‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 32 sur 133 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

L» palaii ducal ; l’appartement du Doge LE DOGE et «on neveu BERTUCCIO PALIERO.

Le Doge. Tous les gens de notre maison sont-ils rassemblés?

Bert.Fal. Ils sont sous les armes, et attendent le signal dans l’enceinte de notre palais de SanPaolo**. Je viens chercher vos derniers ordres.

Le Doge. Il est fâcheux que nous n’ayons pas eu le temps de réunir un plus grand nombre de vassaux de mon fief de Val di Marino; — mais il est trop tard.

Bert. Fal. Il me semble, seigneur, qu’il vaut mieux que les choses soient ainsi ; un rassemblement subit de nos forces eût éveillé des soupçons, et, quoique braves et dévoués, les vassaux de ce district sont trop grossiers et trop bouillanls pour conserver longtemps la discipline prudente que ce service exige, jusqu’à ce que nous en venions aux mains avec nos ennemis.

Le Doge. C’est vrai; mais une fois le signal donné, voilà les hommes qu’il faut dans une entreprise telle que la nôtre; ces esclaves des villes ont leurs prédilections, leurs antipathies particulières, leurs préjugés contre ou pour tel ou tel noble, ce qui peut les conduire à dépasser le but, ou h épargner là où la clémence est folie. Les farouches paysans serfs de mon comté de Val di Marino, exécuteraient les ordres de leur seigneur sans distinguer entre leurs ennemis par des motifs d’aiïeclion ou de haine; peu leur importe que ce soit Marcello ou Comaro, un GradenigoouunFoscari; ils n’ont point l’habitude de trembler devant ces vains noms, ni de fléchir le genou devant une assemblée civile ; il leur faut pour suzerain un chef bardé de fer, etnon un magistrat en hermine.

Bert. Fal. Nous sommes assez nombreux ; et quant aux dispositions de nos clients à l’égard du sénat, j’en réponds.

Le Doge. Eh bien ! le sort en est jeté! Mais pour faire la guerre, pour un service en campagne, parlez-moi de mes paysans! Je les ai vus faire pénétrer le soleil dans les rangs

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