XVI
« Être ou n'être pas !» — Avant de décider, je serais bien aise ite savoir ce que c^est que d'èire. Il est bien vrai que nous raisonnons & perte de vue, et pensons, par oe que nous voyons, que n'en n'échappe à nos regards; pour ma part, je ne me rangerai d'aucun parti tant que je ne les verrai pas une bonne fois d*accord. Pour moi, je suis quelquefois tenté de croire que la vie est la mort, au lieu de n'être qu'i^ne simple ailaire de respiration.
a Que sais-je! » était la devise de Montaigne, ainsi que des premiers académiciens ; Tua de leurs axiomes favoris était que toute la science de Thomme ne peut aboutir qu'au doute. La certitude n'existe pas; cela est aussi évident qu'au* eune des conditions de notre nature j nous savons si peu ce que nous fàisons en ce monde, que je doutemème si le doute est vraiment Taetton de douter.
11 est doux de flotter comme Pyrrhon sur une mer de conjectures ; mais quoi ! si le déploiement de la voile fait chavirer le bateau? vos sages ne connaissent pas grand'chose à la navigation; nager longtemps dans l'abîme de la pensée est un exercice fatigant : une station calme et peu profonde auprès du rivage, où Ton puisse, en se baissant, ramasser qudques jolis ooquillagesy est prâférable pour les baignems modérés.
« Hais le ciel, » dit Gassio, < est au-dessus de tout; * ne parlons donc plus de cela, et faisons notre prière ! » Nous avons nos âmes à sauver depuis le faux pas d'Ève et la chute d'Adam, qui entraîna dans la tombe tout le genre humain, ainsi que les poissons, les quadrupèdes et les oiseaux. « La Providence préside même à la chute du passereau. » Que)
crime a pu commellre le passereau? Nous n*en savons rien; peut-élre s'esUl perché sur l'arbre ol^ijet de la convoilise d'Ëve.
xz.
0 TOUS, dieux immortels! qu'est-ce que la théogonie? Et toi aussi» homme mortel! qu'est-ce que la philanthropie? 0 monde, qui fus et qui es, qu'est-ce que la cosmogonie? Certaines gens m'ont accusé de misanthropie; et pourtant
je ne sais pas plus ce qu'ils veulent dire par là que l'acajou de ce pupitre; je comprends la lycanlhropie ^ : car, sans transformation , les hommes, pour la cause la plus légère, deviennent de vrais loups.
Mais moi , le plus doux des hommes , conmie Moïse ou Mélanchton; moi qui n'ai jamais rien fait d'excessivement maheilianty » et qui (bien que je n'aie pu de temps à autre m'empécher de suivre les penchants du corps et de l'esprit) ai toujours en une tendance à l'indulgence , — pourquoi m'appellent-ils misanthrope? Non parce que je Us haU^ mais parce qiïils me haïssent, Restons>en là. -
Il est temps de continuer notre excellent poëme : — car je soutiens qu'il est excellent, tant le corps de l'ouvrage que le a proôme, » bien que l'un et l'autre ne soient jusqu'ici qu'imparfaitement compris; — mais patience! plus tard la vérité, apparaissant dans son plus sublime appareil, se chargera de ce soin ; jusque-là, je dois me contenter de partager ses charmes et son exil.
Nous avons laissé notre héros (et je pense aussi le vôtre, ' ami lecteur) sur le chemin de la capitale des rustres policés
par l'immortel Pierre, et qui, jusqu'à présent, se sont montrés plus braves que spirituels. Je sais que leur puissant empire a recueilli et recueille encore bien des flatteries, même celles de Voltaire, et c'est dommage. Pour moi, un autocrate absolu n'est pas seulement un Barbare, c'est quelque chose de bien pire encore }
310 QBOVfiSS I»B L01U> VttOJH,
Et je ferai la guerre , en paroles du moins (et, — le cas échéant, — en actions), h tous ceux qui font la guerre à la pensée; — et de tous les ennemis de la pensée, les plus impitoyables de beaucoup ce sont et ce furent toujours les ^rans et les sycophantes. Je ne sais à qui restera la victoire; qaand j'aurais cette prescience, ce ne serait pas un obstacle à ma haine franche, complète , invétérée, pour tout despottsme, chez tontes les nations.
Ce n'est pas que j'adtile le peuple : il y a, sans moi, assez de démagogues et d-inCdèles pour abattre tous les clochers,
et mettre en leur place quelque sottise de leur fac^on. Savoir s'ils sèment le scepticisme pour recueillir l'enfer, comme le prcfend le dogme un peu dur des chrétiens, je l'ignore; — je désire que les hommes soient libres du joug de la populace comme de celui des rois^— du \utre comme du mien.
