‹ Œuvres complètes de Lord Byron Don JuanChapitre 63 sur 98 · IK)N JUAN. CUANT TUI · texte numérisé non relu

IK)N JUAN. CUANT TUI

de soucis, mn^n jour les méves mm peayent tous atteindre] En «ttendant, les impMs, Cftstiereagb et la deUe sont des easeigiiinMBlsj^iii vataâ hien des sermons on des ▼ers. Interrogez votre propre ccrar «I llusUnie aetoelle de l'Irlande» puis tâchez de nournr sa làmine avec la gloire de Wellesley.

Néanmoins, pour une nation palriote qui aime tant son pays et son roi, il est un sujet d'exaltalion sublime.— Porlczle, Muses, sur vos brillantes ailes! En vain la dévaslalion, sauterelle redoutable, dépouillera vos plaines verdoyantes et dévorera vos moissons, jamais la famine n'approchera du trOne;— -l'irlaniie pem mourir de iaim, le gicand George p^ deux quintaox.

Mais Ismiwms ee suîet : c'en était iéit dlsmaâ; malheureuse TiUe! l'ineendie de ses tours se reflétait au loin dans le Danube qui coulait des flots de sang. On entendait encore l'aflirenx hurlement de guote et les cris aigus des

victimes; mais le bruit des détonations allait s'afTaiblissant; de quarante mille guerriers qui avaient défendu ces remparts, quelques centaines vivaient encore^ •>«• tout ie reste était silencieux.

Néanmoins il est un point sur lequel nous devons rendre Justioe à Tarrnée russe en cette occasion : je veux parler d'une vertu fort b la mode par le tenfs qui court, et conséquemment digne de eommémoiation; le sii^et est délicat, aussi le sera ma phtaae; ^ peut être que la rigueur de la saison, les longs campemtwH an cmur de l'hiver» le manque de repes et de vivres, les avaient mndas ebastesi — mais eain il se commit peu de viols.

On tua beaucoup, on pilla plus encore; il y eut bien peutêtre aussi, par-ci, par-là, quelque violence d'une autre espèce; — mais rien qu'on puisse comparer aux excès qui ont lieu

quand les Français» cette naUon dissipée» prennent une ville

300 OBinnss db lobb bybob.

d'assaut, le ne devine à cela d'autre cause que le froid et la commisération ; mais ce qu'il y a de certain, c'est que toutes les daines, quelques centaines exceptées, lestèrent presque aussi vierges qu'auparavant.

11 faut dire qu'il se fit dans les ténèbres quelques étran^^s méprises qui prouvaient l'absence de lanternes ou de goût : — et, en effet, la fumée était si épaisse, qu'on avait peine U distinguer un ami d'un ennemi; d'ailleurs, la précipitation fait naître, quoique rarement, ces quiproquo, alors même qu'une faible .clarté semble devoir garantir les chastetés vénérables; quoi qu'il en soit, six vieilles filles, ayant chacune soixante-dix ans, fùrent déflorées par divers gre* nadiers.

CXXXf.

Mais, somme toute, la continence des vainqueurs fut

grande; tellement qu'il y eut plus d'un désappointement parmi certaines prudes sur le déclin, qui, sentant les inconvénients du bienheureux célibat, s'étaient d'avance résignées, vu surtout que ce n'était pas leur faute, mais celle du destin, à supporter celte croix et k contracter une sorte d'iiyménée k la Sabine, exempt de frais et de délais matri- - moniaux*

Dans le tumulte s*éleva la voix de quelques commères d'un Age mûr (ces oiseaux, las de leur cage, n'étaient autres que des veuves de quarante ans], et on les entendit demander « si le viol n'allait pas bientôt commencer. » Mais dans ceUe soif dominante de meurtre et de pillage, il n'y avait guère place pour des péchés superflus; quant à la question de savoir si ces dames échappèrent ou non, c'est un mystère non encore éclairci -, — seulement, je fais des vœux pour rafûrmalive.

