‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 30 sur 133 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Le palais du patricien Lioni. Liant dépose le masque et le manteau que les nobles vénitiens portaient en public. — Il est accompagné d'un domestigste.

Lioki. ie vais me reposer; celte fêle m’a véritablement fatigué ; c’est la plus brillante que nous ayons eue depuis plusieurs mois, et pourtant je ne sais pourquoi elle m’a laissé une impression de tristesse; un poids douloureux pesait sur mon cœur, même au milieu du tourbillon enivrant de la danse; et bien que j’eusse devant moi la dame de mon amour, que ma main touchât sa main, ce poids m’oppressait, glaçait ma pensée et mon sang, et couvrait mon front d’une sueur froide comme celle de la mort ; j’ai essayé, à l’aide d’une gmeté feinte, de secouer celle impression ; tout a été inutile. Au milieu des accords d’une musique mélodieuse, les sons lointains d’un glas de mort parvenaient distinctement â mon oreille, comme les vagues de l’Adriatique, en se brisant contre le boulevard extérieur du Lido, dominent, pendant la nuit, les bruits de la cité : si bien que j’ai quitté la fêle avant qu’elle fût parvenue à son point culminant; et je viens demander à ma couche, ou des pensées plus tranquilles, ou l’oubli. — Antonio, {«ends mon masque et mon manteau, ^ allume la lampe de ma chambre.

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