Comme je ne suis d'aucun parti, je vais nécessairement offenser tousies partis^ ^n'importe! du moins mes paroles sont plus sincères et plus tanches que si je cherchais à voguer mt le Tenl. Cehii qcà n'a rien à gagner n'a pas besoin dTairtUlce; eélid ((ui ne veut être ni oppresseur ni eselave^eut parier librement; ainsi ferai-je, et je ne joindrai pns ma voix au cri de j«ckal de l'esclavage.
xïvri.
Elle est juste celte comparaison du jackal : — je les ai entendus la nuit, au milieu des ruines d'Éphèse*, hurler comme la meule mercenaire de ces lâches pourvoyeurs du pouvoir qui suivent la chasse pour proCter des restes, et flairent la proie que leurs maîtres réclament. Toutefois» les pauvres jackals, pourvoyeurs intelligents du brave lion, sont moins ignobles que les insectes humains qui chassent pour (fes araignées.
Levé* le bras seulement, et balayez-moi leur toile, vous aurez rendu impuissants leur venin et leurs bras. Peuple ;ou
MM JVAV. OHàmr IS. 311
plutôt peuples), éoottles-MÎ!--poiinuimfOtie ouvre sana lélâelie* La toile de oos tarenluka t'éleiidim chaque joui jusqu'au moment eù vous lierei cause commune; il n*y a
encore que la mouche espagnole et l'abeille aUique qui aient piqué de leur aiguilioa pour s'allrancbir.
Nous avons laissé don Juan, qui s'était distingué dans la dernière tuerie; nous l'avons, dis-je, laissé en route porteur de la dépêche où il élait parlé de sang comme nous parlerions d'eau; les cadavres^ amoncelés comme le chaume dans les dtés silencieuses, ne servaient qu% amuser les loisirs de ta belle Catherine j elle regardait cette joute de nations comme un combat de coqs; seulement elle tenait à ce que les siens restassent fermes comme des rocs.
Il voyageait dans un kihitka (c'est une maudite voiture sans ressorts, qui, sur les routes raboteuses, vous laisse à peine un de vos os intact); là, il réfléchissait à loisir h la gloire, à la chevalerie, aux rois, aux ordres royaux et à tout ce qu'il avait fait, et il souhaitait que les chevaux de poste eussent les ailes de Pégase, ou du moins que les chaises de poste ftasefiftfembonnrées de ptattet <|MIm1 on logwfjè outde mauvais chemins.
IDCtf.
Âc3iaqiiecaltot,--€t ils élaicaliréquenliH^ft it^rdaitsa
petite protégée comme sHl eût désîvé qu'elle souffrît moins
que lui dans ces grands chemins abandonnés aux ornières, aux cailloux et au savoir-faire de la charmante nature, qui est un fort mauvais voyer, et n'admet pas de barques sur ses canaux dans les pays oii Dieu prend sous sa direction personneUia la tes» ti l'eau» la cuUute et la pécha»
lUIl.
Do moins» Im, il le pai»paa4e fwmiBef, et il est» sang eairtiedily le premier de ceux que nous avions coutume d'an^ler « genllemeii léniiflis »» — > laoe tout k fiiit usée depuis qu'il ttj a phn de fermages, que lea c gentlemen a sont dans une pitoyable condition» et que « les fermiers a
812 CE0TftE9 DB LORft BTROSI.
ne peuvent relever Gérés de sa chute ; elle est tombée avec
Bonaparte. — Quelles étranges réflexions h faire quand on
voit les empereurs et les avoines baisser de compagnie !
Juan reportait donc ses regards sur Taimable enfant qu'il avait arrachée li la mort; — quel trophée! 0 vous qui élevez des monuments souillés de sang humain, comme Nadir Shah, ce sophi constipé qui, après avoir fait de Tlndostan un désert, et laissé k peine au Mogol une tasse de café pour consoler ses douleurs, fut tué, le pécheur! parce qu'il ne pouvait plus digérer son dîner ^''i
0 vous! ou nous ! ou lui ! ou elle ! songez qu'une vie sauvée, surtout si elle est jeune ou jolie, laisse de plus doux iouvenirs que les lauriers les plus verts nés sur un sol fumé d'humaine argile, quand ils seraient accompagnés de tous les éloges qui aient jamais été dits ou chantés; quand elle serait célébrée sur toutes les harpes, si votre propre cœur ne fait chorus, la gloire n'est qù'un vain bruit.
