‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 119 sur 133 · WERNEB. 4CTE III, SCÈNE I. 49S · texte numérisé non relu

WERNEB. 4CTE III, SCÈNE I. 49S

fràie un chemin à. travers ces obstacles, comme un villageois qui, désarmé et sans défense, entendrait les pas d’un loup dans le taillis où il travaille. Les ülets sont destinés h prendre des grives, et non des aigles. Nous les franchirons ou nous les briserons.

Wern. Dis-moi comment ?

Ulr. Ne devinez-vous pas?

Wer». Non.

Ulr. C’est singulier. La pensée ne vous en est-elle pas venue la nuit dernière.

Wern. Je ne te comprends pas.

Ulr. En ce cas, nous ne nous comprendrons jamais. Mais, pour changer d’entretien...

Wern. Pour le continuer, tu veux dire : nous parlions des moyens de nous mettre en sûreté.

Ulr. Vous avez raison, je m’exprimais mal. Je vois plus clairement ce dont il s’agit, et notre situation m’apparalt dans son vrai jour. Les*eaux du fleuve baissent; dans quelques heures les mirmidons de Slralenheim arriveront de Francfort; alors vous serez prisonnier, pis encore peut-être, et moi je serai proscrit et déclaré bâtard, pour faire place au baron.

Vers. Et quel remède trouves-tu ? J’avais dessein de me servir de cet or pour m’évader; mais maintenant je n’ose ni m’en servir, ni le montrer, et c’est à peine si j’ose moi-même le regarder. Il me semble qu’il porte mon crime pour exergue au lieu de l’empreinte de l’Étal; et h la place de la tête du souverain, je crois y voir la mienne ayant pour chevelure des couleuvres sifflantes, bouclées autour de mes tempes, et criant à tous ceux qui m’approchent : Voilà un voleur.

Ulr. Il ne faut point en faire usage, maintenant du moins. Mais prenez celte bague. (JJ remet un bijou à Werner.)

Wern. C’est une pierre précieuse. Elle a appartenu à mon père!

Ubr. Et comme telle, elle vous appartient maintenant. Servez -vous -en pour gagner l’intendant, afin qu’il mette à votre disposition la vieille calèche et des chevaux , et

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que vous puissiez partir avec ma mère au lever du soleil,

Wern. Te laisserai-je dans le péril au moment où lu viens dem’Clre rendu?

ÜLR. Ne craignez rien. Il n’y aurait de danger que si nous fuyions ensemble; car ce serait trahir notre intelligence. L’inondation n’intercepte que la communication directe entre ce bourg et Francfort : en cela elle nous est favorable. La route de Bohême n’est pas impraticable, et quand vous aurez gagné une avance de quelques heures, ceux qui vous poursuivront trouveront les mêmes obstacles. La frontière une fois franchie, vous êtes sauvé.

AVer». Mon noble fils!

Ulr. Silence! point de transports! nous nous y livrerons au château de Siégendorf! Cachez votre or, montrez h Idenstein la bague ; je connais cet homme, j’ai lu à travers son âme ; de cette manière deux buts seront atteints. Stralenheiui a perdu de l’or, non des bijoux ; cette bague ne peut donc être à lui ; et d’ailleurs, comment soupçonner son possesseur d’avoir dérobé l’or du baron, quand il lui eût été facile de convertir cette bague en une somme plus considérable que celle que Slralenheim a perdue hier pendant son sommeil ? N’ayez avec Idenstein ni trop de timidité ni trop d’arrogance, et il vous servira.

AVer». Je suivrai en tout tes instructions.

ÜLR. Je vous aurais épargné celte démarche. Mais si j’avais paru prendre intérêt à vous, surtout en donnant pour vous servir ce joyau précieux, tout eût été éventé.

AVer.». Mon ange gardien ! voilà qui compense, et au delà, le passé: mais que deviendras-tu en notre absence ?

ÜLR. Slralenheim ne sait rien des liens qui nous unissent ; je ne resterai avec lui qu’un jour ou deux pour endormir les soupçons; puis j’irai rejoindre mon père.

AVer». Pour ne plus nous quitter ?

ÜLR. Je l’ignore; mais, du moins, nous nous reverrons une fois encore.

AVer». Mon fils! mon ami! mon unique enfant ! mon sauveur! Oh! ne me bais pas!

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