‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 101 sur 133 · LE CHOEUR · texte numérisé non relu

LE CHOEUR

La guerre est terminée; le printemps est de retour. La fiancée et son amant sont rentrés au manoir ; ils sont heureux, réjouissons-nous! Que leurs cœurs aient un écho dans chaque voix !

Le printemps est de retour; la violette est partie, la première née du premier soleil : elle n’est pour nous qu’une Heur d’hiver; la neige des montagnes ne la fait point périr; elle lève sa tête, et ses yeux bleus réfléchissent l’azur du jeune firmament;

Et quand vient le printemps avec sa légion de fleurs, la fleur la plus aimée s’éloigne de la foule avec ses parfums célestes et ses couleurs virginales.

Cueillez les autres fleurs; mais rappelez-vous celle qui les dcvani^-a dans le sombre décembre , celle qui fut leur étoile du matin, et dont la présence nous annonça l’approche des

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longs jours ; même au milieu des roses, n’oubliez jamais la

violelle, la violette virginale. [César entre.)

César (cAan(e). Les guerres sont finies; nos épées sont oisives ; le coursier mord son frein ; le casque est appendu à la muraille. L’aventurier se repose, mais son armure se rouille; le vétéran s’engourdit, et bâille dans le château. Il boit; mais qu’est-ce que boire ? une trêve à la pensée ! Les sons belliqueux du cor ne le réveillent plus.

Le Choeur. Mais le limier aboie ; le sanglier est dans la forêt , et l’orgueilleux faucon est impatient de prendre son essor : le voilà sur le poing du noble, perché comme un cimier ; et les oiseaux, désertant leurs nids, troublent l’air de leurs cris.

Cés. Ombre de la gloire! faible image de la guerre! mais la chasse n’a point d’annales, ses héros point de renommée, depuis Nemrod, l’inventeur de la chasse, le fondateur d'empires, qui le premier épouvanta les forêts et les fit trembler pour leurs hôtes. Quand le lion était jeune, et dans tout l’orgueil de sa puissance, les forts se faisaient un jeu de lutter contre lui; armés d’un haut sapin en guise de lance, ils attaquaient le mammouth , ou frappaient à travers le ravin le béhémouth écumant. La taille de l’homme égalait alors en hauteur les tours de notre temps. Premier né de la nature, il était sublime comme elle.

Le Choeur. La guerre est terminée; le printemps est de retour. La fiancée et son amant sont rentrés au manoir : ils sont heureux , réjouissons-nous ! Que leurs cœurs aient un écho dans chaque voix! [Les villageois sorterU en chantant.)

Ici t’arrH» le manutcrif.

NOTES

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