Ovous, grands auteurs lumineux, volumineux; et vous, millions de scribes quotidiens , dont les pamphlets, les volumes, les journaux nous illuminent! soit que le gouvernement vdlis salarie pour prouver que nous ne soounes pas dévorés par la dette publique; — soit que, d'un talon mal appris, marchant, sans égard, sur les c cors des courtisans, » vos feuilles populaires vous fassent vivre en proclamant la famine de la moUâé du royaume ; —
xxxvu
0 vous, grands auteurs !— Mais, a à propos de bottes », j'ai oublié ce que je voulais dire, comme œla est arrivé parfois à de plus sages ; c'était quelque chose ayant pour but de calmer toute irritation dans les casernes, les patois ou les chaumières; certes, mes avis eussent été en pure perte, et c'est ce qui me console de ne plus m'en souvenir, quoiqu'ils fussent assuré» ment impayables.
Dan JVAH. CBAMT IX
xxxni.
Maïs laissons-les ; — quelque jour on les retrouvera avec d'autres reliques d'un « monde antérieur », quand ce mondeci sera devenu antérieur lui-même, enfoui sous terre, sens dessus dessous, tordu, crispé, bouilli, rôti, frit ou brûlé, retourné ou noyé, comme tous les mondes précédents, sortis du. chaos» et rentrés dans le chaos» couche définitive qui doit tous nous recouvrir.
Guvier le dit; — et alors» dans la nouvelle création élevée sur notre antique ruine» apjMurattront quelques anciens et mystérieux débris des choses détruites ; puis viendront les
conjectures en Tair, comme nous en faisons sur les Titans
ou les Géants, dont la taille avait quelques centaines de pieds, pour ne pas dire de milles» sur les mammouths et les crocodiles ailés.
Jugez donc, si alors on venait à déterrer Georges IV! Les nouveaux habitants de ce nouvel Orient se demanderont avecétonnement où pouvaient souper de tels animaux (car eux» ils n'auront que des proportions minimes; les mondes eux-mêmes avortent quand ils en&ntent trop liréquemment» et à force de remettre en œuvie les mûmes matériaux, toute création nouvelle a été s'amoindrissant les hommes ne sont que les vers du sépulcre de quelque monde colossal).
Cette jeune humanité , fraîchement chassée de quelque autre paradis , condamnée à labourer, bêcher, suer, se démener» planter» recueillir» filer, moudre» semer, jusqu'à ce que tous les arts soient découverts» surtout Fart de la guerre et de l'impôt; — quand elle contemplera ces grandes reliques » n'y verra-t-elle pas les monstres d'un nouveau muséum?
xu.
Mais j*ai le défaut de trop donner dans la métaphysique; « le temps est hors de ses gonds »» — et moi aussi , j'oublie
314 cemBs m Lm stMii.
tout à Mï qpie ce poème est ifmtiell«aient badin, et iii*éganda» dea mttlèM vu peu arides, lé wfmtH^ jainaiB à ravancece qiiejedirai, et cela, vraiment, est par trop poé- Uquc : on doit savoir pourquoi et dans quel but on écrit; mais, note ou texte, je ne sais jamais, ^uand j'écris un mot» celui <;tui va suivre.
xut.
Si bien que j'erre ^ l'aventure, tantôt ikisanl un bout de récit, tantôt méditant; — liais il est temps de narrer. J'ai laissé doE Juan teyngMint au pasdssea dimnx; -^iMin-> lenaalBirasallDttsIaiitdttehMincftfeadelempa'. lé «a m'arréteni paa ans détails de son Ti^yage; noua a?om es depuis peu tant de lelatiooa de munlifas / supposes donc qno Jaan est h Pétessbourg ; llgures-ma cette agréable ca^tade déneige peinte;
Figurez-vous Juan dans un salon plein de monde; supposez-le vêtu d'un bel uniforme : habit écarlate, revers noirs, cbapeau à trois cornes, avec un long panache flottant comme des voiles déchirées par l'orage; culotte brillante comme 1« Caim Gorme^S de «asîMir Jauie, je pvésuaM; basblaaede4ait» tirée b Budt iv uae jaadte denl laijsrinMe fusaU fosaettirtenrsoia;
Supposei-le PépéeaiicMéy leebapeau k la main, beau des
avantages qu'il tenait de la jeunesse, de la gloire et du tailleur du régiment, — ce grand enchanteur qui , d'un coup de sa baguette, fait naître la beauté et pâlir la nature, étonnée qu'elle est de voir combien l'art relève son ouvrage (quand toutefois il n'emprisonne pas nos membres comme dans une geôle). — Voyez Juan coiMae placé sur un piédestal! oa le pecafltaait pour l'Amour dem« Iteotenaal dfarUllerie !
