‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 115 sur 133 · WERNER. ACTE I, 6CÊÎ(E II · texte numérisé non relu

WERNER. ACTE I, 6CÊÎ(E II

ont soupé et dormi, n’importe comment ; — et vous, Monseigneur ?

Stral. Chez moi, l’article du repos va mieux que celui de la bourse ; mon auberge va probablement me coûter cher.

Gab. J’ai entendu parler de votre perte; mais c’est une bagatelle pour un homme de votre rang.

Stral. Vous penseriez autrement si vous étiez le perdant.

Gab. Je n’ai jamais eu à moi tant d’argent à la fois, et je ne puis, par conséquent, décider la question. Mais je vous cherchais. Vos courriers sont revenus sur leurs pas; — je les ai rencontrés k mon retour.

Stral. Vous ! Pourquoi ?

Gab. a la pointe du jour, j'ai été voir où en était la baisse dts eaux, impatient que j’étais de continuer mon voyage. Vos messagers se sont vus comme moi dans la nécessité d’attendre ; et, voyant qu’il n’y a pas de remède, je me résigne au bon plaisir du fleuve.

Stral. Que les vauriens n» sont-ils au fond de ses eaux! Pourquoi n’ont-ils pas du moins tenté le passage ? je l’avais ordonné h tous risques.

Gab. Si vous aviez pu ordonner aux flots de l’Oder de s’entr’ouvrir, comme fit Moïse à la mer Rouge ( qui n’était certainement pas plus rouge que les eaux gonflées du fleuve courroucé), et si l’Oder vous eût obéi, ils auraient pu tenter l’aventure.

Stral. fl faut que je voie cela. Les marauds ! les esclaves! — mais ils me le payeront ! (Stralenheim sort.)

Gab. (seul). Voilà bien mon noble, féodal et égtïste baron ! l’épilomé de ce qui nous reste des preux chevaliers du bon vieux temps! Hier, il aurait donné ses domaines (s’il en a), et plus encore, ses seize quartiers , pour autant d’air qu’il en eût fallu pour remplir une vessie, pendant que, la tête à demi sortie de la portière de son carrosse submergé, il se débattait contre les flots; et maintenant il s’emporte contre une demi-douzaine de valets, parce qu’eux aussi tiennent à leur vie ! Hais il a raison , cet attachement est bien étrange de leur part ; un homme tel que lui n’a-t-il pas le droit de leur

^”G OtUVRES DE lORD BYROS.

faire tout risquer au gré de son caprice ? O monde ! tu n’es véritablement qu’une triste plaisanterie! [Gabor sort.)

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