §m fmd 4e Ttoe 'COiMM des lama nabei, m èîen qu'il ae dil ml» mais ftndilenknMS.
CSVflI.
Wk fut vivement choquée, non de le voir pleurer, car les
femmes pleurent a volonté; mais il y a dans les larmes d'un homme quelque chose de plus pénible et de plus poignant; les pleurs d'une femme attend rissent, ceux d'un homme brûlent presque comme du plomb fondu; on dirait que pour les lui arracher on lui enfonce une lance dans le cœur; en un mot» c'est pour eUes un soifliagemeat» j^our nous une tertiua.
cm.
Elle tU wakà Jb ceMoler« mais ne savaitcomment : n'ayant poinld'égaux, lien ^lut jusfu'à ce jour eûtéveillô sa sympathie, n'ayant jamais su ce que «i^était qu'un sentiment sérieux lit «risie^ naf quelques a^oeis bouéeius doit le nuage venait farina «iaoneir son front, ellie s'^leiuiaitque, si près de ses jreux, il y eût des yeux qui versassent des larmes.
Hais la nature donne plus d'instinct ^ue la grandeur ne
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DON JVkV, CHANT S03
peut en étouffer; et lors^iu» •eusIiOQ /brte, bienqu'é» trange, vient l'émouvoir.,. — le cam 4kf taMi «tt «i sol û fBtToiable au développemeiK 4es sentiments tendres! A qidfae nota jettes mffmAemmwi^ dans toutes les sitaatisuy ûBmm le SoMiitain» «ttes vesseal «r dm fcieiswes c le «I nÉuOe? • 4^4esC «M ^ Oalbeyaz, scbs mmit paurqupi, settfeit ses yeux s'hsmecter d'ane étra^e «oiteur.
Mais les larmes ont une fin comme toule autre chose. Juan, qui s'était livré à un tel épanchemcnt de douleur en s'entendant brusquement demander ^tt aoait aimé, rappela bientOl la fermeté dans ses regards, auxquels la faiblesse qu'il se reprochait avait donné an notird édat; et» bien que MisBrfe à la Iieaiil6»tl s'infignade urètre pas Vbie.
Gulbeyaz, pour la prt miore fois de sa vie, se sentît fort embarrassoe : car elle n'avait jamais entendu autour d'elle que des prières et des louanges. Comme, d'ailleurs, elle risquait sa vie pour se procurer un confortable tête-à-tête avec celui auquel elle se proposait de donner des leçons d'amour, perdre le temps était pour elle un vrai martyre^ et d^ il s'était écoulé près d'un quart dlieure.
CXXUL
A ce propos, je me permettrai de dire aux messieurs le temps précis qu'on accorde en pareil cas, — je veux dire dans les pays méridionaux. Quant à nous, on nous laisse plus de latitude; mais ici un léger délai est un grand crime. Rappelez-vous donc que, par grâce singulière , vous n'avez tout juste que deux minutes pour votre déclaration: — une seconde de plus yous perdrait de réputation. '
cxxnr.
Celle de Juan était bonne, et eût pu être meilleure encore; mais il avait Haïdée en tête. Ceci peut sembler étrange, mais enfin il n'avait pu encore l'oublier, ce qui le faisait paraître excessivement im]ioIi. Gulbeyaz, qui le regardait comme son débiteur pour l'avoir fait conduire dans son palais, corn-
504 OEUVRES DE LORD BYROîf.
ment^a k rougir jusqu'au blanc des yeux, puis devint pàle comme la morl, puis rougit de nouveau.
Eofiot d'un air tout k fait impérial» elle posa sa main sur la fliemie» et, fizani sur lui des yeux qui, pour persuader, n'a? aient pas besoin d'un empire, elle cheicha dans les siens un amour fu'elie n'y tiouTa pas. Son liront se lembrunit, mais sa bouche n'articula point de reproches : ce moyen est le dernier qu'emploie une femme orgueilleuse. Elle se leva, et, après un moment de chaste hésitation, elle se jeta dans ses bras, et y resta immobile.