Souwarofî était donc vainqueur, — digne émule, dans son métier, de Tamerlan ou de Gengis. Tandis que sous ses yeux les mosquées et les rues se eonsumaient comme du

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chanvre, et que le canon continuait k mugir, il traça d'une main sanglante sa première dépêche; voici ses paroles textuelles: — « Gloire à Dieu et à l'impératrice! » Puissances éternelles 1 accoler fie tels noms! ) < Ismaâ est à nous »

GXXXIT.

Il me semble que depuis « Mené, Mené, TdLol, » et « Uphar* sin, » ce sont là les mots les plus terribles qu'une main ou une plume de guerrier ait jamais tracés. IKeu me pardonne !

je ne suis pas très fort théologien. Ce que lut Daniel élait

la sténographie sévère et sublime du Seigneur; le prophète n'écrivit pas de plaisanterie sur le destin des nations; — mais ce Russe bel esprit sut, comme IséroB, rimer en présence d'une ville en flammes

Il écrivit cette mélodie polaire, et la mit en musique avec accompagnement de cris de douleur et de gémissements; cette mélodie que personne n'oubliera, mais que bien peu chanteront^ j'espère : — car, si je le puis» j'apprendrai aux pierres à se lever contre les tyrans de la terre. Qu'il ne soit pas dit que nous rampions encore deYant les trônes; ~ mais vous, — enfants de nos enfants! rappelez- vous que nous avons fait voir ce qu'^^otenf les choses avant que le monde fût libre !

Cette heure, nous ne la verrons pas, mais vous la verrez; et comme, dans l'immense joie de votre millennium, vous pourrez k peine ajouter foi aux faits dont nous sommes témoins, j'ai cru devoir vous les décrire ; mais puisse avec eux périr aussi leur mémoire! — Toutefois, si leur souvenir arrive jusqu'à vous, méprisez-les plus encore que vous ne méprisez les Sauvages d'autrefois, qui feignakiu leurs membres fmt, mais non avec du sang.

GXXXVII.

Et lorsque vous entendrez les historiens parler de trônes et de ceux qui les occupaient, que ce soit avec le sentiment que nous éprouvons quand nous contemplons les ossements

302 OEUTRES DB LOfiO BTRON. ^

du mammoath, et qoe nous nous deBiandOM quel est le monde antique qui a ta de tdt êtres» on quand sens lisons sur des pierres égyptiennes des hiéroglyphes, agréables énigmes léguées h raTenlr, et noas tourmentons pour con* naître ce qu'heureusement peut-être nous ne connattronf jamais, la destination véritable d^une pyramide.

CXXXYIII.

Lecteur ! j'ai tenu parole, — du moins tout ce que le premier chant avait promis. Vous avez eu maintenant des esquisses d'amour, de temp^'les, de voyages, de guerre, toutes fort ressemblantes, vous en conviendrez, et on ne peut plus épiques f si la vérité simple n'y met point obstacle; car j'ai usé de beaucoup moins de drconlocuiions que mes prédécesseurs. Je chante sans art, mais Phébus me prête de temps h autre une corde,

cxtm.

Dont je sais tirer tour h tour des sons graves, mordants ou joyeux. Quant h ce qui advint on adviendra peut-être du héros de celte grande énigme poétique, je pourmis vous le dire si je voulais; mais, fatigué de battre en brèche les remparts obstinés d'Ismaël, il me convient de m'arrôter au beau milieu, pendant que Juan est en route pour porter la dépêche que tout Pétersbourg attend avec impatience.

Cet honneur spécial lui f\ii conféré parce qu'il avait fait preuve de courage et d'humanité; — celle dernière vertu plaltaux hommes quand ils respirent un instant des barbaries que la vanité leur impose. On applaudit luan d'avoir sauvé sa petite captive au milieu de la sauvage démence du carnage, — et j'ai la certitude quMl iht plus satisfait de cette action que de son nouvel ordre de Saint-IHadimir.

