REGRETS D'HÉRODE APRÈS LA MORT DE MARIAMNE
0 Manamne! le cœur qui fit verser ton sang saigne maintenant pour toi; la vengeance est étouffée par la douleur, et le délire du remords succède à la fureur. 0 Mariamne! où es-tu ? Tu ne peux entendre mon amère justification, et si tu le pouvais, — tu me pardonnerais maintenant, dût le ciel rester sourd à ma prière.
Est-elle donc morte? — Ont-ils donc osé obéir à la frénésie de ma jalouse démence ? Ma colère a porté l'arrêt de mon désespoir. Le glaive qui l'a frappée se balance au-dessus de ma tête. — Mais tu es froide et glacée, femme adorée dont je suis l'assassin ! Et c'est vainement que mon sombre
cœur soupire après celle qui plane là-haut solitaire, et laisse ici mon àme indigne d'être sauvée.
EÎle n'est plus, celle qui parlagea mon diadème ; elle est morte, emportant mon bonheur dans sa tombe. J'ai arraché de la tige de Juda cette fleur qui ne s'épanouissait que pour moi. A moi le crime, à moi l'enfer, a moi l'éternelle désolation du cœur; je les ai trop méritées ces^ortures qui me consument sans relâche.