L*épreuve était périlleuse, et Juan le sentit; mais il était cuirassé par la douleur, la colère et l'orgueil. 11 dégagea doucement ses bras d'albâtre, et la lit asseoir, faible et languissante, à son côté; puis il se leva avec fierté, promena autour de lui ses regards ; puis, les reportant froidement sur Gulbqras, il s'écria : c L'aigle captif refuse de s'accoupler, et moi je ne veux pas servir les caprices sensuels d'une sultane.
Gxxvn.
c Tu me demandes si je sais aimer ! Juge â quel point j*at
aimé, puisque je ne faime pasl Sous ce lâche déguisement, la quenouille et les fuseaux peuvent seuls me convenir. L'amour est pour ceux qui sont libres ! La splendeur de ces lieux ne m'éblouit pas... Quel que soit ton pouvoir, et il est grand sans doute, en vain autour d'un trône les fronts s'inclinent, les genoux fléchissent, les yeux veillent» les mains obéissent, — nos cœurs sont à nous seuls, t
Gxivm.
C'était là une vérité on ne peut plus triviale pour nous, mais non pour elle, qui n'avait jamais rien entendu de pareil ' elle s'imaginait que le moindre de ses commandements devait être reçu avec transport, et que la terre n'était faite que pour les reines et les rois. Si le cœur est placé du côté gauche ou du cMé droit, elle le savait à peine, tant est grande la perfection à laquelle la légitimité amène ses
croyants héréditaires , élevés dans la coBScieuce de leurs droiu relata sur les hommes.
lyailleiirs» comme nous Tavons dit, elle était si béUe, <iae» mtoe dans une condilioii beaucoup plus humble, eûe eûl pu faire d'un mortd un roi ou allumer un incendie ; et puis il esl k présumer qu'elle comptait un peu sur ses charmes^ rarement mis en oubli par celles qui les ont. Elle estimait que sa beauté lui donnait un double droit divin, et je partage à moitié cette opinion.
0 vous qui, dans votre jeunesse, avel eu à défendre votre chasteiilî contre les attaques désespérées de quelque douairière amoureuse de vous au temps de la canicule, et qui ravez blessée par vos refus, rappelez-vous, ou, si vous ne le pouvez, iigurezoTOtts sa rage, et remettez-vous en mémoire tout ce qu'on a dit et écrit sur ce siyet! Ët puis supposes uno beauté accom^o en pareil cas.
Supposez , ^ mais vous aves supposé l'épouse de Potiphar, lady Booby Phèdre et tous les bons exemples que rhistoire nous présente dans ce genre. Quel dommage qu ils soient si peu nombreux , ceux que citent les poëtes et les précepteurs pour votre instruction, ô vous, jeunesse de l'Europe! Mais, quand vous aurez évoqué le souvenir du petit nombre que nous connaissons, vous n'aurez point encore une idée de la colère qui se peignit sur le front de Gulbeyaz,
Une tigresse à qui on dérobe ses petits » une lionne ou toute autre intéressante béte de proie, sont des comparai* sons qui s'offrent d'elles-mêmes pour peindre la désolation des dames contrariées dans leurs volontés; mais, quoique je ne puisse me contenter à moins, ces similitudes n'expri** ment pas la moitié de ce que je voudrais dire : car qu'est-ce que le chagrin de se voir enlever un ou plusieurs enfants, comparé k la douleur de perdre toute espérance d'en avoir?
206 CBmrEis »e lord mbON.
L*amour de la progéniture est la loi générale de la nature^ depuis la lionne et ses lionceaux jusqu'à la cane et ses canards. Ruai n'aiguiat leur bee m Im» griffM Mme une ÎÊvmiMk pMM levft mumtÊÊÊB m Im msfét^ el ^(«t*
w BPitaitiBt MX crii^et aas nrei de lemmÊnOB, Or, pewM pes.fàiiitter plue leiiglaniie fein peftianee, on peal juger parlaftitedelVMydelaiMMeeliMieplus grande
de la cause.
Si je disais que le feu sortait des yeux deGulbeyaz, ce ne serait rien dire : — car ses yeux lançaient continuellement des flammes; si je disais que ses joues se couvrirent des teintes les plus yives, je ferais seulement tort au teinturier l car rexpressios de sa pasëioa mit quelque chose de surnatttrri. Jamais, ee jour, m se«l de ets désirs n'aiail
été contrarié : toob qui Bavet ce qm c'est fn^ne. ftmiw eontrecanée (et le nombre est grand de ceux qui savent eda), fOBS ne sanîcK fom frire one idée de eell»-ci.
