‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 45 sur 133 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

IRAD, J.4PHET.

In. Ne le laisse point aballre : que sert de promener ainsi tes pas errants, d’ajouler ton silence à celui de la nuit, et de lever vers les étoiles tes yeux chargés de pleurs? Elles ne peuvent rien pour loi.

Jap. Mais leur vue me fait du bien; peut-être qu’en ce moment elle les regarde comme moi. Il me semble qu’un objet si beau devient plus beau encore quand ses regards se fixent sur la beauté, rélernelle beauté des choses immortelles. O Anah !

Ir. Mais elle ne t’aime pas.

Jap. Hélas!

Ir. Et l’orgueilleuse Aholibamah me dédaigne également.

Jap. Je plains aussi ton sort.

Ir. Qu’elle garde son orgueil ; le mien m’a donné la force de supporter ses mépris ; peut-être l’avenir se chargera de me venger.

Jap. Peux-tu trouver de la joie dans une telle pensée ?

Ir. Ni joie ni douleur. Je l’aimais sincèrement, je l’aurais plus aimée encore si elle m’avait payé de retour: maintenant je l’abandonne à des destinées plus brillantes, si elles lui semblent telles.

Jap. Quelles destinées?

Ir. J’ailieu de croire qu’elle en aime un autre.

Jap. Anah ?

Ir. Non, sa sœur.

Jap. Quel autre ?

Ir. C’est ce que j’ignore; mais son air, sinon ses paroles, me dit qu’elle en aime un autre.

Jap. Oui ; mais il n’en est pas de même d’Ânah ; elle n’aime que son Dieu.

Ir. Que l’importe qui elle aime, si elle ne t’aime pas?

Jap. C’est vrai ; mais j’aime.

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