CHANT NEUVIÈME
0 "Wellington! (ou « Vilainton» — car la renommée a deux manières de prononcer ces syllabes héroïques; la France, qui n*a pas môme pu conquérir votre grand nom, en a fait un calembour; — victorieuse ou vaincue, elle rira toujours) vous avez obtenu de grosses pensions et beaucoup de louanges ; si quelqu'un s'avisait de vous contester votre gloire, rhumanité se lèverait, et d'une voix tonnantei ferait retentir le nom de a * ! »
Je pense qne toos n*ayez pas tris bien agi avec Einnaiid dans l'affaire de Harinet*; — il faut avouer que le tour n'est pas beau, et, conune beaucoup d'autres anecdotes, figurerait assez mal dans Tépitaphe qu'on mettra sur votre tombe daus la vieille abbaye de Westminster. Quant au reste, il n'est pas nécessaire d'en parler ; ce sont des liisloircs bonnes à conter îi table h, l'heure du thé; mais bien que vos années s'approchent rapidement de zéro, par le fait Votre Grâce n'est encore qu'un jeune héros.
Quoique l'Angleterre vous doive (et vous paie) tant, cependant, sans contredit, l'Europe vous doit bien plus encore : vous avec vafièrmi la béquille de la légitimité, appui qui, de notre temps, n'est plus aussi sûr qu'autrefois. Les Espa** gnolSi les Français et les Hollandais ont vu et senti avec
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quelle vigueur vous restaurez ; et Waterloo a rendu le monde voire débiteur (seulement vos bardes auraient pu le chanter un peu mieux).
Vous ôtes le « meilleur des coupe-jarrets; » — pourquoi tressaillir? l'expression est de Shakspeare, et j'en fais une application juste. La guerre n'est autre cliose que l'art de brûler la cenreye aux gens, ou de leur couper la gorge, quand sa cause n*est pas sanctionnée par le bon droit. Si vous avet, une fois en Yotre vie, agi ayec générosité, c*est ce que décidera le monde» et non les maîtres du monde ; et, pour mon compte, je serais charmé d'apprendre à qui Waterloo a profité, si ce n^esl à tous et aux vôtres.
Je ne suis point flatteur; — vous avez été rassasié de flat- ,lerie : on prétend que vous l'aimez ; — il n'y a là rien d'étonnant. Celui qui a passé sa vie au milieu des assauts et des batailles peut bien, à la fln, être uu peu fatigué du tonnerre; et avalant l'éloge plus volontiers que la satire, il est naturel qu'il aime à s'entendre louer de toutes se^ bévues heureuses, appeler « sauveur des nations, » — non encore sauvées» et « libérateur de l'Europe, » — encore esclave*.
fa! fini ; allez maintenant dîner avec la vaisselle, présent du prince du Brésil, et envoyez à la sentinelle qui veille à votre porte une tranche ou deux de vos morceaux délicats. Le pauvre diable a combattu ; mais il y a longtemps qu'il ne lui est arrivé si bonne aubaine. Ne dit-on pas aussi que }e peuple a faim? Nul doute que vous ne méritiez votre ration ; mais veuillez, je vous prie, en donner quelques miettes k la nation.
vu.
Mon intention n'est pas de censurer; un aussi grand homme que vous, mylord duc, est bien au-dessus de la censure. Et puis, les moeurs romaines de Cincinnatus sont lort peu en rapport avec l'histoire moderne; bien que, en votre T. IV. 20
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quaUié d'MiDUs» vous mmiez les puBOiM de tem, il n'est
pas nécessaire que tous en dirigiez lacuUitfe; et un demimillion sterling pour votre ferme sabine, c'est un peu cher! — - soit dit sans vouloir vous offenser.