GZXXT.
Sar ferenr ne dura qu'une minute» et ee IM fM kcmiix :
— un moment de plus reùl tuée; mais l'intervalle de sa durée fut comme un coup d'oeil rapide jeté sur Tenfer. Il n'y a rien de plus sublime qu'un courroux énergique, horrible à voir, mais grandiose à décrire, pareil à l'Océan faisant la guerre aux rochers d'une île. Les passions profondes qui flamboyaient dans toute sa personne faisaient d'elle comme un bel orage incamé.
cxzxfr,
CSe iOfsH compnerme tempête fiilgaiie à m typ^n ^pio ée mettre en parallèle «ree ee rage nne fmreur ecMosmone, et eependtnt éO» ne sentit pas le besoin de ^élftnoerdans In hme, comme le modéré Betspnr de notre barde kimortel :
sa colère prit un diapason moins élevé. Ce fut peut-être
le résultat de la douceur de son sexe ou de son àgo. — D'ubord^ elle se filt vulonliers écriéej avec le roi Lear ; « 1 uc *
DON JUA5. ClfA!1T ▼. 9&t
tue ! tue! » mais bieulôt s&sail de sang s'éleignil dan» les
jmtkt et ywsa sans lAraks* —Par k £Mt«, ello m poiiwK parles. A la fia» la hoBle AalaràlA km saAsefiijour. Ittsqae-là» M wmiwiwrt. mlft été ISubla ea élla; mais alai» û s'épaaeka Ubcanent, conn» l'eau k teams «as subite
issue : car elle se sentait bunoiiliée, et aux peyrsofloes de soa rang riiumiliaUoa esl parfois utile :
CXXXVIII
Elle leur enseigne qu'ils sont de chair et de sang; elle leur donne aussi à entendre que les autres» bien que d'argile, ne sont pas tout à fait de boue; que les urnes et les crucbes sont sœurs » — également fragiles» et l'œuvre du même potier, bien <iQe n'étant pas nées des mCmes pères et mères : elle ensei^e, — Dieu sait tout ce qu'elle peut eoseîgner; parfois ses leçons corrigent» et très souvent elles vont kleur but.
Sa première pensée tal de couper Ta tête de Juan ; la se*
conde, de se borner h couper — court U sa connaissance; la troisième, de lui demander où il avait été élevé; la quatrième, de l'amener à repenlance par la raillerie; la cinquième, d'appeler ses femmes, et de se mettre au lit; la sixiùme, de se poignarder; la septième, de condamner Baba à la bastonnade ; — mais sa grande ressource fut de se rasseoir, et de pleurer, comme cela va sans dite.
EUesoageaàsapoigBaider; mais à cda il y avait onior convénient, e^est qu'elle avait le poignard sons la main; car les oorsels, oiOriait, ne sont par rembourrés, de série qo'im poignard les traivetse pour peu qu'on frappe fort; elle songea à tuer Juan,— > mais, bêlas! le pauvre garçon! Bien qn'H Peûl mérité par son peu d'empressement, lui couper la tôle ^ n'était pas le moyen le plus sur pour arriver au but, — C^eslà-diie à son cœur.
CCUtRES DE LORD BIBOH.
Jaan fat ému ; il avait pris son parti sur la chance d'élre empalé ou coupé par mmeaux pour servir de nourriture aux chiensy ou mis h mort au milieu d'affreuses tortures, ou jeté aux lions, ou donné en amorce aux poissons; et c'est ainsi qu'il s^élait héroïiiuement résigné h tout, plutôt que de pécher, — à moins que ce ne lût de son plein gré ; mais tous ces grands préparatifs de mort se fondirent comme de la u^i^c devant les pleurs d'une femme.
De même que Bob Acre sentait son courage lui glisser des mains, de même la vertu de Juan se relâcha, je ne sais trop comment; d'abord il se demanda comment il avait pu refuser, puis s'il était temps encore de faire sa paix ; puis fl accusa sa sauvage vertu, conmie un moine se repent de son vœu, ou une dame de son sennent, repentir qui se termine habituellement par une légère infraction aux deux engagements.