Son bandeau, s'abaissant, a Ibrmé une cFa?ate; ses ailes se sont repliées b la dimensîiMid'épaulettes; son carquois, diiiiiauaflrtdlefolume^estdefeiraunlbaffMu; sesflèebes,
transformées en une petite épée, ont gaidé leur pointe acérée !
BOH mu. ciTAirr ne. 815
son arc s*cst chanjrô en un chapeau à trois cornes; et pourtant, entre Juan et l'Amour, si grande est la ressemblance que, pour ne pas le prendre pour Cupidon, Psyché devrait être plus habile que bien des épouses qui tombent dans des méprises tout aussi sottes.
Les courtisans oiiTriT«nt de grands yeux, les dames chuchotèrent, et l'impératrice sourit; le favori régnant fronça le sourcil. — J'ai loul a fait oublié de qui c'était alors le tour : car le nombre était grand de ceux qui avaient, h tour de rôle, occupé ce poste difficile depuis que Sa Majesté régnait seule; mais, en général, c'était, pour la plupart, de robustes gaillards de six pieds de bau^ tous faits pour rendre jaloux un Patagon.
XLTII.
Juan ne leur ressemblait pas ; il était srclte et fluet, pudibond et imberbe; pourtant il y avait quelque chose dans sa tournure, et plus encore dans ses yeux, qui semblait dire que, bien qu'il eût l'air d'un séraphin, sous l'enveloppe de l'ange il y avait un homme. D ailleurs, un adolescent plaisait j^MS à l'impératrice, et eUo veoaii kMU rôcomiBeal d'en* lenrai le lieauJLoitkoiL
Il tttBk éMe paftttMDHil^'YMloi^fm Mmaamât, oq êAnhtâùfîf ovIiHit antre off ou nàoKâitttat 8a Mi^té» dans son cœur (qui n'était pas des plus saurages),
ne trouvât place pour une flamme nouvelle : pensée suftisante pour rembrunir l'aspect rude ou tendre de celui qui, dans le langage employé pour désigner son rang, occupait alors ce haut poête officiel,
Aimabfes dames» si tom yonlet 8a:f«ir1eM8 de cette dl> plomatique expression, allet entendre^* flrtandais marquis
de Londonderry**; et dans cet étrange flux de paroles enfilées les unes aux autres, que personne ne comprend et auxquelles tout le monde obéit, peut-èlre réuosirez-vous à re-
3i6 CBOVABS DE LOHD BTROlf.
cueillir qaeiqiie plaisant non-sens^ car c'est Ik tout ce qu'offre & glaner cette moisson pàle et verbeuse.
Je pense pouvoir m'expliquer sans l'aide de cette inexplicable bêle de proie, — ce sphinx dont les paroles seraient toujours une énigme si ses actes ne se chargeaient chaque jour de les commenlcr; — cet hiéroglyphe monstrueux, — ce jet d'eau et de sang, — ce Gastlereagh de plomb ! A ce propos, je vais vous dire une anecdote qui, heureusement, est fort courte et n'a pas grand poids.
Une dame anglaise demandait à une Italienne quelles étaient les fonctions positives et officielles de cet étrange personnage dont certaines femmes font cas, qu'on voit rôder autour de quelques beautés mariées, et qu'on nomme « cavalier servente » ; sorte de Pygmalion réchauffant des statues (je crains que ce ne soit trop vrai) sous le feu de son génie. L'italienne, pressée de faire connaître lesdites fonctions, répondit : a Madame, je vous les laisse à deviner. »
C'est ainsi que je réclame de vous une supposition et l'interprétation la j^lus charitable et la plus chaste au siyet des atUribtttions du favori impérial. C'était une place élevée, la plus élevée dans l'état par le fait, sinon par le rang; et il était impossible que la perspective de voir un autre lui succéder n'inquiétât pas le titulaire actuel, alors que la possession d'une paire de larges épaules suffisait pour faire hausser les actions du p»orteur.
LUI
Juan, comme je l'ai dit, était un fort bel adolescent; il avait conservé cette première fleur de beauté par delà la saison virile, qui, avec sa barbe, ses favoris, et cœtera, fait disparaître ce charme parisien qui renversa Ilion et fonda Doetors Cmmonê** ; «—j'ai compulsé VHistùirê des DivareUf et me suis assuré, après des lecherches attentives, que Troie est la première action en dommages et intérêts dont il soit fait mention.
