‹ Œuvres complètes de Lord Byron Don JuanChapitre 7 sur 98 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Il était né à Séville, cité agréable, célèbre par ses orangée

et ses femmes. — Il faut plaindre celui qui ne l'a pas vue; le proverbe le dit, — et je suis tout h fait de son avis. Il n'y a pas dans toute l'Espagne de ville plus jolie, k l'exceplion peut-être de Cadix; — mais bientôt vous pourrez en juger : — les parents de don Juan habitaient sur les bords du ûeUtVl^ du noble fleuve appelé Guadalquivir.

Son père avaii nom José, —do» José, comme de raison; c'était un véritable hidalgo, sans une goutte de sang israélUe

ou maure dans les veines; son origine remontait aux plus gothiques gentilshommes de l'Espagne ; jamais meilleur cavalier ne monta a cheval, ou, une fois en selle, ne descendit la garde» que José, qui engendra notre héros, lequel engendra. . . mais c'est ce que nous verrons par la suile.*^ fié bien, éeac, pour ceprendre,

Sa mère était une femme savante, versée dans la connaisftance de toutes les soiences connues, ou qui ont un nom

■OH JOAfi. CflAinr I. il

4ans les langues de la chrélienlé; ses vertus n'avaient d'égal

que son esprit, si bien qu'à la voir ainsi exceller dans lout ce qu'elle faisait, les gens les plus habiles élaienl loul houleux devant elle, et les gens de bien ne pouvaient s'empûclier d'éprouver une secrète envie.

Xf.

C'était une mine que sa mémoire. savait par cœur tout Caldéron» et la plus grande parité de Lopé» en sorte que si m acteur venait à oublier son iMe» elle pouvait lui servir de

souffleur ; la science de Feinagle eût été pour elle une science inutile; elle l'eût obligé li fermer boutique; — jamais il n'eût pu réussir a créer une mémoire comparable k celle qui ornait le cerveau de dona inez.

Les mathématiques étaient sa scienee.de prédilection; sa vertu la plus noble, la magnanimité; son esprit (elle visait ffearfois à l'esprit) était iB l'attique pur; dans ses discours sérieux, elle portait l'obscurité jusqu'au sublime; enfin elle était en toute chose ce qu'on peut appeler un prodige : — sa robe du malin était de basin; elle mettait, le soir, une robe de soie, ou, dans l'été, de mousseline, et autres éloûcs qu'il serait trop long d'énumérer.

xin.

Elle savait le latin, — je veux dire l'oraison Dominicale; en fait de grec, elle savait l'alphabet, — j'en ai la presque certitude ; elle lisait par-ci par-lk quelques romans français, quoiqu'elle ne pariât pas très bien cette langue; quant à Tespagnol, elle y donnait peu d'attention; du moins sa conversation était obscure; ses pensées étaient des théorèmes, ses paroles un problème, comme si elle eût cru que le mystère ddt les ennoblir,

Elle avait éa goûl pour Tanglais et l'hébreù, et trouvait 4e l'analogie entre ctB deux langues; ^ le prouvait par je Msais quelles citations des livres sacrés; mais je laisse ces preuves h ceux qui les ont vues. 11 est une remarque toute* lois que je lui ai entendu faire, et sur laquelle diacun est

libre d*avoir Topinion qu'il lui plaira : « c'est que le mot

hébreu qui signifie je suis est toujours emploi é eu auglais comme sujcl du verbe damner » •

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