Il se mit donc h bégayer quelques excuses; mais, en pareille matière, les mots ne suffisent pas, dussiez-vous recourir à tout le vocabulaire des muses, au caquet le plus fashionable d'un dandy, ou à toutes les métaphores dont CasUereagh fait abus; au moment même où un languissant sourire commençait h le flatter de l'espoir d'obtenir sa grâce, mais avant qu'il osât s'aventurer plus loin, le vieux Baba entra un peu brusquement.
« Épouse du soleil et sœur de la lune! » (ce fut ainsi qu'il s'exprima) a impératrice de la terre, qui, par le froncement de vos sourcils dérangeriez Tharmonie des sphères, et dont le sourire fait danser de joie toutes les planètes, votre esclave vous apporte un message, — il espère qu'il n'est pas venu trop têt,— un message qui mérite peut-être votre sublime attention : le Soleil en personne m'envoie, coomie un ra^ on, vous annoncer qu'il va venir id. s
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DON JUAN. CUANT V.
« Est^e comme yous le dites? » s'écria Gulbeyaz; cpiAl aaeîd qu*il ne voulût pts briller aigourd'hui! Mais dites ^ mes femmes de former la voie lactée. Allez, ma vieille comète! avertissez les étoiles; et toi, chrétien, mèle-loi avec elles comme tu pourras, et si tn veux que je te pardonne tes mépris passés... » Ici elle fut interrompue par un murmure coafus, puis par une voix qui cria : «Le sullan arrive! »
D'abord vinrent les femmes de Gulbeyaz, en file respectueuse ; puis les eunuques blancs et noirs de Sa Haulesse : le cortège pouvait avoir un quart de mille de longueur. SaMajeslé avait toujours la politesse de faire annoncer ses visites longtemps à Tavance, surtout de nuit; car étant la dernière des quatre épouses de Fempereur, elle était, comme de raison, la favorite.
Sa Hautesse était un homme d'un port grave, coiffé jusqu'au nez, et barbu jusqu'aux yeux; sorti d'une prison pour
monter sur le trône, il avait depuis peu succédé k son frère étranglé; c'était un aussi bon souverain qu'aucun de ceux dont il est fait mention dans les bisloires de Canlemir et de Knoîlès, où il en est bien peu qui brillent, à l'exception de Soliman, la gloire de leur race.
11 allait k la mosquée en grande pompe , et disait ses prières avec une « ponctualité plus qu'orientale; » il abandonnait k son visir toutes leis affaires de l'État, et montrait bien peu de curiosité royale; je ne sais s'il avait des soucis domestiques; nulle procédure n'attestait Texlstence dédis* cordes conjugales; quatre femmes, et deux fois cinq cents concubines, toutes invisibles, ne donnaient pas plus d'embarras à gouverner qu'une reine chrétienne.
S'il survenait par-ci par-là un faux pas, le crime et la crimineile faisaient peu de bruit; l'histoire n'en passait guère que par une seule bouche ; le sac la mer réglaient tout sans
délai, et gardaient fidèlement le secret; le public n'en savait 1^ plus que ce vers; nul scandale ne fatsait de la preue
Il fogr«l4e «es pmfnm fmoL qf» ia luae «bI «oade» et élail eertak qm fat 4me '«rt «anée^ attoida fu'il avait voyagé à àtkqauBtft laittes de diiiaBoe 6t«'i«att vu «neuB
signe qui indiquât qu'elle fût circulaire ; son empire était sans limilcs ; il est vrai que ia paix en était un peu troublée
çà et lîi par des pachas rebelles et des giaours envahisseurs ; mais il faut dire auâsi qu'ils ne v<enaienl jamais jusqu'aux
Esosplé dans k persoana de leurs ambassadeurs, qu'on y envoyait loger dès qa*iuie guerfe éclatait, conformément au véritable droit des gens, qui, en effet, ne saurait vouloir que des MiBérables a'ayant jimais tenu une épée daas leurs sales oiaîBS diplcmuliques, tnîssaiil «ilialer leur fiel, bfeulUer Us gens, et lédiger tnaqnillement leurs mensonges sous le aoBi de dépêches, et teut oela «ans courir de risque, sans s'exposer même à voir roussir un de leurs favoris noirs.