Wm lUAN. CHAUT IX.' ^ 317
Et Catherine, qui aimait tout le monde (sauf son époux , parti pour sa dernière demeure), et qui passait pour admirer beaucoup ces gigantesques cavaliers abhorrés des dames au goût délicat, avait néanmoins une touche de sentiment; celui qu'elle avait adoré le plus était le regretté Lanskoï; cet amant lui avait coûté bien des larmes, et n'eût fait néanmoins qu'un fort médiocre grenadier.
IT
mort!— mystérieux problème! loi d'où nous sortons et où nous entrons,*— comment expliquer que toutes les Ames soient baptisées k ta source perpétuelle ?— Comment l'homme a succombé, je l'ignore, puisque l'arbre de la science a vu dépouiller ses rameaux de leurs premiers fruits; mais comment, depuis lors, l'homme tombe et s'élève, c'est incontestablement toi qui en décides.
Il en est qui t'appelloil c la pire de toutes les causes de guerre; » moi, je soutiens que tu es la meilleure, car, après tout, de toi nous venons, h toi nous allons, et tu vaux bien que pour t^)btenir on renvisrse un rempart, on ravage un monde; car nul ne peut nier que tu ne repeuples les mondes, petits et grands. Avec Un ou sans toi, tout reste ou resterait stationnaiie sur cette aride terre, dont tu es l'océan.
LVH.
Catherine, qui était le grand épitomé de cette grande cause de guerre, de paix, de tout ce qu'il vous plaira (comme c'est la cause de tout ce qui est, vous pouvez choisir ou ceci ou cela) ; — Catherine, dis-je, fut bien aise de voir le beau messager, sur le panache duquel planait la victoire; et lorsque, fléchissant le genou devant elle, il lui présenta la dépêche, occupée à le regarder, tile oublia d'en rompre le sceau.
• tviii.
Puis, se rappelant l'impératrice, sans pourtant oubUet
entièrement la femme ((ini composait au moins les trois quarts de ce grand (ont)» elle ouvrit la letUe air qui infangua la eour; teut lei regards éfÊÊkn^ m^c Inquiélnde tes mouvemema de son ^iaa§e; fuito» hr leyal aonriie imnença le liean temps pour le refile du jour. Eien qu'un peu large» sa ilgure était noble, ses yeux beaux, sa bouche gracieuie.
Grande fut sa joie, ou plutôt ses joies : d'abord une ville prise, trente mille hommes tués. La gloire et le triomphe «resfJeiMiÂreftt dans ses traits, comme un lover du soleil sur une mer orientale. Ceci élanoba un moment la soiC de «w 4ynbition : «iaai les dôMrfta de TArakHe boivent une pluie d'^ en vain ! oomiM la mée bN^^ arides, J».«aiig se saii qu^b laver tes wûnsderaaMîsA.
Sa seconde joie amusa son imagination a^cHs aewH ans
folles rimes de Souwaroff, renfermant dans un distique russe assez fade tout le bulletin des milliers d'hommes qu'il avait tués Sa troisième joie fui assez féminine pour faire taire riiorrcur qui court nalurellemtnt dans nos veines quand des êtres qu'on nomme souverains jugent à propos de Uior» et que dâs gôHéraïa. n'y voienl qu'une piaisanAerie.
l^fsdenx premiers sentiments se maai&stèiwi complètement, et animèrent d'abord ses yeux, puis sa bouebe^ toute la cour prit aussitôt un air riant, comme des fleurs arroaées après une longue séeheresse; ^ mais lorsque, sur le jeune Heutenant k genoux devant elle, Sa Majesté, qui aimait presque autant la vue d'un beau jeune homme que celle d'une dépêche nouvelle, laissa tomber un regard bienveUlaat» le monde entier fut dans Tattente,
Bien qu'un peu corpuleAW » exubérante et cruelle quand elle était en colère, — en reTanche, lorsqu'elle était «o&tente» elle était aussi belle à voir que peuvent le désirer ceux qui» encore toala kur vigueur, aiment tiae besutéfEalohey
ttùseetappAiHaiits; eUe savait lendreaiKCiuimittanDU^ leux rcgaié» it» à son tour, elle exigeait le pay^Mnl k m . «t intégral des erânwQi éfl Oupulop* saa» penaitlKe la pliig
légère déduction.