‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 20 sur 133 · partie · texte numérisé non relu

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Le Doge. Il y a du sang sur la figure ! — d’où vient-il?

IsR. Bert. C’est le mien , et ce n’cst pas le premier que j’aie répandu pour Venise; mais c’est le premier qu’une main vénitienne ait fait couler!... Un noble m’a frappé.

Le Doge. Est-il vivant?

IsR. Bert. Il ne l’eût pas été longtemps, sans l’espoir que j’avais, et que j’ai encore, que vous, mon prince, soldat comme moi, vous rendrez justice à un homme à qui les lois de la discipline et de Venise ne permettent pas de se protéger lui-même; — sinon, — je n’en dis pas davantage....

Le Doge. Mais tu agirais, n’est-ce pas ?

ISR. Bert. Je suis homme, seigneur.

Le Doge. Celui qui t’a frappé l’est pareillement.

IsR. Bert. Il eu porte le nom ; bien plus, !il est noble, — du moins h Venise ; mais, puisqu’il a oublié que je suis homme et m’a traité comme une brute, la brute se retournera contre lui : — le ver lui-même le fait bien !

Le Doge. Parle ! — son nom, sa famille?

IsR. Bert. Barbare.

Le Poge. Quelle a été la cause ou le prétexte de cet outrage?

IsR. Bert. Je suis commandant de l’arsenal*; je m’occupe pour le moment à réparer quelques galères que les Génois ont un peu maltraitées l’année dernière. Ce matin est venu le noble Barbaro, fort en colère de ce que nos artisans avaient négligé chez lui je ne sais quels ordres frivoles, pour exécuter ceux de l’État; j’ai osé justifier mes hommes ; — il a levé sur moi la main. Voyez mon sang ! c’est la première fois qu’il a coulé d’une manière déshonorante.

Le Doge. Avez-vous servi longtemps?

IsR. Bert. Assez longtemps pour me rappeler le siège de Zara, et pour avoir combattu sous le vainqueur des Huns, quelque temps mon général, aujourd’hui le doge Faiiero.

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