11 avait cinquante filles el quatre douzaines de fils ; quant aux filles, dès qu'elles étaient graudes, ou les confinait dans un palais, où elles vivaient comme des nonnes, jusqu'à ce ^'un pacha fût investi de quelque fonction lointaine^ alecs, celle dont c'était le tour était aaciée euf-le-ch^Di, fuelfue- ItMS àTA^s de sizaM« -*Ciela feut punltre nagi^, nais c'est ygai ; la raison en est ^ le yinAa est (bmi defiadieuA piésenià son besn-pèfe,
CLia.
Ses fils étaient retenus en prison jusqu'à ce qu'ils fussent en âge de remplir un lacet ou un trône, l'un ou l'autre; mais les destins seuls savaient lequel des deux; dans l'intervalle on leur donoait une éducation de .prince, conuue les
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MM nuK. omwt Sll
preuTes Tout toujours démoM» si bien que Théritier piésoflflif étMfc4ioiwé<gakBMiit<dKgae ëo la ^ounoe ct^ la 001— naît.
Sa Majesté salua sa quatrièrae épouse arec tout le cérémonial de son rang; celle-ci éclaircit ses yeux brillants, et adoucit son regard, comme il convient à une épouse qui a joué un tour k son mari ; ces femmes-lk sont tenues de paraître doublement attachées au maintien de la foi conjugale, pour sauver le crédit de leur banque en faillite : aucun époux uexeçoit un aooaeiiaiBn'Ooniiai que^éhii que sa leuaie a qaatifiépMrJafttadis.
te IhataMO fBMeaaat. autour d^a aet gsads fenx aai]B»«t» lea anâlaal sur les jsuias mies» selon son Mit* tflle» apesQHft laaa éégaiBé au mSiea d'ellos œ qui i» lui causa ai surpciseiB aéeontenlenMt; seaMaieut, s'adres*
sant d'un air sage et posé h Gulbeyaz, qui s'efforçait de comprimer un soupir égaré, il lui dit : « Je vois que vous avez acheté une esclave nouvelle ; c'est grand domsuige qu'une simple chrétienne soit si jolie! »
Ce compliment, qui attira tous les regards sur la vierge récemment achetée, la fit rougir et trembler. Ses camarades se crurent perdues. O Maèioaiiet ! fallait-il que Sa Majesté fit taflt é*alleatio& k mt giaour, tandis que ses lèrres impé» riales n'ayaient presque jamais adressé la parole k Tune d'elles! H se fit un mouvement et un cbucbotement générali laak l^éliqaellaM fêtait à personne tterieaiier
CtTII.
îjes Turcs font bien, — du moins quelquefois, — d'enfermer les femmes, — parce que, malheureusement, dans ces climats funestes, leur chasteté n'a pas cette qualité astringente qui, dans le Nord, empêche les crimes précoces, et rend notre neige moins pure que nos mœurs : le soleil, qui dissout chaque année les glaces du pôle^ produit sur la vice un effet tout aoBtraîre.
CEUVRES D£ LORD BYROM.
CLTIU.
C'est ee qui fait qu'en Orient on eet extrêmement rigidd. Dans ce pays-là mariagê est qrnonyme de eadenoê^ a?ec cette différence que le premier» une fois qu'il a été crocheté» ne peut plus élK remis en place» gâté qu'il est» comme une pièce de bordeaux mise en perce. Mais lalknte en est à leur polygamie. Pourquoi aussi ne pas pétrir à toujours deux âmes vertueuses, pour en composer ce centaure moral qui a uom l'homme el la femme?
Ici s'arrête noire chronique; nous allons donc faire halte; non que la matière nous manque ; mais, conformément aux vieilles lois épiques, il est temps que nous carguions les voiles» et que notre poésie jette l'ancre. Pourvu que ce cinquième chant soit dûment applaudi» le sixième aura une teinte de sublime; en attendant» puisque Homère doit qud* quef6is» vous Youdres bien permettra à ma muse de prâidre un petit somme.
mjES DU CHANT CINQUIÈME.
t (buamo ftu9» Cette expreseioii d'Homère a été beeaooop critiquée : elle ne répond point à noe idées aUanUques lor l'Oeétn ; mais elle s'ap* pliqne suflnsammentàl'HeUespont, ea Boepliore et i U mer Égée, tonte
parsemée d'iles.
s Le Tombeau du Géant est une colline sur le rivage asiatique, et qui sert de but de pèlerinage pour les dévots, comme est Barrow ou Uigbgate.