L'orpheline musulmane partit avec son protecteur, car elle était sans foyer, sans parents, sans appui ; tous les siens, comme la malheureuse famille d'Hector, avaient péri sur le champ de bataille ou sur les remparts; le lieu même de sa naissance n'était plus que le spectre de ce qu'il avait éié;

wm JWAif. ifOTRS mj chaw tiii. 303

]avoix du muezzin n'y annoiirait plus l'heure de la prière! —Et Juaa pleura» ût vœu de la protéger» et tint sa proiuesse.

NOTES DU CHâNT MtJrfflÉMB^

« Espèce de grillon, aussi nommé perce-bois, N. du Trad.

* Littéralement, de balles, de bombes ou d'enfers : tcilh ail sort of shtJt, and sclielU or kells ; l'autuur joue aur raoalogio de consounance enlro theUethHL N.duTrad,

* A hrothof o Itoy, litllnleiiiMir «i cflMMhmé de jeimesie. du Trad.

* Le proverbe portugais dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions.

* Rue fashionable de Londres, dans le quartier de l'Ouest. N. du Trad.

* C'est sous le titre d'Elégant Extracts^ extraits élégants, que se publient, en Angleterre, la plupart des recueils contenant des morceaux choisis des poètes et des prosateurs. d% Trad,

YDfniiMrtirdaJehii. N^dmTraid.

i On sait que rarrivéeda corps pmsaieii do Blfleher décida la bataUto

de X^'aterloo. Voir le Mémoire du général Gourgaud.

® Le BtxonkM de Pisiol ait vue eomption de IHtogrum daaa Sliak» speare.

Which in our facet stare, qui nous regardent en face. N. du Trad, '1 11 y a des gens qui aiment les solitudes les plus sauvages. Le général Boom, un des premiera eoUms da Kntucky, était an homme de ce carao» tère. A Tige de 70 ans, il a'eat retiré nh-delà da Hfasmiif , dana on Haï qai porte son nom, et qui eat éloigné de deux cents milles de la dernière ferme civilisée, espérant à cette distance être à l'abri de tout Tisitèur; m^s les hommes blauca Tont rattiapé, et il a recalé sa deneore da deoK cents mili*'s.

1* L'homme de Ross est, dans Pope, le type de la vieillesse heureuse» oomna, dana Virgile, le vieillard 4n Galèae« Vair laa Qéorgiquu, N, ét Troâ,

Un eavoUér eal «ne élévation de terrain boidée^tan parapet at «fdi-

sairement située à la gorge d'an baatioo.

Ordre militaire de Russie, Dans l'original russe :

SUT» bogo! ilara Tain!

Krtpott Tuli 7 îa tsm*

Sorte de refrain, car il était poète.

M u. Tweddell, qnl vit Sonwaroir dana nncratee» dkt «CM Ml tmo» tère des ploa aingniiera ; n dînait chaulé lutin à Mtf lMirM.M II daiw

malt presque nu;— il affectait une parfaite insonoiaisf dnftnid Ot éê

chaud, et quittait sa chambre, oîi l'on suffoquait, pour passer ses troupes en revue, à peine vêtu d'une chemise de toile, lorsque le ihernioraèlre do Réaumur marquait dix degrés au-dessous de la glacei —Ses manières of*

804 OTOTRES DE LOR» BTRON.

fraient le même cachet d'origiu&lité. Uo joui- que je dînais avec lui, il me cria de l'autre boQt de la table : « Tweddell, les Français ont pria Port» imoaih ; Je vieoa de lecerolr un courrier ^An^eterre ; le toi eat dans la

Tour, et Shéridan est protecteur.» Ces manièrea Msarrea sont un calcul

chez lui; il prétend que cela est nécessaire pour agir sur l'esprit de ses soldats. — Je lui demandai s'il était bien satisfait de la conduite de ses troupes après le massacre d'ismaei i U me répondit : « qu'il se retira dans sa tente et pleura. »

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