HOBBOUS£.
•On donne ce nom eus légèrei et élégantes terqucs qui ornent les qotis de Constantinople.
^ An moment où loid fiyron écrivait ce ebant, le procès de la miUMa
reuse reine Caroline, accusée, entre autres crimes, d'avoir eu pour amant son cliambcllan Bergami, qui avait commencé par être courrier, occupait vivement l'aticntion en Italie et en Angleterre. Lord fijfroa fait souvent allusion aux troubles domestiques de Georges IV. S « OubUensdtt tembeen» ta coBtinis dM maiscne. a
Boaàci»
9C$ 9ui s'exprime en anglsîs par whkh, et en éecssslt par wkiBu Comme il s'agissait de rimer avec milk, îaU, on conçoit que, dans son pré* tendu embarras, le poète a dû recourir au mot écossais. If, du Trad* ' 7 Personnage de Jouph Andrews, roman de Fieldiof •
DOlf 3VAV. APPENDICE AIT CHAUT T. 213
^ llutnan nursery. Ce mot nous manque ; il désigne la parcie du logis réservée MX eiil)uitt.OB^tjMiiatr«,p^nt*lmlâilrt: pourquoi pasfMWw riefotW? Dam 1» créttSon des mots noaTeens, U firak accorder à on trto daeteur quelque licence. N, du TraA,
APPENDICE AU GHAIVT GnVQUIÈlIE.
APonmaciiBs db bagou.
On Ut dam le Icumal de Bfron, 5 JanTier 1821 : « A quatre bearei « dn matin, j'ordonnai à Ftetcher de copier iei»t ou hnit apophthcgmei de Baeon dans lesquels j'ai déconvert des fautes grosslèr» qu'on écolier ne commettrait pu. Voilà les savants 1 Si un ignorant conna peut découTrir de pareilles tMdonrdises, qae doit^n penser du reste ? Je vais me mettre an lit, car Jo tronvo que je deriens «orniquo» »
AtOraTREGHES nilAGOII. OBSBBTATIOIIS.
Michel-Ange, le fameux peintre, pei- Ce n'était pas le portrait d'ua gnant, dam la chapelle du pape, un t»- cardinal, mais du maître des cébleau de l'enfer, fit un des damnés si rémonies dO la cour pootilicale,
ressemblant à un des cardinaux, lequel , était son ennemi, que chacun reconnaissit Forigioal dans la copie, à la première Tue. Les eboses en vinrent à ce
point que le cardinal s'en plaignit au pape Clément, le priant de faire effacer cette figure. Le pape lui répondit :« Ne savez-vous pas que je puis retirer une âme du pui^toire, mais HOU de Tenfer.
Après le passage du Granique, Darius Ce fut après la bataille d'Issus, fit à Alexandre les propwitiomles plus pendant le afége de lyr, et non séduisantes; cclui-ci ayant consulté ses aussitAtaprès le passage du Gragénéraux pour savoir comment il devait nique, que Darius fit ces proporépondre , Parménion dit ; « Certaine- sitioos A Alexandre, ment j'accepterais oes oll^ si j'étais Alexandre. » — « Et moi aussi,» dit Alexandre, « si j'étais Parménion. •
iMtqu'on tint dire à Antîgono que Ce mot n'est pas d'Antigone, les ennemis lançaient des flèches en si mais de Léonidas, avant le cm* grand nombre que le soleil en était ob- tetdcs Tbermopyles» ficurci: «Cela se trouve à merveille, car il fait chaud, dit-il, et nous combattrons à l'ombre.»
Un philosophe discutait avec l'cmpe- Celte anecdote appartient au reur Adrien , et discutait très faible- règne d'Auguste, et non à celui ment; un de ses amis, qui l'avait en- d'AdHen«
tendu, lui dit en sortant : « 11 me semble que vous n'étiez pas le même qu'à votre OTdin«ir6; fantaiB nten'répondirqar TOUS si je l'aTais toqIu. m — « Comment
voulez -vous, répondit le philosophe, que je lutte contre ua homuM ^ui conir mande trente légions?*»
Cn homme découvrit un jour une Ceci arriva au père dHérod© grande somme d'argent enfouie dans la Atticus, et cette réponse fut faite maison de son père, et, se sentant ftïrt par l'empereur Nerva, qui mëri* amlniniiirtjl iloriTlt t l'niiipiTriinr pli tatt <|iiê loii nem se fftt paso»ftvait tronvé un trésor; l'empereur lui bllé par le plus grand, le plue écrivit : » Uses-en. » L'homme au trésor sage, le plus méycUable de UliUi répondit que sa condition et son état ne les hommes : hii pennettaieiii pas dfosep d\ine si Tf^porhiOlun fJU», think hoto graoïie sonrno ; l eafSMiv lui émtàt Bacon shineii^
de nottvesft » « à tmm en* • lAs «îWA^, hrighttat, meanesê
. * of mankind. PoPB.
fJu te aeyt lagea a dit (jua les loia Ce mot est du Scythe AnaBne»' étaient comme des toiles d'arait^née : Ù8» ai Dqa Gl«96t les petits s'y prenaient, les grands pa*-salent au travers.
Un orateur athénien dit à Démo- Ce propos n'est pas de Démo- Etlu nés : « Les Athéniens vous tueroat 8tbène8,inais il fût tenuàDemos'ils deviennent fous. » Démostbèns» SthèMS fVt Fbociail. répondit : « Et ils tous tneront sllssssrtent dans leur bon sena.»
Soaa Tibère, un philosophe, voyant le Ceci a été dit, non paa de Calne
eiractèfe de GSI«s»dit ;« C'est 4» (CW|pd%ie péwMMC), Mtedft boue détrempée dans da sw^ a IShtotM laêam
Un roi de Hongrie fit un évêque pri^ Catte réponse oe fiit paa fait» aonoferaamfliendMmebataille^lepa^ an papa par an roi de Hoagria^
lui ayant écrit qu'il violait les privilèges nais par Richard Cœur de Lion, de la sainte Église en retenant an de en envoyant au pape la cuirasas ses fils, le roi lui envoya l'armure dont de l'évèq^ip de iiuauvala, l'évêque était revéta an moment oli tt avait été priSt avec ces mots i fida mim hœç êU vestis pUi UàU
Une vieille femme ofDrait une pétitiOB Ged wMhm pelai b Béméb Démétrius, roi de Macédoine- cebi»- trias » mla à PMUft»» Ni- ^
ci repondit qu'il n'avait pas le temps; Vasédelne» alors cette vieille élevant la voix: «Que ne chargez'vous un autre de régner?»
DOH J4TÀN. APPENDICE AU CBANT V. 215
YOLTAlUk
Ajint «fHieé vie Bfeoon <tail aoixfeiit inoaet dant Mt dtoUoDi hiatoriqaesyf alero néeamire de donner quelques exemples ta hsf ssrd à rappai de mon asiertton. Ge ne sont qae des erreurs lans importance. Cependant, pour de pareilles errenis, un écolier de qoetrlème serait fouetté ; et cTest pour avoir commis une demi-douiatne d'erreurs semblables que l'on a* traité Voltaire d'écrivain superficiel, Voltaire, dit Warton» écrivain de recherches profondes beaucoup plus qu'on ne se l'imagine, et qui a dévoilé la littérature et les mœurs des époques encore barbares aree une admirable sagadté et une grande pénétration» Si Ton veut un second témoignage en faveur de Voltaire, on peut consulter l'excellent ouvrage de lord Holland sur la vie et les écrits de Lope de Vega» 1. 1**, p* 316, «dit. de
Voltaire a été appelé un écrivain superficiel par ce m8me homnie« de celte mGme école qui appelle l'ode de Dryden une chanson d'homme ivre ; cette école (elle s'appelle ainsi, je crois, parce qu'elle n'a pas encore complété son éducation), avee toai son bagage d'épopée et d'excursions, n'a rien produit qui Taille ces deummots dans 2e£r« t Vous pleurez !
... II est trop vrai que l'honneur me rordonae» Que je vous adorais, que je vous alMLudoime, Que je renonce à vous, que toos le désirez, Que 8008 one antre loi... Zaïre, voiu VLBuaBSI f
ou un seul discours de Tancrbde. Toute la vie de ces apostats, de ces renégats, avec leur morale au thé et leurs trahisons politiques, ne peut offrir, malgré leurs prétentions à hi vertu, une seule oeiîMi qui égale ou approdie la défense de la CsfloiUe de Calas parée grand et Immortel génie. Voltaire l'iuriMnall
le me mis aventuré i faire remarques eetle Ébsurdité « d'un, des plus grands génies qu'ait produttarAngletetre, et peut-être le monde entier^ • pour pronter combien nous tommes iq^ostes en condamnant le plus grand génie de la Franaa en raison d'inadvertances dent ne sTest pas fidi faute le plus grand génie de fAngleterre. Deminb t Bacon élaitrU une pljitg;niide InteiHgaaee tue NewiOD?
CAHFBELL.
Me trouvant en humeur de critiquer, je veux, après avoir relevé tes erreurs de Baooo» dire deux ou trois mots, en pasMuit, de Ton*
S16 CBIJTRES LOR» BYItOII.
rrage sur les poliles anglais par Campbell, si célèbre à bon droit, le fais ceci dans de bonnes intentions , et j'espère qu'on ne s'y méprendra pas. Si quelque chose pcavait ajouter à l'estime que je professe pour le talent et le caractère de H. Campbell, oeienltiaglo» rieuse, classique et hoDonble défeDM de Fope contre te eani yoIgsiredujour, ctGmb-etreet.
Let ioadvertanees dont je veux parler lont eellea-dt Premièrement» en parlant d'4Dstqr« H raeenie d'avoir pris set principaux earaelèrei dans Smolett. Or, te Guide à Baih d'Anttqr fol publié en 1766» et Humprqf CUnkir^ de Smotett (te mal ouvrage de Smolett auquel 11 ait pu prendre te caractère de Tabitha), tûi éerlt pendant la dernière résidence de Smolett à Leghoroi en 1770. SI quelqu'un • emprunté, Ânstey eit te eréaneter et non le débiteur. Je m*en rapporte aux oropres dates de M. Campbell dans les Tlei 4ê ÀêoUu et dAnutif.
Secondement, M. Campbell, dans Ufledê Cowper (note à te p. 8S8, t. Il), dit qu*ll ne sait de qui Cowper veut parler dans ces deux vers:
JHot he who, fbr the bane of thonaands boni, Boilt Qod a ehurch aod laàgh'd bis word to scom.
Le calviniste désigne ici Voltaire et l'Eglise de Ferney, avec son inscription : Deo erexit Voltaire.
Troisièmement, dans la Vie de Burm^ M. Campbell cite aussi Sbakspeare :
To gild refined gold, to paint the rose Or add frtsh perfumo to the violet.
Cette leçon n'est point conforme au texte original i
To gild Ttfiintd gold, to paint tkê Ifly IV> thr€w a fffvimê on tkê ftkUL
Un grand poète qui en cite un autre doit être correct. Il doit aussi être exact lorsqu'il accuse un frère du Parnasse du crime terrible d'avoir emprunté. Un poCte peut tout emprunter, sauf de l'argent, de préférence aux pensées des autres : car il est sûr qu'on les lui rédamera; mais il est dur, lorsqu'on est le prêteur, d'Ctre dénoncé comme débiteur ; et c'est le cas d'Anstey vfs-à-vis de Smolett.
Puisqu'il existe un honneur parmi les voleurs, qu'il y en ait quelque peu parmi les poètes ; et personne n'y peut contribuer plus effleBeemailquell.CaiBpbell, qui possède uae réputation si bien établie d'originalité, et qui est to seul po6te de BOtfu époque, excepté Rogeis,
si
DON JUAN.— *I»R£pACE KS CHANTS TI, VU ET Vf II. Si 7
auquel on puisse reprocher (et dan» ce cas c'est un reprocUe véritable ) d'avoir trop peu écrit. Ravennet 5 janvier 1821.
On lit dans le loumat de lord Byron, 10 janvier 1821 : a Lu les MFttf de Gampbelly corrigé quelques lapsus ealami ; un bon ou- Trage, —quoiqu'en style «flèeté • naie li D0uit€ dê Pope est glorieine.*-!! est mi que e^est également sa eaiise.—N*importe^ ~ tfttX on tiéa Inmi oumge, et qui lui tût grand honnenr, •